Voilà 126 ans maintenant, à quelques jours du match de barrage face à Albi à Domec (samedi, 15 h) que l’USC a vu le jour !
C’est le 6 mai 1899 pour être précis que les statuts de l’Union Sportive Carcassonnaise ont été déposés. Ses membres fondateurs étaient au nombre de 26. L’association avait alors pour siège le café Ambigu, boulevard de la Préfecture.
Les rédacteurs se voient imposer par le préfet, d’ajouter les précisions suivantes, en vertu du fait que des exercices de tir et de gymnastique sont proposés : "Aucun individu de nationalité étrangère ne pourra faire partie de la société, à quelque titre que ce soit."
En novembre 1906, fusion entre les clubs de l’Étoile Sportive Carcassonnaise et de l’USC : création de l’ASC dont les statuts ne seront déposés qu’en 1910. "Même si les appellations ont changé au cours des 125 ans suivant le 6 mai 1899, notamment lors de la fusion en 1906 avec l’ESC (Étoile Sportive Carcassonnaise) pour donner l’ASC (Association Sportive Carcassonnaise), nous sommes toujours dans la lignée USC, n’en déplaise à certains commentateurs.

Le Stade Albert Domec à Carcassonne, lieu de nombreux affrontements historiques.
L'affaire Legay et le passage au Rugby à XIII
L’affaire Legay ? Carcassonne, mécontente d’avoir été lésé lors d’une rencontre avec Biarritz et après avoir déposé une réclamation en bonne et due forme, décida de pratiquer le rugby à XIII et de quitter la FFR. Cette décision fit l’effet d’une bombe dans le Landerneau quinziste.
Sous l’impulsion de Gallia, le rugby à XIII fit l’apparition dans le Sud de la France. Carcassonne, mécontente d’avoir été lésé lors q’une rencontre avec Biarritz et après avoir déposé une réclamation en bonne et due forme, décida de pratiquer le rugby à XIII et de quitter la FFR. Cette décision fit l’effet d’une bombe dans le Landerneau quinziste.
Cette cruelle vexation s’ajoutait aux nombreuses brimades dont la Fédération avait accablé depuis quelques temps les clubs ayant participé au schisme de l’UFRA. Une réunion mouvementée se tint au café Not (place Carnot). A l’unanimité moins une voix - celle de M. Vitalis-Brun - l’A.S.C passa à la dissidence ; la Fédération Française de Rugby à XIII l’accueillit à bras ouverts.
M. Ramond restait à la barre. Dirigeants et joueurs l’assurèrent de leur fidélité : Jean Duhau, Emile Fabre, Anglade, Vallès. Mais c’était alors le règne de Roanne, Villeneuve, Albi, Bordeaux et Perpignan.

Un match de Rugby à XIII.
L'US Carcassonne Champion de France de Deuxième Division en 1975
Cinquante ans déjà d’une épopée formidable ! Samedi prochain, l’US Carcassonne recevra Albi à Domec en barrage de Nationale. Le 11 mai 1975 en finale à Condom dans le Gers, l’US Carcassonne domine Cognac (15-6) et s’adjuge le titre de champion de France de deuxième division. Il faut dire que la route qui amena au titre fut parsemée d’embûches.
De ce match de phase de qualification face à Rodez à St-Jacques (aujourd’hui stade Jean-Claude Mazet) arrêté prématurément en raison de bagarres à répétition à cette fameuse finale à Condom à laquelle assistait le président de la FFR lui-même Albert Ferrasse. Car les sanctions prises suite aux débordements de cet USC-Rodez (match perdu et trois points retirés au classement) allaient finalement reléguer les Canaris à la dernière place qualificative.
Les héros de la finale furent : Jeannot Vidal, Daniel Grauby, Jean-Michel Ducloux, Claude Mur, François Vidal, Jacki Blanc, Jean-Claude Guttierez, Marc Gademer, Jean-Louis Pujol, Henry Raynaud, Daniel Bustaffa, Serge Negre, Bernard Poujade, Réné Cutillas (Bernard Branchereau) et Robert Malves.
Le 9 mars, en 1/32es de finale au stade des Pont-Jumeaux de Toulouse, c’est d’abord le Condom d’un certain Paul Barella qui se dresse. "J’avais commis la première faute sur lui sur les cinquante mètres en coin, sans penser qu’il allait non seulement la tenter mais aussi et surtout l’enquiller", se rappelle Marc Gademer, le 3e ligne centre carcassonnais de l’époque. L’USC s’impose (10-6).
"Limoges était premier, quasiment invaincu, voire invincible", explique Jean Vidal, le pilier droit uscéiste. Et Marc Gademer de camper le décor : "Il y avait dans leur rang, l’international Marcel Puget, le pilier Cardebat, deux 2e ligne, l’un qui s’appelait Canard, pour la pluie ça allait bien, et l’autre Pouchan, deux gaillards de plus de 2 mètres.
Alors qu’il n’avait pas plu dans le secteur depuis un certain moment, les dirigeants locaux avaient décidé d’arroser pour faire du bien à la pelouse. Sous une pluie battante et sur un terrain transformé en piscine, l’USC réalise un match plein devant le leader du championnat ! Victoire (12-6) et en bonus l’accession au groupe B pour les troupes de l’entraîneur Loulou Rouan.
Le 6 avril en 1/8es, l’USC écarte de sa route Mauvezin à St-Girons (9-6). Le 20 avril Castelsarrasin accueille le quart de finale face à Objat. "C’est le match qui m’a le plus marqué. Objat avait un gros paquet. On les a battus dans les mêlées ouvertes, mais eux en mêlées fermées, ils nous ont posé beaucoup de problèmes", avoue sans détour Jean Vidal.
Même son de cloche du côté de Marc Gademer : "Ce fut pur moi le match le plus difficile. Le 27 avril à Graulhet, l’USC décroche son billet pour la finale (11-6) avant la consécration en finale à Condom face à Cognac le 11 mai 1975 (succès 15-6).
Pour la petite histoire, les points furent marqués par Jean-Louis Pujol (1 essai), Bernard Poujade (1 transformation) et Henry Raynaud (1 transformation, 2 drops). "C’est un moment qui reste gravé à vie dans une carrière", assure Jeannot Vidal.
"Puis de jouer avec mon frère, avec une bande de copains… Il y avait aussi quand même des types comme Bustaffa capables à tout moment d’exploits, des Bernard Poujade, Robert Malves… des types qui pouvaient faire la différence. Jean-Louis Pujol aussi, il fut impérial en phases finales.
Ce qui m’avait aussi surpris, ce sont les gens qui étaient venus voir le match. Tout Carcassonne était à la finale. Et l’accueil au retour… Il y avait du monde partout. Il avait plu. La fête était prévue place d’Armes sous chapiteau, mais en raison du mauvais temps, ça avait été reporté au gymnase du viguier.
Le lendemain, on avait poursuivi à Fontiers-Cabardès chez la famille Bonnafoux. On avait fait un méchoui. C’était M. Jean-François Albiach retenait pour sa part "un gros paquet d’avants. Un groupe soudé. L’entraîneur Loulou Rouan était fédérateur, et notre capitaine Jean-Louis Pujol un super joueur, décisif sur les matches. Et derrière, ça galopait. Il y avait Daniel Bustaffa. L’équipe était complète.
Avant la finale, si je me rappelle bien, je crois que nous avions dormi à Valence-d’Agen. Puis, ce dont je me souviens, c’est le soir quand nous sommes arrivés à Carcassonne.
Quand Marc Gademer conclut : "Du haut du boulevard Barbès au café des Négociants, on a découvert le principe de la lévitation. Il y avait une telle foule… on était emporté. C’était la folie.
Albi Champion de France de Rugby à XIII en 2024
Ils l'ont fait ! Après trois finales nationales perdues, la dernière en date contre ce même adversaire en finale du championnat 2024, Albi Rugby League est devenu champion de France ce dimanche sur la pelouse du Parc des sports et de l'amitié de Narbonne en venant à bout de Carcassonne (26-16) sous les vivats de plusieurs centaines de supporters albigeois qui avaient fait le déplacement : six bus avaient été affrétés.
Les orange et noir ont fait la différence en seconde mi-temps après avoir dû remonter un handicap de 10 points pour revenir à la pause sur un score de parité (10-10). Ils auraient pu prendre un coup de massue lorsque suite à un nouvel arbitrage vidéo, l'essai était accordé à Escarre (16-10).
Mais Pedrero avec un essai en coin non transformé relançait le match (61e) et après un énième arbitrage vidéo, l'essai en force de Clément Tailhades était accordé et transformé ! Albi passait en tête (20-16) à trois minutes et tuait le match dans la foulée sur une percussion de Le Cam !
Dissidence et Championnat du Languedoc
Sur le plan national, après de nombreuses vexations, le mécontentement grondait dans les grands clubs et une dissidence se fit sous l’égide de l’UFRA, réunissant avec l’A.S.C, plus de quinze des meilleurs formations françaises. En 1934-1935, l’A.S.C enleva le titre de Champion du Languedoc.
Ce comité était à ce moment-là, le plus fort de France et ses équipes étaient redoutées sur tous les terrains. Avoir atteint ce titre était déjà un exploit. Cette même saison, le Quart de finale du Championnat de France qui opposait à l’A.S.C les troupes de l’A.S Montferrandaise de Franquenelle, fut une rencontre magnifique. Dimur, Caruesco, J.
Titre de Champion de France Junior en 1944-1945
En 1944-1945, une équipe de jeunes formés dans les minimes de l’A.S.C remportait le titre de Champion de France Junior. Certains de ce jeunes joueurs devaient par la suite illustrer le rugby carcassonnais et français : Labazuy, Guilhem, Py, Bertrand, Consigny, Malrieu, Vinges, Ponsinet, Combettes, Albert, Carrère, Riccio, etc.
Le Rugby à XV Continue
Cependant, le rugby à XV continuait d’être défendu dans la ville par une poignée de sportifs : Vitalis, Andrieu, Martignole qui, sous le nom de Stade, ensuite sous celui du 1er Club de 1900, l’Union Sportive, rassemblèrent les bonnes volontés pour continuer l’ancienne tradition. Les efforts furent récompensés en 1950 par le titre de Champion de France Honneur Promotion.
Devenue en 1952 l’Union Sportive Cheminots, ses dévoués dirigeants, faute de moyens financiers suffisants, ont réservé toute leur sollicitude à la formation des jeunes qui défendent avec courage les couleurs de la Cité dans le Championnat junior. Ce club a formé de grands joueurs : Lucien Mias, Henri Rancoule, Antoine Labazuy, Espanol, Médus, etc.
Pendant cette période, les couleurs de Carcassonne ont défendues dans le Championnat Scolaire par le lycée et l’Ecole Normale.
Domination de l'ASC XIII Après la Libération
L’A.S.C XIII, après la Libération, allait pendant connaître pendant huit ans d’innombrables jours de gloire. Sur tous les stades d’ovale, les canaris affirmèrent leur suprématie. Ils furent Champions de France en 1945, 1946, 1950, 1952, 1953 ; finalistes en 1947, 1948, 1949. Vainqueurs de la coupe en 1946, 1947, 1951, 1952 et tombèrent en finale en 1945, 1948 et 1949.
La réputation de la famille Taillefer passa les monts et les mers. L’A.S.C se produisit en Grande-Bretagne et reçut au stade de la Pépinière (A. Domec), devenue La Mecque du XIII, les meilleurs clubs anglais (Wigan, Warrington, Hull, Hallifax…). Au cours de leurs tournées en Europe, les Kangourous et les Kiwis ne manquait jamais de se mesurer avec les canaris.
Dans le même temps, les sélectionneurs puisaient à pleines mains dans le grand club audois. Et le Treize de France d’alors, à ossature carcassonnaise, remportait d’indiscutables et retentissants succès. La liste de nos internationaux est impressionnante. Contenons-nous de citer ceux qui, en 1951, aux Antipodes, furent sacrés champions du monde : Puig-Aubert, Ponsinet, Mazon, Martin.
Quand ces jours d’exception eurent émigrés sous d’autres cieux, l’A.S.C fit confiance aux éléments issus de l’école des Juniors : Guilhem, Benausse, Tesseire, Delpoux et Jamme notamment, qui participèrent en mai-août 1955 à la deuxième tournée victorieuse en Australie.
Entre-temps, MM. Ramond, Nouvel, Seigné et Cougnenc avaient demandé et obtenu l’honorariat, après avoir passé le flambeau à MM. Reynès, Debat, Luguel, toujours avec l’éternel M. Lafosse. En 1960, c’est Félix Bergèze qui entraînait les Canaris du XIII.
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