Dans le paysage télévisuel québécois, de plus en plus de talents de la région se retrouvent en ondes, devant les caméras.
L'Arrivée de Nouveaux Talents à RDS
Après Gérald Fillion à RDI et Radio-Canada et Gino Chouinard à TVA, voici que le Réseau Des Sports (RDS) profite de l’expérience de chasse et pêche du chroniqueur Yves Laroche, non seulement pour apprendre à lancer sa ligne à l’eau, mais aussi pour co-animer une émission spécialisée telle Chasse et Pêche Max au côté du vétéran Jean Pagé. Engagé comme co-animateur pigiste depuis novembre 2007, Yves Laroche a d’abord participé à un reportage d’essai de cinq minutes sur le thème des chiens de chasse, dans une émission diffusée dans la semaine du 30 mars 2008, puis RDS l’a rappelé pour compléter quatre reportages d’une durée de 10 à 12 minutes chacun, traitant de chasse et de pêche dans diverses réserves fauniques exploitées par la Société des établissements de plein air du Québec, la Sépaq.
L’émission Chasse et Pêche Max reprend l’antenne de RDS pour la saison 2008-2009, le 21 décembre, alors que le chroniqueur complétera l’équipe formée de Jean Pagé, Isabelle Tremblay et Simon Collin, chacun assurant tour à tour l’animation de l’un des reportages hebdomadaires. Selon la grille horaire préliminaire de RDS, les reportages prendront l’antenne les dimanches 11 janvier et 25 janvier, le 22 février et le 22 mars 2009.
L’émission Chasse et Pêche Max débute vers 9h30 chaque dimanche matin et est rediffusée à quatre reprises pendant la semaine. «Après avoir collaboré à une série de treize émissions de La pêche de chez nous à CFCF-TV en 1995, pendant près de deux ans à l’émission Les amants de la nature à Télémag, dans la région de Québec, et à une émission de la série Bonne Pêche, avec Norman Byrns, en 2004, je dois avouer que l’expérience de tournage avec RDS fut un point culminant en 2008, pour moi, comme chroniqueur de chasse et pêche au grand écran», résume-t-il.
RDS pourrait faire appel de nouveau à ses services en 2009, pour d’autres tournages, mais d’ici là, il compte bien poursuivre sa collaboration à l’écriture de chroniques de chasse et pêche dans le magazine Techniques Chasse et Pêche et dans le Journal MRG.
Fondation des Canadiens pour l'enfance - Mission
Depuis sa création, et d’une manière beaucoup plus intense depuis le début des années 2000, le très populaire club de hockey Canadien de Montréal a mis sur pied une grande variété de collectes de fonds. Grâce aux tournois de golf (ceux organisés par l’équipe, l’entraîneur ou certains joueurs), à la tournée des Anciens Canadiens, aux annuels radio-téléthons et aux loteries 50/50 qui ont lieu durant les parties de hockey, des dons sont recueillis au profit de la Fondation des Canadiens pour l’enfance et des diverses causes que soutient ce club.
À cette brève liste s’ajoutent des initiatives plus individualisées, telles que le port de la moustache chez les joueurs et le personnel entraîneur dans le cadre du mouvement Movember et l’intégration d’éléments roses à l’équipement en signe de solidarité à la lutte contre le cancer du sein. Impliquant les corps des joueurs, cette forme d’engagement se réalise à travers un registre d’actions beaucoup plus personnelles que les précédentes. Malgré leur variété et leur rayonnement distincts, ces pratiques philanthropiques particulièrement médiatisées font désormais partie des activités régulières des membres du Canadien de Montréal.
Cette brève liste (qui pourrait facilement être allongée) met en scène une variété de causes soutenues par l’équipe comme une série d’actions lancées tant par l’organisation de l’équipe, sa fondation que ses (actuels et anciens) joueurs. Elle témoigne du même coup de la grande effervescence et des différentes directions et voies qu’emprunte l’activité philanthropique liée à ce club de hockey.
Depuis la dernière décennie, des recherches en études culturelles et en sociologie critique du sport ont commencé à questionner les liens qui unissent la philanthropie et le milieu du sport (King 2012 et 2003 ; Jacobson 2010, pour ne nommer que celles-là). Si le contexte néolibéral et la grande présence des discours sur la santé promouvant l’activité physique ont été identifiés comme éléments ayant favorisé les croisements entre la philanthropie et le sport, les façons dont la philanthropie se réalise au regard des contraintes et possibilités du milieu du sport professionnel médiatisé, de même que leur inscription dans des manières de faire déjà instituées, demeurent des éléments à ce jour peu documentés.
Dans le but d’affiner la compréhension des manières dont advient la philanthropie dans le milieu du Canadien de Montréal, cet article souhaite identifier les formes par lesquelles se déclinent ces pratiques de même que leurs transformations.
Comme le souligne Paul Godfrey (2009), la philanthropie est une pratique ancienne et le milieu du sport verse depuis longtemps dans ce type d’activité. La longévité singulière de l’équipe (le Canadien de Montréal a fêté son centième anniversaire en 2009) de même que son histoire largement documentée et sa manière de cultiver depuis de nombreuses années une tradition de charité à l’égard de la communauté (Valois-Nadeau 2014) en font un cas d’étude privilégié pour détailler et caractériser l’évolution de l’activité philanthropique de ce milieu.
À travers l’amalgame de différents matériaux hétérogènes, tels que les rapports d’activités de la Fondation des Canadiens pour l’enfance, deux (auto)biographies d’anciens joueurs du Canadien de Montréal, le site internet du club de hockey et celui de l’association des anciens joueurs, des articles de journaux faisant mention de donations et de spectacles caritatifs, une archive a été constituée pour retracer les pratiques philanthropiques qui ont évolué dans cet univers.
Le recours à ces diverses sources médiatiques a ainsi permis d’effectuer une première recension des pratiques philanthropiques du Canadien de Montréal à travers les époques. Dans la mesure où cette « histoire » n’est pas encore écrite, l’organisation de ces traces a alors offert un aperçu des manières dont s’est structurée l’action philanthropique du Canadien de Montréal, en regard des transformations qu’ont subies les milieux philanthropiques, sportifs et médiatiques.
De cette archive ont émergé trois configurations de l’activité philanthropique, qui feront chacune l’objet d’une analyse détaillée au cours des prochaines sections.
À tour de rôle, que ce soit à travers l’exploration des pratiques caritatives spectaculaires, et plus spécifiquement du circuit des collectes de fonds basé sur les parties de hockey amicales, la professionnalisation de l’activité philanthropique à travers la création de fondations sportives ou à travers les manières dont certains joueurs exercent leur rôle de philanthrope, l’analyse de ces configurations mobilise des éléments clés pour questionner la venue d’un genre médiatique et d’un type de spectacle singulier. Car en interrogeant les enjeux et les logiques qui ont affecté et déterminé les manières d’exercer la philanthropie dans l’environnement du Canadien de Montréal, cet article vise à saisir en quoi ces pratiques sont modelées par les nouvelles formes de célébrité, de médiatisation du don, par la professionnalisation de l’activité philanthropique ainsi que par l’intégration des discours de responsabilité sociale d’entreprise au sein du Canadien de Montréal.
Les activités philanthropiques du Canadien de Montréal entremêlent depuis longtemps collecte de fonds et spectacle sportif. Depuis pratiquement un siècle (Holman à paraître), les parties de hockey sont le prétexte pour générer des dons et le Canadien de Montréal, en tant qu’équipe sportive emblématique au Québec, participe à la popularisation de cette pratique. En s’adaptant aux possibilités médiatiques et en évoluant en adéquation avec le développement d’une industrie sportive tirant profit de la renommée de ses anciens joueurs, cette pratique philanthropique basée sur la performance sportive est devenue un créneau privilégié pour amasser des fonds.
Dans le milieu du Canadien de Montréal, en plus de la tenue de loteries lors des matchs de hockey et de la mise sur pied de joutes caritatives occasionnelles impliquant les joueurs vedettes de l’équipe et des enfants (Fondation des Canadiens pour l’enfance 2014), de nombreuses parties de hockey réunissant joueurs amateurs et anciens professionnels du Canadien sont organisées pour collecter des fonds à travers la province du Québec et même le pays. Ces parties caritatives, jouées pour le bénéfice de diverses associations, semblent être devenues peu à peu un genre spectaculaire en soi, qui se développe en parallèle des activités de l’équipe actuelle.
Loin d’être laissée au hasard ou d’être le fruit d’un geste spontané, cette configuration de la pratique philanthropique fait appel au contraire à un grand nombre d’employés et de technologies nécessaires à l’organisation et à la diffusion d’un spectacle formaté.
Bien avant que l’organisation du Canadien de Montréal mette sur pied de tels événements, la ligue Dépression (1932-1960), ligue amateur basée à Montréal, avait déjà recours aux parties de hockey pour collecter annuellement des fonds au profit de l’organisme catholique Saint-Vincent-de-Paul (Holman à paraître). Réunissant jusqu’à près de 5 000 spectateurs, ces parties de hockey ont fait l’objet d’une couverture médiatique qui contribua à populariser cet événement.
Ces joueurs de hockey amateur, qui « joue[nt] pour s’amuser, tout en faisant la charité » (Holman à paraître), sont devenus les acteurs d’un spectacle caritatif façonné par une culture religieuse, alors responsable de pallier les effets d’une pauvreté endémique.
Au cours des années 1970, une forme plus organisée (et du même coup plus fréquente, visible et lucrative) d’événements philanthropiques a vu le jour grâce aux Productions Marc Verreault. Cette compagnie spécialisée dans la gestion et la production événementielle a mis sur pied un spectacle sportif caritatif qui n’était plus occasionnel, mais qui mobilisait sur une base quotidienne tout une équipe de production. Tirant profit de la célébrité d’anciens joueurs de hockey professionnel (principalement issus du Canadien de Montréal), les Productions Marc Verreault ont assuré pendant quarante ans l’organisation et la coordination d’événements sportifs, dont plusieurs de nature caritative.
Allant de la tournée d’anciens joueurs de hockey - les Anciens Canadiens comme les Grandes Étoiles LNH - aux parties amicales caritatives, en passant par la tournée d’adieu de l’ancien joueur très populaire Guy Lafleur, cette compagnie a contribué à consolider et à normaliser le croisement du don et du spectacle du hockey.
Au cours des années, les Productions Marc Verreault ont développé un spectacle qui a cru en envergure et qui a tourné à travers la province, le pays et même à l’international (aux États-Unis notamment [9]).
À travers la mise en scène de spectacles sportifs que d’aucuns pourraient qualifier de nostalgiques (« Nous faisons revivre les belles années du hockey à tous les fans à travers le Québec »), ce groupe spécialisé en événementiel a réussi « à attirer jusqu’à 19 000 personnes pour une seule partie » et espère « attirer un minimum de 100 000 personnes cette année [2010-2011] » (Productions Marc Verreault 2014-2015).
La période qui a vu poindre le spectacle sportif caritatif et son déploiement à l’échelle provinciale et internationale coïncide avec l’émergence et la popularité croissante de concerts-bénéfice et téléthons. En peuplant de manière plus intensive les écrans de télévision au cours des années 1980-1990, ces événements philanthropiques ont contribué au développement d’un genre médiatique fondé sur la compassion et les émotions, à une époque où l’État-providence commençait à limiter ses investissements publics (Devereux 1996).
À travers des événements phares tels que le Live Aid concert en 1985, la télévision - et les spectacles médiatiques en général - sont devenus un moyen légitime pour collecter les dons du public et diffuser une sympathie dépassant les frontières géographiques (Devereux 1996). Qualifiés de « dispositif de production de solidarité collective » par Dominique Cardon et al. (1999 : 18), les téléthons et autres spectacles médiatiques caritatifs ont ainsi participé à la transformation des modes d’engagement des publics, désormais normalisés à travers une économie culturelle de la charité fondée sur le divertissement.
| Événement | Description | Années |
|---|---|---|
| Ligue Dépression | Parties de hockey pour collecter des fonds pour Saint-Vincent-de-Paul | 1932-1960 |
| Productions Marc Verreault | Organisation d'événements sportifs caritatifs avec d'anciens joueurs de hockey | 1970-2014 |
| Tournée des Anciens Canadiens | Tournée d'anciens joueurs de hockey pour des événements caritatifs | Actuel |
Reprenant l’image du marathon, où la performance physique devient essentielle (temps d’antenne continu et privation de sommeil chez les animateurs de téléthons, etc.), et en réunissant l’instant d’un événement plusieurs personnalités publiques, les événements philanthropiques spectaculaires deviennent un genre médiatique basé sur la grandeur et l’extraordinaire.
Dans un tel contexte, comme le soutiennent Olivier Driessens et al. (2012), les célébrités sont devenues indispensables, voire des conditions intrinsèques à la production d’un large éventail d’événements philanthropiques médiatisés. Parce que leur présence apporte une visibilité à la cause soutenue et que leur impact sur les montants collectés est direct.
Même si les événements sportifs caritatifs organisés par les Productions Marc Verreault se sont développés en marge du spectacle du Canadien de Montréal et avec moins de moyens que cette équipe de sport professionnel millionnaire - on faisait appel à des joueurs retraités du Canadien de Montréal, généralement moins populaires que les joueurs actuels, et la présence médiatique semblait se limiter aux affiches promotionnelles dans l’aréna et à celles diffusées dans les journaux locaux -, ces spectacles ont tout de même contribué à mettre de l’avant un genre d’événement philanthropique qui s’est consolidé au fil des années.
Ces parties de hockey caritatives ont bénéficié de la popularité encore existante des joueurs retraités, qui ont fait carrière à une époque où le sport professionnel s’est grandement médiatisé et sont devenues un spectacle encore couru, sans commune mesure avec les conditions dans lesquelles fut créée la ligue Dépression, qui vit le jour au moment où les parties de hockey commençaient à être retransmises à la radio.
Au fil du temps, par l’édification de procédures régulant les manières dont s’orchestrent les matchs caritatifs, les Productions Marc Verreault ont développé un format de spectacle caritatif pouvant facilement être reproduit dans le cadre d’une tournée. Par exemple, les photos d’équipe sont prises au même moment (par exemple durant la mise au jeu officielle pour celles réservées aux journaux locaux ; à la fin du match pour celles destinées aux participants) et le style de présentation des joueurs se doit d’être le même - et idéalement fait par un animateur de radio locale (Productions Marc Verreault 2014-2015).
Homogénéisé à travers une formule éprouvée et similaire aux façons de procéder dans le milieu du sport professionnel, ce type de spectacle sportif philanthropique a donc pu être aisément diffusé dans 51 villes canadiennes au cours de l’édition 2013-2014 et reproduit pendant plus de 40 ans.
En 2014, après 40 ans d’existence, les Productions Marc Verreault ont été achetées par l’organisation du Canadien de Montréal et ont cessé du même coup de se développer en parallèle (voire en marge) des activités du club.
Par cette acquisition, les événements caritatifs sportifs ont été officiellement intégrés aux activités de l’équipe de hockey (bien que les joueurs impliqués ne soient plus membres de l’équipe actuelle). Justifiée comme moyen d’accroître la présence d’anciens joueurs au sein de l’organisation (Brousseau-Pouliot 2014), cette transaction a permis à l’organisation du Canadien de Montréal de lancer « plus d’événements » caritatifs (Brousseau-Pouliot 2014) et ainsi d’étendre son rayonnement dans le milieu québécois.
Dès cet instant, outre la tournée des Anciens, de nombreuses activités caritatives ont été ajoutées au calendrier des Anciens du Canadien de Montréal, diversifiant par conséquent l’offre d’événements caritatifs sportifs. Animation d’encans, parties de balle-molle, invités d’honneur, et autres font désormais partie des « services » répertoriés sur le site internet de l’équipe.
Affichées sous un calendrier et « twittées » par des employés du Canadien de Montréal, les activités philanthropiques événementielles sont hébergées au sein même du site internet de l’équipe, ce qui leur permet du même coup de jouir d’une plus grande visibilité et d’être prises en charge par l’équipe de communication du club.
En étant désormais amalgamés aux dispositifs médiatiques de cette équipe de sport professionnel, les événements philanthropiques impliquant les anciens joueurs sont devenus encore plus lucratifs, avec plus de 1 500 000 dollars amassés chaque année (Brousseau-Pouliot 2014). Ce rapatriement des activités caritatives spectaculaires qui réfèrent de près ou de loin au nom et au logo...
