Nicolas Anelka, formé au PSG, a connu une carrière riche en rebondissements, marquée par des transferts spectaculaires et des relations parfois tumultueuses avec ses clubs. Son retour au Paris Saint-Germain en 2000 est un chapitre particulier de cette histoire, rempli d'espoirs et de désillusions.

Un Transfert Record et de Grandes Attentes
En juillet 2000, l’attaquant tricolore paraphe un contrat de 6 ans pour une indemnité de transfert de 219 millions de francs (33,4 M d’euros) soit 44 fois plus que la somme déboursée par Arsenal à l’hiver 1997. A l'époque, le transfert du joueur de Trappes au Paris Saint-Germain est, en fait, un retour. Moins de trois ans plus tôt, Luis Fernandez le lançait dans le grand bain alors que le jeune attaquant n'avait pas encore 17 ans.
Anelka est la pièce centrale du PSG de l’entraîneur Philippe Bergeroo et du président Laurent Perpère, qui aura également recruté Lionel Letizi, Frédéric Déhu, Stéphane Dalmat et Peter Luccin et qui compte déjà dans ses rangs Jay-Jay Okocha et Laurent Robert. Les vieilles rancœurs sont balayées. Anelka est né à Trappes, il a débuté sa carrière au PSG et vient d'être sacré champion d'Europe en club et avec l'équipe de France. Aucun autre joueur ne peut mieux incarner le projet que lui.
Le prince est présenté en grande pompe au Parc, devant 22000 spectateurs, à la mi-temps d'un amical opposant Paris aux Corinthians. Laurent Perpère, président-délégué, jubile. "Je me souviens de la fierté dans ses yeux, dira le joueur dans sa biographie. Celle de m'avoir fait revenir, de bâtir un projet de reconstruction du club articulé autour des jeunes de la banlieue parisienne."
Le club de la capitale débourse 220 millions de francs, somme également versée par le Real, un an plus tôt, pour arracher le joueur à Arsenal. L'attaquant paraphe un contrat de sept ans lui garantissant plus d'un million de francs par mois.
Des Débuts Prometteurs, Mais...
Avec Philippe Bergeroo, la mayonnaise prend et les résultats le prouvent. En attaque, le trio Robert - Christian - Anelka fait des merveilles. Sans en faire une obsession, Anelka inscrit tout de même six buts lors des douze premières journées, aidant le PSG à garder la tête du classement après les trois premiers mois de compétition. En Ligue des champions, Paris alterne le bon et le moins bon. Jusqu'au 24 octobre 2000.
Au Parc, Paris croit changer de dimension en pulvérisant Rosenborg (7-2) dans le sillage de son chouchou, auteur d'un doublé. A ce moment-là, ce PSG, où Anelka était la tête de gondole, avait tout pour briller.

La Crise et l'Arrivée de Luis Fernandez
Paris ne serait pas tout à fait Paris sans traverser une crise sportive en novembre. C'est bien simple. Toutes compétitions confondues, le club de la capitale ne remporte pas la moindre rencontre sur l'ensemble du mois. Le 2 décembre, l'humiliation subie à Sedan (5-1) condamne Philippe Bergeroo.
Luis Fernandez, l'homme de la Coupe des coupes, est de retour. Fernandez est arrivé, le projet s'est envolé. Cette fois, la greffe ne prend pas. Ni dans le jeu, ni dans le vestiaire. Sur le terrain, Anelka n'est plus du tout celui qu'il était quelques semaines plus tôt.
Pour redresser la situation sportive, Fernandez prend la main sur le mercato et fouille le championnat espagnol, où il vient de passer quatre saisons en tant qu'entraîneur de Bilbao. Pochettino, De Lucas et Arteta débarquent. Dalmat s'en va pour faciliter l'arrivée de Vampeta, en provenance de l'Inter. Mais la solution n'en est pas une. Sportivement, elle n'arrange rien : Paris fait une croix sur la C1, les Coupes et stagne en championnat. Dans le vestiaire, elle sème la zizanie.
Un malaise de plus en plus profond s'installe. En crise de confiance, comme la plupart de ses coéquipiers, Anelka ne marque qu'à trois reprises sur l'ensemble de la deuxième partie du championnat. Et maintenant, son mal-être dépasse le rectangle vert.
Entre Anelka et Fernandez, la rupture est de plus en plus profonde. Dès la saison suivante, l'attaquant est écarté du groupe à plusieurs reprises, payant de vives altercations avec son entraîneur. Devenue irréversible, la situation pousse la direction parisienne à organiser le départ de celui qui devait incarner son projet "PSG banlieue".
Dès janvier, le joueur est envoyé à Liverpool pour un prêt assorti d'une option d'achat de 180 millions de francs. Paris n'aura pas de retour sur investissement et se fait une raison.
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Le Départ Définitive
Anelka n'est pas conservé par les Reds et rebondit finalement chez le promu Manchester City lors d'un transfert estimé à 19 millions d'euros. Pour ceux qui l'avaient rêvé en icône, c'est un crève-cœur.
Près de dix-huit mois après son retour au Paris - Saint-Germain, qui l'avait formé, l'avant-centre international Nicolas Anelka a été prêté, vendredi 21 décembre, au club anglais de Liverpool jusqu'à la fin de la saison 2001-2002 avec une option d'achat. Cet événement marque la fin des aventures parisiennes du joueur, qui ne s'est jamais intégré au PSG, entretenant des rapports tendus avec ses deux entraîneurs, Philippe Bergeroo puis Luis Fernandez.
A vingt-deux ans et quelques mois, l'attaquant n'avait probablement pas d'autres choix que de quitter le PSG, qui l'avait vu revenir tel un enfant prodigue à l'aube de la saison 2000-2001. Répudié par Luis Fernandez, le joueur vivait mal le jeu de la concurrence que lui imposait l'entraîneur parisien.
Tableau Récapitulatif du Passage d'Anelka au PSG (2000-2002)
| Période | Entraîneur | Faits Marquants |
|---|---|---|
| Juillet 2000 - Décembre 2000 | Philippe Bergeroo | Arrivée et débuts prometteurs, bonne entente avec l'entraîneur, crise sportive en novembre. |
| Décembre 2000 - Décembre 2001 | Luis Fernandez | Arrivée de Fernandez, tensions avec Anelka, prêt à Liverpool en décembre 2001. |