NBA 2K23 : Analyse approfondie du jeu et de ses modes

Chaque année, la sortie d'un nouveau NBA 2K suscite la même question : qu'y a-t-il de nouveau à raconter par rapport aux éditions précédentes ? NBA 2K23, le dernier opus de la célèbre franchise de simulation de basketball, ne fait pas exception. Cet article se penche en profondeur sur ce titre, en explorant ses différents modes de jeu, ses mécaniques de gameplay et les innovations qu'il apporte.

Contenu et modes de jeu

NBA 2K23 est inattaquable en termes de contenu, offrant une pléthore d'équipes et de joueurs. Des rosters actuels aux équipes de légende, en passant par les équipes All-Star, Team USA et la WNBA, il est difficile de ne pas trouver une formation qui suscite l'enthousiasme. Le choix éditorial des équipes témoigne de l'amour des développeurs pour le basketball. On y trouve par exemple les Raptors 2018-2019, avec Kawhi Leonard, immortalisant ainsi l'équipe ayant remporté le premier titre de champion du Canada.

L'exhaustivité du roster est une qualité constante de la série, tout comme les modes de jeu. Match rapide, carrière personnalisée, saison entière, playoffs, General Manager, paramétrage d'une ligue de A à Z, et le mode MyTeam qui permet de créer des équipes improbables en collectionnant des cartes, sont autant d'options éprouvées pour savourer la NBA comme on le souhaite.

Les changements apportés à MonEquipe vont dans le bon sens : on peut utiliser ses doublons comme monnaie d'échange pour avoir de meilleures cartes, avec un système de saisons ponctué de défis périodiques. Cela rend l'expérience dynamique et agréable. Le mode en ligne semble quant à lui toujours lutter pour proposer des rencontres équilibrées mais nous a semblé plutôt stable sur PC.

Le mode Ma Carrière

L'autre élément signature de NBA 2K, c'est le mode MaCarrière. Du lycée aux playoffs en passant par la fac et la draft, il permet d'incarner un joueur, de le faire évoluer et de le personnaliser pour en faire votre propre monstre de Frankenstein. L'exercice reste toujours séduisant mais il est cette année surtout incroyablement fainéant. On avait déjà croisé cette une thématique en creux dans les précédents scénarios de NBA 2K, à travers les relations entre l’avatar et son coach, mais cette année l’effet est encore plus littéral et décuplé.

Le recyclage narratif montre les limites de la formule du prologue où les faux choix s’enchaînent jusqu’à un début de saison NBA, où il ne s'agit plus que d’enchaîner les matchs entre deux balades dans un hub géant. Pour essayer de donner le change, l’affreux Quartier qu’on se tapait depuis deux ans a connu quelques modifications. Nous voici désormais à 2K Beach, un endroit plus lumineux, moins déprimant, mais dans les faits un ravalement de façade aussi peu convaincant que celui de Mickey Rourke. On retombe donc dans une forme de monotonie, à arpenter un endroit pensé comme un centre commercial à ciel ouvert.

On retrouve dans NBA 2K23 l’apparition d’un nouveau mode de difficulté, le « Semi Pro » censé faire justement la transition entre le mode rookie et le mode Pro qui demande un peu plus de maîtrise des mécaniques de gameplay. La nouvelle jauge de tir rend ceux-ci plus faciles à exécuter. A noter qu'on peut choisir entre 5 jauges différentes d'emblée et qu'on peut en débloquer 15 (!!!) supplémentaires en mode Ma Carrière sur lequel nous reviendrons évidemment.

Surtout que, fidèles à eux même, les développeurs de Visual Concept proposent encore une fois une histoire et une immersion en mode carrière qui fracassent ce que peut faire les modes carrière chez la concurrence. Vous avez une voix - déjà -, un agent, une assistante, une petite amie, des interventions de joueurs NBA avec des scènes réellement filmées en mo-cap.

Le mode Jordan

A son annonce, le mode « Jordan » ne m’avait pas vraiment convaincu. Je pensais qu’il s’agissait de moment à revivre avec une présentation minimale, comme on l’a déjà vu avant dans la franchise. Le mode « Jordan » est incroyable. C’est un véritable hommage au deuxième meilleur joueur de l’histoire de la ligue. On peut revivre 15 moments clés qui ont établi la légende de Mike. Sur le menu principal de ce mode, on entend déjà la toute aussi légendaire musique d’introduction des Chicago Bulls. Les poils se hérissent déjà. On lance alors le premier défi, gagner le championnat NCAA, et on comprend toute l’attention apportée à ce mode. La présentation visuelle est vintage, elle comporte un effet VHS. Les arènes où se jouent les matchs sont celles d’antan et reproduites avec fidélité. La réalisation reprend les codes des années 80 / 90, avec des transitions dignes de Windows Movie Maker. Les commentateurs sont ceux de l’époque.

Et même au niveau du gameplay, les règles de jeu ne sont plus les mêmes. Pas de ligne à trois points sur ce premier défi. Pas de « shot clock ». Les règles évolueront selon l’époque du défi. Et on se rend vite compte que ce mode ne fait pas simplement honneur au numéro 23 des Bulls puisqu’il met également en avant ses plus grandes rivalités.

Le mode My NBA

Si j’ai été très impressionné par le mode Jordan, mon coup de cœur va tout droit à l’apparition des « ères » dans le mode My NBA. On peut désormais commencer sa carrière de gestion de franchise dans quatre ères NBA différentes. L’ère « Magic vs Bird » du début des années 80. L’ ère « Jordan ». Tombé amoureux du basketball grâce à la fin 90’ début 2000, j’ai bien entendu lancé ma carrière de General Manager en 2000. C’est comme si on avait quatre jeux en un. Cette ère commence à la saison 2002/2003 et j’ai été partagé entre prendre les Sixers pour apporter une bague à Allen Iverson, les Lakers pour garder le duo Shaq/Kobe à tout prix et voir combien de bannières supplémentaires on aurait pu accrocher au sommet du Staples Center (qui s’appelait encore ainsi à cette époque), les Spurs et participer à la dynastie de Tony Parker ou bien les Cavaliers et attendre patiemment de drafter un certain LeBron James à l’été suivant.

A l’inter saison on se rend compte que tous les changements ayant eu lieu en vrai sont pris en compte. Encore plus fou, les changements proposés à l’intersaison 2003 sont présents et préselectionnés comme « refusés » mais on peut les accepter si on souhaite voir une ligue alternative comme le passage à 7 fautes pour l’exclusion d’un joueur. En 2007, une nouvelle franchise intégre la ligue, les Charlotte Bobcats et c’est bien présent dans NBA 2K23.

Nous avons véritablement été bluffé par l’ajout de différentes ères dans le mode My NBA. Quelque peu ému, même, puisque cela fait appel à nos souvenirs. C’est un peu ce qui nous intéressait le plus dans FUT ou My Team, ces cartes de joueurs classiques et légendaires, et ici, NBA 2K23 nous propose de jouer avec ces cartes mais en mode hors ligne, avec un enrobage d’antan cohérent et une immersion sans précédent.

Le mode My Team

Le mode My Team qui ne m’a jamais attiré mais que je lance tous les ans pour les biens de mon test propose aussi quelques changements. On peut désormais tester ses starters avant de les choisir définitivement pour voir si les sensations avec tel ou tel joueur vous plaisent vraiment. Les immondes contrats que l’on devait absolument apposer à nos cartes que l’on possédait pourtant ont été supprimés. Merci 2K. Si vous possédez une carte, vous pourrez ainsi jouer autant de match que vous le souhaitez avec. Il existe toutefois toujours des cartes à utilisation temporaire, mais c’est assez clair dès le départ pour celles-ci : elles ne vous appartiennent pas vraiment.

NBA 2K23 - LE BUILD ULTIME - Meneur de jeu

Gameplay et réalisme

La signature NBA 2K, c'est aussi la promesse d'une simulation aussi profonde qu'intense. A défaut d'être vraiment LeBron James, tout est fait pour vous sentir dans sa peau. Le premier contact avec cette promesse, la vitrine, c'est évidemment la partie graphique. Cet épisode 21 reste dans la droite lignée du savoir-faire de Visual Concepts et offre un spectacle toujours plaisant mais qui commence un peu à lasser.

A sa sortie, NBA 2K14 avait mis tout le monde d'accord sur son moteur. Les années ont passé, les graphismes se sont affinés, avant de plafonner. Entendons-nous bien, la réalisation reste soignée, mais on a fini par s'habituer pour ne pas dire se lasser. On retrouve toujours les mêmes têtes de poissons morts pour les spectateurs et les joueurs de second plan dans le mode histoire, les contacts et les ombres commencent à accuser l'âge du moteur, et certaines modélisations sont encore aux fraises sur des joueurs qui pourtant ne s'en sortaient pas trop mal l'année précédente.

On se retrouve avec un jeu qui ronronne sur le plan visuel, pour ne pas dire sans surprises. On en vient même à se dire que le flou dynamique en replay aurait besoin de mieux camoufler les transitions entre les zones de netteté. Pas idiot, 2K nous avait appâté avec de jolis trailers tout pleins de ray tracing, mais pour en arriver là, il faudra passer par la case PlayStation 5 ou Xbox Series X. La réalité graphique du jeu sorti en septembre 2020 est tout autre, y compris sur PC.

La stagnation graphique n'a même pas permis aux équipes de travailler sur l'optimisation des temps de chargement qui restent toujours aussi longs, parfois interminables - avec sur PS4 Pro un souffle qui donne l'impression que la console peut s'envoler à tout moment.

La nouvelle jauge de tir

La poursuite de réalisme passe aussi par des ajustements de gameplay. Et, ce coup-ci, on ne peut pas taxer NBA 2K21 de conservatisme. La grande nouveauté nous vient de l’apparition d’une nouvelle jauge de tir. L’idée consiste à offrir un contrôle de balle plus précis et subtil en complément du fameux système de tir avec les sticks directionnels. Intentions louables mais execution atroce. A la base, il était question de simuler les inclinaisons en plaçant la zone de tir plus ou moins au centre de jauge. Non seulement cette jauge grise et jaune sable se révèle peu lisible dans le feu de l’action, mais la marge de précision exigée est telle qu’elle en devient irritante.

Un patch déployé dans l’urgence, trois jours après la sortie, est venu assouplir le système dans certains niveaux de difficulté (Rookie, Pro, All-Star) et nous sommes passés de quelque chose de scandaleux à une fonctionnalité pénible - un principe de visée qu’il reste heureusement possible de désactiver dans les options. Sans quoi certaines phases garanties finissent hors du cercle sans véritable logique.

NBA 2K21 propose des mécaniques de tir rigides qui se voudraient exigeantes mais qui sont en réalité peu immersives, sauf à trafiquer les réglages au point près. La darksoulisation du jeu de balle au panier doit cesser.

Boost Adrénaline

L’une des grandes nouveauté en termes de gameplay est l’ajout de « Boost Adrénaline ». Il s’agit de trois jauges de boosts dont dispose chaque joueur. C’est là encore l’illustration d’un virage arcade assumé, puisque ces boosts s’apparentent à des compétences spéciales et tous les joueurs disposent de ces trois jauges, du gros pivot de 2m15 et 130kg au joueur plus athlétique.

VC et microtransactions

Les haussements de sourcils de nombreux joueurs de la licence n’y changent rien : les packs payants de VC, pour Virtual Currency - soit la monnaie virtuelle permettant d’améliorer ses compétences et son apparence - se sont vendus commes des petits pains l’année dernière. Résultat : rebelote cette année avec une courbe de progression toujours aussi absurde qui vous demandera des fortunes en VC au-delà d’un certain palier de progression.

Les VC gagnés par les actions, les matchs ou les contrats sont faméliques, ce qui aboutit vite à une logique de grind parfaitement démotivante. Il y aurait un équilibre à trouver entre le besoin de poser des paliers de progression sur la longueur tout en offrant des perspectives motivantes de façon régulière. On sent bien que Visual Concepts n’a, une fois encore, même pas cherché à trouver ce point d’équilibre. Pousser à l’achat de monnaie virtuelle à des prix prohibitifs par des mécanismes frustrants semble davantage une priorité.

Cette politique agaçante est dommageable car en parallèle on retrouve toujours le système d’insignes qui permet de personnaliser et d’orienter les capacités et attitudes de notre avatar selon la façon concrète dont on joue sur le terrain. Ce qui reste toujours aussi gratifiant si on arrive à dépasser l’absurdité du mur de VC, pour débloquer les statistiques concordant avec nos insignes.

Car, et ça ne surprendra personne, la progression en carrière de votre Monstre de Frankenball va se heurter au mur des VC et à la connexion permanente et obligatoire. Une fois encore, la monnaie virtuelle, qui sert autant à personnaliser votre expérience qu’à huiler les mécaniques de certains modes, vient polluer l’expérience NBA2K. La quantité de VC nécessaire pour un archétype un peu sympa à jouer est énorme et le salaire des matchs en saison est vraiment ingrat. D'où une progression terriblement laborieuse, qui nécessitera une motivation en béton armé. Et le jeu ne se privera pas de vous rappeler qu’il existe des raccourcis miracles, en vous privant de quelques euros supplémentaires. Une logique de grind pénible, qui étouffe le solo et érode, à chaque itération, son capital sympathie.

Conclusion

NBA 2K23 est un épisode de légende pour un numéro 23 légendaire. Le virage arcade du gameplay ne convainc pas totalement, mais il faut avouer que si on perd en technicité, le jeu est très plaisant manette en mains. Il a le mérite de s’ouvrir à la fois aux néophytes et aux plus jeunes. Les modes Jordan et Ma NBA que l’on peut jouer dans 4 ères différentes de la ligue sont une lettre d’amour à cette ligue.

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