Nigel Owens : Arbitre Gallois de Rugby, Analyse de Polémiques et Défense du Tournoi des 6 Nations

Nigel Owens est un arbitre professionnel de rugby à XV, né le 18 juin 1971 dans le village de Mynyddcerrig, près de Llanelli. Il devient professionnel en 2001 et fait ses débuts en tests internationaux en 2005 à l'occasion d'une rencontre entre l'Irlande et le Japon à Osaka. Il a fait ses débuts en phase finale de Coupe du monde le 11 septembre 2007 à Lyon (Argentine-Géorgie). En mai 2007, il évoque son homosexualité lors d'une interview pour le journal Wales on Sunday.

Nigel Owens a été largement salué pour son arbitrage de la finale de la Coupe du Monde de Rugby 2015. Pour être sûr de participer à la Coupe du Monde de Rugby 2019 au Japon, Nigel Owens s'est imposé un régime très strict.

Après avoir officié pour la finale de la Coupe d'Europe de rugby entre le Racing 92 et Exeter, il arbitre le 28 novembre son 100e et dernier match international France - Italie, dans le cadre de la 3e journée de la Coupe d'automne des nations 2020. Il devient ainsi le premier arbitre de l'histoire à atteindre cette barre symbolique et reçoit un sifflet en or pour l'occasion.

Il est celui qui lâche des petites phrases qui rendent ses performances si savoureuses et ravissent les réseaux sociaux. « Contrairement à ce que certains peuvent penser, je ne prépare pas mes répliques avant de rentrer sur le terrain, je n'essaie même pas d'être drôle ! Je n'ai jamais essayé et je n'essaierai jamais. Ça sort comme ça.

« J'avais 14 ans quand je me suis retrouvé sur une scène à raconter des sketches. Je suis comme ça et sur un terrain je reste moi-même.

« J'ai passé près de dix ans à prétendre que j'étais une autre personne et ça m'a presque coûté ma vie.

« J'aimerais me dire que j'ai apporté ma contribution au rugby au fil des ans et si j'ai réussi, alors j'en suis content. Parce que, croyez-moi, je dois plus au rugby et aux gens du rugby que le rugby ne me le devra jamais. Sans ce grand sport qu'est le rugby, je ne pourrais pas être qui je suis aujourd'hui.

Samedi 28 novembre 2020 à 21h05, Nigel Owens aura franchi un cap. Il sera officiellement le premier à arbitrer son 100e match international à l'occasion du France v Italie au Stade de France, dans le cadre de la Coupe d'Automne des Nations. Owens était déjà l'arbitre le plus sélectionné de toute l'histoire du rugby. Il avait déjà dépassé les 70 sélections de Jonathan Kaplan en juin 2016. Sa longévité à ce poste n'est pas due au hasard.

« Lorsque vous êtes arbitre, vous ne pensez pas à ce genre d'étapes », raconte-t-il à World Rugby. « Lorsque j'ai gagné ma 71 e sélection, je suis devenu l'arbitre le plus capé ; je venais de dépasser Jonathan Kaplan. Même si ce n'était pas un objectif que je caressais, je l'ai réalisé quand même.

« C'est la même chose aujourd'hui avec cette 100e sélection.

« J'aime toujours le jeu, au moins autant qu'avant. J'éprouve toujours la même sensation que si c'était mon premier match. Les frissons sont toujours là. Je prends toujours autant de plaisir et j'apprécie toujours chaque minute.

« J'aime préparer les matches, dès la semaine précédente, lorsque commencent à apparaître les premiers articles dans les journaux. Vous avez les deux équipes qui s'expriment, les deux entraîneurs qui peuvent se chercher un peu. Vous ne pouvez pas passer à côté des gros matches et de toute l'attente qu'ils suscitent », révèle-t-il.« Je regarde tout ça avec une grande ouverture d'esprit.

« Et plus le jour du match approche, plus vous sentez des papillonnements dans le ventre.

« J'écoute toujours de la musique, et toujours les mêmes chansons.

« Vous jetez un dernier œil sur vos notes et alors vous sortez des vestiaires. J'aime attendre les deux équipes qui sortent, je les regarde passer, ils me regardent et quelques-uns me lancent 'Bonne chance, Nigel', 'Bon courage ref'. Et je leur réponds 'Bon courage à vous'.

« Et à partir de cet instant, on sort, on s'aligne pour les hymnes et j'attends 30-40 secondes avant de donner le coup d'envoi. Pour moi, ces quatre ou cinq minutes me font vraiment sentir chez moi.

« Je suis assez détendu, rien ne me perturbe vraiment une fois que j'ai sifflé le début du match. Vous êtes dedans et plus rien n'a d'importance. Mais avant cela, vous appréciez l'ambiance, vous entendez les supporters, vous regardez les joueurs et toutes ces petites choses qu'ils font, vous regardez le haka, vous notez comment les adversaires fixent le haka et vous emmagasinez tout ça.

« Bien sûr je vis pleinement ces 80 minutes, j'adore. Mais on ne le réalise pas nécessairement sur le coup tellement on est concentré. Je suis sûr que les joueurs vont vous dire combien ils sont fiers de représenter leur pays, au moment des hymnes, au coup d'envoi. Et bien, c'est la même chose pour les arbitres.

« Les finales de Coupe du Monde sont le summum de votre carrière en tant que joueur mais aussi en tant qu'arbitre.

« Les finales sont souvent décevantes, et particulièrement en Coupe du Monde. Mais dans ce match de 2015, la Nouvelle-Zélande était à son meilleur niveau. L'Australie a joué de manière brillante, elle est revenue dans le match et c'était assez équilibré.

« On m'a dit que je m'étais bien débrouillé sur la demi-finale entre la Nouvelle-Zélande et l'Angleterre qui s'est révélé être l'un des, sinon le meilleur match de cette Coupe du Monde pour les spectateurs.

« J'ai adoré et je n'ai pas pu me dire à la fin c'est bon, c'est fini, j'arrête. Et là vous avez pas mal de personnes qui vous disent que vous n'êtes plus qu'à quelques matches de la 100e ; il en restait trois en fait pour y arriver. Et des joueurs me disaient 'Peut-être à dans quatre ans, Nigel !' Et moi je leur répondais 'Oh non, ce ne sera plus pour moi.' Alors ils me demandaient si je comptais arrêter et je leur répondais 'Oui, pourquoi ?'.

Le professionnalisme a toujours été exemplaire chez Nigel Owens au cours de la décennie. Il a toujours été considéré comme l'un des meilleurs et n'a jamais voulu qu'il en soit autrement. Il n'a jamais non plus voulu être considéré comme différent, qu'on le catégorise comme gay.

En 2013, lors du Rugby championship, il est salué après une performance remarquable lors du match entre l'Afrique du Sud et la Nouvelle-Zélande. À la fin du mois d'octobre 2013, Nigel Owens arbitre son centième match de Celtic League entre les Ospreys et les Dragons, ce qui fait de lui le premier arbitre à franchir ce cap. Il fait partie des douze arbitres retenus pour la Coupe du monde 2015 en Angleterre. En 2019, il est de nouveau sélectionné pour arbitrer des matchs de la Coupe du monde au Japon. Alors qu'il avait annoncé vouloir prendre sa retraite d'arbitre après la compétition, il revient ensuite sur sa décision et arbitre France-Angleterre, pour son 98e match international lors du Tournoi des Six Nations en 2020.

« It's such a big taboo to be gay in my line of work, I had to think very hard about it because I didn't want to jeopardise my career. Coming out was very difficult and I tried to live with who I really was for years. [Il est tellement tabou d'être gay dans mon milieu, j'ai dû réfléchir beaucoup parce que je ne voulais pas mettre en péril ma carrière. Faire mon coming out a été très difficile et j'ai essayé de vivre avec celui que j'étais vraiment pendant des années.

QUI EST NIGEL OWENS ?

Polémique autour d'Oscar Jegou : L'Analyse de Nigel Owens

La polémique enfle autour d’une action impliquant Oscar Jégou lors de la rencontre entre le XV de France et l’Équipe d’Écosse de rugby à XV. Au cœur des débats : une potentielle fourchette qui n’a pas été examinée pendant la rencontre. Ancien arbitre international et référence en matière d’arbitrage, Nigel Owens n’a pas caché son incompréhension face à la gestion de cet incident.

L’ancien arbitre gallois explique que la situation méritait clairement une analyse pendant la rencontre. « Il aurait absolument fallu examiner cette situation. En revoyant les images, ce joueur va avoir des ennuis. Une procédure devrait être engagée pour gérer cette affaire, mais cela aurait dû être examiné pendant le match, car les actions sont assez claires. Je ne comprends pas. L’arbitrage vidéo dispose de toutes ces images, probablement plus que ce que nous voyons ici. Quand on les voit, il faut forcément le signaler à l’arbitre. Un joueur écossais est allé voir l’arbitre et lui a dit qu’il s’était passé quelque chose et qu’il fallait examiner la situation. Je crois que l’arbitre a répondu qu’il existait une procédure et qu’ils examineraient l’incident plus tard, lors de la citation. Comment cela aurait-il dû être géré ? Aurait-on vu suffisamment de preuves pour infliger un carton rouge sur le terrain ? Difficile à dire, mais une chose est sûre : la situation aurait dû être examinée. Franchement, ça ne fait pas bonne impression.

Dans son analyse, Nigel Owens insiste particulièrement sur le rôle du TMO, l’arbitrage vidéo, qui dispose normalement de tous les angles nécessaires pour signaler une action litigieuse. Si l’action n’a pas été revue pendant la rencontre, elle pourrait désormais être examinée a posteriori par les instances disciplinaires.

Hier, alors que les Écossais avançaient grâce à un ballon porté, Oscar Jegou a été filmé en train de s’en prendre à son adversaire Ewan Ashman. Quel avenir pour Oscar Jegou dans le Tournoi des VI Nations 2026 ? Sur les ondes de la BBC, le Gallois de 54 ans est revenu sur la situation de potentielle fourchette effectuée par Oscar Jegou à l’encontre du talonneur écossais Ewan Ashman.

« Cela aurait clairement dû être examiné. Honnêtement, ça ne paraît pas très bon. "Cela aurait dû l’être, a lancé l’ancien arbitre. Les gestes étaient assez clairs. Je ne comprends pas. Le TMO regarde forcément et il a toutes ces images et quand on voit ça, il faut le signaler à l’arbitre" a-t-il encore fustigé. De là à sortir un carton rouge ? "Qui sait. Ce dernier a ensuite évoqué la possibilité qu’Oscar Jegou soit convoqué ultérieurement par une commission de discipline.

Nigel Owens contre un barrage entre le Pays de Galles et la Géorgie

Alors que le pays de Galles reste sur une terrible série de 17 défaites consécutives et deux Cuillères en bois à la suite dans le Tournoi des 6 Nations, le débat sur un barrage entre le XV du Poireau et la Géorgie a refait surface.

Nigel Owens ne veut pas entendre parler d’un potentiel barrage entre le pays de Galles et la Géorgie pour une place dans le Tournoi des 6 Nations. C’est une rengaine qui se fait de plus en plus insistante. Dernier des deux derniers Tournoi des 6 Nations avec à chaque fois cinq défaites, le pays de Galles est sur une terrible série de 17 revers consécutifs.

Mais l’idée d’un barrage entre le pays de Galles et la Géorgie est tout simplement inconcevable pour Nigel Owens, ex-arbitre international. Dans une tribune écrite pour le site WalesOnline , le Gallois estime qu’il serait « ridicule que la Géorgie remplace le pays de Galles dans le Tournoi des 6 Nations. Je ne comprends pas ceux qui demandent un système de promotion et de relégation. Des propos qui peuvent étonner quand on s’intéresse au classement mondial de World Rugby, où la sélectionne géorgienne, 11e, apparaît désormais devant le XV du Poireau (12e).

Mais pour l’arbitre aux 100 matches internationaux, l’atmosphère autour des matches à Cardiff est trop importante pour le Tournoi. « Les jours de match à Cardiff, c’est une ambiance unique, défend Nigel Owens. Ce n’est pas seulement un match de rugby mais un vrai événement. Et ce dernier d’ajouter : « les voyages de supporters sont programmés deux ans à l’avance. Comment imaginez qu’un an avant, on change vos plans parce qu’une équipe n’est plus là la saison suivante ? »

Déterminé à voir son pays conserver sa place dans le Tournoi des 6 Nations, Nigel Owens ne serait en revanche pas contre un élargissement à 7 Nations.

Tableau: Palmarès de Nigel Owens

Catégorie Détails
Débuts internationaux 2005 (Irlande vs Japon)
Coupes du Monde 2007, 2015, 2019
Finale de Coupe du Monde 2015
100e match international 2020 (France vs Italie)

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