Histoire du Rugby à Agen et La Rochelle: Deux Trajectoires Contrastées

Le rugby, sport emblématique du sud-ouest de la France, possède une histoire riche et passionnante à Agen et La Rochelle. Ces deux villes, bien que géographiquement proches, ont connu des trajectoires différentes dans le monde du rugby professionnel. Cet article explore l'histoire de ces deux clubs, leurs moments de gloire, leurs défis et les joueurs qui ont marqué leur époque.

Le Sporting Union Agen (SUA): Une Histoire Riche en Émotions

Le Sporting Union Agen, club emblématique du rugby français, a connu des moments mémorables dans les années 2000. Cette période a été marquée par des hauts et des bas, des crises financières surmontées, des joueurs d'exception et des émotions fortes pour les supporters.

Les Années 2000: Entre Crise et Espoir

En 2000, le Sporting recrutait l’international Christophe Lamaison, héros de la demi-finale mondiale de 1999. L’ouvreur ou arrière passera du côté d’Armandie deux saisons riches en évènements et en émotions. Durant cette saison 2000-2001, le club a traversé une crise financière sans précédent et avait bien failli disparaître. Face à cette situation, le groupe a su créer une rébellion et se dépasser.

En 2002, le groupe atteint la finale. Au début on ne sait pas où on va et les gens parlaient encore davantage des problèmes extra-sportifs que du terrain. Mais le public est là et il faut absolument l’associer à ça. Il y avait 6 000, 8 000, 10 000 spectateurs et c’était à nous de les rendre heureux. Je crois qu’on dégageait un espoir. Et on faisait le job. Pour en revenir à la question, je me souviens d’une réunion un peu chaude en cours de saison avec le staff et les leaders de jeu où on se dit : « Qu’est-ce qu’on fait ? Est-ce qu’on est capable de croire en nous ? » Cela avait engendré de la confiance. Il y avait eu une prise de conscience.

Un soir de novembre 2004, Armandie et moi-même avons découvert un phénomène. Un phénomène tout droit sorti d’un Mondial qu’il a marqué à tout jamais. Face à Grenoble, un ballon a suffi pour comprendre que le club avait réalisé un grand coup sur le marché des transferts. Lancé au niveau de la ligne médiane, Rupeni Caucaunibuca déchirait le premier rideau avant de déposer à la course l’arrière-garde iséroise.

Du côté d’Agen, l’ancien membre des Auckland Blues a mis tout le monde d’accord rapidement. Récemment, Semi Radradra s’est montré élogieux quant à son compatriote : "Il y a et il y a eu de nombreux Fidjiens talentueux en France et dans le Monde.

En quelques années, cette histoire d’amour, tumultueuse certes, qui s’est écrite entre le club et ce joueur est la plus belle que j’ai connue. Malgré ses frasques, tout est pardonné. Il y avait à l’époque un Agen avec Rupeni, et un Agen sans Rupeni. Mais une chose est certaine, le SUA n’oubliera jamais son idole.

Huit ans déjà qu’il a quitté Agen. Mais son ombre plane toujours sur Armandie. Il ? C’est officiellement Adriaan Badenhorst, rapidement devenu "Adri", ce dernier allait rapidement devenir le meneur du XV agenais. Plus qu’un joueur, un capitaine, Adri est devenu l’ami de tout le peuple "Bleu et Blanc", du haut ces 197 cm pour 107 kg.

Le troisième ligne a tout connu. Les affres de la descente en Pro D2, un an après son arrivée à Agen en 2006. Puis le retour dans l’élite en 2010, avec un titre et un bouclier remis lors du dernier match à Tarbes.

Le grand capitaine du SUA se souvient encore de l’accueil triomphal des joueurs à l’hôtel de ville lors du sacre de Pro D2 Agen en Top 14, Adri l’avait souhaité.

L'Exode des Talents Vers le Top 14

Le Sporting Union Agen, formation emblématique du rugby français où ont évolué des Philippe Sella, Abdelatif Benazzi, Pierre Berbizier, Yohan Huget et tant d'autres, a vu ces dernières saisons un exode massif de ses talents vers les autres écuries du Top 14. Les exemples les plus typiques sont évidemment Maxime Machenaud, Brice Dulin et Jean Monribot.

La génération 2019 du SUA, est celle qui a assuré son maintien malgré le plus faible budget de l'exercice, en terminant à une 12ᵉ place, et ce, avec panache. L'USAP et le FC Grenoble, avaient dû subir la loi agenaise et descendre en Pro D2.

Antoine Miquel, Yoan Tanga, Julien Hériteau, Facundo Bosch, Clément Laporte, Léo Berdeu, des noms qui raisonnent aujourd'hui. Mais tous ces joueurs sont partis en 2019, répondant aux sirènes des grosses équipes du championnat.

Joueurs Fidèles et Reconversion Atypique

Certains joueurs ont choisi de rester fidèles au club, même lors de sa descente en Pro D2. Taylor Paris, le supersonique ailier Canadien, parti à Oyonnax en 2020 avec qui il pourrait retrouver le Top 14 la saison prochaine. Nathan Decron, titulaire à Pau à 12 reprises sur 13 apparitions, fait sa place du côté du Béarn.

Vous vous demandiez ce qu’étaient devenus les anciens piliers professionnels Laurent Cabarry (passé par Mont-de-Marsan, Agen et Biarritz) et Benjamin Sore (Agen, Albi et Bourgoin-Jallieu) ? Ils ont choisi une reconversion pour le moins unique et atypique, aux cotés du troisième ligne de l’Aviron Bayonnais, Jean Monribot, formé lui aussi au SUA. Depuis près de deux ans maintenant, ces trois anciens coéquipiers et amis ont pris le pari de racheter la carrière de Vianne, à Lavardac, un site d’exploitation de pierre calcaire situé à une trentaine de kilomètres à l’ouest d’Agen.

Après avoir ferraillé en mêlée tout au long de leur carrière de joueur, ils gèrent désormais cette… carrière, véritable fleuron de l’économie locale. Leur travail quotidien consiste à extraire dans la roche des blocs qui pèsent entre 15 et 20 tonnes. Cette pierre blanche de Vianne est découpée, selon la demande des clients, et servira ensuite à des travaux de construction et de rénovation du patrimoine. Formés sur le tas, les trois anciens coéquipiers, désormais associés, s’attachent à garder une atmosphère conviviale et des méthodes participatives, à l’instar de ce qu’ils ont appris au rugby.

Une reconversion plus que réussie puisque Cabarry, Monribot et Sore ont réussi à remettre en état cette carrière laissée à l’abandon. Fabricants sur-mesure des pièces uniques (cheminée, table, mobilier, évier, escalier, carrelages, pierres de parement…), ils fournissent aussi bien des clients professionnels (cuisinistes, artisans, collectivités, entreprises du BTP) que particuliers.

XV de Légende du SU Agen selon Philippe Sella

Composer le XV de légende d'un club n'est jamais chose aisée. Et encore moins si l'exercice s'applique au SU Agen, dont l'histoire est aussi riche que le palmarès ou le nombre d'internationaux fournis au XV de France. Voici le XV de légende du SU Agen selon Philippe Sella:

  • Jean-Jacques Crenca
  • Daniel Dubroca
  • Christian Califano
  • Francis Haget
  • Abdelatif Benazzi
  • Philippe Benetton
  • Michel Sitjar
  • Dominique Erbani
  • Pierre Berbizier
  • Christian Delage
  • Rupeni Caucaunibuca
  • "Titou" Lamaison
  • Philippe Mothe
  • Cédric Heymans
  • Jean-Pierre Razat

Sella a également cité Bernard Viviès, Olivier Campan, Titou Elhorga et Philippe Bérot parmi les joueurs qui ont apporté énormément au club.

Les Équipes Types du SUA au Fil des Années

Voici quelques équipes types du SUA au fil des années 2000, selon les souvenirs des supporters:

  • Saison 2011-2012
    • SHWALGER
    • NARJISSI
    • MULLER
    • SENEKAL
    • FA’AOSO
    • MONRIBOT
    • BADENHORST
    • FONO
    • MACHENAUD
    • BARNARD
    • DULIN
    • AHOTAEILOA
    • PELESASA
    • VAKA TIAN
    • CABARRY
    • JANAUDY
    • LAGRANGE
    • FONUA
    • BALES
    • AHOTAEILOA
    • PETRE
    • SCELZO
  • Saison 2001-2002
    • CRENCA
    • RUEHASA
    • COUZINET
    • PORCU
    • BENETTON
    • LIEVRE
    • MONTLABROUSSE
    • BARRAUGE
    • LEZMAN
    • ASLAFFORGUE
    • STOLTZ
    • ELHORGA
    • LAMAISON
    • BLANCO
    • PIACENTINI
    • BARRAGUE
    • GUILLEMET
    • TANDONNET
    • BOUIC
    • MARTIN

Le Stade Rochelais: Ascensions et Consécrations

Le Stade Rochelais, fondé en 1898, est un des plus vieux club de rugby de France. En presque dix ans, ces deux clubs ont connu des trajectoires contraires. C’est, aujourd’hui, presque inimaginable. Pourtant, le 30 novembre 2013 (grâce notamment à un doublé de Narjissi et un essai de Lamoulie), le SU Agen s’était imposé à Marcel-Deflandre. Huit saisons plus tard, La Rochelle est devenue la meilleure équipe d’Europe. En presque dix ans, le club maritime a complètement changé de dimension.

Les Facteurs de la Réussite Rochelaise

Dans les raisons de cette réussite, il y a l’outil Marcel-Deflandre, stade moderne par excellence. Tout y est conçu pour que le spectateur passe un agréable moment, avec de nombreux espaces réceptifs dans son enceinte, des snacks et des buvettes à tous les pas. En créant une forte adhésion populaire, dans une partie de la France vierge de rugby de très haut niveau, le club a su séduire des sponsors. Aussi, le bassin économique rochelais n’a rien à voir avec celui d’Agen. La carte économique de la Nouvelle-Aquitaine montre bien des littoraux riches contrastant avec des « terres » plus pauvres (rappelons que le Lot-et-Garonne possède le 2e taux de pauvreté de la région derrière la Creuse). Outre le tourisme, de grosses entreprises sont présentes dans le département et ses alentours et soutiennent le club « jaune et noir ». 20 millions d’euros séparent les deux budgets aujourd’hui. À l’inverse, le SUA peine à dénicher de gros partenariats pour étoffer son budget. In fine, dans un rugby devenu professionnel, il est logique de voir dominer les villes situées dans un bassin économique fort. L’argent ne fait pas tout, mais il aide bien dirons-nous. Néanmoins, en neuf ans, le club de La Rochelle a très bien travaillé pour se moderniser en s’appuyant sur un succès populaire.

TOP 14 - Agen n'est pas mort! Le SUALG a décroché son troisième succès de la saison ce samedi en s'offrant La Rochelle (31-27) au terme d'un match fou.

Le public d’Armandie est passé par tous les sentiments lors de ce match car il aura vu son équipe être largement menée (0-17), la faute à une entame complètement ratée. Mais les supporters du SUALG ont par la suite vibré, notamment sur un en-avant de Pierre Aguillon après la sirène qui venait stopper la dernière chance du Stade rochelais de repartir avec les quatre points.

Agen signe sa première victoire depuis le… 31 octobre dernier et la venue du Stade français! Les nombreux Bagnards présents dans le Lot-et-Garonne auront des regrets. Les mauvaises langues diront - à raison - que les Agenais ont débuté leur match à 19 heures, réveillés par l’indiscipline de leur adversaire et quelques décisions de Maxime Chalon parfois difficiles à encaisser pour les joueurs de Patrice Collazo. Le carton jaune immérité contre Leandro Cedaro (18’) en est une illustration car il a permis à Agen de se refaire la cerise dans le jeu.

Arsène N’Nomo marquait un premier essai sur ballon porté (29’) puis l’arbitre obligeait encore La Rochelle à jouer à 14 en avertissant Levani Botia coupable d’un plaquage sur un joueur sans ballon (36’). Johann Sadie en profitait pour marquer le deuxième essai des Agenais quasiment dans la foulée au terme d’une belle action collective (38’). Et c’est toujours à un de plus sur le pré que les Agenais entraient encore dans l’en-but par George Tilsley dès le retour des vestiaires sur un renversement bien mené (44’)

Pourtant, tout avait si bien commencé… Oui, La Rochelle se voyait déjà décrocher son premier succès à l’extérieur de la saison. Le scénario semblait parfait. Comment ne pas y croire quand Romain Sazy (5’) et Kévin Gourdon (12’) tapaient déjà très fort sur la tête de la lanterne rouge?

Le match semblait plié. Mais les Rochelais subissaient également un coup de Trafalgar au moment de l’essai de Sadie (38’), probablement entaché d’un en-avant de passe de Burton Francis. D’autres décisions litigieuses n’auront pas aidé à se sortir de la pression... Les Rochelais ont pourtant su trouver des ressources pour réagir et reprendre les commandes en seconde période quand Gourdon démontrait également des qualités de slalomeur (51’) ! Sauf que Tilsley lui aussi signait un doublé en venant conclure un renversement tout en s’attachant à mettre sur les fesses son dernier adversaire (67’)

Agen signe là sa troisième victoire de la saison et profite de la défaite d’Oyonnax à Clermont pour abandonner la dernière place de ce Top 14 que le SUA a déjà occupé à neuf reprises ! Et pour revenir à seulement 9 points de Pau, défait par Bordeaux-Bègles. Serait-ce le succès de l’espoir ? C’était en tout cas le match à ne pas perdre !

Lors de la saison 2013/2014, en Pro D2, Agen avait gagné à La Rochelle, titré samedi champion d’Europe. En presque dix ans, ces deux clubs ont connu des trajectoires contraires. C’est, aujourd’hui, presque inimaginable. Pourtant, le 30 novembre 2013 (grâce notamment à un doublé de Narjissi et un essai de Lamoulie), le SU Agen s’était imposé à Marcel-Deflandre. Huit saisons plus tard, La Rochelle est devenue la meilleure équipe d’Europe.

TOP 14 - Pas de surprise dans le duel des extrêmes entre le leader rochelais et la lanterne rouge agenaise. Les Maritimes s’imposent sur la pelouse d’Armandie (13-43), décrochent ainsi un bonus offensif et consolident leur place de leader du championnat. Les Rochelais ont été impressionnants dans le jeu d’avants et affiché une défense très hermétique.

Le Match Agen-La Rochelle (13-43)

Les Agenais prennent pourtant les devants dans cette partie sur leur première offensive. Un travail de la paire de centre Decron-Puletua pour déstabiliser la défense, les cannes de Buttin puis un service pour Abadie permet au SUA de mener au score. Un 8-0 après une pénalité de Lagarde qui sera vite gommé dès le réveil rochelais.

Vexés, les Maritimes tapent leur première pénalité tentable en touche et inscrivent un essai suite à celle-ci. Par Bourgarit après une première charge d’Alldritt (14e). Les Rochelais insistent avec la puissance de leurs avants. Derrière mêlée, avancée d’Alldritt, relais de Liebenberg et nouvel essai (21e). Après l’effort derrière le pack, les visiteurs concluent après groupé pénétrant. Encore avec Bourgarit (34e). Et quand le jeu de mouvements d’envergure rochelais se met en place, c’est encore le talonneur du Gers Bourgarit qui est à la conclusion après un service de Leyds (40e+1).

A la pause, Agen est sonné par le leader rochelais 8-29. Les locaux viennent alors d’encaisser un 0-29 en 30 minutes ! Dans le deuxième acte, les visiteurs poursuivent sur leur lancée. En supériorité numérique, ils réussissent une nouvelle réalisation sur ballon porté, pointé par le capitaine Grégory Alldritt (45e). On retrouve le n°8 maritime à la conclusion après plusieurs mêlées mettant à mal le pack adverse. Pour un doublé de l’ancien Auscitain (51e).

Les Rochelais mènent alors 8-43 et l’orgueil agenais permet à ces derniers d’inscrire l’ultime essai de la partie. Sur une interception de Railevu et grâce à la présence au soutien de Lagarde. Au final, La Rochelle s’impose 43 à 13 en terres agenaises.

Puissance et Défense

L’absence de Skelton pouvait-elle nuire à ce collectif rochelais ? Hé bien non, pas sur ce match. Sans leur colosse, les Maritimes ont tout de même complètement dominé les débats dans le jeu d’avants. Que ce soit en mêlée fermée, en groupé pénétrant ou bien dans le jeu près des rucks, les visiteurs n’ont pas fait de détails. Si tous les essais maritimes sont inscrits par des avants, 5 sur 6 le sont sur du jeu typique du pack. Le leader du championnat a fait parler la poudre et peut aussi se satisfaire de sa défense. Comme sur plusieurs séquences (61e, 71e…) où les Agenais ont dû reculer ballon en main face à un véritable mur adverse. Avec notamment un Wiaan Liebenberg très incisif !

En cherchant la petite bête, le staff pointera sûrement le début de rencontre où les visiteurs ont subi les premières escarmouches agenaises pour être menés 8-0. Avant de rectifier le tir avec force et caractère. Avec ce succès bonifié, le Stade rochelais reste parfaitement installé dans le fauteuil de leader.

Agen Sans Solution

A domicile, les Suavistes affichent donc toujours un triste 0 pointé au compteur. Pas de succès ni même le moindre bonus dans l’escarcelle. Ce ne sera pas pour cette fois malgré dix bonnes premières minutes, récompensées par un essai d’Abadie et une pénalité de Lagarde. Ensuite, le collectif agenais a été surpassé par le bulldozer rochelais. Après 13 journées, le SU Agen reste scotché à la dernière place du classement, avec seulement deux points marqués depuis le début de la saison.

À Bordeaux, ils sont à domicile face à une délégation agenaise moins bruyante et moins nombreuse. « Cette ambiance, ce public… l’arrivée au stade avait été magnifique «, salive encore Fabrice Ribeyrolles. « Magique «, pour le Sud-Africain Cobus Grobler qui, fait rare, sait ses parents dans les tribunes.

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