La carrière de rugbyman d'Armand Batlle: De l'USAP au titre de champion avec Castres

Armand Batlle, un nom qui résonne avec fierté dans le monde du rugby français. Cet ancien ailier, originaire de Rivesaltes, a marqué les esprits par sa fidélité, son dévouement et son envie sur le terrain. Sa carrière professionnelle, riche en émotions et en succès, l'a mené de l'USAP à Castres, en passant par Colomiers et Grenoble. Découvrons ensemble le parcours exceptionnel de ce joueur attachant, ainsi que sa reconversion réussie en kinésithérapeute.

Armand Batlle et Florent Vialelle sous les couleurs du Castres olympique (N. Luttiau/L'Équipe)

Les débuts à l'USAP et l'éclosion à Colomiers

La carrière professionnelle d'Armand Batlle a débuté à l'USAP, où il a intégré le centre de formation assez tard, à l'âge de 20 ans. Son premier match en pro a eu lieu à 22 ans. Malgré son amour pour son territoire, il a su faire carrière ailleurs que chez lui. En 2010, alors qu'il était en fin de contrat à l'USAP, Jacques Brunel lui avait fait confiance en lui disant qu'il allait faire carrière.

Après une saison 2012-2013 avec un faible temps de jeu sous les couleurs de l’USAP en Top 14, l’ailier a fait le choix de descendre en Pro D2 et de rejoindre Colomiers pour deux ans. Un excellent tremplin pour mieux revenir parmi l’élite. Le fait de pouvoir beaucoup enchaîner, d’engranger de l’expérience et de la confiance dans une équipe qui jouait pas mal, j’ai pu m’exprimer. J’ai pu avoir l’opportunité de rebondir en Top 14.

Le passage à Grenoble et la consécration à Castres

Après Colomiers, Armand Batlle a retrouvé le Top 14 avec Grenoble (2015-2017). Après une année difficile à Grenoble, il cherchait un club ambitieux et stable, financièrement comme sportivement.

C'est à Castres que la carrière d'Armand Batlle a atteint son apogée. Arrivé dans le Tarn en 2017, il a été sacré champion de France la saison suivante, au Stade de France face à Montpellier. Ce titre restera gravé dans sa mémoire comme le Graal. Les images restent en mémoire lors de ce titre de champion 2018 avec le CO. Armand Batlle après la demi et la finale s'est empressé d'arborer le drapeau catalan sur les épaules pour le tour d'honneur.

Il a disputé quatre matches cette saison, dont le dernier fin janvier à Castres face à Clermont. À 34 ans, le joueur d'origine rivesaltaise raccroche les crampons. Sa carrière pro a commencé à l'USAP, elle se termine à Castres. Un Brennus et un drapeau sang-et-or, tels sont les deux plus beaux symboles de la carrière de ce joueur classe.

Une fierté catalane

Armand Batlle est très attaché à ses racines catalanes. "Le fait d'être catalan, j'en suis fier et je le revendique même si je ne pratique pas régulièrement la langue. Mais, ne serait-ce que par nom je suis obligé de me justifier à chaque fois. J'ai, du coup, toujours été obligé de parler de cette catalanité. C'est normal de ne pas oublier d'où je viens. Pour moi, ça a toujours été logique de représenter les Catalans expatriés."

Les images restent en mémoire lors de ce titre de champion 2018 avec le CO. Armand Batlle après la demi et la finale s'est empressé d'arborer le drapeau catalan sur les épaules pour le tour d'honneur.

La reconversion en kinésithérapeute

En pleine reconversion, avec des stages de plus en plus nombreux à effectuer dans le cadre de ses études de kinésithérapie à Toulouse, l'ailier de 34 ans finira donc sa carrière au printemps. À 34 ans, Armand Batlle met un terme à sa carrière. Une carrière basée sur la fidélité, le dévouement et l'envie. S'il n'est pas l'ailier le plus physique ni le plus rapide, il a toujours su compenser avec l'envie pour s'imposer finalement à l'aile dans chacun des clubs où il a joué.

Près de 2 ans après avoir raccroché les crampons avec Castres, l’ex-ailier Armand Batlle (35 ans), champion de France en 2018 avec le CO, est de retour dans le club tarnais. Non pas comme joueur, mais comme kiné stagiaire pour un stage de fin d’études de 3 mois. En effet, le Catalan, originaire de Rivesaltes et formé à Perpignan, est en passe de devenir kinésithérapeute, puisqu’il termine son cursus de 5 ans à l’IFMK (Institut de Formation de Masso-Kinésithérapie) de Toulouse en juin 2023.

Il a intégré l’école de kiné de Toulouse après le titre de champion de France remporté en 2018 avec Castres. À cette époque, grâce à son statut de sportif de haut niveau et à sa licence STAPS (Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives), il a eu la chance de bénéficier de cours aménagés jusqu’en 2021 et la fin de sa carrière de joueur. « J’ai effectué mes 2 premières années de kiné en 3 ans, avec un rythme intense, puisque j’étais en stage sur mes jours de repos et mes vacances, et j’ai fait mes 3 dernières années, comme un élève lambda, à l’IFMK », explique l’intéressé.

Avant d’entrer dans la vie active, Armand Batlle doit valider ses études de kiné, équivalentes à un Master (Bac +5), en rendant un mémoire traitant de l’intérêt du biofeedback (rétroaction biologique) électromyographique dans le traitement des iatrogénies post-traumatique du genou chez le sportif. "Vulgairement, lorsqu'on se fait une entorse d'une cheville ou d'un genou, l'articulation se met en protection et le cerveau ne répond plus, notamment sur le ligament croisé, et ça endort le quadriceps. C'est la sidération (Arthrogenic Muscle Inhibition, AMI).

Lors de l’intersaison 2022, il a aussi prêté main forte à son ancien club de Colomiers (Pro D2) et valide donc actuellement son stage de fin d’études au sein du staff médical de l’équipe première du Castres Olympique. « Au final, c’est bien, car j’aurai vu aussi bien la vision avec les jeunes qu’avec les pros, et dans plusieurs clubs différents, pour voir aussi ce qui se fait ailleurs », note Armand Battle.

Au quotidien, l’un de ses rôles principaux est de prendre en charge les blessés et de « les remettre en activité le plus vite possible en salle ou sur le terrain pour que les coachs les aient à leur disposition ». Mais aussi de gérer l’hydratation des joueurs, lors des entraînements, que ce soit en eau ou pour les boissons de l’effort (boissons énergétiques). « Dès qu’il y a une séance sur le terrain, il y a toujours un, voire deux kinés, qui suivent chaque entraînement. Au moins, en cas de blessure, on peut tout de suite voir le contexte d’apparition et la nature de celle-ci avec notre œil de kiné. »

Il est à noter qu'au CO, « le staff médical travaille main dans la main avec le staff sportif et les préparateurs physiques ». « C’était le cas avec Pierre-Henry Broncan et c’est toujours le cas avec le nouveau manager Jeremy Davidson. "Ce qui est bien aussi au CO, c'est qu'il y a 3 kinés à temps plein, ce qui est loin d'être le cas dans tous les clubs.

S’il ne lui confère pas de passe-droit, son statut d’ancien rugbyman professionnel lui est tout de même utile dans son approche et sa méthodologique de kiné, comme il l’explique à Actu Rugby : « Dans un club pro, il y a plein de trucs qui sont naturels pour moi, mais qui ne le seraient pas forcément pour un étudiant kiné lambda. En particulier le comportement à adopter avec les joueurs et le staff pour trouver sa place au sein du fonctionnement. Ensuite, j’ai aussi eu quelques pépins physiques durant ma carrière, et même si je n’ai jamais eu de grosses opérations, je suis passé par là et je sais me mettre à la place des joueurs blessés. Je connais leur état d’esprit quand ils jouent beaucoup ou au contraire, quand ils ne font pas partie des plans du staff. »

« Pour moi, c’est très clair, je vais d’abord regarder les opportunités d’intégrer le staff d’un club professionnel à court ou moyen terme« , même s’il avoue regretter que les staffs médicaux professionnels « n’ouvrent pas plus leurs portes » au monde extérieur, à l’heure où l’on parle beaucoup de santé dans le rugby. « Les choses qui fonctionnent devraient être partagées au sein de la LNR et de tous les clubs, mais c’est peut-être mon passé de syndiqué à Provale qui me fait dire ça… », avance-t-il. À l’aise dans ce milieu et très au fait des exigences du haut niveau, en termes d’implication et d’énergie quotidienne, Armand Batlle se dit « prêt à intégrer un staff d’un club professionnel dès maintenant, à bientôt 36 ans, mais peut-être pas quand il en aura 45 ou 50 ».

Pour rester dans son secteur de prédilection, il mise notamment sur son réseau d’actuels et d’anciens joueurs, parfois devenus entraîneurs. « Je connais encore un peu de mon monde dans le milieu, grâce à mon passé de joueur, mais dans 10 ou 15 ans, ce sera sûrement moins le cas », avoue-t-il. Le Rivesaltais a aussi prévu un plan B, au cas où : « Dans un premier temps, je pense que j’irai faire des remplacements ou des assistanats en libéral. En tout cas, c’est sûr que je ne vais pas ouvrir mon cabinet tout de suite, car je veux rester mobile », explique le futur kiné qui habite actuellement à Toulouse, mais ne s’interdit pas de retourner vivre en pays catalan :« C’est rigolo, j’en parlais avec ma femme cette semaine et ça fait pile-poil 10 ans qu’on est partis de Catalogne. On a pas mal bougé et on se pose la question de rentrer au pays. Familièrement, ça faciliterait beaucoup de choses, d’autant qu’il y a aussi des clubs de rugby là-bas, donc il faut voir… Il y a même du rugby à XIII avec les Dragons Catalans.

Tableau récapitulatif de la carrière d'Armand Batlle

Saison Club Championnat
2009-2013 USAP Top 14
2013-2015 Colomiers Pro D2
2015-2017 FC Grenoble Top 14
2017-2021 Castres Olympique Top 14

Armand Batlle a marqué les esprits par sa fidélité, son dévouement et son envie sur le terrain. Il a su faire carrière ailleurs que chez lui, tout en restant fier de ses racines catalanes. Sa reconversion en kinésithérapeute témoigne de son intelligence et de sa volonté de se renouveler. Nul doute qu'il saura mettre à profit son expérience de joueur professionnel pour accompagner au mieux les sportifs dans leur rééducation.

Vidéo suggérée:

TOP 14 - Essai Armand BATLLE 2 (CO) - Toulouse - Castres - Barrage - Saison 2017/2018

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