Le Classique PSG-OM du 16 mars au Parc des Princes a été marqué par des débordements en tribunes, notamment des chants et des banderoles injurieux visant Adrien Rabiot et sa mère, Véronique Rabiot. Cet événement a suscité une vive polémique et des réactions indignées.

L'indignation de Véronique Rabiot
Véronique Rabiot, mère et conseillère d'Adrien Rabiot, est intervenue dans « L'Équipe de Greg » pour dénoncer la faiblesse des sanctions infligées au PSG après ces débordements. Elle regrette « une justice à deux vitesses » et trop laxiste vis-à-vis du club de la capitale. Invitée de l'émission « L'Équipe de Greg », Véronique Rabiot n'a pas eu de mots assez forts pour qualifier la faiblesse des sanctions infligées au PSG après les débordements survenus en tribunes lors du Classique PSG-OM (3-1), au Parc des Princes, le 16 mars.
Elle a estimé que « ce sont des sanctions qui n'en sont pas. Franchement, c'est lamentable, scandaleux. Une fermeture partielle et 20 000 euros d'amende... C'est comme s'il n'y avait pas de sanction. D'autres clubs sont bien plus durement sanctionnés. Le PSG s'en sort toujours très bien. »
Véronique Rabiot a lancé une pétition et a porté plainte dans ce dossier. Elle a ajouté que « ce n'est pas normal, mais (que) ça dépasse (son) propre cas ». Elle a également déclaré : « Je voudrais que l'on interdise toutes les banderoles injurieuses. Regardez à Montpellier ! La tribune (Étang de Thau) est fermée jusqu'à fin juin ». Un cas de figure différent qu'elle aurait espéré voir pris en exemple pour sanctionner plus durement le PSG et ses supporters.
« Je ne comprends pas pourquoi le match n'a pas été arrêté. Je ne comprends pas pourquoi personne ne s'indigne », réagit Véronique Rabiot. « Je suis vraiment indignée, indignée, indignée vraiment de ce qui peut être dit, écrit, sans que personne ne réagisse », ajoute-t-elle. La mère de l'ancien titi parisien dénonce le "deux poids, deux mesures". Elle se demande pourquoi "certains ont les attaques et d'autres pas. Pourquoi il y a des matchs qui sont arrêtés et pas d'autres ?".
Véronique Rabiot pense connaître les raisons : "Adrien et moi ne sommes pas assez puissants", estime-t-elle. La mère du joueur de l'OM ne s'est pas rendu au Parc des Princes dimanche soir pour des raisons de sécurité. "Je ne peux pas aller au stade voir mon fils", déplore-t-elle. Selon elle, la rivalité entre les deux clubs ne justifie pas tout.
Véronique Rabiot, très nerveuse au téléphone, s'étonne également des commentaires ce matin dans les médias expliquant que la rencontre "finalement s'était bien passée". Pour elle, "ce n'est pas le football tel qu'on l'imagine". Le football "ce n'est pas d'insulter, d'injurier, de diffamer. Non, le football, ce n'est pas ça", explique-t-elle. Véronique Rabiot a l'intention de se tourner vers la Ligue de football professionnelle pour demander des explications. Elle interpelle la ministre des Sports : "Elle est où la ministre des Sports ? On ne l'entend pas, là. Pourquoi on ne l'entend pas ?", lance-t-elle. Elle interpelle également les associations féministes : "Elles se lèvent pour dire comment ça se fait qu'on la traite de salope ? Comment ça se fait qu'on la traite de pute ?".
La mère d'Adrien Rabiot s'attaque aussi au corps arbitral qui, selon elle, n'a "absolument pas" fait son travail. Elle estime qu'il aurait dû interrompre la rencontre : "Je n'ai pas peur de le dire. Pourtant, tout le monde avait été prévenu. On a dit s'il y a des chants homophobes, on arrête le match. 'Rabiot on t'encule'. C'est quoi ?', demande-t-elle.
Les sanctions infligées au PSG
Le club parisien a en effet été sanctionné par la commission de discipline de la LFP d'une fermeture partielle de la tribune Auteuil pour un match, ainsi qu'à une amende de 20 000 euros. « Mon sentiment, c'est que c'est scandaleux d'annoncer une sanction appliquée le 19 avril (date du match PSG-Le Havre) pour des faits qui se sont produits le 16 mars », a-t-elle regretté, après avoir été visée - tout comme son fils - par des chants et banderoles injurieux lors du Classique. « On a laissé au PSG le week-end libre pour fêter le titre. Pourtant, les sanctions sont immédiates pour tous les clubs, sauf le PSG. Pourquoi n'est-elle pas immédiate ? », a-t-elle également questionné en faisant référence à la réception d'Angers, samedi soir.
Véronique Rabiot dénonce « une justice à deux vitesses ». Elle a ajouté, en dénonçant « une sanction qui n'est pas dissuasive » et « ne fera rien avancer ».
La commission de discipline de la Ligue professionnelle de football a décidé, mercredi soir, de fermer une partie de la tribune Auteuil lors du match PSG - Le Havre, après le déploiement de banderoles insultantes contre le Marseillais Adrien Rabiot. Le club devra verser une amende de 20.000 euros.

Comparaison avec d'autres sanctions
En octobre dernier, lors de la victoire des Parisiens contre Strasbourg au Parc des Princes (4-2), des chants homophobes avaient été scandés par les supporters, ce qui avait provoqué la colère de la LFP. Sa commission de discipline a finalement décidé de fermer partiellement pour un match ferme la tribune Auteuil, une sanction purgée face à Toulouse (3-0).
Dernièrement, c’est l’Olympique lyonnais qui a écopé d’une telle sanction concernant sa tribune Nord du Groupama Stadium. La commission de discipline reprochait alors aux Gones « l’usage d’engins pyrotechniques » et « les expressions orales constatées », ce qui a conduit à la fermeture partielle pour un match ferme.
L’exposition de banderoles - notamment deux où l’on pouvait lire « Labrune (Vincent Labrune, le président de la LFP) : corrompu, à genoux devant Nasser, vous êtes la honte du football français » ou encore « Magouilles et corruption, le Qatar tue le football français » - a été également sanctionnée d’une fermeture partielle, cette fois avec sursis. Une amende de 10 000 euros accompagnait cette sanction.
Réactions et suites
Au vu de la gravité des faits, des insultes et des banderoles, le Paris Saint-Germain ne devrait pas s’en sortir à meilleur compte. L’indignation de Véronique Rabiot a fait le tour des médias après les insultes proférées à son encontre et sa famille par certains supporters du PSG dimanche soir.
Dans la semaine précédant la rencontre, une réunion de sécurité avait réuni la préfecture de police, les responsables de sécurité des deux clubs et le délégué de la Ligue. Au menu des discussions: anticiper tous les événements qui pourraient survenir dans un contexte tendu malgré l’absence de supporters marseillais au Parc des Princes. Comme expliqué par RMC Sport la semaine dernière, les services de renseignements avaient eu écho que des messages particulièrement insultants étaient en préparation et pourraient être diffusés via des banderoles.
Les jours précédants la rencontre, le PSG fera un effort tout particulier de prévention en diffusant auprès de ses abonnés plusieurs messages de respect via la campagne "supporters, supportons". Le message stipulait clairement que tout manque de respect ou chants insultants pourraient entraîner l’interruption du match voire provoquer davantage de tort sportif pour le PSG.
Le message le plus insultant, faisant référence au décès du père d’Adrien Rabiot, fait d’ailleurs immédiatement réagir au sein du carré VIP du Parc. Victoriano Melero, le directeur général du PSG, se verra demander par le président de la Ligue, Vincent Labrune, de faire enlever cette banderole rapidement.
Face à la répétition des chants, le speaker lancera deux avertissements espacés au micro relayé par des messages sur les écrans géants du stade. Mais Clément Turpin, seul acteur ayant le pouvoir d’interrompre la rencontre, jugera que les chants n’ont pas été suffisamment répétés dans la durée pour aller jusque-là. Une source proche de la commission des arbitres avoue tout de même qu’on a frôlé l’interruption du match.
Véronique Rabiot s’est offusquée dans la presse du peu de réaction suite aux insultes qu’elle a reçues. Si Philippe Diallo, le président de la FFF, lui a apporté son soutien via un communiqué transmis à l’AFP, la Ligue de Football Professionnel n’a pas communiqué. "La Ligue est organisatrice du match mais aussi régulateur et juge. On est l’institution de première instance de la justice sportive via la commission de discipline qui est indépendante. Si on communique avant, on nous taxerait de faire pression sur la commission et donc de toucher à son indépendance. La meilleure réponse à tout ça, ce sont les sanctions contre Longoria et Fonseca. Jamais des acteurs du foot n’avaient été sanctionnés aussi fermement."
Le président de la LFP, Vincent Labrune, comprend et soutient d’autant plus Véronique Rabiot qu’il compte en plusieurs dizaines le nombre de banderoles insultantes à son encontre depuis le début de saison.
Adrien Rabiot, joueur de l'OM, lors du match PSG-OM, dimanche 16 mars 2025, a eu le droit un accueil plus que houleux de la part des supporters du PSG qui n'ont pas digéré son transfert à l'OM. "Bien sûr, je vais déposer une plainte. Je ne comprends pas pourquoi le match n'a pas été arrêté. Je ne comprends pas pourquoi personne ne s'indigne", réagit Véronique Rabiot.
Le milieu de terrain de l'OM Adrien Rabiot a lui aussi vivement réagi aux banderoles insultantes qui l'ont visé ainsi que sa famille. "Insulter une mère et un père décédé... Tout se paye un jour. Vous ne l'emporterez pas au paradis. Croyez-moi", a écrit Rabiot dans une "story" publiée sur son compte Instagram, où il met aussi en cause le président du PSG Nasser Al-Khelaïfi. "Nasser, tu peux avoir tout l'argent du monde et même plus, la classe ça ne s'achète pas", a-t-il ainsi écrit.
L'OM a dénoncé lundi dans un communiqué des attaques "ignobles et inacceptables" à l'encontre d'Adrien Rabiot et de sa famille. "L'Olympique de Marseille condamne avec la plus grande fermeté les banderoles déployées et les chants injurieux, racistes et discriminatoires descendus des travées du Parc des Princes hier soir, lors de la rencontre face au Paris Saint-Germain", a écrit le club marseillais dans un communiqué.
Le club condamne fermement toute initiative portant atteinte à la dignité et appelle l’ensemble des acteurs à adopter la même position, afin de garantir des tribunes exemplaires, sereines et respectueuses", a réagi la direction du PSG dans une déclaration à la direction des sports de Radio France. Contactée, une source proche du club regrette "l'impuissance du PSG" à se faire respecter sur ce sujet. Paris "a fait une large campagne pendant plusieurs jours pour éviter les débordements, et ce même pendant le match avec des appelés répétés du speaker et des messages affichés dans le stade", rappelle cette source à "ici Paris Île-de-France" et à la direction des Sports Radio France. "Cela aurait pu être pire", avance-t-elle, indiquant au passage que le PSG a arrêté un certain nombre de banderoles.
La Fédération française de football (FFF) a aussi condamné "avec la plus grande fermeté les banderoles et chants injurieux vus et entendus hier au Parc des Princes". "En particulier, les insultes proférées à l’encontre d’un joueur et de sa famille par des supporters irresponsables qui sont indignes, honteuses et révoltantes", a précisé Philippe Diallo, président de la FFF.