L'évolution de l'IRB à World Rugby: Un nouveau chapitre pour le rugby mondial

Fondée en 1886, l'International Rugby Board (IRB), qui compte 118 nations membres, a officiellement changé de nom pour devenir World Rugby lors de sa conférence mondiale à Londres. Ce changement marque une nouvelle ère pour le rugby mondial, signalant une ambition d'expansion et d'innovation.

Il fut un temps, encore proche, où l'instance dirigeante du rugby mondial se cachait derrière l'acronyme d' IRB, celui du Board, ce conseil d'administration exclusif, rappelant les origines d'un sport hérité de l'époque victorienne. Or, dès novembre 2014, en toute discrétion, un tournant majeur allait être franchi avec un nouveau label, celui du World rugby.

World Rugby est l'instance dirigeante mondiale du rugby à XV. World Rugby organise la Coupe du monde de rugby tous les quatre ans, la compétition la plus reconnue et la plus rentable du sport. Il organise également un certain nombre de compétitions internationales de rugby telles que la World Rugby Sevens Series, la Rugby World Cup Sevens, le World Under 20 Championship et la Pacific Nations Cup.

World Rugby a son siège à Dublin, en Irlande. Ses membres comprennent 120 syndicats nationaux. Chaque pays membre doit également être membre de l'une des six unions régionales dans lesquelles le monde est divisé.

Logo de World Rugby

Une nouvelle mission et une nouvelle identité

«Ce lancement sert à incarner notre nouvelle mission, faire grandir la famille du rugby mondial au-delà de notre famille traditionnelle et de nos supporters habituels, et refléter l'évolution de notre organisation qui doit passer du rôle de régulateur à celui d'inspirateur», a expliqué Bernard Lapasset, le président de World Rugby, qui va également changer de logo.

A un an de la Coupe du monde 2015, qui se déroulera en Angleterre, et deux ans des Jeux Olympiques de Rio où le rugby à 7 fera son retour, l’IRB cherche à «avoir plus d’impact et être plus attractif» explique Bett Gosper, bras droit de Bernard Lapasset.

World Rugby opère un changement d’identité allant vers plus d’équilibre, de pouvoir. Alors que les couleurs bleu marine et vert pelouse sont conservées, l’élément graphique de l’identité à lui, été totalement revu. Les deux arcs de cercles, formant un ballon de rugby ont été supprimés pour construire un blason, à trois bandes biseautées, telle une voile. Le nom de l’institution change et perd son encartage bleu pour vivre, en lettres majuscules, noires intégrant WORLD en mineur et RUGBY en majeur pour mettre l’emphase sur l’activité qu’elle soutient.

Stratégies d'expansion et de développement

Depuis 2004, 120 nouvelles fédérations ont intégré World Rugby, faisant passer le nombre de pratiquants de 2 à 7,6 millions dans le monde. Une croissance remarquable et toujours en cours, liée à une stratégie menée par l'organisation internationale et plutôt adaptée au « retard » du rugby : viser de nouveaux marchés rapidement et s'étendre le plus possible.

Cela consiste à doter de nouveaux pays entrants, d'une fédération, pour qu’ensuite le rugby se généralise, se structure, se diffuse et gagne les étages inférieurs. Pour se faire, World Rugby mobilise différents moyens : des fonds structurels bien sûr, des partenariats avec les écoles et les universités, mais aussi en missionnant des ambassadeurs (des anciens joueurs professionnels le plus souvent) pour promouvoir la discipline.

Ainsi, le Brésil, nouvel invité, a profité d’un financement 400 000€ pour l’initiation de 9 000 jeunes, une riche idée dans ce pays qui offre le plus beau potentiel d'Amérique du Sud, à côté du voisin et concurrent argentin...

Cette stratégie de conquête passe aussi pour World Rugby par le succès du Sevens. En s’appuyant sur son développement, notamment dans des pays peu versés dans le rugby à XV, l'instance invite d'emblée ces nouvelles fédérations au circuit World Sevens Series (annuel), aux World Cup Sevens (tous les 4 ans) et maintenant aux JO.

Dans cette logique, le rugby à VII sert de première vitrine avec le développement du « World Rugby Sevens Series » : tout un programme pour une compétition dont l'audience et la visibilité ne cessent de croître.

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Le rôle de la FFR et l'avenir du rugby en France

Face à un tel mouvement, on est en droit de se demander ce que fait la FFR pour en profiter. Hélas, en dehors des considérations sportives et des retombées d'image, le Top 14 échappe à la FFR et l'empêche de « se vendre » davantage.

Les marques reconnues que sont devenus le Stade Toulousain, le RCT ou Clermont se sont imposées comme des « labels » que leurs propriétaires ne souhaitent pas dévaloriser au profit des équipes de France. Surtout après des investissements aussi conséquents et les déconvenues sportives récentes en Coupe du monde...

Avec le Sevens, la FFR est donc face à une véritable opportunité : se repositionner en renforçant son image de marque, tout en générant de nouveaux partenariats et des propositions de sponsoring. Une aubaine qui commence d'abord par la réussite du HSBC Paris Sevens !

Après 10 ans d’absence, le rugby à VII revient en France à l’occasion du Paris Sevens du 13-15 mai 2016 à Jean Bouin. Derrière l'organisation de ce tournoi se trouve World Rugby.

Leadership et continuité

Avec la victoire de Brett Robinson, World Rugby a fait le choix d’une forme de continuité. Sa carrière de joueur rapidement écourtée pour poursuivre ses études de médecine, à Brisbane puis à Oxford, Brett Robinson a longtemps travaillé comme chirurgien, avant de se lancer dans le monde de l’assurance.

Pour avoir longtemps travaillé pendant ses années de médecin sur les commotions cérébrales, le nouveau président de World Rugby connaît le sujet sur le bout des doigts. L’Australien a également parlé business.

Fondée en 1886 sous le nom d'International Rugby Football Board (IRFB) par l'Écosse, le Pays de Galles et l'Irlande, l'Angleterre l'ayant rejoint en 1890.

Trois hommes se présentaient devant les électeurs: Brett Robinson, le Français Abdelatif Benazzi, et l’Italien Andrea Rinaldo. Comme attendu, le premier tour a écarté le candidat italien. Avec seulement neuf voix, il a quitté les débats.

A l’évidence, le report des voix entre les deux tours n’a pas profité au Français, ancien capitaine du XV de France. Pour la France, le coup est rude. Après avoir présidé l’IRB, ancien nom de World Rugby, avec Bernard Lapasset entre 2008 et 2016, elle reste à la porte.

Incertaine jusqu’au dernier moment, la victoire de l’ancien troisième ligne international s’est joué à peu de choses. Deux voix. Mais elles lui ont suffi à s’assurer un premier mandat de quatre ans, renouvelable une fois.

Évolution du nombre de fédérations membres de World Rugby
Année Nombre de fédérations
2004 Anciennement
Actuellement 120+

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