Arrêt Cardiaque dans le Rugby Landais: Causes et Prévention

La course à pied et le rugby, sports populaires, sont pratiqués par des millions de personnes. Cependant, ces activités ne sont pas sans risques. Des événements récents ont mis en lumière la nécessité de comprendre les causes des arrêts cardiaques et d'améliorer les mesures de prévention.

En France, près de 13 millions de personnes pratiquent le jogging. Bien que les compétitions de courses soient connues pour être des moments de fête, des risques sont à prendre en compte.

Ce dimanche 3 novembre, deux hommes ont été victimes de malaise cardiaque lors du marathon de La Baule. L'un d'eux, âgé de 72 ans, est décédé à l'hôpital de Nantes, quelques jours après.

L'endurance est un sport bénéfique pour la santé en général. Il stimule la circulation sanguine et oxygène les muscles. Mais, c'est comme pour tout, il faut faire attention dès que la pratique devient intensive. Et pour cela, il faut connaître les principales origines des troubles du rythme cardiaque.

D'une part, ça peut être dû à une atteinte des coronaires liée à l'âge. D'autre part, ça peut être causé par un problème infectieux. Les infections, particulièrement les virales, atteignent les muscles et le cœur en est un.

Trois éléments importants sont à prendre en compte. Le premier, c'est que quand l'âge avance, on est tous atteints par un vieillissement de nos vaisseaux, dont les coronaires. Donc, quand on prend de l'âge et qu'on veut faire des sports de grande endurance, il faut se méfier des moindres petits symptômes de douleurs atypiques et de grandes fatigues. Si tel est le cas, il faut consulter avant de repartir courir.

Ensuite, et je me répète, il est formellement contre-indiqué de faire du sport lorsque l'on vit un épisode infectieux. Non pas parce qu'on va être mauvais, non pas parce que la performance va baisser, mais parce qu'on court un risque important d'anomalies rythmiques graves après un épisode viral.

Puis, malheureusement, un certain nombre d'infarctus n'ont aucun signe prémonitoire.

Être capable de réaliser une course à pied de plus de 40 km, ça ne s'offre pas facilement. Ça se prépare et ça nécessite des mois, voire des années d'entraînement. Puis, un marathon, comme pour la course à pied de manière générale, ça se prépare de façon progressive et particulière.

Depuis le 1ᵉʳ avril 2024, il n'est plus obligatoire d'avoir un certificat médical pour s'inscrire à une course à pied. Il suffit de passer un Parcours de prévention santé (PPS) en ligne. Ce n'est pas parce que le certificat médical n'est plus obligatoire qu'il n'est pas nécessaire. Puisqu'il n'est plus demandé, certaines personnes ont l'impression qu'avoir un certificat ne servait finalement à rien.

Pour ma part, je pense que ça peut servir, notamment pour les gens qui prennent de l'âge et ceux qui ont des facteurs de risque d'atteinte des artères. Puis, c'est toujours bien d'aller voir un médecin.

Cas Concrets dans le Rugby Landais

Le 16 novembre, après un match de Cadets à Linxe, Antonin s’est effondré sur le terrain. « Au début, personne n’a compris ce qui se passait », raconte sa mère via Sud-Ouest, bouleversée. « Je les ai vus commencer un massage cardiaque, et là, j’ai prié.

Le jeune joueur a rapidement été pris en charge par une infirmière et un sapeur-pompier volontaire, présents dans le public. Antonin a été transporté en urgence à l’hôpital de Bayonne, où il a été plongé dans un coma artificiel pour stabiliser son état.

Malgré plusieurs semaines de tests, les médecins n’ont pas pu expliquer l’origine de cet arrêt cardiaque, le qualifiant de « mort subite inexpliquée ».

Aujourd’hui, Antonin, équipé d’un défibrillateur implantable, poursuit son rétablissement. Sa mère, émue, évoque la chance d’avoir encore son fils en vie. « Nous avons vécu un miracle. La vie a pris une autre dimension pour nous. Antonin est en bonne santé, et nous devons continuer à avancer, sans nous apitoyer.

« C’est grâce à cet équipement et à l’intervention des secouristes qu’Antonin est toujours parmi nous. Heureusement qu’il était entouré au moment des faits.

Le samedi 11 janvier 2025, avant les matchs opposant les Cadets et Juniors de l’ACLR-LORC (Association Côte Landes Rugby - Landes Océan Rugby Club) aux équipes d’Aire-Grenade, Antonin a reçu un geste émouvant.

Un drame s’est produit ce samedi 16 novembre, vers 15 h 30, sur la pelouse du stade municipal de Linxe, dans les Landes. L’alerte est donnée immédiatement. Devant la gravité de la situation, les premiers gestes de secours lui sont prodigués par un sapeur-pompier volontaire présent sur les lieux, aidé par un ancien pompier infirmier. Ils utilisent lors de leur intervention un défibrillateur positionné au sein de cette installation sportive.

Puis une équipe de pompiers et une autre du Smur prennent le relais. Peu avant 17 heures, le jeune rugbyman a été placé dans le coma pour être transporté, en urgence absolue, vers le centre hospitalier de Bayonne.Au club de l’ACLRSelon nos informations, ce jeune est licencié au club de l’ACLR (Association Côte Landes Rugby), regroupant les communes de Castets, Linxe, Léon, Saint-Julien-en-Born et Lit-et-Mixe. Il évolue au poste d’ailier. Au cours de ce match, il était remplaçant. Il avait fait son entrée à la demi-heure de jeu et était sorti à la 70e minute.

Victime d’un arrêt cardiaque à la fin d’un match, samedi 16 novembre, le rugbyman de 15 ans a été pris en charge à l’hôpital de Bayonne. L’intervention immédiate d’une infirmière et d’un sapeur-pompier volontaire, présents à l’occasion de ce rassemblement rugbystique, a été primordiale. Ils ont débuté les premiers gestes de réanimation, alors qu’un responsable du club de l’Association Côte Landes Rugby (ACLR) prévenait les secours.

La présence aussi d’un défibrillateur sur cette installation sportive a été bénéfique dans le déroulement des opérations.Pendant plus d’une heure, les secours - notamment les pompiers de Linxe et une équipe du Smur - ont combiné leurs efforts pour ranimer le jeune ailier, licencié à l’ACLR. Stabilisé, il a été évacué par hélicoptère vers l’hôpital de Bayonne où il a été pris en charge par les équipes médicales.

Le jeune landais a subi une première batterie d’examens. Ce dimanche soir, les nouvelles évoquent « une évolution positive ». Contacté par nos soins, un responsable du club de l’ACLR a pu « échanger avec les parents du joueur ». Il subira des examens complémentaires dans la journée de ce lundi 18 novembre. Par ailleurs, le club s’est rapproché de l’hôpital de Dax afin de mettre en place une cellule psychologique « pour les joueurs, également élargie aux éducateurs ou aux parents qui le souhaitent ». « Tout le monde a été fortement choqué par ce qui s’est passé.

Défibrillateur, outil essentiel en cas d'arrêt cardiaque.

À La Rochelle, le pilier international français Uini Atonio, figure emblématique du rugby tricolore, a vu sa carrière se conclure brutalement, après un arrêt cardiaque survenu quelques jours seulement avant l’ouverture du Tournoi des Six Nations.

C’est dans la matinée du 28 janvier que les sirènes ont retenti plus fort qu’à l’ordinaire autour du Stade Rochelais. Hospitalisé après ce que le club maritime a qualifié d’ »accident cardiaque« , Uini Atonio a immédiatement été placé sous surveillance médicale.

Les examens ont confirmé la gravité de l’événement, sans engager le pronostic vital. Mais la sentence sportive est, elle, sans appel car le pilier mettra un terme à sa carrière.

« La prédiction de l’infarctus est difficile. Dans un entretien accordé à L’Équipe, Laurent Chevalier, expert en cardiologie auprès de la Ligue nationale de rugby (LNR), rappelle la brutalité de ce type d’événement : « L’accident cardiaque, par définition, ne prévient pas. » Et d’ajouter : « La prédiction de l’infarctus est difficile. Ça reste un accident.

Malgré des examens réguliers, des électrocardiogrammes et des épreuves d’effort imposés aux joueurs professionnels, certaines anomalies échappent encore à la vigilance médicale.

À cette analyse, Mathieu H., un jeune interne en cardiologie du centre hospitalier de Saint-Denis de La Réunion apporte un regard plus inquiet. Selon lui, le suivi cardiaque reste « très inégal« , y compris chez des sportifs engagés à haut niveau hors des structures professionnelles les plus exposées. « Beaucoup pratiquent à intensité extrême sans bilan sérieux, parfois sans le moindre électrocardiogramme depuis l’adolescence« , alerte-t-il.

Une zone grise de la prévention, où la passion et la compétition prennent souvent le pas sur la surveillance médicale. L’incertitude scientifique se double ici d’un choc humain. Atonio, arrivé à La Rochelle en 2011, aura incarné la mue du club, de la Pro D2 aux sommets européens.

Le cas d’Atonio résonne avec d’autres trajectoires brutalement infléchies par le cœur. Celle de Virimi Vakatawa, par exemple, ancien Septiste et centre du XV de France, demeure dans toutes les mémoires.

En 2022, une anomalie cardiaque détectée lors d’examens médicaux l’avait contraint à annoncer sa retraite sportive, malgré une carrière internationale encore en pleine vigueur.

Uini Atonio, dont la carrière a été interrompue par un arrêt cardiaque.

Au-delà du rugby, d’autres disciplines ont été marquées par des destins similaires. Le footballeur ghanéen Raphael Dwamena, stoppé net par des troubles cardiaques, ou encore le Danois Christian Eriksen, sauvé in extremis lors de l’Euro 2021, rappellent que l’arrêt cardiaque n’épargne aucun sport, aucun gabarit, aucune notoriété.

Pour la communauté médicale, ces épisodes soulignent la nécessité d’affiner encore les protocoles de prévention et de suivi, sans nourrir l’illusion du risque zéro.

La carrière d’Uini Atonio s’achève ainsi dans un silence lourd, loin des ovations et des mêlées conquérantes. Elle laisse derrière elle un palmarès immense, mais aussi une question lancinante. Jusqu’où peut-on pousser le corps sans écouter les battements qui, un jour, peuvent décider de s’arrêter ? Pour le rugby français, c’est une page qui se tourne.

Recommandations et Prévention

Face à ces risques, plusieurs recommandations peuvent être mises en œuvre :

  • Examens médicaux réguliers : Surtout pour les personnes âgées et celles ayant des facteurs de risque.
  • Prévention des infections : Éviter le sport pendant les épisodes infectieux.
  • Entraînement progressif : Préparer les compétitions de longue distance avec un entraînement adapté.
  • Défibrillateurs : Assurer la présence de défibrillateurs dans les installations sportives et former le personnel à leur utilisation.

L’intervention rapide des secouristes et la présence d’un défibrillateur sur place sont souvent déterminantes pour la survie en cas d’arrêt cardiaque.

En conclusion, bien que le sport soit bénéfique, il est crucial de prendre en compte les risques cardiaques et de mettre en place des mesures de prévention adaptées. La sensibilisation et le suivi médical sont essentiels pour protéger la santé des sportifs.

Tableau récapitulatif des recommandations :

Facteur de risque Recommandation
Âge avancé Examens médicaux réguliers, attention aux symptômes atypiques
Épisode infectieux Repos, éviter le sport
Compétition d'endurance Entraînement progressif et adapté
Absence de certificat médical Consultation médicale recommandée, surtout pour les personnes à risque

[CONFÉRENCE] Le SCREENING CARDIAQUE chez le SPORTIF

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