Arnaud Dubois : Parcours d'un Avocat au Cœur des Turbulences du Rugby

Arnaud Dubois, une figure marquante du monde du rugby français, a connu un parcours atypique, passant du barreau aux arènes tumultueuses de la gestion de club. Son nom est devenu synonyme de stratégies financières complexes et de controverses, notamment lors de son passage au Biarritz Olympique (BO).

Cet article explore en détail le parcours d'Arnaud Dubois, de ses débuts en tant qu'avocat à son rôle de président du directoire du BO, en passant par les défis financiers rencontrés et les affaires controversées qui ont marqué son passage.

Un Parcours Éclectique Avant Biarritz

Avant de prendre les rênes du Biarritz Olympique, Arnaud Dubois a accumulé une expérience diversifiée dans le monde du rugby. Il a été directeur du club de Béziers pendant six ans, une période qu'il décrit comme une reconstruction totale du club, similaire à la situation qu'il a trouvée à Biarritz. Auparavant, il a également dirigé Limoges en Pro D2 et Fédérale 1 pendant six saisons. Parallèlement à ses fonctions de direction, Arnaud Dubois a exercé en tant qu'avocat spécialisé dans le sport professionnel et le rugby.

Il a également été avocat dans le cadre du sport professionnel et du rugby. J’ai joué à Limoges, puis dans des clubs autour, au poste de demi de mêlée. J’ai travaillé avec des gens fantastiques. Philippe Leveau était le président à l’époque. Willy Taofifenua était manager à l’USAL. Aujourd’hui, un de ses fils (Kilian) joue au BO. Béziers, c’était fantastique, car c’est un club un peu fou ! Je viens du centre de la France, donc au début, ça m’a un peu perturbé, mais finalement, c’est sympa les gens un peu fous. C’était un club en totale reconstruction, il venait de passer deux saisons en Fédérale 1, accédait au niveau professionnel.

Arrivée au Biarritz Olympique et Cumul de Fonctions

Arnaud Dubois a rejoint le Biarritz Olympique à l'été 2024, cumulant les fonctions de président du directoire et de directeur général. Il a été nommé président du directoire et directeur général à l’été 2024. Attendu comme directeur général, il a rapidement cumulé les casquettes, obtenant le titre de président du directoire, promis à Flip Van der Merwe, arrivé avec Shaun Hegarty et Marc Baget via la société B.Otiful, créée pour l’occasion.

Il est arrivé dans le cadre d'un projet visant à assainir le club et à mettre en place une économie réelle, moins dépendante des mécènes. Nous avons monté, à l’époque, un dossier avec Shaun Hegarty, Marc Baget et Flip van der Merwe pour reprendre le club de Biarritz, qui était voué à être dans l’embarras. Le projet était d’assainir le club dans le sens où, depuis des années, il vit grâce à l’apport de mécènes.

Il était notamment en charge de la « gestion budgétaire », de celle des « ressources humaines » et de la « politique sportive ». On est en train de restructurer le club dans sa gestion interne. Notre stratégie est de faire les choses sereinement, sainement. On ne veut pas imposer les choses. On ne va pas se jeter sur le premier annonceur.

Cependant, son passage à la tête du club basque a été marqué par des difficultés financières et des tensions internes.

Défis Financiers et Départ du Club

La raison première de ce départ : le déficit du club. « On peut parler de tout ce qu’on veut, il n’a pas tenu ses objectifs », livre une source interne au BO. « J’ai fait de mon mieux, indique-t-il à « Sud Ouest ». On n’était pas loin. Il manquait quelques centaines de milliers d’euros. ».

Poussé vers la sortie, Arnaud Dubois a démissionné de son poste de président du directoire. Il a quitté la première, écarté par Otium, le fonds d’investissement de Pierre-Édouard Stérin qui garantit deux millions d’euros par an jusqu’en 2027. Mais le problème du BO, ce n’est pas tant Arnaud Dubois qu’un déficit structurel.

En interne, le groupe représenté sur ce dossier par Sébastien Loux travaille main dans la main, de longue date, avec Cyril Arrosteguy. Ce dernier ne souhaite pas réitérer les erreurs de la saison écoulée. Il est catégorique : il ne cumulera pas les fonctions.

Son salaire élevé, environ 300 000 euros par an, a également suscité des critiques, compte tenu de la situation financière du club. Au BO, il reste désormais à négocier l’autre sortie d’Arnaud Dubois, et pas la moindre : il touchait 15 459 euros brut par mois, selon son contrat de travail à durée indéterminée paraphé le 16 mai 2024. « Sud Ouest » a pu le consulter. Un salaire très au-dessus de la moyenne des clubs de Pro D2, auquel s’ajoutaient 1 800 euros par mois d’aide au logement et un véhicule de fonction de type SUV. En résumé, avec les charges, le dirigeant coûtait environ 300 000 euros par an au Biarritz Olympique, 9e cette saison. Pour un club exsangue, le montant fait tache.

En interne, le groupe représenté sur ce dossier par Sébastien Loux travaille main dans la main, de longue date, avec Cyril Arrosteguy. Ce dernier ne souhaite pas réitérer les erreurs de la saison écoulée. Il est catégorique : il ne cumulera pas les fonctions. Le club devrait donc s’orienter vers le recrutement d’un directeur ou d’une directrice général(e).

Quelques jours après la rétrogradation administrative de la formation basque en 3e division, l’avocat a annoncé qu’il quittait la présidence du directoire. Rétrogradé administrativement en Nationale, le Biarritz Olympique a enregistré la démission de son président Arnaud Dubois.

Affaires Controversées et Enquêtes

Le nom d'Arnaud Dubois est également apparu dans plusieurs affaires financières controversées. Arnaud Dubois est cité dans chacune des trois affaires ayant menés aux sanctions visant le Stade Toulousain, le Biarritz Olympique et Béziers. L'Autorité de régulation du rugby (A2R) s'est également saisie du dossier.

Il est suspecté d’avoir mis en place des montages financiers pour contourner le salary-cap. Son nom revient comme un dénominateur commun. Pour ces trois affaires, le nom de la société Pacific Heart et de l’avocat Arnaud Dubois reviennent systématiquement.

Il aurait été à l’origine de faux contrats de communication pour payer des indemnités à des joueurs. Concrètement, il aurait été à l’origine de ces faux contrats de communication afin de payer des indemnités pour rompre les contrats de certains joueurs du BO et de Béziers. Dans le cas du Stade Toulousain, cela a servi à rembourser la clause libératoire de Melvyn Jaminet.

Ces affaires ont conduit à des enquêtes et à des sanctions pour les clubs impliqués. Silencieux depuis le début de l’affaire, Arnaud Dubois est nommément cité par la commission et devrait également être visé par l’enquête pour « abus de confiance » ouverte par le parquet de Toulouse.

Une affaire concerne le recrutement de Thomas Sauveterre et Adrian Motoc en 2022. Début 2022, le BO évolue en Top 14. Le club veut recruter Thomas Sauveterre et Adrian Motoc, respectivement à Carcassonne et Aurillac, en Pro D2.

La LNR donne raison au BO. C’est là qu’interviennent Arnaud Dubois, avocat des joueurs recommandé par un agent, et Cynthia Teinaore. « On m’a proposé de les rencontrer pour résoudre le problème, indique Jean-Baptiste Aldigé, joint par « Sud Ouest ». C’était la première fois que je les voyais. ».

Le club « s’engage à verser 62 500 euros en contrepartie de la mise en avant de son logo sur les supports de communication de l’événement ». Sur Internet et les visuels du tournoi, jamais le sigle du BO n’apparaît. Une convention de partenariat est signée avec le BO, le 4 mars 2022. « Sud Ouest » a pu la consulter. Le club « s’engage à verser 62 500 euros hors taxe (75 000 euros TTC) en contrepartie de la mise en avant de son logo sur tous les supports de communication de l’événement ».

Le procédé a tout d’un écran de fumée. Sans faire offense aux deux joueurs, leur rayonnement n’est pas de portée internationale. De leur côté, Thomas Sauveterre et Adrian Motoc signent une convention afin de prêter leur image à Rugby Store Pacific.

Le versement de 33 000 euros (Motoc) et 27 000 euros (Sauveterre) directement sur… le compte Carpa (caisse des avocats) d’Arnaud Dubois. En résumé, le BO a payé Pacific Heart. Via son autre société Rugby Store, Cynthia Teinaore (qui n’a pas donné suite à nos sollicitations) a envoyé les fonds à Limoges, sur le compte Carpa d’Arnaud Dubois.

Ces affaires ont jeté une ombre sur le parcours d'Arnaud Dubois et ont contribué à sa démission du Biarritz Olympique.

Le tableau ci-dessous résume les principaux éléments du parcours d'Arnaud Dubois :

Période Poste/Fonction Club/Organisation Faits Marquants
Avant 2024 Directeur Béziers et Limoges Expérience dans la gestion de clubs
Été 2024 Président du directoire et Directeur Général Biarritz Olympique Cumul de fonctions, difficultés financières
2024 Démission Biarritz Olympique Rétrogradation administrative du club
2022-2024 Impliqué Stade Toulousain, Biarritz Olympique et Béziers Soupçons de montages financiers pour contourner le salary-cap

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