La Ligue de football professionnel (LFP) a enregistré une saison record avec un total de 1,62 million d’euros d’amendes infligées aux clubs pour l’usage d’engins pyrotechniques. Ce montant représente 90 % des pénalités financières pour des incidents dans les stades. Cette situation intervient alors que l’Instance nationale du supportérisme a ouvert un dialogue sur les fumigènes et qu’une mission d’information parlementaire a été ouverte sur le sujet.
Face à ces sanctions qui augmentent, la LFP explique que les supporters ont été particulièrement "actifs" en terme de pyrotechnie dans les tribunes et rappelle les dangers graves représentés par les pétards et les fumigènes qui peuvent causer des "brûlures graves".
Quand les supporters brûlent des fumigènes dans les stades, ce sont les clubs qui trinquent en monnaie sonnante et trébuchante. Les amendes assénées par la commission de discipline de la Ligue de Football Professionnel pleuvent comme à Gravelotte et le pécule ainsi récolté par l’instance grimpe en flèche : 1,5 million, à quelques euros près, pour l’exercice 2017-2018, en L1 et L2, selon le ministère des Sports.
Cette saison, le châtiment pécuniaire par engin pyrotechnique a été multiplié par deux : 2 000 euros, au lieu de 1 000, le tarif pourtant fixé dans le règlement 2023-2024 de la Ligue. Mais cette même LFP réserve par ailleurs le droit à son organe disciplinaire « d’apprécier souverainement les circonstances » et « d’adapter au cas d’espèce les sanctions » pour les « augmenter ou diminuer ».
Classement des clubs les plus sanctionnés
En terme d’amendes pour cause de pyrotechnie, le club parisien arrive en deuxième place derrière Saint-Étienne. Selon Le Parisien, le PSG a été le deuxième club le plus sanctionné cette saison derrière les Verts et leurs 206.000 euros d’amende, avec 201.500 euros pour six condamnations par la commission de discipline de la LFP. Nice complète le podium avec 150.000 euros d’amendes payées cette saison.
| Club | Montant des amendes (euros) |
|---|---|
| Saint-Étienne | 206.000 |
| PSG | 201.500 |
| Nice | 150.000 |
Face à la lourdeur des amendes, l'Association nationale des supporters (ANS), dont est notamment membre le Collectif Ultras Paris (CUP), dénonce une injustice des sanctions entre les clubs.
L’ANS - Association Nationale des Supporters - a ainsi décidé de s’élever contre cette répression exponentielle en menant une opération pour...

Conséquences pour les Supporters
Les contrevenants aux règles des stades de football s'exposent à une interdiction de venir au stade. La punition ne s'arrête pas là et est jugée disproportionnée par certains.
Il en est conscient, introduire un fumigène dans un stade est illégal, et passible de sanctions, à savoir, trois ans de prison et 15 000 euros d’amende au maximum. « C’est un délit, et c’est dangereux », tient à préciser à actu.fr Franck Langin, adjoint au chef de service de la Division nationale de la lutte contre le hooliganisme (DNLH).
Il faut bien différencier les trois différentes interdictions de stade en vigueur en France. D'abord, les interdictions judiciaires, qui sont prises par un juge, et généralement, s'accompagnent de mesures contraignantes, comme un pointage. Ensuite, il y a les interdictions par la préfecture et celles par le stade directement. En règle générale, ces deux dernières n'impliquent qu'une interdiction temporaire de rentrer dans l'enceinte sportive. Rien de plus.
Car une interdiction de stade s’accompagne d’un système de pointage au commissariat. Pour être sûr que l’intéressé ne va pas supporter son équipe sous une autre identité.
« Tout le monde est conscient que là où il doit y avoir des interdictions, c’est surtout au niveau des violences entre supporters et avec les forces de l’ordre, ou pour les chants racistes », remarque le sociologue.

Alternatives et Évolutions Légales
Désormais, les groupes de supporters ont la possibilité, si c’est autorisé par la préfecture et par le club, d’allumer légalement des fumigènes. « Ça fonctionne globalement bien, même si certains groupes sont toujours réticents à demander l’autorisation », note Nicolas Hourcade.
Un système d’amende forfaitaire (entre 400 si minorée et 1000 euros si majorée) a aussi été mis en place. À partir de là, toute personne portant un fumigène dans le stade peut être exonérée de mesures contraignantes.
La généralisation du système a démarré en novembre 2023, et pour la saison 2023/2024, 155 amendes ont été dressées pour la Ligue 1 et la Ligue 2.
Nouvelle dans sa formule, la Ligue 1 va aussi connaître quelques évolutions dans ses tribunes pour la reprise. Parmi elles, depuis le 11 juillet dernier, une expérimentation est menée par l'État pour punir plus systématiquement l'utilisation de fumigènes lors des matches.
Hors exceptions, la loi interdit déjà l'introduction, la détention et l'allumage d'engins pyrotechniques dans les stades, mais ce délit est désormais passible d'une amende forfaitaire délictuelle (AFD). Ici, en clair, le « craquage » d'un « fumi » est puni d'une amende de 500 € (400 € si minoration, 1 000 € si majoration).
Le décret du 28 mars 2023 est reçu comme un soulagement pour certains des supporters de club de football en France. La permission de manier des fumigènes n’est pas étendue à l’ensemble du virage mais réservé exclusivement à une zone d’animation délimitée afin d’assurer la sécurité des personnes et des biens pendant l’utilisation.
Le décret est très clair sur ce point en précisant que « l’animation pyrotechnique se déroule dans une zone réservée, déterminée en fonction des distances de sécurité des articles pyrotechniques utilisés et de leurs effets, de façon à assurer la sécurité des personnes et des biens. Seuls sont autorisés les matériels de moindre dangerosité, tels que les pots à fumée, les stroboscopes et les torches à mains présentant un risque faible pour le public, comme spécifié à l’article R 557-6-3 du code de l’environnement. Les feux d’artifices ne sont néanmoins pas autorisés.
FUMIGÈNES - ÉPISODE 1 : FRONTIÈRES ET LA DROITE MÉDIATIQUE VICTIMAIRE
Si le club est propriétaire du stade, il arrive souvent que cette propriété soit détenue par les mêmes actionnaires de la société partie sportive mais dans une autre société qui détient l’actif immobilier. Si le stade est mis à disposition par un bailleur public, une municipalité par exemple, alors il faudra l’accord de cette municipalité. Il arrive souvent que le contrat de mise à disposition du stade donne à l’exploitant locataire (le club) des moyens de gestion étendus. Si le stade est mis à disposition par un bailleur privé, par exemple une société foncière, alors il faudra l’accord de cette dernière. Là encore, il arrive souvent que le contrat de mise à disposition du stade donne à l’exploitant locataire (le club) des moyens de gestion étendus.
Une fois les signataires regroupés, une condition de délai s’applique puisque cette demande doit être adressée au plus tard un mois avant la date de cette manifestation. Le processus d’autorisation se réalise ensuite par les services de la préfecture compétente. Le préfet de département délivre ainsi l’autorisation au club et au propriétaire de l’enceinte sportive. Par contre, c’est au club qu’il appartient de communiquer l’autorisation à la ligue professionnelle et à la fédération délégataire à laquelle il est affilié.
Ainsi, les clubs et les supporters peuvent désormais utiliser des engins pyrotechniques et des fumigènes en toute légalité.
Le Stade Brestois savait qu’il s’exposait à des sanctions après le coup d’envoi retardé du match de Ligue des champions contre le Real Madrid du fait de l’utilisation de fumigènes en tribune.
S’il accepte ces sanctions, le Stade Brestois souhaite néanmoins une évolution sur le sujet. « À l’heure où la santé financière du football hexagonal est plus que jamais incertaine, le Stade Brestois 29 s’interroge sur le montant des amendes suite à l’utilisation d’engins pyrotechniques à l’intérieur d’une enceinte sportive, mais aussi sur l’opacité de la redistribution de celles-ci, indique le communiqué signé par Pascal Robert, le directeur général du SB29, proposant de créer une « enveloppe » à l’échelle de la Ligue de football professionnel (LFP).
Et de développer : « Plutôt que de sanctionner le club et de se priver de ses supporters, indispensables pour la réussite sportive de l’équipe et acteurs majeurs du spectacle, pourquoi ne pas ouvrir le débat sur une redistribution en bonne intelligence des sommes à payer pour, ensemble, faire avancer le football français […] Cela permettrait d’inciter les clubs à développer et pérenniser leur structure plutôt que de subir des sanctions pénalisantes sur le plan financier, mais aussi sportif lors des fermetures des tribunes.
L’utilisation d’engins pyrotechniques, au-delà de pouvoir détériorer le matériel et les installations sportives, présente surtout des risques de blessures graves.
La Ligue reconnaît et encourage la passion et l’enthousiasme des supporters, éléments essentiels de l’ambiance et du spectacle sportif. Nous appelons au sens des responsabilités de chacun et rappelons que la sécurité de tous est une priorité absolue.