L'US Dax, club de rugby emblématique, a marqué l'histoire du rugby français depuis sa fondation en 1903. Ce club, issu de la fusion entre le Véloce Sport Dacquois et le Stade Dacquois, a connu des moments de gloire et des périodes difficiles, mais a toujours su rester un acteur majeur du rugby français.
L'Union Sportive Dacquoise est née, les couleurs choisies sont le rouge et le blanc en lien avec l’Ecole Normale implantée dans la ville qui fournit une grande partie de l’effectif. De ce choix naitra également un surnom pour le moins atypique : « les Culs Rouges ».
L’aventure peut commencer avec dans les rangs Abel Guichemerre, Maurice Biraben et un certain Maurice Boyau (international et héros de guerre qui donnera son nom au stade). Cette équipe décrochera le premier titre de l’histoire du club en 1912.
Né en 1904, l’US Dax a marqué l’histoire du rugby français dans les années 1950 jusque dans les années 1980. L’US Dax est sacrée championne de Côte basque en 1919 et 1920.
Les Landais ont opéré en 2018 un changement important de leur logo afin de symboliser le nouveau départ de ce club mythique du rugby français.
Comme pour un grand nombre de clubs issus du Sud-Ouest, il faut regarder au début du siècle dernier pour trouver la date de fondation. 1903 en ce qui concerne l’USD résultat de la fusion entre le Véloce Sport Dacquois et le Stade Dacquois. Le premier regroupant au départ les pratiquants de cyclisme et l’autre les joueurs de barrette aquitaine, lointain ancêtre du rugby proche de la soule médiévale.
Le légendaire Maurice Boyau grand joueur de rugby et héros de la première guerre mondiale
L’âge d’or de l’USD coïncide avec une longue période située des années 50 aux années 70. Durant cette époque, les Landais vont parvenir à atteindre 5 fois la finale du championnat de France sans jamais réussir à brandir le bouclier. Installés dans l’élite, les Rouge et Blanc font figure de bastion du rugby français, une référence de notre championnat qui va se doter d’un premier logo en 1997. Des formes géométriques sont incluses dont l’esquisse rappelle des éléments du rugby. En 2000, ce blason est épuré et la mention « Landes Rugby » fait son apparition. Les Landais entrent pour la première fois dans le giron amateur avec pour ambition de revenir rapidement dans le monde pro. Pour y arriver, ils décident d’opérer de nombreux changements radicaux dont un concernant l’identité visuelle.
En ouverture de la nouvelle saison de Pro D2, Dax rencontre Valence-Romans ce 29 août à 19 h 30.

Les Finales de Championnat de France
Malgré une excellente première partie en poules de 8 en 1960, l'USD est considérée comme l'une des favorites au titre. Après avoir écarté le Stade toulousain et l'US Tyrosse en début de phases finales, elle retrouve le FC Lourdes en demi-finale. Après l'absence de plusieurs cadres, elle prend le large au score et comporte une avance confortable.
Menés par leur pilier Berilhe lors de la saison 1960-1961, les rouge et blanc atteignent facilement le stade des quarts de finale, pour lesquels ils battront difficilement le Stade rochelais d'Arnaud Elissalde.
En finale, ils affrontent l'AS Béziers au stade de Gerland. Les avants se neutralisent pendant la première mi-temps, le score restera longtemps réduit à 3 partout. Si les Dacquois sont à l'initiative de plusieurs actions dangereuses en deuxième mi-temps par l'intermédiaire d'Othats, Bénédé, P. Albaladejo et Carrère, c'est le drop converti par Pierre Danos, pourtant défavorablement placé cinq mètres derrière la ligne d'en-but et quasiment sur celle de la touche, qui clôt l'issue du match à l'avantage des Bitterois sur le score de 6 à 3.
L'US Dax rencontre le SU Agen en demi-finale la saison suivante, après avoir successivement éliminé l'USA Perpignan, le CA Lannemezan et le Stade rochelais. Au stade municipal de Bordeaux, les deux équipes restent à égalité Ã l'issue du temps de jeu réglementaire avec un essai inscrit pour chacune. Les Landais prennent la tête pendant la majeure partie des prolongations, avant de voir les Lot-et-Garonnais égaliser à quinze secondes du terme de la rencontre ; ces derniers se qualifient pour la finale au bénéfice du nombre d'essais inscrits.
La Finale de 1963 contre Mont-de-Marsan
Les phases finales de 1963 sont marquées de la confrontation la plus célèbre entre l'US Dax et le Stade montois, accèdant ensemble à la finale du championnat de France. Au lendemain de leurs victoires respectives en demi-finale contre le FC Grenoble et le FC Lourdes, le journal régional Sud Ouest qui couvre l'événement titre sur son édition sport du 20 mai « Le rugby landais est champion de France ».
Cette affiche oppose deux équipes du même département, un cas de figure ayant alors lieu pour la 2e fois de l'histoire du championnat. Hasard du calendrier, alors que la finale est organisée à tour de rôle entre les villes de Bordeaux, Lyon et Toulouse, c'est dans la capitale aquitaine voisine qu'elle se déroule cette année.
Le match est entre autres caractérisé par une affluence record de plus de 30 000 spectateurs obligeant les organisateurs à installer des chaises de fortune sur la piste du vélodrome, la disparition des ballons en début de rencontre, un essai litigieux accordé aux Dacquois ainsi qu'un refusé pour les Montois, la blessure de Darrouy et le KO de Berilhe sur coup de poing de Cazalsf, le drop final de Lestage et la météo capricieuse, passant d'une chaleur estivale étouffante à un orage accompagné d'averses et de grâle.
La saison suivante, après avoir écarté le Stade rochelais puis le SC Graulhet, l'US Dax se présente en quart de finale devant l'AS Béziers mais s'inclinent en l'absence de Berilhe blessé lors de la rencontre précédente.
1962-1963 Finale US Dax - Stade Montois, Championnat de France de rugby à XV
Le Drame de 1964 et la Finale de 1966
Le début de l'exercice 1964-1965 est marqué par un événement tragique dans le cadre d'un match amical nocturne du mois de septembre, organisé au stade municipal de Bordeaux contre le CA bèglais. Après les festivités sportives, les Dacquois bouclent leur déplacement effectué par leurs propres moyens. Le véhicule transportant Raymond Albaladejo, Amile Carrère et Jean Othats, après un accrochage avec un camion, s'encastre dans un arbre en bord de route ; deux des joueurs perdent la vie sur le coup, tandis que le troisième meurt lors de son transfert vers l'hôpital de Dax.

L'équipe parvient tout de même à se qualifier à l'issue de la phase de poules, non sans difficultés, mais s'incline dès les seizièmes de finale face au Rugby club toulonnais.
Après y avoir disputé une première finale de championnat en 1956 puis de Challenge en 1957, l'US Dax retrouve le stadium municipal de Toulouse (ci-contre en 1961) pour la finale de championnat de 1966. Alors que l'équipe est fortement remaniée, entre retraites, blessures et disparitions, le XV rouge et blanc assure tout de même son rang en 1966. Après avoir éliminé l'USA Limoges puis le CA bèglais, ils l'emportent contre le Stado tarbais en prolongation des quarts de finale, puis assurent leur place en finale en renversant le cours du jeu dans les dernières minutes des prolongations aux dépens du SC Graulhets.
L'US Dax affronte ainsi le tenant du titre, le SU Agen, dans une ultime rencontre qui sera retenue comme la « finale la plus violente de l'histoire ».
L'Esprit du Rugby Landais
UN JOUR, UNE HISTOIRE - Il fut un temps, les Landes étaient le centre du rugby français. Mont-de-Marsan et Dax jouaient, en 1963, la finale du championnat et le XV de France puisait largement dans ce département sous-peuplé.
On aimerait percer le mystère de 1963. Pas celui de l’assassinat de Kennedy mais celui du rugby français qui accorda à l’une de ses régions les plus rurales le privilège d’une finale indigène. "Les Landes étaient en feu ", aimait à répéter Denis Lalanne, témoin prolifique des à-côtés de ce choc Mont-de-Marsan - Dax (9-6) si mémorable : le ciel de suie de Bordeaux, l’orage violent qui saccage les dix dernières minutes ; les échassiers sur la pelouse avant le coup d’envoi alors que Roger Couderc, au micro, n’en finit pas de meubler l’antenne ; l’organisation plus que laxiste ; les supporters qui s’entassent au plus près du terrain, sur des sièges ajoutés à la hâte et qui masquent la vue de nombreux spectateurs.
"Assis, assis ", hurlaient-ils au lieu d’encourager l’une ou l’autre équipe. Furieux, ils refusent de rendre les ballons dégagés parmi eux, ce qui finit de hacher une partie finalement médiocre. "Oui, c’était nul, alors que notre demie contre Lourdes avait été si réussie ", reconnaît sans problème Christian Darrouy, l’ailier montois.
"Faut pas revoir ce match pour le jeu.C’était si mauvais... Dix Landais avec le XV de France C’est vrai que le spectacle fut décevant, pas à la hauteur du talent des trois-quarts montois ni de la force du pack dacquois. On se souvient du K.-O. magistral de Bérilhe ou de la seule croisée des Boni, a priori décisive pour Caillau, mais que M. Capelle annula. Pourtant, ce derby reste la vitrine fidèle d’une époque : dans le Tournoi précédent tous les points du XV de France avaient été inscrits par des Landais (Christian Darrouy, Guy et André Boniface, Pierre Albaladéjo). Et dans le Tournoi suivant, en 1964, les Bleus alignèrent des feuilles de matchs à huit ou neuf Landais avec les Benoît Dauga, Joseph Rupert, Jean-Claude Lasserre, Jean-Baptiste Amestoy, sans oublier Michel Crauste, né à Saint-Laurent-de-Gosse.
Ces années 63-64 ont vraiment marqué la pré-éminence du département des Landes, vaste mais peu peuplé (260 000 habitants). "À l’époque, ça ne nous surprenait pas. On trouvait dans les Landes un international à chaque coin de rue, un peu comme des champions olympiques à New-York ", poursuivait Lalanne.
L'Importance du Rugby Scolaire
"Je ne sais pas, le Landais avait la réputation d’être vif et agile. Il correspondait au rugby de l’époque ", se souvient Christian Darrouy. Mais après deux secondes de réflexion, il livre une clé tirée de son histoire personnelle : "Je jouais au football. J’étais contacté par les Girondins de Bordeaux mais mon père trouvait que ça faisait trop loin. Et puis un jour, l’équipe de rugby du lycée s’est retrouvée à quatorze. Le prof de gym qui s’en occupait, M. Desclaux, m’a proposé de jouer, j’ai marqué trois essais, il a parlé de moi au Stade montois. "
L’élément clé est peut-être à chercher de ce côté-là : l’enseignement. "Oui, il ne faut jamais oublier qu’à ce moment là, les rencontres scolaires étaient d’un certain niveau et puis, à Dax, nous avions l’École normale qui formait une pléiade d’instituteurs rugbymen, explique Pierre Albaladéjo. qui vient de fêter ses 80 ans. Les cinq ou six meilleurs jouaient chez les juniors de l’USD, puis quand ils étaient nommés dans des villages, ils animaient souvent les clubs locaux. Et ça créait une émulation. "
Les Dacquois n’ont jamais été champions, mais ils revendiquent la paternité du rugby landais. " Avant-guerre, Mont-de-Marsan était davantage tourné vers le football ", poursuit "Bala". Peut-être en effet que tout a donc démarré dans la cité thermale, une étincelle qui s’est propagée à son École normale et à son lycée par la grâce d’une poignée d’éducateurs : "Nous n’étions pourtant pas de grosses promotions, quarante ou cinquante élèves. Mais il y avait un creuset formidable. Je me souviens que les matchs entre l’ EN "Les Martinets" et le Lycée "Les genêts" avaient une grosse importance, ils pouvaient attirer 5 à 600 spectateurs comme ceux qui nous opposaient aux "Boutons d’ors" du lycée de Mont-de-Marsan, précise Gaston Dubois, futur enseignant.
Ces maîtres de l’ombre s’appelaient M. Morillon ou bien Roger Ducourneau (92 ans à ce jour), personnage légendaire du rugby dacquois. "Il était détaché auprès de l’Inspection académique ; il avait du temps pour détecter les talents dans les écoles. "
Instituteurs et Mécènes
Ces hommes avaient créé les ancêtres des centres de formation, prodigues en dizaines de hussards qui prêchaient pour le ballon ovale dans les bourgades les plus reculées. Benoît Dauga en fut un exemple parfait : "J’avais été obligé d’arrêter le basket-ball. C’est mon instituteur, M. Laboursan, ancien joueur de Dax, qui m’a convaincu d’essayer le rugby à Saint-Sever."
À l’époque une image avait frappé Denis Lalanne : "À Tyrosse, les filles jouaient au rugby à la récréation." Et André Boniface le reconnaît volontiers : "Mon instituteur commençait la semaine avec les résultats de la Côte basque. On admirait son fils qui jouait en première à Montfort. Bien sûr qu’il nous encourageait à jouer et de notre côté nous faisions pression sur lui. Le père d’un ami avait promis de lui offrir un ballon ovale s’il était premier en dictée. En un mois, ses notes avaient subi une spectaculaire remontée. Plus tard, j’ai vécu ça encore plus intensément au lycée. Pour moi, les matchs scolaires avaient autant d’importance que ceux de mon club, je les jouais avec autant de ferveur. C’est d’ailleurs là que j’ai croisé pour la première fois Michel Crauste qui était au lycée technique d’Aire-sur-l’Adour.
Bien sûr, les Landes n’avaient pas le monopole de l’amour du rugby : le Tarn, le Gers et bien d’autres départements du Sud-Ouest formaient aussi des bons joueurs. Mais le département "40" à cette époque avait su créer une émulation unique en France.
Restent les impondérables : la personnalité et l’ambition hors norme des "Boni", ou l’arrivée de deux mécènes capables de surfer sur l’amour du rugby et de fédérer autour de lui À Mont-de-Marsan, il y avait Camille Pédarré : "Picaresque", selon Lalanne. "Il avait une grosse affaire de pneumatiques. Grâce à ses relations avec Michelin, il avait des produits rares dans l’après-guerre notamment pour les engins forestiers. Pas mal d’entrepreneurs lui en ont été reconnaissants etont aidé aussi le club ", se souvient Dauga.
À Dax, il y avait René Dassé, "plus notable " selon Lalanne. "Il avait une grosse affaire de construction de pré-fabriqués, il a fait passer un cap énorme au club ", explique Dubois. Dans ces années 60, partie des "Trente glorieuses " on ne parlait pas de mondialisation. C’était finalement l’esprit de clocher qui était la norme et personne n’en souffrait, surtout pas le rugby.
Les distractions étaient moins variées, le surf ou les jeux vidéos étaient inconnus. Avec leur esprit festif et une forme de chauvinisme truculent, peut-être que les Landais étaient parfaits pour cette parenthèse heureuse de notre histoire. "Le département était partagé en deux, dans ma classe à Peyrehorade, la moitié était pour Dax, l’autre pour Mont-de-Marsan. Maintenant, quand les deux clubs se rencontrent tout le monde s’en fiche."
La force du rugby scolaire a disparu. Le corps enseignant s’est féminisé, la population lycéenne s’est éparpillée avec moins de pensionnaires. Plein d’autres sports ont droit de cité. "Les clubs continuent à former, il y a quand même 3 500 jeunes dans nos écoles de rugby ", fait remarquer Pierre Albaladéjo.
Si la ferveur n’est plus la même, c’est à cause des deux locomotives. Elles ne cristallisent plus les passions car elles sont devenues trop "étriquées" pour garder les talents formés sur place. Les Pédarré et les Dassé d’aujourd’hui n’ont plus les moyens de les séduire.