Coupe de France de Hockey sur Glace : Une Histoire Glacée à Bercy

De la finale de la Coupe de France à Bercy (nouvellement AccorHotels Arena), on peut dire qu’elle en est devenue un rendez-vous incontournable pour le hockey français.

L'AccorHotels Arena (Bercy) est devenue un lieu emblématique pour la finale de la Coupe de France de hockey sur glace.

Il est probable que l’évènement va encore prendre de l’ampleur avec l’accueil en ce lieu mythique du Final Four. Plus que jamais on cherche à donner un tour résolument festif autour du hockey, constituant un week-end des plus chargés avec les demi-finales et la finale.

Ainsi en a voulu la Fédération Française de Hockey sur Glace cette année.

Pour l’édition 2018 peut-être avait-on constaté du côté des instances un certain essoufflement ? Nous nous sommes dit que voilà l’occasion d’un petit regard dans le rétro sur cette compétition particulière et qui se veut le pendant de la très populaire Coupe de France de football.

Les Débuts de la Compétition

On ne sait pas trop comment se faisait l’inscription ; sur invitation, le volontariat ou obligation suivant la division ? Toujours est-il que l’on y trouve Chamonix, le vainqueur (qui s’offre le doublé en remportant aussi le championnat) et à priori tous les clubs de l’élite de l’époque.

Grenoble se fait représenter par une équipe baptisée Grenoble Sud (!). Dans la division inférieure (il n’y en avait alors que 2) il semble qu’il y ait eu beaucoup d’absents.

Devant certainement une motivation assez modérée il faudra attendre la saison 75/76 pour retrouver une 2ème édition, à nouveau remportée par Chamonix.

Renouvelée la saison suivante c’est cette fois Villard de Lans qui s’en empare. Est-ce la même formule avec toutes les divisions?

On peut supposer que oui bien que nous n’en ayons pas retrouvé le détail. Une chose est sûre, le nombre d’équipes s’était nettement densifié par rapport à la 1ère saison de coupe avec l’ouverture de très nombreuses patinoires sur le territoire français.

L’arrivée de nouveaux clubs oblige à la création de 3 niveaux distincts, la nationale A, la B et la 2ème série.

Ce sera la dernière saison où il y a un brassage de divisions car il semble que les clubs de l’élite, n’y voyant qu’une compétition secondaire, ne présentent pas forcément leur meilleure équipe.

(A savoir : il existait par ailleurs depuis longtemps d’autres tournois, en particuliers dans les Alpes, plus attractifs et souvent liés à la fréquentation dans les stations de ski.

Puis la saison suivante la Coupe de France est réservée à la Nationale C, anciennement 2ème série et qui est en fait la 3ème division (vainqueur Nice).

Évolutions et Périodes d'Interruption

Pour la saison 80/81, la fédération des Sports de Glace ne manquant pas d’imagination, met en place une formule alambiquée à 2 compartiments : une coupe entre clubs de nationale A et les vainqueurs des deux poules de Nationale B et à coté une Coupe de France nationale C dont le vainqueur sera convié à la demi-finale des ‘’grands ‘’. Et c’est ainsi que l’équipe réserve d’Amiens se retrouva en 1/2 finale d’une compétition auquel son équipe première n’a pu participer.

Pour l’édition 82 on reviendra à la version 79, celle réservée uniquement à la 3ème division.

Puis à nouveau plus de coupe de France durant 2 saisons.

Pour la saison 86/87 exit la coupe des As et revoilà la coupe de France mais la encore on ne retrouve que les clubs de division 2 et 3 (vainqueurs les Français volants).

C’est un peu vite dit car la coupe est à nouveau rangée au placard à souvenir pour 7 années.

Et encore ! Elle ne revient en 94 que pour meubler le quotidien des équipes françaises de nationale 1 (les nombreux tournois cités plus haut ont peu à peu disparus).

Nous étions alors dans une année olympique (Lillehammer - Norvège).et l’équipe de France y participait.

Lors des stages assez nombreux des internationaux ainsi que de la période des épreuves olympiques le championnat marqué naturellement une pause.

Mais il fallait bien maintenir, ne serait ce pour des raisons financières, une certaine activité au sein des clubs.

Rappelons que, suite à une période de crise de plusieurs saisons, la fédération des sports de Glace (auquel le hockey était toujours rattaché à l’époque) avait du refondre l’élite avec une 1ère division assez conséquente de 16 clubs réparties en 2 poules à peu près géographiques.

Ce fut Grenoble au final qui remporta la coupe. Feu de paille car la compétition ne fut pas reconduite, même en 98 lors des jeux de Nagano où pourtant l’équipe de France était également présente.

Il faudra vraiment attendre 2000 pour la voir réapparaître.

Non reconduite l’année suivante, elle fera pourtant vite son retour en 2002 à la demande des clubs qui, encore une fois, ont besoin de participer à une compétition intéressant pendant la trêve qu’entraîne la participation de la France aux JO de Salt Lake City.

Pour la première fois Rouen en sera le vainqueur.

On enchaîne l’année suivante (victoire de Villard de Lans) et cette fois sans interruption jusqu’à nos jours.

Pour autant il y aura des variantes quand aux clubs autorisés à participer. D’abord ouverte aux clubs ‘’élites’’, 2ème niveau et les meilleurs du 3ème niveau national, il se restreindra au plus haut niveau et le 2ème lorsque l’élite sera un temps agrandi à 16 clubs.

Mais vite on rappellera le 3ème niveau qu’est la 2ème division pour donner un plus ‘’rassembleur’’ à cette compétition - un peu dans l’esprit coupe de France de foot.

D’ailleurs, comme au foot, les meilleurs clubs ne rentrent en jeu qu’à partir des 16èmes de finale.

Enfin on remarque que la compétition n’a pas un caractère obligatoire et certains clubs, peu motivés ou par souci d’économie, se gardent bien d’y participer.

Cela montre par la même que la coupe de France est encore perçue comme une compétition secondaire.

Rapidement apparaissent les clubs de D3 qui en font la demande car leur participation n’est pas une obligation.

Il apparaît vite que les clubs de division inférieur mais ambitieux trouvent là un excellent moyen de se tester en vue d’en tirer quelques leçons pour leurs objectifs de montée.

L'Ère Moderne et le Prestige de Bercy

De fait, sans donner tout le palmarès, le trophée reviendra toujours à une équipe de la plus haute division et donc de la Magnus à partir de 2004/2005 lorsque l’on baptisera ainsi la division élite du hockey français.

Il y a eu quelques doublets Coupe - Championnat comme en 2009 pour Grenoble.

Rouen sera sacré 4 fois de suite champion de France entre 2010 et 2013 mais ne réussira le doublet qu’en 2011.

Les Dragons réussissent un ultime doublé en 2016*.

Mais il faut retenir un virage important pour le prestige de la Coupe de France, c’est le moment ou fut choisi le cadre le plus prestigieux qui soit pour accueillir la finale: le Palais Omnisports de Paris-Bercy à partir de 2007.

A noter également en hommage à un joueur puis entraîneur canadien emblématique, pour ne pas dire historique, récemment disparu, et qui dirigea de très nombreuses années (13 ans en trois périodes) l’équipe de France, le magnifique trophée remis au vainqueur prend le nom de trophée Pete Laliberté.

Depuis bien sûr le rendez-vous à Bercy dans l’enceinte, désormais appelé l’AccorHotels Arena, est devenu un grand moment de rassemblement de la famille du hockey et des aficionados.

Palmarès Récent de la Coupe de France

Voici un aperçu des vainqueurs récents de la Coupe de France :

Année Vainqueur Score
2022 Angers 5-4 a.p.
2020 Amiens 3-2 t.a.b.
2019 Amiens 3-2 a.p.
2017 Grenoble 3-2 a.p.
2012 Dijon 7-6 a.p.
2011 Rouen 5-4 t.a.b.
2010 Briançon 2-1 t.a.b.
2008 Grenoble 3-2 t.a.b.
2006 Dijon 3-2 a.p.
2003 Villard de Lans 3-2 t.a.b.
1994 Grenoble 5-4 a.p.

Ainsi donc après s’être longtemps cherchée, passant parfois plusieurs saisons à la trappe, revenant mais traitée avec, si ce n’est du mépris, pour le moins une certaine désinvolture, certaines années élitiste et d’autres réservées aux classes inférieures, cette coupe de France a fini par trouver sa vrai place.

Une place de prestige mais aussi festive qui rassemble au-delà des partisans des 2 clubs finalistes tous les amoureux (ses) de la rondelle.

L'Édition Récente et l'Ambiance Festive

Pour cette édition récente la FFHG réquisitionne pour 2 jours l’AccorHotels Arena pour accueillir les demies finales le samedi et la finale le lendemain dimanche.

Mais pas seulement. Sans compter quelques animations grand public, on retrouve le maintenant traditionnel Festival des Petites Crosses (33 équipes U9 pour 177 rencontres), le hockey féminin avec le Global Girls Game et une démonstration de para- hockey/glace.

Pari gagnant ? Il faut l’espérer car cela reste un sacré test pour un sport qui demeure encore assez confidentiel surtout au niveau des grands médias nationaux.

"Ramenez la Coupe à la maison, allez Amiens allez ! Quinze ans après c'est le moment"! L'un des hymnes des bleus du foot pendant la Coupe du Monde en Russie a résonné ce dimanche à Bercy et de façon légèrement modifiée !

La Coupe à la maisonLes supporters des Gothiques d'Amiens, en nombre dans les travées du palais des sports parisien ont repris ce chant à leur compte pour célébrer la victoire d'Amiens en finale de la Coupe de France de hockey-sur-glace.

Strasbourg retrouve les demi-finales de la Coupe de France 25 ans après !

Mais avant de chanter et savourer, les fans des Gothiques ont souffert dans un match serré et dont le suspens a été maintenu jusqu'au bout. Après un premier tiers temps à l'avantage d'Amiens qui a ouvert le score grâce à Louis Belisle, les Lions de Lyon sont revenus au score en seconde période, poussant les Amiénois à la faute et profitant d'un power-play.

Mais Amiens a réagit dans le dernier tiers temps et repris l'avantage grâce au jeune attaquant Thomas Suire. Les Lyonnais ont tenté le tout pour le tout dans les ultimes instants.

Encore une fois en supériorité numérique, à six contre quatre, sans gardien, ils ont réussi à égalisé à seulement deux secondes de la fin. Un coup du sort. Le but a été validé par les arbitres après de longues secondes.

Mais Amiens a encore une fois rebondi ! Au bout d'une minute et cinq secondes de prolongations, à trois contre trois, les Gothiques ont forcé la décision grâce à leur buteur Tommy Giroux. Les supporters amiénois pouvaient exulter.

C'est la toute première Coupe de France de l'histoire du club. Le premier trophée des Gothiques depuis la Ligue Magnus remportée en 2004.

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