L’Angleterre attendait ça depuis si longtemps. Six ans après sa dernière victoire lors de la demi-finale du Mondial 2019 au Japon et treize ans après son dernier succès à Twickenham, le XV de la Rose est de nouveau maître sur ses terres face à la Nouvelle-Zélande. Et ce au terme d’un match intense.
Le samedi 15 novembre 2025, après une victoire contre l’Australie (25-7) puis les Fidji (38-18), les Anglais, menés 12-0 en début de match, ont renversé les All Blacks grâce à leur puissance physique et au pied de George Ford, auteur de deux drops. Ils ont marqué quatre essais pour assurer leur dixième victoire consécutive.
L’Angleterre a poursuivi sa tournée de novembre parfaite en s’imposant samedi contre la Nouvelle-Zélande à Twickenham (33-19), sa première victoire contre cet adversaire depuis six ans et la deuxième plus large de son histoire.
Cette victoire de quatorze points des Anglais est la deuxième plus large de leur histoire face aux All Blacks. Ces derniers sont restés dans le match quasiment jusqu'au bout, mais leur revers répond à une forme de logique.
L’écart final de 14 points est le plus important en faveur des Anglais derrière les 17 unités de la victoire 38-21 de 2012, le dernier succès anglais à domicile contre la Nouvelle-Zélande. Depuis, le XV de la Rose n’avait gagné qu’en 2019, en demi-finale du Mondial au Japon.
Le scénario de la rencontre renforce la symbolique de l’instant. Car les hommes de Steve Borthwick ont été menés (0-12) jusqu’à ce que Ollie Lawrence sonne enfin l’heure de la riposte, en marquant un essai, à la 25e minute. Au bout du compte, le XV de la Rose en a inscrit quatre, contre trois pour les Néo-Zélandais.
Bien que dominés en début de match, les Néo-Zélandais se sont montrés efficaces des deux côtés du terrain pour mener 12-0 après 20 minutes grâce à des essais de Leicester Fainga'anuku (14e) et Codie Taylor (18e). N’affichant plus qu’un retard d’un point à la pause au tableau d’affichage (11-12), les Anglais, portés par une mêlée dominante et une défense admirable, ont dominé de la tête et des épaules la seconde période face à des Néo-Zélandais devenus indisciplinés, eux qui n’avaient concédés aucune pénalité en première période.
Après un Kapa O Pango auquel le public de l’enceinte londonienne a répondu en chantant « Swing Low, Sweet Chariot », la rencontre a vu le XV d’Angleterre essayer de mettre la main sur le ballon face à des All Blacks qui ont misé sur le jeu au pied pour mettre sous pression la défense adverse. Une rencontre qui a définitivement été lancée au quart d’heure de jeu.
Après un 50-22 trouvé par Beauden Barrett, la défense anglaise s’est mise à la faute. Sur la première mêlée, un décalage a pu se construire. Après avoir gagné du terrain ballon en main, Leicester Fainga’anuku a fait parler la puissance. L’ancien joueur de Toulon a pu récupérer le ballon dans un ruck avant de percer le rideau défensif anglais pour aplatir le premier essai de la rencontre.
Un ascendant que les Néo-Zélandais n’ont mis que quatre minutes à confirmer. Trouvé en position d’ailier après une accélération de Will Jordan, Codie Taylor s’est joué des défenseurs anglais sur un crochet pour inscrire le deuxième essai des siens, transformé par Beauden Barrett.
Dans la foulée, Freddie Steward a cédé sa place à Marcus Smith sur saignement.
Les All Blacks ont démarré fort. L’Angleterre a relevé la tête à un quart d’heure de la pause. En sortie de mêlée, Ollie Lawrence a été décalé par George Ford. Le centre a alors mis à terre Leroy Carter avant d’effacer Beauden Barrett pour aplatir sur la ligne l’essai de la révolte.
Si les All Blacks ont alors poussé pour creuser l’écart avant la pause, ils sont tombés sur une défense anglaise appliquée. Après avoir autant résisté, le XV de la Rose a pu s’offrir des possibilités offensives. Opportuniste, George Ford a passé deux drops en deux minutes pour ramener l’Angleterre à un seul point au moment de retrouver les vestiaires de Twickenham.
La reprise du jeu a vu les All Blacks être bien pâles. Pour une faute cynique, Codie Taylor a écopé d’un carton jaune. En supériorité numérique, les Anglais ont immédiatement haussé le ton et Sam Underhill a validé cet état d’esprit. A l’issue d’une séquence de jeu au près, le troisième-ligne a trouvé un espace dans la défense néo-zélandaise pour permettre au XV de la Rose de prendre l’avantage au score pour la première fois.
Peu avant le retour à quinze contre quinze, l’Angleterre a cru corser l’addition grâce à George Ford après une touche. Toutefois, une position de hors-jeu décelée par la vidéo a convaincu l’arbitre d’annuler cet essai.
Ce n’était que partie remise pour les joueurs de Steve Borthwick. En effet, cinq minutes plus tard et après un 50-22 trouvé par George Ford, Fraser Dingwall a fait chavirer Twickenham. Sur une initiative en première main après la touche, Ollie Lawrence a lancé son premier centre.
Menée 12-0, l'Angleterre renverse la situation face à la Nouvelle-Zélande : analyse du match
Ce dernier a fait parler sa pointe de vitesse pour aller à dame et donner treize points d’avance aux siens à 25 minutes de la fin du match. Scott Robertson a alors décidé d’ouvrir son banc. Sauf que le banc anglais a fait de même avec sa « pom squad ».
Un match qui aurait pu tourner à l’entame du dernier quart d’heure quand Ben Earl a écopé d’un carton jaune après avoir écroulé un ballon porté. Sur l’action suivante, les All Blacks ont saisi l’opportunité de se rapprocher. Décalé par Damian McKenzie, Will Jordan est allé aplatir son 45eme essai au niveau international avec son buteur qui a alors ramené la Nouvelle-Zélande à six longueurs.
Des All Blacks qui ont alors poussé mais qui se sont montrés trop maladroits pour exploiter plus encore cette supériorité numérique.
Le sort de la rencontre a finalement été scellé à cinq minutes de la sirène. Après une nouvelle faute néo-zélandaise en touche, George Ford a réglé la mire pour passer une pénalité mettant le XV de la Rose à l’abri d’un essai transformé.
Un succès amplifié dans la foulée par Tom Roebuck, qui a profité d’une transmission ratée par les All Blacks et l’opportunisme d’Henry Pollock qui a prolongé le ballon deux fois au pied pour servir son ailier. Ce dernier a alors aplati en coin l’essai qui offre un large succès à l’Angleterre devant son public (33-19).
Après une vague de changements de part et d’autre (entrées de McKenzie, Sititi, Curry ou encore Pollock), les All Blacks proposaient enfin des séquences intéressantes et profitaient du carton jaune de Ben Earl - immense durant cet après-midi londonien -, pour voir Will Jordan réduire l’écart sous les poteaux (65e).
Dans les derniers instants de ce choc qui aura tenu toutes ses promesses, George Ford, comme un symbole, passait une pénalité pour sceller le sort du match.
L’Angleterre fait donc tomber la Nouvelle-Zélande à Twickenham pour la première fois depuis 2012. Un succès logique et parfaitement construit, qui prouve que le XV de la Rose est de retour au sommet du rugby mondial.
Bien aidés par le carton jaune de Codie Taylor (41e), les hommes de Steve Borthwick ont pris les commandes du match après les essais de Sam Underhill (43e) et Fraser Dingwall (55e) pour ne plus jamais les rendre.
L’Angleterre est de retour ! En constant progrès ces derniers mois, les Anglais ont surclassé la Nouvelle-Zélande dans un Twickenham des grands jours (33-19).
Les Anglais ont ensuite largement dominé pendant quarante minutes, infligeant un 25-0 aux All Blacks avec trois essais d’Ollie Lawrence (25e), Sam Underhill (43e) et Fraser Dingwall (55e).
George Ford, héros malheureux du dernier match entre ces deux équipes sur cette même pelouse en 2024 (défaite 22-24) en raison de son manque de précision face aux perches, a cette fois été un des grands artisans de la victoire des siens. D’abord en fin de première période, où ses deux drops en deux minutes (38e, 40e) ont permis de ramener son équipe à un point (11-12). Il a ensuite rayonné en deuxième période avec son jeu au pied précis, notamment un 50-22 magnifique ayant amené, sur la touche qui a suivi, le troisième essai anglais, synonyme de break (25-12). L'ouvreur de 32 ans et 104 sélections a mis fin au suspense avec une pénalité à cinq minutes de la fin (28-19) avant un dernier essai en coin de Tom Roebuck (77e).
Supérieurs physiquement sur l’ensemble du match, les Anglais ont gagné l’essentiel des collisions et ont largement dominé en mêlée (deux pénalités obtenues), alors que les Néo-Zélandais ont eux connu un déchet au pied inhabituel de leur métronome Beauden Barrett.
Les Blacks n’ont été capables de prendre de vitesse les Anglais que pendant une courte période, suffisante pour marquer deux essais par le centre Leicester Fainga’anuku (14e) et le talonneur Codie Taylor (20e).
Il y a quand même eu un sursaut d’orgueil après l’heure de jeu des All Blacks, qui sont revenus à six points des Anglais après le 45e essai en sélection de Will Jordan (65e). Auteur de 13 points, dont deux drops à un moment crucial, George Ford a renaît de ses cendres lors de cette rencontre, lui qu’on pensait perdu pour la sélection après la Coupe du monde 2023 et l’émergence de Marcus Smith.
C'est la première victoire pour l'Angleterre face à la Nouvelle-Zélande depuis la demi-finale de la Coupe du monde 2019 (19-7) et le premier succès à domicile face aux Blacks depuis le 1er décembre 2012 (38-21), mais aussi la dixième victoire consécutive des hommes de Steve Borthwick.
Le XV de la Rose aura l’opportunité de conclure sa tournée sur un sans-faute contre l’Argentine le week-end prochain. Les All Blacks, quant à eux, devront relever la tête au pays de Galles.
Les confrontations historiques en Coupe du Monde
Avant leur duel tant attendu en demi-finale de la Coupe du monde 2019, Anglais et Néo-Zélandais se sont déjà affrontés dans la compétition reine du rugby. À trois reprises, les soldats de la Rose ont croisé le fer avec les légendaires All Blacks. Et à chaque fois, les hommes en noir en sont sortis vainqueurs.

Coupe du Monde 1991 : Nouvelle-Zélande 18 - Angleterre 12
La deuxième Coupe du monde de l'histoire s'ouvre sur une affiche de prestige entre les champions en titre néo-zélandais et les hôtes de la compétition. Les deux équipes se livrent une rude bataille et les chandelles pleuvent dans le ciel étonnement ensoleillé de Twickenham. Plus efficace, le quinze de la Rose mène à la pause grâce à la botte de son artilleur Jon Webb et au drop impeccable de Rob Andrew (12-9). Mais en deuxième période, la magie noire opère. Une merveille de redoublée entre Graeme Bachop et Grant Fox, suivie d'une superbe manoeuvre de John Kirwan, envoient le génial Michael Jones dans l'en-but. La Nouvelle-Zélande s'impose (18-12) mais ne verra pas la finale, contrairement à l'Angleterre, battues l'une comme l'autre par l'Australie, nouvelle championne du monde.
Coupe du Monde 1995 : Nouvelle-Zélande 45 - Angleterre 29

En Afrique du Sud, la nation qui a enfanté le rugby et celle qui l'a sublimé se retrouvent en demi-finale. La planète ovale découvre en 1995 le plus grand joueur de l'histoire, un certain Jonah Lomu, 20 ans à peine et déjà un physique de golgoth. Le match face à l'Angleterre reste sans doute son plus beau chef-d'oeuvre. Le numéro 11 marche littéralement sur Mike Catt en début de partie puis s'offre un quadruplé inédit à ce stade de la compétition. Les Anglais sont débordés par la vitesse et l'efficacité des Blacks, toujours plus nombreux au soutien pour proposer des options au porteur de balle. Grâce aux doublés de Will Carling et Rory Underwood, le quinze de la Rose évite le naufrage mais s'incline logiquement (45-29). En finale, la flamboyante attaque de la Nouvelle-Zélande restera muette contre la défense sud-africaine, soutenue par une nation toute entière.
Coupe du Monde 1999 : Nouvelle-Zélande 30 - Angleterre 16

Présentée comme le choc de la poule A, l'opposition entre Anglais et Néo-Zélandais dans le Temple du rugby tient toutes ses promesses pendant près d'une heure de jeu. À la 54e minute, Jonny Wilkinson ramène les deux équipes à égalité grâce à une pénalité (16-16). Mais dans la foulée, l'inévitable Jonah Lomu fait de nouveau parler sa diabolique explosivité pour s'écrouler dans l'en-but. Au grand désespoir de Lawrence Dallaglio qui tente d'imprimer son genou sur le visage de la star des Blacks... Un essai supplémentaire de Byron Kelleher en fin de match douchera les derniers espoirs anglais (30-16). La Nouvelle-Zélande poursuivra son parcours sans-faute jusqu'à croiser la route d'irréductibles Gaulois en demi-finale, un dimanche après-midi où la folie s'empara de Twickenham.
Il fallait remonter à 2012 pour trouver trace d'un tel résultat en terre anglaise. Les All Blacks - dont l'entame réussie s'était matérialisée par des essais de Leicester Fainga'anuku et Taylor - ont gagné en Irlande et en Ecosse, lors de cette tournée d'automne.
Tableau des Confrontations Récentes
| Date | Événement | Résultat |
|---|---|---|
| Demi-finale Coupe du Monde 2019 | Coupe du Monde | Angleterre 19 - 7 Nouvelle-Zélande |
| 1er Décembre 2012 | Test Match | Angleterre 38 - 21 Nouvelle-Zélande |
| 15 Novembre 2025 | Test Match | Angleterre 33 - 19 Nouvelle-Zélande |
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