L'histoire du football européen est jalonnée de rivalités passionnantes et de rencontres mémorables. Parmi celles-ci, les confrontations entre l'Allemagne et la Belgique occupent une place particulière, riches en anecdotes et en moments clés.


Les Premières Rencontres et l'Évolution des Équipes
Comme la plupart des grandes nations du football, l’équipe nationale allemande a vu le jour au début du 20e siècle. Si la Fédération Allemande est née en 1900 et s’affilie à la FIFA en 1904, il faut attendre 1908 pour assister au premier match officiel de la Mannschaft face à la Suisse, perdu 5-3. L’année suivante, les Allemands enregistrent la plus lourde défaite de leur histoire face à l’Angleterre (0-9).
La Belgique est l’adversaire que l’équipe de France a rencontré le plus souvent au cours de son histoire. Les deux sélections ont vécu leur premier match officiel l’une contre l’autre le 1er mai 1904 à Bruxelles et ont pris l’habitude de s’opposer au moins une fois par an (sauf quand la guerre ne le permettait pas) jusqu’à la fin des années soixante.
L'Allemagne en Finale de l'Euro 1980 et la Belgique Révélation
Quatre ans après le sacre de la Tchécoslovaquie à Belgrade, la sixième édition du Championnat d'Europe des Nations a vu pour pays d'accueil l'Italie dont l'équipe emmenée par le grand Dino Zoff faisait partie des favoris. Finaliste malheureuse en 1976, l'Allemagne de l'Ouest prend sa revanche sur la Tchécoslovaquie dès le premier match de poule en l'emportant sur la plus petite des marges grâce à un but de Rummeningge. Dominant ensuite la Croatie (3-2) et après un match nul et vierge face à la Grèce, les Allemands finissent premiers de leur poule avec 5 points devant leurs bourreaux Tchécoslovaques.
Dans l'autre poule, la Belgique, l'Italie, l'Angleterre et l'Espagne s'affrontent dans un groupe des plus homogènes. Après un premier match nul face à l'Angleterre (1-1), la Belgique parvient à prendre le dessus face à l'Espagne grâce à des buts d'Eric Gerets et Julien Cools contre une réalisation de Quini du côté espagnol. Pour la troisième et dernière rencontre de ce groupe B, la Belgique de Guy Thys doit affronter l'Italie, tombeuse de l'Angleterre (1-0) et qui a fait un nul contre l'Espagne (0-0). Cette sorte de demi-finale n'accouche au final que d'un 0-0 qui permet à la Belgique de se qualifier pour sa première finale de compétition officielle de son histoire aux dépens de l'Italie grâce au nombre de buts marqué.
La Finale de 1980: Un Match Intense
Devant plus de 47 000 spectateurs, Belges et Allemands pénètrent sur la pelouse du Stadio Olimpico de Rome. Positionné dans un 4-4-2 des plus classiques, les Diables Rouges doivent faire face au 5-2-1-2 innovent et très compact concocté par Joseph Derwall. Et dès le coup d'envoi, le bloc allemand se montre omniprésent, l'apport offensif des deux latéraux créé un véritable sur-nombre et très logiquement, c'est la Mannschaft qui ouvre le score au bout de dix minutes de jeu seulement. Après un petit festival aux vingt-cinq mètres, Bernd Schuster adresse une balle piquée qui élimine les deux centraux. Horst Hrubesch contrôle de la poitrine, et enchaîne avec une demi-volée puissante dont le rebond surprend Jean-Marie Pfaff (10e). Quelques minutes plus tard le portier belge réalise une parade spectaculaire sur une cachou des familles du génialissime Klaus Allofs qu'il détourne en corner.
Ce sera tout pour la première mi-temps qui retombe en intensité et en seconde période, les Belges reprennent la possession du ballon et sur une de ses nombreuses accélérations, Jan Ceulemans se fait faucher à la limite de la surface de réparation par Karl-Heinz Föster (74e). L'arbitre roumain de ce match, Nicolae Rainea siffle toutefois un penalty que René Vandereycken va transformer d'une frappe rasante sur la droite qui prend à contre-pied Harald Schumacher. La Belgique reprend l'espoir et continue à dominer sans réussir à se montrer dangereux mis à part une lourde frappe de Van Moer bien détournée et ce qui devait arriver arriva. À deux minutes de la fin du temps réglementaire, Allofs enroule parfaitement son corner pour Horst Hrubesch qui reprend de la tête pour propulser le ballon dans la lucarne opposée.
L'Allemagne est ainsi sacrée championne d'Europe pour la deuxième fois de son histoire aux dépens de Diables Rouges accrocheurs mais pas assez offensifs pour inquiéter réellement les coéquipiers d'un Hrubesch auteur d'un doublé et de Klos Allofs qui lui aura distribué deux caviars.
| Équipe | Performance |
|---|---|
| Allemagne de l'Ouest | Championne d'Europe 1980 |
| Belgique | Finaliste de l'Euro 1980 |
Les Stades Emblématiques: Du Heysel au Roi-Baudouin
Contrairement aux sélections de nos autres pays voisins (Allemagne, Italie, Espagne, Suisse...), l’équipe de Belgique n’est pas itinérante. Au début, c’est au stade du Vivier d’Oie, dans la commune bruxelloise d’Uccle, que la Belgique reçoit. Par la suite, Belges et Français se rencontrent deux fois dans la commune de Saint-Gilles, plus précisément au Stade Joseph Marien, antre de l’Union Saint-Gilloise, également connue sous le nom de Parc Duden. Trois rencontres ont également eu lieu dans la commune de Molenbeek, au Stade Charles Malis du Daring Club de Bruxelles.
En 1930, la Belgique se prépare à organiser le centenaire de son indépendance. Le joyau de cet espace est un stade de 70 000 places, le stade du Centenaire, également appelé le stade du Jubilé (Jubelstadion en Flamand). L’enceinte est officiellement inaugurée le 14 septembre 1930, bien que des championnats du monde de cyclisme sur piste y ont été organisés dès le mois d’août. En présence du Prince Leopold, l’équipe de Belgique reçoit celle des Pays-Bas, qu’elle domine (4-1).
Au lendemain du deuxième conflit mondial, l’enceinte est officiellement renommée stade du Heysel (Heizelstadion en Flamand). Le Heysel ne néglige pas le football pour autant. S’il n’a pas de club résident, il abrite la finale de la Coupe de Belgique, une épreuve remise sur pied en 1954. A l’occasion de l’Exposition universelle de 1958, le plateau du Heysel voit apparaître l’Atomium, audacieuse oeuvre futuriste, qui deviendra un symbole de la capitale belge au même titre que le Manneken Pis. Quelques rénovations sont entreprises dans les années 1970, comme l’installation d’une piste d’athlétisme en tartan (1971) et un nouveau dispositif d’éclairage (1974). Une nouvelle tribune est montée en 1979, portant la capacité du stade à 60 000 places.
Le Heysel devient un lieu privilégié pour les finales des Coupes européennes. Après le Real-Milan de 1958, le stade bruxellois a abrité la finale de 1966 (Real-Partizan) et celle de 1974 (Bayern-Atletico), la seule de l’histoire à avoir été rejouée. Il est également le théâtre des finales de Coupe des Coupes en 1964 (Sporting-MTK), en 1976 (Anderlecht-West Ham) et 1980 (Valence-Arsenal).
Mais dans les années 1980, le nom du Heysel va être associé à l’une des pires catastrophes de l’histoire du foot. Juste avant la finale de la trentième Coupe d’Europe des Clubs Champions opposant Liverpool à la Juventus, un mouvement de foule et l’écroulement du mur entraînent la mort de 39 personnes et plus de 600 blessés. En dépit du drame, les Diables Rouges continuent à disputer des rencontres internationales dans le stade maudit.
Dans les années 1990, la Belgique songe à organiser l’Euro 2000 avec les Pays-Bas. Le stade est alors profondément rénové et on lui attribue un nouveau nom parce qu’il faut tourner la page. Le stade rénové peut accueillir 40 000 personnes. Il est inauguré par la famille royale le 23 août 1995 avec une rencontre opposant la Belgique à l’Allemagne.
Depuis le début des années 2010, le stade du Roi-Baudouin, ex-Heysel, ex-Stade du Centenaire, est menacé. La ville de Bruxelles envisage un aménagement du Plateau du Heysel afin de le transformer en complexe immobilier. En 2013 est annoncé la construction de l’Eurostadium, une nouvelle enceinte de 60 000 places dédiée aux Diables Rouges mais aussi au RSC Anderlecht. Mais le projet d’ Eurostadium est finalement annulé en 2018 pour d’inextricables raisons politiques, alors qu’il devait accueillir quatre rencontre de l’Euro 2020.

Match Amical Récent: Belgique - Allemagne (2023)
Très dominateurs en première période, les Belges ont battu l'Allemagne en match amical, ce mardi à Cologne (3-2). Ils n'avaient pas gagné contre la Nationalmannschaft depuis 1954.
Comme l'Allemagne n'a que des matches amicaux à jouer avant l'Euro qu'elle disputera à domicile en 2024, elle se permet quelques expérimentations et elle l'a payé ce mardi face à la Belgique (2-3). Déjà victorieux de la Suède vendredi (3-0) lors de la première journée de qualification pour l'Euro, les coéquipiers de Kevin De Bruyne ont débuté très fort et la star de Manchester City s'est régalée, avec deux passes décisives pour Yannick Carrasco (6e) et Romelu Lukaku (9e), assorties d'un but qui a scellé un succès historique (78e).
La Belgique n'avait en effet pas battu l'Allemagne depuis 1954, et Domenico Tedesco ne pouvait pas mieux commencer son mandat sur le banc de la sélection : capables de changer de schéma tactique en cours de match, les Diables Rouges intègrent parfaitement les principes du nouveau sélectionneur qui peut seulement regretter leur manque d'efficacité. Après un premier quart d'heure idyllique, ses joueurs auraient pu mener plus largement encore, mais Dodi Lukebakio a raté le cadre face à Marc-André ter Stegen (19e), au bout d'un contre qui lui a fait traverser le terrain, et la tête de Lukaku a rebondi sur la barre (21e).
Les Allemands paraissaient alors perdus, sans aucun repère, et Hansi Flick ne pouvait pas rester figé : le sélectionneur a remplacé Leon Goretzka par Emre Can (32e) car le milieu munichois était touché à une cheville, mais il a aussi sorti Florian Wirtz au même moment pour trouver un nouvel élan, et la seconde période de la Mannschaft a été meilleure. Un penalty de Niclas Füllkrug, son sixième but en autant de sélections, lui avait déjà permis de réduire l'écart un peu miraculeusement (1-2, 44e), et le dernier but de Serge Gnabry (2-3, 87e) a allégé la défaite qui reflète toutefois de nombreuses lacunes. Flick a évité une déroute, mais il ne manque pas de boulot.