Le match de demi-finale de Coupe de France entre Dunkerque et le PSG a été marqué par une performance arbitrale de Jérôme Brisard qui a suscité de vives réactions et alimenté les conversations après le coup de sifflet final.

Retour sur les faits saillants de l'arbitrage de Jérôme Brisard lors de cette rencontre et son impact sur le déroulement du match.
Un corner litigieux qui fait basculer le match
Au cœur de la polémique, l'action qui a mené au but égalisateur de Marquinhos pour le PSG. Les Dunkerquois ont vivement contesté la décision d'accorder un corner, estimant que le ballon avait été touché en dernier par Marquinhos lui-même.
Sur l’action en question, il semble bien que Marquinhos ait touché le ballon en dernier sur l’action précédant le corner. Logiquement, un renvoi aux cinq mètres aurait dû être accordé à Ewen Jaouen, le portier nordiste mais il en a été décidé autrement. Coup du sort, c’est sur ce corner d’abord joué à deux par Ousmane Dembélé et Achraf Hakimi que les Parisiens ont égalisé (2-2, 48e).
Rassemblés au milieu du terrain, discutant encore après coup avec le capitaine du PSG, les Dunkerquois n’ont pu que s’incliner face à la décision de l’arbitre. Impossible d’avoir recours à la VAR sur ce type d’action a priori anodine.
Les images de beIN Sports et France 2 semblent confirmer que Marquinhos a dévié le ballon hors des limites du terrain. Malgré cela, l'arbitre a signalé un corner, qui a directement conduit au but de Marquinhos.
Sanganté furieux après Dunkerque PSG :«𝗖𝗼𝗺𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗲𝗻 𝟮𝟬𝟮𝟱, 𝗮𝘃𝗲𝗰 𝗹𝗮 𝗩𝗔𝗥, 𝗹'𝗮𝗿𝗯𝗶𝘁𝗿𝗲 𝗽𝗲𝘂𝘁 𝗱𝗼𝗻𝗻𝗲𝗿 𝗰𝗼𝗿𝗻𝗲𝗿»
« Comment en 2025, avec la VAR, l’arbitre peut donner un corner qui n’existe pas ? C’est le ballon du 2-2, c’est inadmissible en demi-finale de Coupe de France de faire basculer un match comme ça », a pesté le capitaine maritime Opa Sanganté au micro de beIN Sports.
« Ce qui est regrettable sur ce deuxième but, c’est qu’il n’y a jamais corner, commentait alors Opa Sanganté, le capitaine du club de Ligue 2 au micro de France Télévisions. Ils égalisent sur un corner qui n’existe pas. C’est frustrant, c’est vraiment ça le tournant du match parce qu’après quand tu prends un but comme ça en début de deuxième mi-temps contre le PSG, ça devient compliqué. On a essayé de s’accrocher, de tout donner. »
Pour eux, il n’aurait jamais dû être accordé. Luís Castro (entraîneur) : « Je n’aime pas parler d’arbitrage, mais on mérite plus de respect. Il n’y a pas corner. Pourquoi ils ne vont pas voir à la VAR ? Ce n’est pas juste. »
Plusieurs joueurs de Dunkerque ont aussi pesté contre l’arbitre. Vincent Sasso : « Le 2-2 ? Il n’y a pas corner. Psychologiquement, ça nous a tués. » Alec Georgen : « J’ai l’impression qu’il n’y a pas corner sur le 2e but… Mais on est fiers du match. » Opa Sanganté : « En 2025, avec la VAR, comment peut-on accorder un corner inexistant en demi-finale ? L’arbitre m’a dit "ok peut-être que je me suis trompé", mais il a quand même sifflé… »
Sur le bord de la pelouse, la colère gagnait progressivement Luis Castro, le coach des Bleus et Blancs. « C’est facile de gagner comme ça », lâchait le Portugais au 4e arbitre de la rencontre avant de voir les Parisiens prendre le dessus sur ses joueurs. Désiré Doué d’abord (62e) puis Ousmane Dembélé (90e + 4′), d’ailleurs passeur décisif sur le but polémique, venaient alors définitivement briser ses espoirs de qualification en finale. « On nous a manqué de respect », dira après le match le coach de Dunkerque, très amer.
L'absence de recours à la VAR
Les Dunkerquois ont réclamé l’intervention de l’arbitrage vidéo, celle-ci est possible en Coupe de France à partir des quarts de finale.
Si l’assistance vidéo à l’arbitrage a été mise en place en quarts de finale, le règlement se borne à des utilisations précises : penalty, carton rouge, but. Les corners n’en font pas partie. Même si cette situation de jeu amène à ce but sur l’action suivante, les assistants vidéos ne pouvaient pas déjuger leur confrère.
Il est important de souligner que, selon le règlement, la VAR ne peut intervenir que dans des situations précises telles que les penalties, les cartons rouges ou les buts. Les décisions concernant les corners ne font pas partie des cas où la VAR peut être utilisée.
«Comment, en 2025, avec la VAR, ils peuvent siffler un corner qui n’existe pas. C’est sur ce corner qu’on prend l’égalisation. Il faudrait qu’on m’explique avec la VAR dans une demi-finale de Coupe de France comment il peut y avoir ce genre d’erreur. Ca va passer, mais ça nous laisse un petit goût amer parce que c’est ce qui fait basculer le match ce soir. Mais le PSG mérite quand même sa victoire parce que je trouve que c’est une très belle équipe. Sur cette fameuse action, il me dit qu’il y a corner. Je lui dis non, que je ne touche pas le ballon. Il me dit "ok peut-être que je me suis trompé", mais pour lui, il y a corner. Au final, c’est un corner qui nous coûte cher parce que c’est le 2-2 et à ce moment-là du match, Paris reprend confiance».
Réactions et conséquences
L'erreur d'arbitrage a suscité une vague d'indignation chez les joueurs et le staff de Dunkerque. Le coach Luis Castro a exprimé son mécontentement quant au manque de respect envers son équipe.
«j’aime pas beaucoup parler d’arbitrage, mais on mérite plus de respect, pas seulement en Coupe de France. Aujourd’hui, il n’y a pas corner. Je ne sais pas pourquoi ils ne vont pas voir. Après l’action du corner, pourquoi ils ne vont pas voir à la VAR. Ils laissent jouer pour Paris. Mais de l’autre côté, qu’ils nous laissent aussi jouer. Je n’aime pas beaucoup parler de ça. Je travaille toujours, toute la journée, toute la soirée. Je ne dis pas que c’est fait exprès, qu’il y a un vol. Mais ce n’est pas possible d’avoir un déséquilibre. Je leur ai dit qu’il n’y a pas corner, qu’il y a hors-jeu. Les joueurs étaient frustrés. Et en zone mixte, les joueurs ont aussi emboîté le pas et ont voulu régler des comptes avec l’arbitre du soir : «c’est vrai qu’on a bien respecté le plan de jeu et être à 2-0, c’était parfait au niveau du scénario. Je pense que le but avant la mi-temps, psychologiquement, il fait mal et après voilà le 2-2 je vais même pas en parler parce que ça va m’énerver mais il n’y a pas corner. Après évidemment contre une équipe de cette qualité et de ce niveau, c’est très dur», s’est lamenté le buteur Vincent Sasso dans les couloirs de Pierre-Mauroy.
Vincent Sasso a reconnu la supériorité du PSG sur l'ensemble du match, mais a déploré l'impact psychologique de cette erreur d'arbitrage sur son équipe.
S’il regrette une « mauvaise décision », Vincent Sasso rejoignait finalement l’avis de l’entraîneur parisien. « Il faut être lucide, c’est dur pour les arbitres, ça va très vite, il y a un contact. C’est en notre défaveur donc ça nous fait chier, exprimait-il au micro de BeIN Sport. Mais le PSG a été supérieur sur l’ensemble de la rencontre.
Le PSG et Jérôme Brisard : un historique contrasté
Il a arbitré le PSG à 23 reprises pour 16 victoires, 3 nuls et 4 défaites seulement, la plupart survenues sur des fins de saison où le PSG était en roue libre. Mais malgré ces faits de jeu qui semblent toujours en défaveur du PSG, Jérôme Brisard n'a pas du tout un historique laissant à penser qu'il veut forcément du mal au club de la capitale.
Mais Jérôme Brisard n'est pas l'arbitre le plus simple à suivre dans son arbitrage et il laisse parfois perplexes acteurs du jeu comme spectateurs. Son plus grand moment avec le PSG restera à jamais ce carton jaune attribué à Neymar après que le Brésilien s'était un peu trop amusé avec son adversaire direct en février 2020.
Cette saison encore, Jérôme Brisard avait brillé, à sa façon, lors d'un match du PSG, heureusement le seul qu'il a eu à arbitrer. A Nice, Dante avait littéralement donné un coup de pied à Hakimi sur un duel, le Marocain s'en plaignant de façon véhémente et logique. Hakimi avait reçu un jaune et Dante rien. Dans les arrêts de jeu du même Nice/PSG (1-1), Dembélé était également touché dans la surface adverse, sans que l'arbitre central n'aille vérifier sur le VAR une action au mieux très douteuse. La faute revient pourtant largement à l'arbitre VAR qui n'avait pas jugé bon de l'appeler.
Arbitre VAR, c'est justement le rôle de Jérôme Brisard lors du Monaco/PSG (2-4) de décembre dernier lorsque Singo avait littéralement défiguré Donnarumma.
La bonne nouvelle pour le PSG vient du fait que l'arbitre du soir n'a que peu de joueurs sous la menace d'une suspension. Senny Mayulu a purgé la sienne à l'occasion du déplacement à Saint-Etienne et il n'y a aujourd'hui qu'un seul joueur sous la menace d'une suspension, à savoir Achraf Hakimi.
Statistiques de Jérôme Brisard en Ligue 1
| Statistique | Moyenne de Brisard | Moyenne Nationale |
|---|---|---|
| Cartons Jaunes par match | 3.49 | 3.53 |
| Cartons Rouges directs par match | 0.22 | 0.17 |
| Second carton jaune au même joueur par match | 0.05 | 0.09 |
Ces chiffres indiquent que Jérôme Brisard est légèrement moins enclin à donner des cartons jaunes que la moyenne des arbitres en Ligue 1, mais qu'il est plus sévère en ce qui concerne les cartons rouges directs.
