Le rugby à Leucate a une histoire riche et passionnante, intimement liée à l'évolution du club local, le Sporting Club Leucate Corbières Méditerranée XV.

Le rugby Leucatois est né en 1924, et après une première période « active » de 1942 à 1980, suivie d’une mise en sommeil, les années 90 vont voir la renaissance du Sporting, présidé depuis par Joël Castany, véritable « ciment » historique du club.
Les débuts modestes
Après guerre, l’ancien terrain de rugby était proche de l’ancienne cave coopérative. Il y avait un espace libre et une délibération de la coopérative a prêté le terrain pour faire une piste de football. Il ne faut pas oublier qu’à cette époque-là, on disait football et pas rugby.
Cette piste a vécu jusqu’au début des années 1980. De l’herbe, ce terrain, il n’en a jamais vu. C’était assez sablonneux avec des vestiaires qui étaient aux bains douches.
La construction du complexe actuel
C’est en 1980 que ce terrain disparaît et l’Entente Roquefort-Leucate sera plutôt basée à Roquefort-des-Corbières. La ville de Leucate et son maire décident alors de construire le complexe actuel et "c’est peut-être le seul endroit où c’est le stade qui a fait l’équipe. Et pas l’inverse. C’est le fait de cette construction extraordinaire.
À ce moment-là, il n’y avait ni foot ni rugby à Leucate. Ce complexe est inauguré par Carlos Valderrama (footballeur international de Colombie qui jouait à Montpellier) et Louis Nicollin (président du club héraultais) avec un match Pologne-Montpellier.

L'émergence de l'équipe
En 1991, on est quelques-uns à jouer à Roquefort et l’équipe de rugby naît de fait. Tout cela, c’est grâce au stade qui a créé l’équipe et qui lui a donné cette dimension.
Je me souviens du 1er match ici. En nocturne ! On était en 4e série et on joue en nocturne. C’était le match Leucate - Douzens (devenu RC Alaric aujourd’hui) que l’on gagne de justesse. En nocturne avec un stade plein", répète le président de la ligue.
L’histoire est déjà belle mais elle va le devenir encore plus les années suivantes. "Je me souviens aussi du 1er match des féminines (qui deviendront championnes de France en 2003) où il y a aussi plus de 600 spectateurs. C’était en 1985. Elles prennent 80 points.
Ce stade a vécu de belles rencontres avec, par exemple, cette année la finale du championnat de France Reichel-Espoirs. J’ai vécu un Toulouse-Castres en première division. À guichets fermés aussi ! On avait vendu toutes les places dès le début de la semaine. J’ai vécu la finale de championnat de France de F2, Fleurance-Bédarrides. Un Céret-Carcassonne en F2 également en quarts ou en huitièmes de finale du championnat de France.
On a toujours eu ce stade prêt à ce type d’évènement. Mais pour moi, le plus important, c’est que ce stade a donné naissance à une équipe de rugby et pas l’inverse. L’équipe qui y vit aujourd’hui a des conditions techniques qui sont supérieures à la majorité des clubs que l’on connaît."
Les infrastructures du stade
À l’époque, le choix avait été fait de mettre une pelouse et non un terrain synthétique qui sera créé néanmoins ces dernières années et qui sert de terrain d’entraînement et d’échauffement d’avant-match.
Un terrain de football jouxte également celui de rugby et au-dessus de celui-ci, a été construite une piscine qui permet un espace de récupération pour les joueurs en début de semaine. Il y a aussi une salle de musculation et une tribune de 1 000 places assises environ. Sans oublier un gymnase qui a vu David Douillet, notamment double champion olympique de judo (1996 et 2000) en catégorie poids lourds et plus récemment un concert de Nadau.
Il faudra bientôt trouver d’autres solutions pour l’arroser cette pelouse mais je précise que la ville de Leucate prend beaucoup de soins concernant la propreté du stade. C’est le stade le plus propre que je connaisse. Je n’ai jamais vu un rouleau de papier toilette manquant… La pelouse, le lundi, elle est remise en l’état.
Ce qui est certain, c’est que ces installations sont au-dessus de notre niveau. Quand on perd à Fleurance, la veille s’était posé la question d’accepter la montée en F1.
Le Sporting Club Leucate aujourd'hui
Le Sporting Club Leucatois, emmené par son Président Joël Castany, c’est vraiment ça… Chez nous, un joueur n’est pas seulement un joueur de rugby, c’est aussi quelqu’un dont on doit se soucier sous d’autres aspects… Son travail, ses études, son contexte social, afin de préserver son avenir « d’homme », parallèlement à la pratique du rugby.
Et si nous n’avons pas des moyens financiers énormes en termes de budget, notre richesse repose beaucoup sur la qualité du réseau social que le club a su créer.
Le Sporting revendique des valeurs humaines. Il fallait un président avec la même qualité ?Remplacer Joël Castany est très difficile. Je ne m’attendais pas, bien sûr, à devenir un jour président du Sporting mais c’est un grand honneur. Une grande fierté ! On l’a décidé tous ensemble. On savait que ce serait très dur pour moi de le faire seul et que tout le monde, de fait, allait m’aider. Avec chacun ses responsabilités. On va diversifier un peu le club.
Biens sûr, et on va le faire avec les amis et tous les dirigeants du Sporting. Ça peut créer des dynamiques, réaliser de belles choses pour vive le rugby à Leucate tout simplement. On a besoin de pérenniser notre école de rugby, le "cinq", le "sept", le rugby adapté… La démarche RSO bien sûr ! C’est très important, tant aux yeux de Joël qu’aux nôtres.
Tout cela ne sera possible qu’avec l’aide des collectivités, des partenaires et des amis du club. Sans cela, on n’y arrivera jamais. Je n’ai pas la prétention d’arriver à être grand président du Sporting club de Leucate. Il faut perdurer ce que Joël a construit. Que Jacques Lopez a construit, que Maurice Demonte a construit, que Louis Rouffia a construit. Il faut pérenniser ce qu’ils ont fait, quoi !
Je suis persuadé, sûr même, que je ne le ferai pas pendant 100 ans. Je n’y arriverai jamais (rires). On est à la bonne époque, avec la bonne épopée. On est dans un des tournants du club. On a une très belle école de rugby. On a un très beau groupe de seniors, première et réserves. Un beau staff complémentaire avec Mathias Bastélica, Loïc Montagne et Mathieu Felice qui vient d’arriver. C’est un très beau groupe ! On a misé sur la jeunesse pour la durabilité dans le temps.
Les objectifs, on n’en a jamais mais on ne veut jamais perdre un match donc, au moment opportun, on décidera ce que l’on fait tous ensemble. Même le bureau. Ensemble ! On n’a pas la prétention de jouer en top 14 mais celle de maintenir une équipe de rugby au plus haut niveau possible à Leucate. C’est le but premier de notre ambition. Celle d’avoir une équipe de rugby qui tienne la route, d’avoir des gens qui ont envie de jouer à Leucate.
Pour nous, le plus haut niveau, c’est la Fédérale 2. On a déjà atteint des sommets. Mais, bon, on verra au moment opportun. On ne s’enlèvera pas si la montée en F1 arrive ! On ne partira pas en courant si ça arrive !
Je leur dirai que je suis là pour retransmettre ce que l’on m’a donné avec les valeurs de chacun mais on est tous ensemble, que l’on forme une famille, un groupe.
En 22 ans d'existence, Leucate s'est construit un projet sportif, une identité, un palmarès, une histoire. Avec cette bande de minots qui a élevé, cette année, le club en Fédérale 2, le Sporting vient de se créer une âme. Et cela n'est pas la moindre de ses victoires.