Le Stade de France, antre emblématique du rugby français, est bien plus qu'un simple lieu de compétition. C'est un chaudron bouillonnant où la passion des supporters se mêle à l'intensité des matchs, créant une atmosphère unique et mémorable. Retour sur quelques moments forts et témoignages qui illustrent la ferveur qui y règne.

Un Public en Fusion
Les joueurs du XV de France et des All Blacks ont souligné l’impact du public du Stade de France sur ce match de légende après la victoire historique du XV de France (40-25). Le Stade de France a vibré tout le long du match, jusqu'à cet exploit des Bleus. Le XV de France a brillé de mille feux dans cette enceinte aux lumières rénovées, offrant aux 79 041 spectateurs un succès historique, le plus large de l’histoire des Bleus contre les All Blacks. Les joueurs de Fabien Galthié doivent avant tout à leur talent et à leur courage dans le combat, mais aussi, un peu, à ce public qui, de l’avis de tous les habitués du Stade de France, était en fusion comme jamais ce samedi soir.
« Dès la rentrée sur la pelouse, on était plongé dans l’ambiance, reconnaissait le capitaine Antoine Dupont après le match. Je n’avais jamais entendu les hymnes résonner aussi fort dans ce stade. Le public était derrière nous, cela nous a aidés à croire en nous. Je préfère être Français que Néo-Zélandais ce soir ! » L’arrière Melvyn Jaminet approuve : « Tout le monde était à 200 %. Avec ce stade plein, cette ambiance incroyable, on ne peut qu’être dans le match quand on rentre dans un stade comme ça. Ça nous a fait du bien ».
Le public, lui, en redemande. Les tribunes ont rythmé la cadence à mesure que les Bleus s’échappaient au score. En vérité, il avait été galvanisé la demi-heure précédant les hostilités par un duo de speakers transformé en chauffeur de stade. On peut se réjouir de cette communion collective ou déplorer le côté moutonnier de la chose.
Hommage des All Blacks
Bien que battus, d'une courte tête, pour la troisième fois consécutive par les Bleus samedi soir, les All Blacks, à l'image de leur capitaine Scott Barrett, ont apprécié l'ambiance du Stade de France. Ce n'est pas une enceinte où ils ont beaucoup de bons souvenirs récents. De retour au Stade de France samedi soir dans le cadre de la Tournée d'Automne, les All Blacks ont enregistré un troisième revers consécutif face au XV de France (29-30), toujours à Saint-Denis, où ils ont aussi perdu le match d'ouverture de la dernière Coupe du monde, déjà contre les Tricolores, ainsi que la finale face à l'Afrique du Sud, après s'y être tout de même imposés, au forceps face à l'Irlande en quarts puis beaucoup plus facilement contre l'Argentine dans le dernier carré.
Lors de leur haka, le "Kapa o Pango", tout le Stade de France a été plongé dans le noir, avec uniquement une lumière blanche sur les joueurs des deux équipes sur la pelouse dyonisienne. Ce qui n'a pas échappé au capitaine néo-zélandais, véritablement séduit par l'ambiance. "L'atmosphère était incroyable au Stade de France. Et surtout quand ils prennent de l'élan et vont de l'avant, vous savez, la foule est derrière eux. C'est ce que j'ai ressenti par moments. Mais le reste du temps, la foule est plutôt calme. C'était un grand match.
L'Expérience Rugby à 7 : Une Atmosphère Particulière
Comme dans un plan Tinder où chacun prend d'abord le temps de se laisser séduire à distance, par écrans interposés, les globe-trotteurs français du rugby à 7 avaient rendez-vous mercredi avec un public sous le charme à conquérir. Sans doute avec la mission d'aiguiller les jeunes troupes dans ce genre d'ambiance et de décor qu'il connaît et maîtrise si bien, alors que ses équipiers n'avaient jamais foulé cette pelouse mythique. Plein les oreilles À leur sortie du tunnel, les Bleus en prenaient plein la vue et les oreilles.
« Le stade était en feu, admirait le sélectionneur Jérôme Daret. Niveau ambiance, le public a mis la barre très haut. On est au sommet. Sur le mont Olympe ! » « C'était très impressionnant, on ne s'entendait même plus », témoignait Jordan Sepho, auteur du premier essai tricolore du tournoi. « C'était top, apprécia le capitaine Paulin Riva. On s'y attendait, on avait vu les billets disparaître sur le site de vente. »Et le Stade de France, en configuration 69 000 places, était plein.
Malgré leurs pectoraux bien bombés depuis leur sacre de Madrid, les Bleus ont bégayé leur rugby au moment de déclarer leur flamme à ces dizaines de coeurs prêts à chavirer à la première chevauchée. « Si on n'élève pas notre niveau de jeu, on n'ira pas très loin » Face aux États-Unis d'abord (12-12), lors d'un match qu'un retour défensif sur Jordan Sepho en bout de ligne ou un en-avant de Riva dans l'en-but après une délicieuse chistera de Dupont auraient pu rendre moins nul. Face aux Uruguayens, ensuite, avec à la clé une laborieuse victoire (19-12) contre une équipe qui ne faisait même pas partie des douze nations du circuit mondial cette saison.
Le « huitième homme » aura pourtant tout donné pour libérer les siens face à l'Uruguay. Un grattage de Dupont dès la première minute et c'est une Marseillaise vibrante qui démarrait, récompensée par un essai plein de rage d'Antoine Zeghdar. Mais les Uruguayens replongeaient les tribunes dans la torpeur et le doute en passant devant à la mi-temps (5-7). A la reprise, les « Allez les Bleus » se faisaient plus timides et il n'y avait plus qu'un coin de tribune pour oser une Marseillaise. D'une fulgurance, avec trois raffuts lors d'une course de quarante mètres achevée entre les poteaux, « Toto Attaque » refaisait danser tout le monde.
« Au moins, cette première journée est passée et la pression avec, complétait Jean-Pascal Barraque. Tout le monde a vu ce qu'était le Stade de France rempli. On ne sera plus surpris et on pourra se concentrer sur notre jeu. » Malgré le pas hésitant de cette première danse, les Bleus ont évité le râteau. Avant même un dernier match de poule contre Fidji, les voilà déjà qualifiés pour les quarts, ce soir, avec une deuxième chance de séduire. Mais ils auront face à eux quelques rivaux vachement bien gaulés et déterminés à les empêcher de conclure.

Coupe du Monde 2023 : Un Début en Fanfare
Après la victoire du XV de France contre les All Blacks en ouverture du Mondial 2023 (27-13), ce vendredi 8 septembre, Fabien Galthié est forcément un homme heureux. Au soir du match d’ouverture de la Coupe du monde de rugby, Fabien Galthié peut pousser un ouf de soulagement. Après quatre ans à préparer ce moment, le XV de France s’est imposé contre les All Blacks (27-13), ce vendredi 8 septembre au Stade de France.
« Les faits de jeu ont fait qu’ils ont marqué très vite et plutôt facilement. On perd ensuite Julien Marchand, donc on commence ce match avec le plus mauvais scénario possible, analyse le sélectionneur. Mais on a réussi petit à petit à reprendre le contrôle du jeu, ce qu’on n’avait pas par moments". Autre raison du début de match mitigé des Bleus : le contexte, très pesant étant donné que la France joue à la maison.
La Marseillaise à capella avait donné le ton, la Ola dès le deuxième essai avait surpris. Le XV de France a eu le droit à des encouragements à tout va, dans cette victoire forcément historique (37-25), décroché de brillante manière. Les 79 041 spectateurs présents au Stade de France, ont joué leur rôle de seizième homme et ont porté les Bleus. Cela faisait très, très longtemps que l’enceinte dionysienne n’avait pas raisonné de la sorte. Certes, avec la pandémie, cela faisait près de deux ans que les Bleus n’avaient pas joué devant autant de monde. Certes, le scénario du match et notamment l’entame parfaite d’Antoine Dupont et ses partenaires, ont aidé à l’ambiance. Mais quel bruit ! Quelle ferveur !
La fédération avait eu la bonne idée de distribuer des milliers de drapeaux tricolores, que les spectateurs ont agités frénétiquement durant 80 minutes mais ce samedi soir, il suffisait d’une étincelle, pour mettre le feu au stade. Ca criait, hurlait dans tous les coins du stade. Dix fois, vingt fois, des Allez les Bleus !, sont descendus des deux virages plein à craquer. L’apothéose fut peut-être à la sortie du capitaine, Antoine Dupont, qui reçut une standing ovation si bruyante que l’on n’entendit pas le speaker prononcer le prénom et le nom de Maxime Lucu son remplaçant.
La rencontre se terminait par une énième marseillaise magnifique débutée juste avant que Melvyn Jaminet ne transforme la pénalité des 40 points. Romain Ntamack remerciait d’ailleurs au coup de sifflet final les spectateurs présents au stade. "Merci car sans vous on n’y serait surement pas arrivé". Tandis que ses partenaires entamaient un tour d’honneur interminable pour les remercier.
Le Stade de France était véritablement la maison des Bleus. De bon augure pour le Tournoi 2022 et le futur France - Angleterre ou mieux encore France 2023 et la Coupe du monde.
L'Ambiance du "Crunch" et Autres Matchs
C’est avec le « Crunch » (le nom que l’on donne à l’opposition entre la France et l’Angleterre) que le Tournoi des Six Nations 2022 s’est achevé au stade de France samedi 19 mars. Une grande fête du rugby sur la pelouse puisque le XV de France a remporté le Tournoi en battant l’Angleterre 25 à 13 et également le Grand Chelem (le 10e dans l’histoire des Bleus), douze ans après le précédent.
Pour ce match, les organisateurs avaient donné rendez-vous aux spectateurs deux heures avant le coup d’envoi, dès 19h00. La Fédération Française de Rugby (France Rugby) avait largement communiqué sur les réseaux sociaux pour inviter le public à venir le plus tôt possible au stade. Sur le parvis du stade de France, deux animations en structure gonflables étaient disposées. Toujours sur le parvis, les spectateurs pouvaient participer à un stand photo assez bien imaginé.
Malgré la qualité des animations sur le parvis, nous avons pu constater que le public avait tendance à vouloir pénétrer rapidement dans l’enceinte une fois le passage des portiques d’entrée et le check point sécurité. Ces animations auraient peut-être eu un plus grand succès si elles avaient été placées à l’extérieur du stade lorsque la foule patientait pour l’ouverture des portes. Également, une ouverture des portes 3h avant le coup d’envoi du match aurait sans doute permis de donner la sensation aux spectateurs d’avoir le temps de profiter des différentes animations.
Une des particularités des spectateurs qui composent les stades de rugby, est que nombreux sont ceux qui se déguisent. Pour cette rencontre du XV de France, nous avons croisé beaucoup de spectateurs habillés pour l’occasion. C’est un investissement de la part des fans qui participe pleinement à l’expérience du public. Ces fans déguisés prennent finalement un rôle de mascotte, drôle et accessible qui créé l’animation. Il y a certainement quelque chose à faire de mieux encore pour exploiter et récompenser leur investissement.
Quelques minutes avant l’entrée des joueurs sur la pelouse, la luminosité du stade se réduit et le speaker demande au public d’allumer le flash de leur smartphone. Le rendu visuel est magnifique. Le jeu de lumière du stade de France participe pleinement avec les couleurs bleu, blanc, rouge qui reflètent sur le toit de l’enceinte. En bord de pelouse, un DJ sponsorisé par RTL2 était présent pour animer l’avant-match, la mi-temps et l’après-match. Le choix des musiques était très réussi et très adapté au contexte. Le moment de l’hymne national arrive et il est sans surprise repris par tout le stade, c’est intense.
Le Trophée des Six Nations remis dans les bras du capitaine Antoine Dupont, les festivités commencent par un magnifique feu d’artifice sur la pelouse puis sur le toit du stade.
La soirée du samedi 16 novembre a été marquée par la victoire de prestige du XV de France sur la Nouvelle-Zélande (30-29). Romain Buros, Paul Boudehent et Louis Bielle-Biarrey pour les essais, Thomas Ramos impérial face aux perches, le tout devant un public en feu. Les acteurs ont été poussés par un stade acquis à leur cause.
“Il y avait une grosse ambiance, les gens sont restés longtemps à la fin du match, c’était cool de partager ça avec eux”, savoure Thibaud Flament.
Un Froid Sévère, un Public Bouillant
Et pourtant le coup de froid a été net. Et sévère. De plus de 30 degrés dégoulinants, le 8 septembre dernier pour le match d'ouverture contre les All Blacks à moins de 10 degrés frigorifiques pour ce quart de finale face aux Spingboks. De quoi congeler n'importe quel public mais pas celui du Stade de France. Chaud, chaud bouillant ce dimanche soir, autour de la pelouse de Saint-Denis, dans les cœurs et les poitrines, les mains et les gorges. Simplement.
Le (vrai) premier à allumer le feu, au-delà des animateurs bruyants, fut un certain Antoine Dupont. Et la tête à Toto (réparée et casquée) sur les écrans géants déclencha des broncas gigantesques. Comme le début de match tonitruant des Bleus vite contrarié par les Springboks. Les «Allez les Bleus» et les Marseillaise dégoulinèrent des travées pour encourager, soutenir, pousser, transcender les hommes de Fabien Galthié. Avec six essais en une demi-heure (!), le spectacle fut sublissime et le combat, homérique. Du grand, du beau, du rugby comme on l'aime.
Si la mi-temps fit redescendre le palpitant, la Pena Baiona relança les ardeurs rappelant au monde entier l'importance du Sud-ouest dans le rugby français. Au cœur d'un deuxième acte plus cadenassé et toujours incandescent, le Basque Charles Ollivon ne fut pas le dernier à pilonner la défense adverse pour recoller au score et pouvoir continuer à rêver au grand soir, une Coupe levée dans le ciel de Saint-Denis. En vain.
Au final, il y a eu des vainqueurs sud-africains et des battus français, des fous de bonheur verts et des terriblement déçus bleus, en pleurs. Pour un petit point. Impitoyable loi du sport.