Handball aux JO : L'Allemagne domine l'Espagne et se qualifie pour la finale

L'Allemagne a dominé l'Espagne (25-24) en demi-finales des Jeux Olympiques. Les Allemands retrouveront le vainqueur du match Slovénie-Danemark en finale, dimanche à 13h30. Pour les Allemands, champions olympiques en 1936 à Berlin puis à Moscou en 1980, c’est un retour en finale qu’ils attendaient depuis 2004. À Athènes, ils avaient été battus par la Croatie pour la médaille d’or. Cette fois, les tombeurs des Bleus affronteront le vainqueur du match Slovénie - Danemark qui débute à 21h30. Le banc allemand peut exulter, la médaille est assurée.

Ce succès étriqué, l'Allemagne le doit encore partiellement à son infranchissable portier, Andreas Wolff, auteur de 22 arrêts sur les tirs adverses (à 49 %). Il a notamment permis à sa sélection, menée à l'entame des dix dernières minutes du terme (22-23), de reprendre de l'air au meilleur des moments. Bourreau des Bleus avec ses 14 buts, Renars Uscins (6 buts) a lui encore été le leader offensif, malgré une adresse plus faible (50 % contre 66 %).

C'est la troisième finale olympique de la sélection masculine allemande, après Los Angeles en 1984 et Athènes en 2004.


Andreas Wolff, le gardien allemand, a été prépondérant, avec 22 arrêts sur 45 tirs espagnols.

Le match Allemagne - Espagne : un moment clé des JO 2024

Un match attendu et décisif

Les Allemands se sont hissés dans le dernier carré en faisant respecter la logique de l’état de forme de la compétition. Eux les leaders du groupe A ont fini par se qualifier aux dépens de la France, quatrième de son groupe. Une confiance d’autant plus grande que les joueurs d’Alfred Gislason ont remonté pas moins de six buts de retard sur les Bleus, en inscrivant deux buts dans les 10 dernières secondes pour arracher la prolongation et finir par s’y imposer.

Knorr et consort pourront surtout s’appuyer sur la conviction que leur jeu fonctionne. En insistant avec leur base arrière dans l’axe, en se lançant de loin, ils usent le secteur central et s’ouvre des portes. Contre la France en quart, 26 des 35 buts allemands sont venus des joueurs de la base arrière (14 pour Uscins dont trois pénaltys, six pour Heymann, cinq pour Knorr et un de Köster), auxquels viennent s’ajouter les six réalisations de Golla au poste de pivot.

Alors que vaut cette Espagne, elle qui compte moins de stars que d’autres équipes, à l’exception des frères Dujshebaev et de sa paire de gardiens Perez - Corrales ? Il peut lui arriver de passer au travers et de rater un match, mais pas aussi tard dans la compétition. La flexibilité dont sont capables les Dujshebaev, Garcianda et Tarrafeta sur la base arrière, sans oublier tout ce que peuvent apporter Odriozola, Gomez ou Fernandez sur les ailes, a de quoi faire peur.

Le dernier face-à-face Allemagne - Espagne a été remporté par l’Allemagne (33-31, en phase de groupe des JO 2024).

Les moments clés du match contre la France

Les Bleus du handball, tenants du titre olympique, ont été éliminés de la compétition dès les quarts de finale, mercredi face à l’Allemagne (34-35), au terme de la prolongation. Pour la première fois depuis 2004, ils n’obtiendront pas de médaille aux JO. La première période avait pourtant offert une entame spectaculaire, les Bleus affichant un visage transformé, et un jeu appliqué. Grâce à une performance majuscule de Vincent Gérard dans sa cage (avec 42 % d’arrêts), et un festival offensif de Dika Mem, la sélection tricolore était en tête à la pause (17-14).

Mais l’équipe allemande, emmenée par son jeune arrière droit Renars Uscins, a réussi à tenir son cap, et rattraper son écart. Toujours menée d’un but à six secondes de la fin, l’Allemagne s’en est remise à son prodige, et à une tactique incompréhensible de la France, pour égaliser (29-29). En prolongation, Hugo Descat a bien tenté de rivaliser, inscrivant la majorité des buts français, mais la machine allemande a fini par submerger les Bleus (35-34).

L’Allemagne affrontera l’Espagne en demi-finales, et le parcours de la France s’arrête en quarts de finale pour la première depuis les Jeux d’Athènes en 2004.


Dika Mem se couche au terme du temps réglementaire, alors que l’Allemagne vient d’égaliser face aux Bleus, en quarts de finale du tournoi olympique, à Villeneuve-d’Ascq, le 7 août 2024.

Analyse tactique et performances individuelles

La force collective allemande

L'Allemagne a conquis le titre européen en balayant l'Espagne en finale (24-17). Les deux équipes commencent le match en reprenant exactement ce qu'elles ont fait pendant le reste de la compétition. Les Espagnols jouent en marchant et jettent le ballon au pivot, les Allemands courent dans tous les sens, parfois un peu n'importe comment. De toute évidence, la deuxième option est la meilleure, puisque les Ibériques n'inscrivent qu'un but dans les dix premières minutes.

Julen Aguinagalde est bien muselé et les Allemands poussent les ballons, grâce à Kaï Häfner et Tobias Reichmann. A 5-1 au bout de dix minutes, Manolo Cadenas sent les siens en difficulté et pose son temps-mort, qui n'y change pas grand chose. La seule différence est que les Allemands se perdent dans des excès d'engagement, justement sanctionnés par les arbitres.

Dans la seule première période, les Allemands sont exclus cinq fois, mais les Espagnols n'en profitent pas, englués comme pas possible dans la défense adverse. Joan Canellas est fantomatique, les gauchers ne sont pas mieux et même Victor Tomas, pourtant souvent la lumière dans le tunnel, bute sur un Andreas Wolff digne de son titre de meilleur gardien du tournoi.

Les quinze minutes de repos n'auront pas servi à grand chose à Victor Tomas et ses coéquipiers. Ils sont surclassés dans l'envie, comme en témoigne ce retour de Rune Dahmke pour reprendre Ugalde parti en contre-attaque. Pire, Valero Rivera et Joan Canellas (décidément) envoient leurs pénaltys sur Andreas Wolff. Là où les Allemands gardent la tête froide, les Espagnols ralent contre les arbitres sur chaque contact, mais ne sont pas plus avancés pour autant. Pire, ils prennent l'eau de toute part malgré un changement défensif (16-9, 43').

Le dernier quart d'heure n'y changera pas grand chose. Les uns réussissent tout ce qu'ils entreprennent, les autres le ratent, à l'image de cette relance ratée de Sterbik, avant que Sellin ne redonne sept buts d'avance aux siens. Tactiquement, les Allemands sont clairement au dessus, et les performances individuelles au diapason. Andreas Wolff éteint les derniers espoirs espagnols, Rune Dahmke clot l'affaire en donnant huit buts d'avance aux siens à l'entrée du money-time (21-23, 52'). L'Allemagne s'impose finalement 24-17 , en ayant maitrisé sa finale de main de maitre.

L'impact du coaching de Guillaume Gille

Guillaume Gille a aussi construit ses succès en donnant des responsabilités à ses joueurs et il continuera de le faire, en apprenant des erreurs du passé. "Les temps morts, ce sont des questions de situation dans le jeu", explique aujourd'hui Guillaume Gille. "Cette dernière situation se serait passée positivement, ça n'aurait rien changé au contenu du temps mort et on n'en parlerait pas. En fonction des conséquences, on va venir poser un jugement."

Car laisser la parole à ses joueurs pour participer à l'établissement du plan de jeu, Guillaume Gille l'a toujours cultivé. Un "management participatif" qu'il revendique et qui a notamment permis de construire quelques jolis succès, du titre olympique en 2021 à la médaille d'or aux championnats d'Europe en janvier 2024, des compétitions durant lesquelles quelques sorties de temps morts décisives et exploits dans les dernières secondes ont été observés.

"Je ne vais pas changer ma manière de penser" dit-il. "Il y a aussi, dans la gestion d'un groupe, des moments où ils ont besoin d'être encadrés et accompagnés de manière plus forte. J'essaie d'être dans cette alternance, d'avoir toujours la posture, les mots et les messages les plus appropriés par rapport à la situation que l'on recontre."

Alors qu'il entame sa cinquième année à la tête de la sélection, Guillaume Gille s'est rodé aux joutes mondiales selon son pivot Luka Karabatic. "Gino a gagné en expérience du concert international, des équipes, du style de jeu.

JO PARIS 2024 - Le sabordage du siècle : Désillusion pour les Bleus éliminés contre l'Allemagne

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