Le hockey sur glace est un sport très physique qui requiert une application stricte des règles pour assurer la sécurité des joueurs et le bon déroulement du jeu. L'arbitre de hockey sur glace joue un rôle crucial dans ce contexte. Cet article explore en détail le rôle et les responsabilités de l'arbitre de hockey sur glace en Suisse.
Six joueurs par équipe, dont un gardien, sont simultanément sur le terrain. La position de gardien peut également être prise par un joueur de champ. Les joueurs sont la plupart du temps une minute sur la glace, puis sont remplacés. Le palet, contrairement à un ballon de football, est relativement petit et peut être joué très rapidement, ce qui peut rendre sa trajectoire difficile à suivre pour les spectateurs. C'est pourquoi, pendant les matchs d'équipes professionnelles, des lumières clignotent derrière les cages.
A la fin de chaque tiers-temps, les équipes changent de côté. En cas d'égalité à la fin des 60 minutes de temps de jeu réglementaire, une prolongation est jouée avec "mort subite" ou une série de tirs au but a lieu.
Le terrain de hockey sur glace
Les deux lignes bleues divisent le terrain en trois zones. La zone défensive est le tiers dans lequel se trouve la cage d'une équipe. La partie sur laquelle se trouve la cage de l'équipe adverse est donc la zone d'attaque. Les zones de défense et d'attaque sont aussi appelées zones d'extrémité. Les buts sont situés respectivement sur chaque ligne de but. Au hockey sur glace, il est possible de jouer derrière la cage du gardien. La surface de but est délimitée par une zone bleu clair et un demi-cercle rouge. Le territoire de l'arbitre est délimité lui aussi par un demi-cercle rouge. Sur toute la surface se trouvent des points, certains entourés par des cercles. Ces derniers sont appelés points d'engagement.

Les règles du jeu
La pratique du hockey sur glace est très physique et il n'est pas rare que de véritables rixes aient lieu sur la glace. Ces altercations ont un attrait particulier pour les novices, mais l'investissement corporel des joueurs fait partie intégrante du jeu. Il est ainsi autorisé aux joueurs de déstabiliser un adversaire pour récupérer le palet. En Ligue nationale de hockey (LNH), les contacts physiques sont d'ailleurs plus brutaux qu'en Europe.
Afin d'éviter que la situation ne dégénère complètement, il existe, comme pour tout autre sport, des règles fixes. Au hockey sur glace, il existe aussi le concept de hors-jeu. Un hors-jeu se produit lorsqu'au moins un joueur de l'équipe attaquante se trouve dans le troisième tiers avant que le palet n'ait franchi la ligne bleue.
Les joueurs peuvent pousser du pied le palet, par contre il est interdit de marquer un but de cette manière. Une autre infraction classique des règles concerne la crosse. Celle-ci ne doit jamais être tenue au-dessus des épaules, sans quoi le joueur fautif sera pénalisé de 2 à 5 minutes d'exclusion de jeu.
Une infraction peut aussi être de faire un croche-pied, frapper un joueur avec sa crosse ou de le charger. Une telle faute sera sanctionnée par l'arbitre et le joueur incriminé sera exclu du jeu pour 2 voire même jusqu'à 5 minutes. Il en résulte la supériorité numérique pour l'équipe adverse : le powerplay. Une dureté excessive entraîne presque toujours une pénalité de méconduite. Le joueur sanctionné doit rester sur le banc des pénalités pendant 10 minutes sans pour autant que son équipe soit obligée de jouer en infériorité numérique. En cas de comportement particulièrement brutal, le joueur incriminé peut se voir infliger la pénalité la plus lourde au hockey sur glace : la pénalité de match.
Etant donné que cette discipline sportive est originaire d'Amérique du Nord, le vocabulaire du hockey sur glace regorge de termes anglais.
Termes courants au hockey sur glace
- Le bully : correspond à un coup d'envoi ou une remise en jeu au football. Après une interruption, l'arbitre remet le palet en jeu sur l'un des points d'engagement rouge. Après un but, au début d'un nouveau tiers-temps ou bien lors d'un "icing" (voir plus bas), le palet est remis en jeu sur le point central d'engagement (point bleu). Un joueur de chaque équipe essaye de récupérer le palet pour son camp.
- L'icing : ou dégagement interdit : si un joueur tire ou dévie le palet hors de sa zone de défense et jusqu'au-delà de la ligne de but de l'équipe adverse, l'arbitre siffle un icing. Le jeu reprend avec un bully dans la zone défensive de l'équipe sanctionnée. Si une équipe tente un icing, elle n'aura pas le droit au changement de joueurs lors de l'interruption de jeu suivante.
- Le penalty : le tir de pénalité : le joueur ayant subi la faute peut tenter un but en remontant seul vers la cage adverse où seul le gardien de l'équipe adverse est en mesure de défendre le but. L'arbitre siffle un penalty lorsqu'une réelle chance de but a été empêchée par une faute de l'équipe adverse. C'est généralement le cas lorsqu'un attaquant remonte seul vers le but adverse et est stoppé de manière injuste. Un penalty ne peut néanmoins être sifflé que si les conditions suivantes sont réunies :
- la faute n'a pas été commise dans la zone de défense de l'équipe victime
- le joueur ayant subi la faute était en possession du palet
- le joueur a été attaqué par derrière
- une réelle chance de but a été perdue
- aucun autre défenseur se trouvait entre le joueur ayant subi la faute et le gardien de but adverse
- seul le joueur victime de la faute peut procéder au tir de pénalité sauf s'il a été blessé lors de la faute.
- Overtime : prolongations : en cas d'égalité à la fin du temps de jeu réglementaire une prolongation en mort subite de 5 minutes peut être jouée pour déterminer le vainqueur. Seuls 4 joueurs sont sur la glace. Si un but est marqué, le match est terminé. Dans le cas contraire, le vainqueur doit être désigné avec une séance de tirs de pénalité appelés également « tirs de fusillade ».
- Play-off / série éliminatoire : les play-off sont une sorte de compétition ayant lieu à la fin d'une saison régulière permettant de déterminer le vainqueur. En Ligue Magnus, 8 équipes s'affrontent en play-off. En quart de finale les équipes qualifiées se rencontrent comme suit : le 1er contre le 8ème, le 2d contre le 7ème, le 3ème contre le 6ème et le 4ème contre le 5ème du classement. En demi-finale, l'équipe la mieux placée joue contre la moins bien placée des équipes restantes. Les play-offs se disputent au meilleur des sept matchs. Une équipe doit donc remporter 4 victoires contre une même autre équipe pour être qualifiée pour le tour suivant.
Le rôle de l'arbitre
L'arbitre de hockey sur glace est un poste à haute responsabilité qui demande des compétences spécifiques. Il faut prendre des décisions justes et rapides, contrôler les joueurs et les sanctionner s'ils commettent des fautes, garder son calme dans des situations stressantes pour communiquer clairement et être le plus efficace possible lors d'un match. Ces compétences ont été identifiées par les études de Guillén & Felty (2011) grâce à des focus group avec neuf arbitres aux États-Unis. Leurs recherches ont aussi déterminé que le charisme et l'autorité d'un arbitre lui permettent souvent de se sortir de situations difficiles et de mieux se faire respecter par les joueurs, les coachs et le public.
Compétences et qualités requises
- Connaissance approfondie des règles du jeu
- Capacité à prendre des décisions rapides et justes
- Autorité et charisme pour gérer les joueurs et les situations de tension
- Excellente condition physique pour suivre le rythme du jeu
- Capacité à communiquer clairement et efficacement
- Gestion des émotions et du stress

Tout Savoir Sur Les Regles Du HOCKEY SUR GLACE
Les femmes dans l'arbitrage de hockey sur glace
Pfister (2010) décrit dans une analyse des recherches existantes comment l’inconscient collectif attribue un genre à certains types de sports qui sont majoritairement perçus comme masculins. Theberge (1998) a fait une étude de terrain, en interviewant 29 joueuses de hockey, qui explique que les différences physiques renforcent les stéréotypes de genre. Ces stéréotypes se confirment aussi dans d’autres milieux qui demanderaient des attributs et des comportements dits masculins, comme les positions de leadership en entreprise. Par exemple, Burton (2015) analyse des recherches sur des organisations sportives et conclue qu’il est plus difficile pour une femme de prouver sa valeur de leader dans des situations telles que les entretiens d’embauches pour des postes à haute responsabilité. Danford (2019) arrive aux mêmes conclusions dans le monde du hockey sur glace grâce à des interviews et des analyses de documents produits par des ligues de hockey d’Amérique du Nord. Ces femmes se sentent discriminées puisqu’il est beaucoup plus difficile pour elles de faire carrière comme arbitre sur la base de compétences équivalentes.
Les recherches de Graf & Konoske (2008) se penchent sur le basketball, sport perçu comme masculin, et essayent de déterminer si les arbitres femmes sont victimes de biais de genre. Il a été demandé à 171 étudiants d’évaluer les compétences d’arbitres de basketball et leurs réponses ont été analysées. L’étude conclue que dans le cas d’arbitres de haut niveau il n’y a pas de biais négatifs, ni de la part des hommes envers les femmes, ni vis-versa. Par contre, il y a un léger biais positif envers son propre sexe quand les arbitres sont moins qualifiés ; les différences d’appréciation sont dans ce cas statistiquement significatives.
Les pionnières en Suisse
En Suisse, le hockey est un sport où les hommes sont plus largement représentés que les femmes, mais depuis quelques temps la Suisse a fait de grands pas en avant :
- En janvier 2019 Anna Wiegand-Eskola est la première femme à arbitrer en 2e division masculine (SIHF, 2019).
- En avril 2020, l’ancienne gardienne de l’équipe nationale féminine, Florence Schelling, est nommée directrice générale du CP Berne, club de première division le plus titré de ces dernières années (Journal de Montréal, 2020).
Ces femmes pionnières dans le hockey professionnel sont des modèles pour toute la société et plus particulièrement pour les jeunes femmes souhaitant évoluer dans ce milieu.
Étude sur la perception des arbitres selon le genre
Une étude récente s'est penchée sur la question de savoir si les joueurs et les spectateurs en Suisse perçoivent les arbitres différemment en fonction de leur genre. Cette étude se rapproche de celle de Graf & Konoske (2008), dans la mesure où elle demande à des étudiants d’évaluer les compétences d’un arbitre. Elle est différente dans les dimensions que les participants analysent. Il faut aussi observer que dans le basketball les joueurs et les spectateurs ont plus de respect pour les décisions arbitrales qu’au hockey. On peut éventuellement s’attendre à ce que ces cultures différentes entraînent des résultats distincts.
L'étude comptait 80 participants, majoritairement des hommes (61.3% d’hommes ; Mâge = 22.25, ETâge = 5.86) et des étudiants (73.8% d’étudiants, 18.8% d’employés, 7.4% autres), tous vivant en Suisse. Les participants se sont vus attribuer de manière aléatoire un homme (52.5% des cas) ou une femme (47.5%) arbitre comme protagoniste. La manipulation du genre a été faite en distinguant le genre de l’arbitre par son prénom, les pronoms utilisés dans le texte et une photo.
Les participants ont rapporté leur perception de l’arbitre en matière de connaissance du règlement, gestion des émotions, interactions sociales et charisme. Pour toutes les questions, les participants ont marqué leur degré d’accord en utilisant une échelle de Likert à 5 points (1 = pas du tout d’accord à 5 = tout à fait d’accord).
Résultats de l'étude
Les résultats de l'étude n'ont pas montré de différences significatives dans l'évaluation des compétences des arbitres en fonction de leur genre. Cela suggère que les participants n'ont pas été influencés par un biais de genre lorsqu'ils ont évalué les compétences des arbitres en matière de connaissance du règlement, de gestion des émotions, d'interactions sociales et de charisme.
Ces résultats sont encourageants pour les femmes qui souhaitent faire carrière dans l'arbitrage de hockey sur glace, car ils indiquent que les compétences sont perçues de la même manière, quel que soit le genre de l'arbitre.
Conclusion
L'arbitre de hockey sur glace joue un rôle essentiel pour assurer le fair-play et la sécurité des joueurs. Les compétences requises pour exercer ce rôle sont nombreuses et variées, allant de la connaissance approfondie des règles à la capacité de gérer les situations de tension avec autorité et charisme. Bien que des stéréotypes de genre puissent exister dans le monde du sport, les études montrent que les compétences des arbitres sont évaluées de manière similaire, quel que soit leur genre, ce qui ouvre des perspectives encourageantes pour les femmes souhaitant s'investir dans cette profession.