Structure de Propriété de la Ligue 1 : Investisseurs et Mondialisation

La Ligue 1 McDonalds s’affiche aujourd’hui comme un championnat où la diversité des propriétaires reflète la mondialisation et la complexification des modèles économiques du football. En 2025, la Ligue 1 mêle investisseurs internationaux et propriétaires locaux, reflétant la mondialisation du football moderne. Qui tire les ficelles du championnat de France ?

Diversité des Propriétaires en Ligue 1

Cette diversité d’actionnaires souligne combien la Ligue 1 est aujourd’hui une plateforme attractive, mêlant investissements étrangers et dynamiques locales. Certains clubs marquent un équilibre entre investisseurs internationaux et ancrage local.

Investisseurs Internationaux

Le Paris Saint-Germain (PSG) est l’exemple emblématique de ce phénomène : détenu majoritairement (85,9 %) par Qatar Sports Investments, avec des parts minoritaires américaines (Arctos Sports Partners, Boardroom), il incarne une stratégie de rayonnement international alliant performances sportives et marketing mondial. L’Europe est également bien représentée.

  • AS Monaco : Contrôlé par Dmitri Rybolovlev, un homme d’affaires russo-chypriote.
  • Lille OSC : Appartient au fonds néerlandais Merlyn Partners.
  • Strasbourg : Détenu par le consortium américain BlueCo.
  • Toulouse FC : Appartient au fonds américain Red Bird Capital Partners.

Ancrage Local et Propriétaires Traditionnels

D’autres clubs restent ancrés dans une logique plus traditionnelle ou familiale :

  • Angers SCO : Sous la direction de Saïd Chabane.
  • FC Nantes : Avec Waldemar Kita.
  • Stade Brestois : Détenu par Gérard et Denis Le Saint.
  • FC Lorient : Partage son capital entre le Français Loïc Féry et l’Américain Bill Foley, montrant une ouverture progressive vers l’international.

Multipropriété : Un Phénomène Grandissant

Au milieu des autres débats mis en lumière tels que la mauvaise gestion économique de la Ligue de football professionnel (LFP), le fiasco lié à la négociation des droits TV ou encore les nombreux conflits d’intérêt impliquant plusieurs acteurs du secteur, le rapport d’information n°87 du Sénat fait au nom de la commission de la culture, de l’éducation, de la communication et du sport, que la rédaction de Foot Mercato a pu se procurer, pointe du doigt un autre phénomène grandissant au sein du football français, celui de la multipropriété des clubs qui devient légion ces dernières années. En France, 10 clubs de Ligue 1 sont intégrés dans des structures d’investissement multiclubs, soit la majorité, ainsi que 7 clubs de Ligue 2.

On peut notamment citer l’Olympique Lyonnais avec Eagle Football Group, le Toulouse FC avec le fonds Red Bird, l’ESTAC avec le City Football Group, le Red Star avec 777 Partners, l’OGC Nice avec Ineos, le RC Strasbourg de BlueCo. Ces équipes partagent le point commun d’évoluer au sein de groupes possédant d’autres clubs, dont certains pèsent lourd dans le paysage européen (Manchester United, Manchester City, AC Milan…)

Cette situation souligne une tendance lourde puisque, d’après l’UEFA, 105 clubs européens de première division, soit 13 % de tous les clubs, entretiennent des relations de propriété croisée avec un ou plusieurs autres clubs. Les clubs français sont rarement leaders dans leur groupe. Le risque est que ces écuries françaises soient considérées comme l’antichambre d’équipes premières.

Ce phénomène de multipropriété amène néanmoins une importante crainte chez les dirigeants des clubs filiales, car ils ont ainsi peur que leurs ressources soient utilisées par de plus gros compétiteurs. L’annonce du rachat prochain du Paris FC par la Famille Arnault en collaboration avec l’antenne foot du groupe Red Bull a été accueillie positivement puisqu’elle annonce une cohabitation entre un système classique local-national et un autre fonctionnement de multipropriété.

En 2023, 37 des 96 clubs des ligues majeures de football européennes sont adossés à des investisseurs privés, soit plus d’un tiers. Les fonds d’investissements liés à des États ont manifesté un fort intérêt pour le football européen ces dernières années. Symbole d’un softpower sportif, le Qatar (PSG), l’Arabie saoudite (Newcastle) ou encore les Émirats arabes unis (Manchester City) sont devenus des acteurs importants dans le secteur. Des investisseurs chinois sont également présents comme à Auxerre en France.

Football : les dessous de la multipropriété

Réglementation et Défis de la Multipropriété

En France, l’article L. 122-7 du Code du sport interdit à une même personne privée de contrôler de manière exclusive ou conjointe plusieurs sociétés sportives d’une même discipline, ou d’exercer une influence notable. Cette interdiction se limite au territoire national et n’interdit donc pas la multipropriété de sociétés sportives, dès lors que seule l’une d’entre elles est rattachée au territoire national.

L’UEFA a également mis en place l’article 5 dans son règlement officiel de la Ligue des Champions qui n’a pas toujours été appliquée dans le cadre du Red Bull Leipzig et du Red Bull Salzbourg par le passé, de Manchester City et de Girona cette saison ou encore de l’AC Milan et du Toulouse FC en Ligue Europa la saison passée.

En pratique, cette décision autorise ainsi le Toulouse Football Club, détenu par le fonds d’investissement américain RedBird Capital Partners, tout comme le Milan AC, à participer à L’Europa League au même moment au premier semestre 2024. Il semble donc que l’UEFA souhaite assouplir les règles sur la multipropriété.

Le 25 juillet dernier, l’actuel président de la Commission des Finances de l’Assemblée Nationale française, Eric Coquerel, a interpellé Madame la Ministre des Sports et des Jeux Olympiques et Paralympiques, Amélie Oudéa-Castéra, sur les effets de la décision rendue par l’UEFA, qui contrevient selon lui au Code du Sport mais aussi au règlement de l’UEFA. Avec AFP.

Recommandations du Sénat

Le Sénat invite notamment le football français à "mieux limiter et contrôler la multipropriété en lien avec l’UEFA et la FIFA pour préserver l’équité des compétitions sportives et protéger le modèle sportif européen".

À l’issue de cette mission sénatoriale, le rapporteur Michel Savin a dressé une liste de 35 recommandations en vue d’améliorer la gouvernance et de renforcer la régulation du secteur du football français.

Stades et Propriété : Un Modèle Spécifique en France

Contrairement aux grands clubs européens, en France, les équipes évoluant en Ligue 1 ne sont majoritairement pas propriétaires de leur stade ou exploitant exclusif. Dans la majorité des cas, le stade appartient à la collectivité qui gère son exploitation par divers modes de gestion.

La ligue 1 connait 5 modes différents de gestions des stades permettant aux clubs de bénéficier de plus ou moins d’autonomie sur leur outil de production.

Après avoir évolué pendant de nombreuses années au Stade Gerland appartenant à la mairie de Lyon, l’OL évolue désormais au sein du Groupama Stadium dont il est propriétaire. Cette opération est toutefois très intéressante pour l’Olympique Lyonnais qui aujourd’hui est seul exploitant de son stade et en perçoit tous les bénéfices.

Peu de temps après l’arrivée au PSG de QSI, ces derniers ont négocié avec la mairie de Paris la signature d’un bail emphytéotique pour le Parc des Princes. C’est ainsi qu’un bail courant jusqu’en 2044 a été conclu entre la mairie de Paris et le PSG. En effet, dans ce système, le PSG jouit du parc des Princes quasiment en qualité de propriétaire.

Le PSG se trouve donc seul exploitant du Parc des Princes et c’est lui qui conclut les contrats pour l’organisation de manifestations autres que les matchs dans le stade. De même, le PSG perçoit seul les bénéfices de la billetterie de ses matchs.

Le TFC évolue au sein du Stadium Municipal de Toulouse, lequel appartient à la mairie. Pendant de nombreuses années, le TFC a bénéficié d’un climat de faveur de la part de la mairie de Toulouse qui lui louait son stade pour un loyer annuel de seulement 200.000 €. Si sur le papier l’opération semblait avantageuse pour le club, elle ne l’est pas en pratique.

Le LOSC évolue désormais au stade Pierre Mauroy de Lille, lequel appartient à la collectivité. La particularité ici est que ce stade a été construit en vue de l’organisation de l’euro 2016 en France dans le cadre d’un partenariat public privé ( PPP).

Dans le cadre de la rénovation du Stade Vélodrome, la ville de Marseille a conclu un PPP avec AREMA, une filiale du groupe BOUYGUES. Grace au soutien de la mairie de Marseille, l’OM a réussi a écarté AREMA de l’exploitation commerciale du Stade. En d’autres termes, malgré l’existence du PPP géré par AREMA, l’OM est désormais le seul exploitant commercial de son stade et surtout le seul à en récolter les bénéfices.

Pourquoi la Ligue 1 Attire-t-elle les Investisseurs Étrangers ?

D'abord parce que les clubs sont en vente. « Dans un contexte où les grandes fortunes françaises n'investissent pas ou peu, il y a une volonté des instances dirigeantes de s'ouvrir à des capitaux étrangers pour réussir à être plus compétitifs », précise Luc Dayan. Le contexte est d'autant plus favorable que notre championnat est un produit bon marché. « Ailleurs en Europe, c'est déjà pris ou trop cher », confirme Christophe Lepetit, économiste du sport.

La Ligue 1 offre des perspectives de croissance intéressantes. « Notre football est plutôt en bonne santé financière, poursuit l'économiste. Et les revenus des clubs vont augmenter de façon certaine dans les prochaines années grâce à la renégociation des droits télé. » Ils passeront en effet de 762 millions d'euros annuels actuellement à 1,153 milliard pour la période 2020-2024.

L'autre levier, c'est la formation à la française. « Elle est reconnue à l'international et permet de réaliser des plus-values intéressantes dans un marché en pleine inflation », précise Luc Dayan.

Les Risques Associés à l'Investissement Étranger

Ces dernières années, Monaco a aussi tiré son épingle du jeu. Mais son modèle économique, qui repose sur le trading (achat-vente de joueurs à grand renfort de plus-value), questionne davantage. « C'est aussi celui de Lille et probablement celui de Bordeaux, signale l'économiste. Or, c'est risqué, car cela repose sur l'aléa sportif. Pour bien vendre ses joueurs, c'est mieux d'être compétitifs notamment sur la scène européenne. Or, tous les clubs ne pourront pas se qualifier en Ligue des champions. »

Ils ne sont pas à l'abri non plus de déboires sportifs comme ce fut le cas l'an dernier avec Lille qui a frôlé la relégation ou encore cette saison avec le club de la principauté, actuel avant-dernier de Ligue 1.

« Le risque aussi, c'est que le trading joueur devienne une motivation plus forte que la performance sportive. On le voit bien avec Monaco, souligne Poulmaire. Si on se contente de ce modèle, je crains que cela ne permette pas de stabiliser à moyen ou long terme l'économie des clubs. »

Club Propriétaire Type de Propriétaire
Paris Saint-Germain (PSG) Qatar Sports Investments Fonds d'investissement étatique
AS Monaco Dmitri Rybolovlev Homme d'affaires
Lille OSC Merlyn Partners Fonds d'investissement
RC Strasbourg BlueCo Consortium américain
Toulouse FC Red Bird Capital Partners Fonds d'investissement américain
Angers SCO Saïd Chabane Propriétaire local
FC Nantes Waldemar Kita Propriétaire local
Stade Brestois Gérard et Denis Le Saint Propriétaires locaux
FC Lorient Loïc Féry et Bill Foley Mixte (Français et Américain)

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