Amiens Picardie Handball : Histoire et renaissance du handball à Amiens

L'histoire du handball à Amiens est marquée par des moments de joie, de défis et de renaissance. Cet article retrace le parcours du club, de ses origines à sa transformation en Amiens Handball Club.

Les débuts et l'ascension du club

Le club a vu le jour en 1963 à l’initiative de l’instituteur du village. Le club participe au championnat régional de 2ème division jusqu’en 1970 où il accède au niveau ‘Régional 1’ que nous ne quitterons plus, sauf pour évoluer à un niveau supérieur.

En 1977, grande première à Cambronne, avec l’inauguration de la salle des sports André Hennique, ancien maire du village qui a beaucoup aidé le club. Enfin les joueurs étaient chez eux! En remerciements les seniors remportent trois ans de suite la coupe de l’OISE et en réalisant deux fois le doublé coupe de l’OISE et coupe de PICARDIE.

En 1986, le club arrive enfin à gravir l’échelon supérieur et évolue toute la saison à un niveau jamais atteint auparavant. Malgré les moyens limités, l'équipe, composée uniquement de joueurs issus du club, a connu une grande joie cette année-là! En 1990, le club décide de quitter le giron de la MJC et de devenir indépendant. Le Cambronne Sporting Club est né !

Carte d'Amiens Métropole.

Les années Amiens Picardie Handball (APH)

La fin de vie de l’Amiens Picardie Handball avait été délicate, entre les différentes possibilités de reprises et un avenir très incertain sur le plan sportif.

Toute la saison, le club a été confronté à d'importantes difficultés financières, mises au jour en septembre 2023 lors de la relégation administrative de N1 à N2. Deux mois plus tard, le technicien et le second entraîneur Yuriy Petrenko prenaient la décision de quitter le club. "Ils sont venus me voir pour me dire qu’ils démissionnaient. Ça ne se passait pas trop mal avec les joueurs.

L’Amiens Picardie Handball (APH) disparaît officiellement du paysage du handball français. Dans une décision dont le délibéré a été rendu publique vendredi 28 juin, le tribunal de commerce a prononcé officiellement la liquidation de l'APH.

La renaissance : l'Amiens Handball Club (AHC)

Au final, l’entité, a changé de nom pour devenir l’Amiens Handball Club et le projet de Séverine Barbezat, aujourd’hui présidente, a été choisi pour sauver le handball à Amiens. Un ensemble de péripéties qui avait poussé la quasi-totalité de l’effectif à quitter le navire ; seul Djanis Boisne-Noc était resté l’été dernier.

Pour prendre la suite, La Fédération Française de Handball (FFH) a opté pour le projet porté par Séverine Barbezat avec une toute nouvelle structure, l'Amiens Handball Club (AHC). Elle devient présidente de ce club qui récupère donc le numéro d'affiliation (obligatoire pour engager un club en compétition).

Pour la première saison de son histoire après la liquidation de l’Amiens Picardie Handball l’été dernier, l’Amiens Handball Club réalise une saison en dents de scie. Même si le club picard n’a jamais intégré la première moitié du tableau cette saison (son meilleur classement de l’année est une 7ème place), il a été capable de coups d’éclat, comme un soir de novembre où ils ont vaincu Marcq-en-Baroeul (27-24), troisième du championnat à ce moment-là.

Lors de ses quatre dernières rencontres, l’AHC aura sûrement le calendrier le plus relevé de sa poule, avec tout simplement les trois premiers à affronter. En recevant Calais (2e), en se déplaçant à Marcq-en-Barœul (3e) puis en recevant Abbeville (1er) en comptant cinq points d’avance sur le premier relégable (Eu), les Amiénois devront remporter au moins un match avant de s’offrir une finale à Serris, sixième et seulement deux points plus haut au classement.

Compte tenu des performances des hommes de Simon Soudry depuis le lancement de la saison, ils ont toutes les cartes en main pour se maintenir. Les membres de la rédaction sont très optimistes puisque 100% des votants voient l’AHC se maintenir !

Séverine Barbezat, présidente de l'Amiens Handball Club.

Figures emblématiques

Yuriy Petrenko

Yuriy Petrenko vit aujourd'hui à Amiens mais craint pour sa famille en Ukraine. Installé à Amiens, entraineur du l'Amiens Handball Club, il craint pour sa famille restée là-bas mais aussi pour l'avenir de son pays, après trois ans de guerre déclenchée par l'invasion russe.

Cela fait trois ans maintenant, depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie, que Yuri Petrenko appelle, inquiet, ses parents qui vivent, comme une partie de sa famille ,dans la ville de Zaporijia, à l'est de l'Ukraine. Il craint les bombardements, bien-sûr, mais aussi pour la santé de ses proches.

" Les nuits sont rarement paisibles, car tard le soir ou très tôt le matin, il y a constamment des alertes. Les habitants sont réveillés et doivent descendre dans les abris ".Il en est de même en journée, ce qui perturbe aussi le quotidien des habitants. "Ma sœur travaille dans une pharmacie et à chaque alerte, elle doit fermer l'officine et descendre dans la cave".

Yuri Petrenko a peur pour sa région de Zaporijia, un centre industriel important qui compte aussi sur son territoire la plus grande centrale nucléaire d'Europe. " Si l'Ukraine doit céder la région à ce dictateur, elle y détruira le plus possible d'infrastructures pour ne rien lui laisser. Quand Vladimir Poutine arrivera, il bombardera tout le monde, pro et anti russes, comme il l'a fait en Tchétchénie."

Yuri Petrenko craint que son pays ne soit divisé en plusieurs morceaux par les grandes puissances." Ce n'est pas normal qu'au 21e siècle, les peuples ne puissent pas choisir à quel pays ils veulent appartenir". L'ancien handballeur international prévient aussi les Européens : "Vladimir Poutine est un dictateur insatiable, après l'Ukraine, ce sera d'autres pays européens".

Thomas Zirn

Pour sa première saison avec Abbeville, Thomas Zirn, libéré et rétabli de sa longue blessure au genou, a réalisé une belle saison avec 103 buts en 21 matchs, soit une moyenne de 4,9 buts par rencontre.

Thomas Zirn avait quitté Amiens déçu. Déçu que l’aventure se termine ainsi avec le club où il a évolué pendant huit saisons. Mais ce dernier exercice à Amiens a été douloureux, tant sur le plan sportif avec ces sanctions administratives qui ont coûté plusieurs points, mais aussi sur le plan de la santé. L’ailier amiénois s’était blessé au genou, victime d’une rupture des ligaments croisés.

Nolann Duchesne

Pour Nolann Duchesne, portier du club abbevillois aux côtés de Thomas Zirn, la saison a été plutôt bonne. Le dernier rempart de 21 ans (il en aura 22 le 18 mai prochain) a réalisé une saison pleine dans les buts avec une moyenne de 9 arrêts par match, soit 167 arrêts au total. L’ancien gardien de l’Amiens PH est cinquième au classement des gardiens qui comptent le plus d’arrêts dans la poule 4 en Nationale 3.

Bryan Legras

La saison a été un peu plus compliquée pour Bryan Legras, qui a lui aussi rejoint Abbeville l’été dernier après son départ de l’Amiens PH. Le demi-centre de 28 ans n’a disputé que 11 matchs au cours desquels il a inscrit 58 buts et a ensuite été éloigné des terrains à cause d’une blessure.

Pierre Charpaud

D’autant que Pierre Charpaud a passé toutes ses classes de séniors avec Amiens et l’équipe qui évoluait alors en Nationale 1 Élite. Comme pour plusieurs de ses anciens partenaires, la fin s’est terminée en queue de poisson.

En Nationale 1 avec les Carabiniers de Billy-Montigny, l’ancien amiénois et ses coéquipiers n’ont pas su accrocher le maintien dans la division. Sur le plan statistique individuel, l’ailier gauche a inscrit 38 buts en 18 matchs.

Roman Scattolari

L’ancien capitaine amiénois n’était pas de la partie, samedi au Coliseum. Roman Scattolari avait fait le choix, après son départ d’Amiens, d’abord un peu à contrecœur avant d’être vécu comme un soulagement, de rejoindre un club où il pouvait, comme avec l’Amiens Picardie Handball, cumuler le rôle de joueur professionnel et d’intervenant pour la Ligue, à savoir celle des Hauts-de-France.

Cette saison, le demi-centre a changé de statut avec son arrivée dans un nouveau club après avoir passé sept ans à l’Amiens PH. « Il faut trouver ses marques du point de vue social, parce que c’étaient des joueurs que je ne connaissais pas, mais aussi du point de vue du jeu. Parce qu’en N1 (Elite) [par rapport à la Nationale 2], il y a plus de densité physique, de vitesse. Au fur et à mesure, il a fallu s’adapter, mais ça s’est bien passé. Je n’ai plus le même rôle que celui que j’avais à Amiens où j’étais capitaine ; il a fallu prendre son temps pour faire mes preuves« , détaille celui qui a pris part à 22 rencontres cette saison pour 26 buts inscrits.

Le handball picard en général

Dans le petit monde du handball picard, tout le monde se connaît plus ou moins. Les clubs d’Abbeville, d’Amiens, de Corbie et Crépy-en-Valois étaient représentés sur le plateau de l’émission du service des sports du Courrier picard ce lundi 5 mai.

« À cette date l’an dernier, il n’y avait plus de handball à Amiens, a ensuite détaillé, en plateau, Séverine Barbezat. Heureusement que la Fédération nous a fait confiance pour maintenir le hand et le développer pour les jeunes dans le secteur. »

Après le dépôt de bilan de l’Amiens Picardie Hand qui évoluait en N1, c’est en effet l’Amiens Handball Club qui a pris le relais en N3 avec une équipe complètement rebâtie et qui compte un peu plus de 300 licenciés. « Dont 45 % de féminines, » précise Séverine Barbezat qui n’aura pas manqué d’apprécier le parcours des Corbéennes et des Crépynoises.

Promu en N2 pour la première fois de son histoire au printemps dernier, le Beauvais OUC Handball a su décrocher son maintien en partie grâce à son bon début de saison (5 matches sans défaite) et à sa solidité défensive. Évoluant en périphérie de Beauvais, au gymnase d’Allonne souvent plein à ras bord, il entamera à la rentrée sa seconde saison en N2 avec un groupe qui doit être renforcé cet été.

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