Amara Diané sauve le PSG : Retour sur un match historique

Au printemps 2008, le Paris Saint-Germain se trouvait au bord du gouffre, luttant désespérément pour sa survie en Ligue 1. La dernière journée du championnat s'annonçait cruciale, avec un déplacement périlleux à Sochaux, dans ce même stade Bonal où Neymar et ses coéquipiers se rendront mardi pour y disputer un huitième de finale de la coupe de France.

Avant de se rendre au stade Bonal, le PSG ne possède qu’un point d’avance sur le premier relégable, Lens. Grâce au match nul face à Saint Étienne (1-1 le 10/05/2008), les hommes de Paul Le Guen ont leur destin en main, mais n’ont pas le droit à l’erreur. Les Parisiens et se montrent rapidement dominateurs.

Ce 17 mai, un homme allait se révéler le sauveur inattendu : Amara Diané. Son doublé, avec notamment cette frappe pleine de finesse et d'une lenteur si angoissante qui finit dans les cages de Richert (83e), évite à son club la honte d'une relégation (victoire 2-1). Les derniers instants restent crispants mais Paris l’emporte et gagne son maintien dans un bonheur qui ressemble à celui d’un titre. Les Parisiens ne sont pas mathématiquement relégués mais l’avenir en élite ne tient plus qu’à un fil : si Lens s’impose à Bollaert, Paris peut être condamné si Sochaux s’impose.

F.C. SOCHAUX-MONTBÉLIARD - PARIS ST-GERMAIN F.C. - 19 873 spectateurs.

L’Équipe du PSG : Mickaёl Landreau - Marcos Ceará, Mario Yepes, Zoumana Camara, Sylvain Armand - Clément Chantôme (Bernard Mendy, 82′), Grégory Bourillon, Jérémy Clément, Jérôme Rothen (Mamadou Sakho, 86′) - Amara Diané, Pedro Pauleta (Péguy Luyindula, 70′).

SOCHAUX : Richert - Pichot, Afolabi, Brechet, N’Daw - Isabey (K.Traoré 85), Pitau, Pancrate, Maurice Belay (Dagano 85) - Dalmat, Erding.

PARIS S.G. : Landreau - Ceara, Camara, Yepes, Armand - Chantome (Mendy 82), Bourillon, Clément, Rothen (Sakho 86) - Pauleta (Luyindula 70), Diané.

Le match est moyen techniquement, mais accroché. Amara Diané ouvre le score d’une frappe sèche au deuxième poteau de Teddy Richert. Pauleta loupe la balle de break. Mais tout bascule à un quart d’heure de la fin quand Guirane N’Daw égalise de la tête sur un corner de Stéphane Dalmat.

L’ouverture du score intervient à la 22ème minute lorsque Amaré Diané bénéficie d’un ballon mal renvoyé par Affolabi à l’entrée de la surface. L’Ivoirien n’hésite pas une seconde, déclenche sa frappe et trouve les filets de Teddy Richert! Le PSG mène 1-0 à la 22ème minute. La fin de cette première mi-temps verra quelques occasions de part et d’autre, mais le score n’évolue pas. 1-0 à la pause pour les Parisiens alors que dans le même temps Toulouse et Valenciennes font match nul (1-1) tout comme Lens et Bordeaux. Pour le moment, Paris se maintient.

Des « Paris en Ligue 2 » descendent du stade Bonal. « Avec le filet du parcage, il y avait un côté cage, citadelle assiégée par le reste du stade, qui représentait la France entière » , dépeint Alexandre, alias Viola, le capo des Lutece Falco, l’un des deux principaux groupes ultras du virage Auteuil à l’époque.

22h00: M. Layec siffle le coup d’envoi de la seconde période. Les joueurs parisiens ont certainement été mis au courant des résultats des deux matchs si dessus, mais il va falloir continuer à pousser dans cette deuxième mi-temps car l’affaire n’est pas en poche pour le moment définitivement. Le chronomètre tourne, jusqu’à cette 74ème minute et l’égalisation de la tête de Guirane N’Daw. 1-1 alors qu’il reste ~15 minutes à jouer. Cependant, coup de théâtre: dans le même temps Lens à égaliser face à Bordeaux qui venait d’ouvrir le score (1-1) tandis que Toulouse mène désormais au score face au VAFC! Bien que ces résultats ne condamnent pas le PSG, il ne reste qu’une solution: pousser pour arracher la victoire et s’assurer le maintien!

En 2008, pas d’alerte but sur les téléphones, encore moins de 3G : Lens a-t-il marqué ? « On commençait à entrevoir le pire, on se disait :« Mais, on va complètement péter les plombs et faire la peau aux joueurs ! » » poursuit Viola.

Il reste dix minutes à jouer. Un nouveau but sochalien ou lensois - le Racing fait match nul contre Bordeaux -, et Paris se retrouverait dans la charrette. Sur les coups de 22h30, Grégory Bourillon récupère le ballon à 25 mètres des cages sochaliennes et lance Amara Diané dans la surface. Son contrôle est raté. Teddy Richert se précipite sur le ballon, mais l’Ivoirien s’arrache. Du bout du pied.

Alors qu’il ne reste que sept minutes dans le temps réglementaire, Amaré Diané parvient à envoyer le ballon au fond des filets malgré s’être fait bousculé par Afolabi. Les supporteurs parisiens exultent, le PSG est presque sauvé! 1-2 en faveur de Paris à la 83ème minute!

« La balle met un temps fou à rentrer, comme si c’était au ralenti, rembobine Viola, alors debout contre le grillage, mégaphone à la main. Après, c’est un chaos indescriptible. Le doublé d’Amara Diané offre le maintien au PSG et envoie Lens en Ligue 2.

Les sept minutes qui suivirent furent certainement sept des plus longues minutes de l’histoire du PSG. M. Layec siffle la fin de la rencontre, et c’est tout un peuple qui peut respirer, le PSG est sauvé grâce à ce succès 2-1! Un championnat difficile qui s’achève avec un succès et une place dans l’élite sauvée in-extremis au terme de la dernière journée par le PSG.

Après le match, Pedro Miguel Pauleta se montre soulagé : « Je suis très content pour nos supporters. C’était très difficile cette année, encore plus que la saison dernière. Aujourd’hui, le club est sauvé alors que beaucoup de monde pensait que nous allions descendre. Nous nous sommes battus jusqu’au bout ».

Mamadou Sakho n’avait pas oublié ce match couperet en 2010 : « Je n’oublierai jamais la dernière victoire à Sochaux, pour assurer notre maintien en Ligue 1. On a joué le match de notre vie ce jour là ! La pression était très forte… Je me souviens du coup de sifflet final, c’était comme si nous venions de gagner un titre. Les gens étaient en larmes, ces moments-là te font grandir.

« Pendant ce match, j’ai perdu trois, quatre kilos, et quand je suis rentré dans le vestiaire, j’avais les larmes aux yeux » , témoigne Diané. Essoré, le héros passe sous la douche, rejoint par Paul Le Guen, encore vêtu de son costume.

Pauleta peut quitter la Ligue 1 en respirant après quelques mois qui ont rimé avec lutte pour le maintien!

Amara Diané célèbre son but décisif contre Sochaux. Source: Getty Images.

Amara Diané. Sans aucun doute ! J'ai connu de très bons moments. Mais ce jour est spécial. Il est gravé dans ma tête.Revenons presque dix ans en arrière. Nous étions tous très tendus. Nous avions la vie du club entre nos pieds. Nos carrières aussi. J'ai beau revoir les images, tout est flou dans ma tête. Je me demande encore comment le ballon finit dans le but. J'exulte très peu à ce moment-là, tellement la pression est énorme. Même au coup de sifflet final, je ne réalise pas. Non. Tout le monde me parle de ce but. Aujourd'hui encore, on m'embrasse, on me dit merci. Mais je n'ai pas pris le ballon des mains de Landreau et dribblé dix joueurs. C'est grâce à toute l'équipe, au staff, aux supporters aussi qui ne nous ont jamais lâchés, qu'on se sauve. C'est un but historique mais qui ne fait pas de moi un héros.C'est pourtant un peu grâce à vous si le PSG est devenu ce qu'il est aujourd'hui. Nul ne le sait. On ne peut pas refaire l'histoire. Aujourd'hui, je suis juste heureux de voir ce qu'est devenu le PSG : un club qui dispute chaque année la Ligue des champions. Il est à la place où il devait être, dans le top 8 européen. On ne juge pas un club par rapport à son argent mais à son palmarès. De ce point de vue, Paris est encore loin du Real et de Barcelone. Il manque des titres, une expérience du très haut niveau. On l'a vu l'an dernier. Ils font un match de rêve à l'aller (NDLR : contre le Barça) et se prennent une énorme claque au retour. Mbappé, c'est l'avenir. Ce qu'il fait à 19 ans, c'est extraordinaire. Neymar, c'est une star mondiale, l'un des trois meilleurs joueurs au monde. Mais mon préféré, c'est Cavani. Je l'adore depuis son passage en Italie. Non. Je n'ai pas mis les pieds au Parc depuis dix ans. Si on m'invite, je serai très heureux d'y aller. Mais je ne demande rien. Je le redis : je ne suis pas un héros.

Paris est au bord du gouffre, mais ce moment lui appartient.

Il y a 12 Ans Le 17 Mai 2008 : Amara Diané Arrachait Le Maintien En L1 En Inscrivant Un Doublé 🔴🔵

Pourtant, c’est vrai, Paris n’est pas champion et ne remportera pas la Coupe de France une semaine plus tard… C’est bien plus que ça. C'était une autre époque. Un autre PSG aussi.

L'équipe du PSG lors de la saison 2007-2008. Source: Youtube.

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