Anciens Entraîneurs Célèbres du Rugby: Héritage et Hommages

Le monde du rugby est riche en figures emblématiques, tant sur le terrain qu'en dehors. Parmi ces personnalités, les entraîneurs occupent une place particulière, façonnant des équipes et inspirant des générations de joueurs. Cet article rend hommage à certains de ces anciens entraîneurs célèbres qui ont marqué l'histoire du rugby.

Guy Novès: Une Légende Toulousaine

Guy Novès est une véritable légende du rugby français, non seulement pour son rôle d’entraîneur emblématique du Stade Toulousain, mais aussi pour sa carrière de joueur au sein du même club. Il a passé quarante ans de sa vie au Stade toulousain et a remporté deux titres de champion de France en tant que joueur (1985 et 1986). En tant qu'entraîneur, il a mené le club à devenir le plus titré du rugby français en remportant dix Brennus (1989, 1994, 1995, 1996, 1997, 1999, 2001, 2008, 2011, 2012) et quatre Coupes d'Europe (1996, 2003, 2005, 2010).

Lors d'une cérémonie émouvante, Guy Novès a déclaré :

« Je vais vous l'avouer. Il me tardait de vous retrouver. Vous faites tous partie d'un club assez particulier, le palmarès est le fruit du travail de nombreuses années, non pas de Guy Novès mais de tout un tas de personnes. Ce qu'on a gagné, je ne l'ai jamais gagné seul. »

Le public toulousain, qui avait reçu avant la rencontre un tifo retraçant le palmarès de Novès et sur lequel était écrit "Merci Guy", l'a longuement applaudi. Sa dernière saison au Stade Toulousain avait toutefois été marquée par des tensions. Dans un entretien au journal Sud-Ouest en juin, il avait reconnu avoir le sentiment de gêner certains dans son club, où il ne travaillait plus dans des conditions idylliques.

Hommage aux Internationaux des Années 70

Pour lancer le partenariat avec l’association des Internationaux du Rugby Français (IRF), le Rugby Club organisait son premier apéro Zoom de l’année le 13 janvier dernier. Une dizaine d’internationaux des années 70 ont raconté avec beaucoup de simplicité et de passion leurs meilleurs moments en bleu. « Nous sommes sincèrement heureux de vous accueillir » lançait Jean-Laurent Granier, Président du Rugby Club, à Jean Gachassin, Pierre Villepreux, Jo Maso, Michel Pebeyre, Roger Bourgarel, Gérard Cholley et François Sangalli, tous joueurs légendaires des années 70 réunis au sein de l’association des Internationaux du Rugby Français.

Invités à ce premier apéro Zoom de l’année, ces anciens internationaux nous ont raconté avec beaucoup de simplicité leurs meilleurs souvenirs en bleu. « Domiciliée dans les locaux du Rugby Club, l’association des Internationaux du Rugby Français dispose d’un nouveau lieu pour se réunir et échanger » déclarait Jean Gachassin, président de cette association qui rejoint donc l’association du Rugby Club. Ensuite, par la voix de Bruno Rambaud, vice-président du Rugby Club, un hommage fût ensuite rendu aux anciens joueurs disparus l’année dernière : André Quilis, Jean-Pierre Lux, Jean-Louis Azarete et Tito Ugartemendia.

Quelques souvenirs partagés par ces légendes :

  • Jean Gachassin: Pour Jean Gachassin, trente-deux sélections de 1961 à 1969, le meilleur souvenir en bleu fut le Grand Chelem de 1968 : « le premier de l‘équipe de France et l’amitié qui s’est créée entre les joueurs ».
  • Jo Maso: Pour Jo Maso, vingt-cinq sélections de 1966 à 1973, ce fût la victoire (37-12) contre les Anglais lors du Tournoi de 1972, dernier match de l’équipe de France à Colombes : « c’est l’un des matchs les plus accomplis que j’ai joué avec l’équipe de France. Il y avait comme une musique avec des passes bien faites, dans le tempo, qui arrivaient bien devant pour pouvoir donner de la vitesse au jeu ».
  • Pierre Villepreux: Cette victoire contre les Anglais au stade de Colombes est aussi l’un des meilleurs souvenirs de Pierre Villepreux (34 sélections de 1967 à 1972) avec le Grand Chelem 68 et la tournée en Nouvelle-Zélande en 70 où « notre jeu à la main nous avait valu la reconnaissance de tout le monde » assura-t-il.
  • François Sangalli: Pour François Sangalli, 15 sélections en équipe de France de 1975 à 1977, c’est le deuxième Grand Chelem de l’équipe de France qui reste mémorable : « nous avons remporté le Grand Chelem lors du Tournoi des cinq nations 1977, sans encaisser aucun essai, ce qu’aucune équipe n’a jamais réussi à faire avant ou après.
  • Roger Bourgarel: La tournée de l’équipe de France en Afrique du Sud en 1971 reste le souvenir le plus fort de Roger Bourgarel qui totalise 9 sélections en bleu de 1969 à 1973. « Il a fallu que j’aille là-bas pour me rendre compte que j’étais noir » a-t-il déclaré lors de cet apéro Zoom.
  • Gérard Cholley: Pour clôturer cette séquence nostalgie des années 70, rien de mieux que Gérard Cholley justement. Pilier du XV de France qui remporta le deuxième Grand Chelem de son histoire en 1977, Gérard Cholley est célèbre pour les deux bourre-pif mémorables qui mettront deux écossais KO.

Interrogés sur leur vision du rugby d’aujourd’hui, tous on reconnu les qualités actuelles du XV de France et son potentiel de joueurs. Pour Pierre Villepreux « le rugby d’avant demandait des joueurs intelligents capables de s’adapter aux situations crées par les uns et les autres. C’est le chemin pris par cette équipe de France avec une autre dimension physique et préparatoire par rapport à notre époque » a-t-il ajouté.

Il y avait beaucoup de simplicité, de modestie et de passion dans les propos de ces joueurs à l’occasion de cet événement du Rugby Club qui devrait être reconduit avec les bleus des années 80, 90 et 2000.

André Herrero: Un Homme Fort de Toulon

André Herrero, ancien joueur, entraîneur et président du RCT, est décédé. Il avait 87 ans. Il a été deuxième, puis troisième ligne de l'équipe toulonnaise, ensuite entraîneur et même président du club. International français, André Herreo rejoint le XV de France en 1963. Il deviendra manager des Bleus en 1992. Les Rouge et Noir sont devenus champions de France de la saison 91-92, André Herrero était alors président du RCT.

Aubin Hueber, joueur emblématique du RCT entre 1991 et 2000, se souvient de André Herrero :

« Quand on serrait la main de André Herrero et que vous le regardiez droit dans les yeux, c'était assez impressionnant. Avec nos petites mains, on n'existait pas au milieu de la sienne. Ça représentait vraiment l'homme fort de la rade. On perd un grand bonhomme, un grand monsieur du rugby français. »

Aubin Hueber garde en mémoire également la finale du Championnat de France en 1971. André Herrero, alors capitaine-entraîneur du RC Toulon, perd face à Béziers : "On a tous en mémoire cette fameuse finale contre Béziers où il reste sur le terrain, avec les côtes cassées.

Quelques heures seulement après les obsèques d'André Herrero, la maire de Toulon a annoncé que le parvis du stade Mayol allait être renommé au nom de l'ancien international de rugby, pour lui rendre hommage.

Autres Figures Marquantes du Rugby

Outre Guy Novès et André Herrero, d'autres personnalités ont marqué le rugby français et international :

  • Fabien Pelous: Ancien capitaine des Bleus et détenteur du record de sélections en équipe de France, incarne l’esprit du leadership et de la persévérance.
  • Brian Liebenberg: Ancien joueur de rugby professionnel et entrepreneur, incarne la polyvalence.
  • Imanol Harinordoquy: Figure emblématique du rugby français, est reconnu pour son dévouement et sa passion inébranlable pour le sport.
  • Serge Betsen: Célèbre pour son engagement caritatif, incarne la puissance du dévouement et de l’impact social.
  • Vincent Clerc: L’un des meilleurs marqueurs d’essais français, incarne l’excellence et l’adaptabilité.

Ces conférenciers célèbres du rugby sont bien plus que d’anciennes gloires du sport.

Découvrez notre liste de 13 entraineur de rugby et entraineuse de rugby (toutes nationalités confondues) morts et connus comme par exemple : Raoul Barrière, Gilbert Doucet, Michel Celaya, Christophe Dominici, Tiburce Darou, André Herrero, Henri Fourès, Anthony Foley, George Menzies, Arnaud Élissalde... Ces personnalités peuvent avoir des liens variés dans les domaines du rugby, du sport ou du sport collectif. Ces célébrités peuvent également avoir été entraineur, rugbyman, sportif, entraineur de football, entraineur de tennis, dirigeant de rugby, dirigeant de rugby à XV ou dirigeant sportif.

#16 GUILLAUME JAN - Les défis d'un entraîneur à l'ère du rugby moderne

Évolution du Rugby et Professionnalisation

En 1995, le rugby français a abandonné l’amateurisme. En 2015, son championnat attire les meilleurs joueurs de la planète. Au prix de mutations inquiétantes. Le 26 août 1995, dans les salons parisiens de l’hôtel Ambassador, l’International Rugby Board (IRB) met un terme à l’obligation d’amateurisme et transforme ce sport en métier.

« Un changement de culture, un changement de vie, tout simplement », selon Bernard Lapasset, le président actuel de l’IRB, aujourd’hui World Rugby. Les clubs français entrent alors timidement dans l’ère professionnelle, plus réticents que les nations de l’hémisphère Sud (Afrique du Sud, Nouvelle-Zélande et Australie), qui avaient accepté dès le mois de juin l’offre du magnat australien Rupert Murdoch pour acquérir l’exclusivité de leurs matchs pendant une décennie contre 550 millions de dollars.

« Avant 1995, on gagnait déjà un peu d’argent grâce au rugby, mais ce n’était pas notre activité première, c’était un bonus. On se tapait simplement dans la main avec nos présidents, il n’y avait rien de contractuel, rien d’officialisé, ça fonctionnait plus avec des primes de match », se souvient Emile Ntamack, ancien joueur du XV de France et champion de France cette année-là, avec le Stade toulousain.

En France, la structuration s’est accélérée à l’été 1998 avec la création de la Ligue nationale de rugby (LNR), en charge des championnats professionnels du Top 14 et de Pro D2. « Il y a davantage de rigueur maintenant. Je me souviens qu’autrefois on servait du vin rouge à table aux repas qui précédaient le match. Maintenant, ce n’est plus possible », affirme le sélectionneur de l’Ecosse, Vern Cotter, qui a découvert la France comme joueur dans les années 1990, puis remporta le championnat sur le banc de Clermont,en 2010.

Une fois professionnel, Emile Ntamack a pour sa part dû abandonner ses études qui le destinaient au métier de professeur de sport : « On a commencé à sentir l’évolution quand les cadences d’entraînement ont augmenté. On est passé de deux entraînements par semaine à quasiment deux séances par jour. Et aujourd’hui, si un entraîneur fixe une séance supplémentaire, tout le monde devra s’y plier, personne ne prétextera un rendez-vous chez le dentiste ou quoi que ce soit… »

Dans le même temps, Provale s’est constitué pour défendre les intérêts des joueurs, devenus salariés à part entière : « Aujourd’hui, ça va beaucoup plus vite, ça tape plus fort, on s’entraîne beaucoup plus dur », confirme le président du syndicat, Robins Tchale-Watchou, représentant des quelque 900 joueurs pros recensés dans l’Hexagone.

Le deuxième ligne de Montpellier poursuit : « Au début de ma carrière, quand tu allais à la “muscu” une fois par semaine, tu étais presque un extraterrestre ; les entraîneurs disaient que ça ne servait à rien et craignaient que ça nous fasse perdre en dextérité. Alors qu’aujourd’hui on doit faire deux ou trois séances de musculation par semaine, et continuer à s’entraîner pendant les vacances. »

Résultat, on assiste à une « robotisation, voire à une industrialisation des corps, en tant que réceptacle du processus d’entraînement. D’ailleurs, les joueurs s’entraînent tous maintenant avec des GPS entre les omoplates, pour mieux rationaliser leurs mouvements », fait remarquer Daniel Herrero, l’ancien entraîneur du Rugby club toulonnais, aussi célèbre pour son bandana rouge sur le front que pour son Bouclier de Brennus soulevé en 1987.

En deux décennies, les « fonctionnalités » de ces joueurs-robots ont augmenté de façon exponentielle. Le temps de jeu effectif a ainsi doublé depuis les années 1990 pour passer de 20 à 40 minutes sur un match qui dure 80 minutes. Ces cadences poussent les joueurs à leurs limites.

« Depuis le début de saison, je suis un zombie, je n’arrive pas à retrouver mon niveau. Il faut savoir dire stop, et là, je suis arrivé au point de rupture », déclaré au micro de Canal+, en larmes, le pourtant costaud Mathieu Bastareaud, au sortir de la défaite de son club de Toulon face au Stade français , le 28 décembre 2014.

Toujours plus gaillards, toujours plus musclés, les rugbymen deviennent également de plus en plus dangereux pour leurs condisciples. « Dans les années 1970, certains d’entre eux ne l’étaient que sur 5 mètres carrés », plaisante Guy Novès, l’entraîneur tutélaire du Stade toulousain, club le plus titré de France (19 sacres).

« De fait, un joueur de 90 kilos qui vous arrivait à 20 km/h, c’était moins violent que des “golgoths” de 110 kilos qui vous arrivent dessus à 30 km/h. Ce n’est pas tout à fait le même choc à l’impact », illustre Jean-Marc Lhermet, directeur sportif de l’ASM Clermont et ancien joueur du club auvergnat.

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