Alice Monteillet : Ascension d'une Handballeuse Talentueuse

Du Haut-Rhin à la Bretagne, Alice Monteillet n’a cessé de gravir les échelons jusqu’à l’antichambre de l’élite à seulement 20 ans. Cet article retrace le parcours exceptionnel d'Alice Monteillet, une handballeuse talentueuse, de ses débuts à Masevaux à son ascension vers le haut niveau.

Les Débuts à Masevaux

Un petit peu plus au Sud, à Masevaux, proche de Mulhouse, la jeune Alice découvre le handball en suivant son aînée de trois ans : « En 2012, avec mes parents et mon grand frère Justin, nous sommes allés à une Journée des Sports. Justin s’est immédiatement dirigé vers l’atelier handball. Il a tout de suite accroché et a décidé de prendre une licence. Ayant toujours voulu suivre ses pas et passer du temps avec lui dans un autre cadre que celui de la maison, j’ai suivi. Quelques années plus tard, notre père a également suivi le mouvement en prenant une licence à Masevaux, tandis que notre maman faisait de la course à pied ».

Si ses bonnes performances l’ont tout naturellement emmené vers le handball de haut niveau, Alice Monteillet n’oublie pas ses premières émotions handballistiques lors de ses premières années de pratique à Masevaux : « Je garde en mémoire les déplacements à Besançon que le club organisait pour aller encourager la D1. À ce moment-là, Alice Lévêque évolue dans l’équipe. Elle est d’ailleurs la marraine du club de Masevaux, puisqu’elle y a aussi fait ses débuts. Pour la petite fille que j’étais, entrer dans un grand gymnase comme celui de Besançon, voir tout ce public, ressentir l’ambiance et les émotions du haut niveau, c’était un véritable rêve ».

Encore aujourd’hui, son père l’accompagne… jusque dans le vestiaire, avant les matchs : « Juste avant le coup d’envoi, quand je suis encore dans les vestiaires, j’échange quelques messages avec mon papa. Il a ce don de me déstresser et ces petites conversations me font énormément de bien.

Ascension Progressive

La suite est d’une logique implacable, linéaire : section sportive du collège de Thann dès la 4e tout en évoluant avec les -15 ans du club de sa ville. Sélection, avec un an d’avance, avec le Comité 68 et la génération 2004 puis avec sa génération 2005. Pôle espoir Grand-Est, à Barr, lors de sa dernière année de collège et enfin pôle excellence Grand Est à Metz avec, en parallèle, ses premiers pas avec la Nationale 2 de Thann Steinbach. Mieux encore, elle fête la montée en Nationale 1 dès sa première saison avec les séniors : « Nous disputions ce match décisif contre la N2 de Pontarlier, alors deuxième au classement. La salle était comble, l’ambiance incroyable, et l’énergie du public nous portait du début à la fin.

La suite s’écrit en Nationale 1 mais cette fois-ci en Moselle, à Metz. Une période délicate pour l’arrière droite : « Ma formation à Metz a été très rapide, puisque je n’y suis restée qu’une seule saison. Ce fut une année particulièrement compliquée. J’étais encore au pôle, et la coéquipière qui évoluait au même poste entamait déjà sa deuxième année au centre de formation. La différence de niveau était donc importante et, logiquement, je disposais de très peu de temps de jeu ».

C’est finalement au centre de formation de Dijon qu’elle découvre véritablement le quotidien d’une sportive de haut niveau : « J’ai enfin pu le constater de l’intérieur. Ce club m’a appris à gérer ma vie de sportive tout en menant de front mes études, un équilibre essentiel pour la suite de ma carrière ».

Si son passage en Bourgogne est entaché par une blessure au ligament croisé postérieur, « la plus grave que j’ai connu », l’éloignant quatre mois des parquets, elle met à profit ce temps d’arrêt pour se réorienter dans ses études. Un nouveau cursus encore d’actualité aujourd’hui : « J’avais débuté une licence STAPS, mais cette formation ne correspondait pas à mes attentes.

Signature à Saint-Grégoire Rennes Métropole Handball (SGRMH)

Après des premiers échanges en mai dernier avec Saint-Grégoire, elle signe son premier contrat professionnel cette saison : « Le projet sportif présenté m’a tout de suite intéressée, autant par son ambition que par les valeurs mises en avant ».

Si Alice Monteillet admet « encore des points à améliorer, comme mon efficacité dans les duels avec la gardienne », la première partie de saison est prometteuse avec des bases solides. L’ambition ne s’arrête pas là pour l’Alsacienne, bien décidée à continuer sa progression : « C’est une progression que je veux construire de manière linéaire et solide, sans précipitation, en consolidant mes acquis à chaque étape. J’ai voulu passer par une D2 car je préfère avancer sans les brûler. De plus, le projet du SGRMH est complétement dans cette optique, avec notamment la possibilité du statut VAP dans les prochaines saisons.

Championnat du Monde U20 et Titre Historique

La cuvée 2024 des compétitions de jeunes en handball s'ouvre par un titre historique pour l'équipe de France. Douze ans après leur seule médaille, l'argent, les Bleues de la catégorie U20 ont décroché l'or au terme du Championnat du monde, conclu dimanche à Skopje (Macédoine du Nord). Cet exploit marque une étape importante pour le handball féminin français et met en lumière les jeunes talents qui composent cette équipe prometteuse.

Un Parcours Semé d'Embûches et de Succès

Face à la Hongrie, les joueuses d'Éric Baradat se sont détachées dans une fin de match haletante (29-26). Maintenues en vie par la performance exceptionnelle de leur gardienne Clara Zaj, les Hongroises ont recollé après avoir été menées de quatre buts (18-14, 40e). Dans le dur, les Bleues sont même passées derrière au score à l'entrée du dernier quart d'heure (21-22, 47e). Mais la pivot Lilou Pintat puis l'ailière Manon Errard par deux fois ont ré-enclenché la marche avant (24-23, 53e) en profitant de plusieurs pertes de balle hongroises. La délivrance est venue cinq minutes plus tard. Alix Thignon, d'une main gauche ferme, a détourné le jet de sept mètres de Lea Farago avant que Lylou Borg, fille de la championne du monde 2003 Myriam Borg-Korfanty (titrée contre... la Hongrie), ne plie le match en s'infiltrant dans la défense hongroise (28-25, 58e). Un titre partagé avec sa jumelle, Enola Borg, elle aussi très en vue dimanche.

L'or mondial conquis en Macédoine du Nord est la huitième médaille chez les jeunes en tournoi féminin et le quatrième titre.

L'équipe de France U20 championne du monde 2024

Composition de l'Équipe Championne du Monde U20

Voici la liste des joueuses qui ont porté haut les couleurs de la France lors de ce Championnat du monde :

  • Gardiennes : Alix Thignon (Pessac, D2), Romane Le Huault-Parc (Brest, N1), Zazie Samzun (Nice).
  • Ailières : Nina Dury (cap. Dijon, D1), Louane Texier (Mérignac, D1), Séphora Genyah (Saint-Maur, D1), Manon Errard (Metz, N1), Emma Tuccella (Metz, N1).
  • Arrières : Enola Borg (Pessac, D2), Lylou Borg (Mérignac, D1), Assa Diabo Sissoko (Mérignac, D1), Lina Colinot (Mérignac, D1), Fatou Karamoko (Saint-Maur, D1), Alice Monteillet (Metz, N1), Eva Mbata (Noisy-Le-Grand, D2).
  • Demi-centre : Nina Perret (Dijon, D1).
  • Pivots : Clémence Nkindanda (Chambray, N1), Lilou Pintat (Dijon, D1).

Stratégie et Ambition : Les Clés du Succès

Eric Baradat (sélectionneur de l'équipe de France U20) : « Cette équipe avait terminé 11e de l'Euro U17 puis 5e du Mondial U18 et 6e de l'Euro 2019. C'est une génération qui a avancé, on est parti avec des joueuses prometteuses car ce qui nous intéresse au final, c'est le renouvellement de l'équipe de France A. Mais dans l'apprentissage du haut niveau, vivre des derniers carrés internationaux, ça aide. On a beaucoup travaillé sur la gestion des émotions dans le money-time, la stabilité émotionnelle. On a mis en place un projet de jeu audacieux, qui correspond aux qualités des joueuses, où on prend beaucoup de risques car elles ont la capacité de défendre fort et de vite se projeter vers l'avant. Sur la fin de match, on a su retrouver de la justesse après un moment où on est trop tombé dans de l'enthousiasme. »

Dans ce groupe, quelques joueuses jouent déjà en première division comme Nina Dury, Lilou Pintat ou Lylou Borg. D'autres vont les rejoindre. Si je dois en citer une qui pourrait vite rejoindre l'équipe de France A, je pense que le talent d'une Manon Errard à l'aile droite peut lui y amener. Elle va commencer à jouer à Metz au côté de Lucie Granier, titulaire du poste.

« Alice est vraiment une fille joviale. Dès que j’avais un coup de mou, je savais que sa bonne humeur allait me faire rire ». Les mots, signés d’Emma Tuccella, joueuse du Strasbourg ATH mais surtout meilleure amie d’Alice Monteillet, dessinent les traits de personnalité de la néo-Grégorienne. Si l’une joue dans l’Est de la France et l’autre dans l’Ouest, c’est bien dans le Grand-Est que les deux amies se sont rencontrées mais aussi là où tout a commencé pour l’arrière droite du SGRMH.

Son ex-coéquipière de chambrée poursuit sa description : « Alice est une joueuse vraiment impressionnante. Elle a une capacité à tirer de loin que j’admire mais elle sait aussi jouer dans le 1 contre 1. Elle progresse de plus en plus en défense ».

Les anecdotes, forcément, arrivent : « Nos fous rires au centre de formation de Metz avec les biscottes, nos chutes aux entraînements, les bains froids aux compétitions, nos appels avec son papa, nos danses dans les chambres… Même s’il y a de la distance entre nous actuellement, on sait que notre amitié persistera et nous garderons le contact toute notre vie. Il est impossible de mettre des mots sur les émotions et les frissons que l’on ressent en chantant la Marseillaise. Ces expériences m’ont énormément fait grandir, avec au sommet le souvenir le plus fort reste évidemment le titre de Championne du Monde. Vivre une telle aventure humaine et sportive est tout simplement incroyable. Soulever ce trophée restera à jamais gravé dans ma mémoire.

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