À quel âge Antoine Dupont a-t-il commencé le rugby ? Un parcours depuis Castelnau-Magnoac

Castelnau-Magnoac, un petit village occitan, est l'endroit où le jeune Antoine Dupont, affectueusement surnommé « Toto », a découvert le rugby. Ce sport allait le propulser, vingt ans plus tard, à disputer une Coupe du Monde dans son pays natal, devenant l'une de ses figures de proue.

🐐 7 minutes d’ANTOINE DUPONT qui détruit tout le monde !

Le rugby est avant tout une histoire familiale chez les Dupont. Antoine a suivi les traces de son aîné de deux ans, Clément.

Les premiers pas sur le terrain

Selon Sébastien Bousquet, actuel président du Magnoac FC, « Il a sa maison familiale à 200 mètres du stade. Depuis qu’il sait marcher, il foule la pelouse du club. » C’est donc de manière assez naturelle qu’Antoine « a commencé le rugby à l’âge de cinq ans et a pris sa première licence l’année suivante ».

Il a fait toute l’école de rugby à Castelnau-Magnoac, au sein du rassemblement piémont Pyrénéen, une entente entre plusieurs clubs locaux.

L'influence familiale

Clément, le grand frère, est resté dans le village et a pris la présidence du club aux côtés de Sébastien Bousquet. « Il est encore très attaché à Magnoac et particulièrement au club. Il y a vraiment quelque chose de plus grand avec cette famille. »

Après le Magnoac FC, Antoine Dupont a continué sa formation au FC Auch, dans le Gers (2011-2014), avant de rejoindre les rangs du Castres Olympique (2014-2017) puis du Stade Toulousain, dont il en porte les couleurs depuis 2017.

L'attachement aux racines

Antoine est un pur produit du Sud-Ouest. « Il vient nous rendre encore visite régulièrement. Il est vraiment attaché à ses racines, lance le président de son premier club. Comme tout le monde le connaît depuis tout petit, peu d’habitants le sollicitent pour des photos ou des autographes. »

Élu meilleur joueur du monde en 2022, il doit cette gloire soudaine à un travail acharné et une passion sans bornes.

« Tout Magnoac, et particulièrement le club, est très fier de lui. On ne pouvait rêver meilleur ambassadeur. Malgré la notoriété et les différentes sollicitations, il est toujours resté le même. Son humilité est aussi à mettre à son crédit. Avec l’aura qu’il a aujourd’hui, il pourrait oublier d’où il vient. Mais ce n’est pas du tout le cas. Les habitants en ont tardivement pris conscience, mais le petit Magnoacais a bien grandi. »

Un esprit compétitif dès le plus jeune âge

Même si certains détails du passé perdurent. « Il n’était pas hyperactif, mais il était très dynamique. Un peu casse-cou et très compétiteur surtout. À n’importe quel jeu, il se devait de tout faire pour gagner. Que ce soit au football, à la pétanque ou au rugby, c’était pour gagner. »

Sébastien Bousquet, responsable de l’école de rugby, s’occupait principalement de l’équipe où son grand frère évoluait. « Mais dans les compétitions, on partait tous ensemble », sourit-il avant de raconter l’anecdote qu’il a déjà racontée près d’une centaine de fois.

« Il y avait des tournois où les petits joueurs se demandaient combien d’essais ils marquaient. Antoine, c’était entre dix et douze essais par match. C’était extraordinaire. Sa domination sportive était telle qu’il y avait même des fois où le coach le forçait à faire des passes pour qu’il ne traverse pas tout le terrain et aille marquer tout seul. Il le forçait pourtant, mais il prenait le ballon, fonçait vers la zone d’en-but et attendait d’y être pour faire la passe à son copain », rit-il aux éclats.

De jeune rugbyman à star mondiale

Aujourd’hui, le petit rugbyman est devenu l’un des plus grands joueurs de la planète et une des grandes stars du sport français. Leader naturel dans son premier club, il l’est resté jusqu’à prendre le brassard de capitaine du XV de France. Et il fera tout son possible pour mener les Bleus à la victoire.

Formé à Auch, le natif de Castelnau-Magnoac s'est révélé au Castres Olympique, où il a exposé son talent aux yeux du grand public. Après 3 saisons, il rejoint le Stade Toulousain en 2017, son club de cœur depuis tout jeune.

De suite, il prouve sur le terrain et affirme tous les espoirs placés en lui mais il se rompt les ligaments croisés du genou avec le XV de France et manque la deuxième partie de saison avec Toulouse.

Les saisons 2020-21 et 2021-22 d’Antoine furent exceptionnelles à tous points de vue puisqu’il a été élu meilleur joueur du Tournoi des VI Nations, meilleur joueur européen et meilleur joueur du Monde !

Ses qualités ballon en mains ne sont plus à prouver, comme sa faculté à suivre et anticiper les actions offensives pour se porter à hauteur des derniers soutiens. Il se trouve donc souvent à la conclusion des actions et marque de nombreux essais. Antoine occupe une place de choix dans le jeu de son équipe, en témoigne le capitanat qui lui a été conféré.

Par la suite, il s'est lancé dans une nouvelle aventure en entamant sa préparation avec l’équipe de France à 7 pour les Jeux Olympiques de 2024.

Antoine Dupont a alterné entre la préparation avec l'équipe de France à 7 et les matchs de Top 14 ainsi que de la Champions Cup. Il a participé à trois tournois majeurs de rugby à 7.

Le premier s'est déroulé à Vancouver, où il a brillé sur le terrain en tant que leader de l'équipe de France à 7. L'équipe de France décroche une excellente troisième place dans le tournoi. Le deuxième s'est tenu à Los Angeles et encore une fois, Antoine s'est distingué.

Son talent a été déterminant dans le parcours de France 7. Il a remporté son premier tournoi à Los Angeles, où la finale a opposé la France à la Grande-Bretagne. Plus tard, à Madrid, il remporte une nouvelle étape dans cette discipline et par la même occasion, l'épreuve mondiale. Cette transition réussie vers le rugby à 7 laisse présager de belles perspectives pour les Jeux Olympiques à venir.

Lors de la fin de saison avec les Rouge et Noir, Antoine a une nouvelle fois endossé son rôle de leader pour mener ses coéquipiers vers le deuxième doublé Champions Cup - Top 14 pour cette génération.

Antoine Dupont et l'équipe de France de rugby à 7 ont marqué l'histoire de leur discipline en décrochant la première médaille d'or olympique aux Jeux de Paris 2024. Dans une finale mémorable, les Bleus ont dominé les Fidji sur le score de 28-7. Auteur d'un doublé, Antoine a été l'un des artisans de cette victoire offrant ainsi au rugby français un moment inoubliable sur la scène internationale.

Antoine a subi une rupture des ligaments croisés du genou droit lors du match Irlande - France pendant l'édition 2025 du Tournoi des 6 Nations. Une blessure qui l'a écarté des terrains pour la fin de saison 2024/2025.

La saison 2025-2026 marque un nouveau départ pour Antoine Dupont. Après de longs mois de rééducation et un travail quotidien pour retrouver l’intégralité de ses capacités, Antoine effectue son grand retour à la compétition le 29 novembre 2025, à l’occasion de la réception du Racing 92 au stade Ernest Wallon. Le demi de mêlée a progressivement retrouvé son rythme et son influence dans le jeu toulousain.

Antoine Dupont est un joueur de rugby français né le 15 novembre 1996, à Lannemezan dans les Hautes-Pyrénées. Il grandit dans la commune de Castelnau-Magnoac et commence le rugby au sein du Magnoac FC, à l’âge de quatre ans.

C’est en 2011 qu’il rejoint le centre de formation du FC Auch, tout en se formant au pôle espoir de Marcoussis au sein du lycée Jolimont à Toulouse.Trois ans plus tard, le jeune joueur dispute la finale du championnat de France Crabos avec le FC Auch et intègre le Castres olympique.

Rapidement repéré par les recruteurs du Stade toulousain, Antoine Dupont s’engage auprès du club à partir de la saison 2017/2018.

Le 8 mars 2017, sa carrière prend un tournant important, lorsqu’il intègre l’équipe de France de rugby en tant que demi de mêlée.En parallèle de cette sélection, le joueur continue son ascension au sein du Stade toulousain avec qui il remporte le championnat de France en 2019, puis en 2021.

Sa carrière impressionnante lui vaut notamment le titre de Meilleur joueur du monde World Rugby en 2021.

Le 19 mars 2022, alors capitaine des Bleus, Antoine Dupont marque l’essai décisif et porte son équipe à la victoire du Tournoi des Six Nations, marquant ainsi le 10e Grand Chelem de l'équipe de France de rugby à XV.

En septembre 2023, il participe à la Coupe du monde de rugby à XV. Durant la compétition il est blessé sévèrement, et doit être opéré de la mâchoire, mais rejoint son équipe lors des quarts de finale.

À 15 piges, Antoine Dupont est un ado encore petit pour son âge, trapu, aux cheveux blonds mi-longs qui lui donnent un look assez atypique, surtout sur les terrains de rugby.

Après quatre ans d'études aux collèges de Garaison de Monléon-Magnoac (de la 6e à la 4e) et Gaston Fébus de Lannemezan (en 3e), l'enfant de Castelnau-Magnoac quitte pour la première fois ses Hautes-Pyrénées natales pour entrer en internat au lycée agricole Beaulieu-Lavacant d'Auch, dans le département du Gers voisin.

L'établissement, posé dans un écrin de verdure sur un promontoire à la sortie de la ville, en direction de Tarbes, n'a rien de repoussant. Au contraire, il dispose du nec plus ultra, une section rugby.

« Soyons honnêtes, nous ne sommes pas allés là-bas pour le lycée agricole mais pour le rugby, confesse aujourd'hui Clément Dupont, le frère aîné, qui avait suivi le même chemin que son cadet trois ans plus tôt. Pour "Toto" et moi, l'acclimatation y a été très facile, car c'est un monde rural, un lycée de paysans et de rugbymen. Comme on était un peu à l'écart de la ville, on n'a pas vraiment subi le choc des cultures. Ce choc, Toto l'a plus ressenti quand il est parti au pôle Espoirs Jolimont de Toulouse, en classe de terminale. Beaulieu, c'était même plus facile que le collège privé de (Notre-Dame de) Garaison, qui était rempli de citadins. »

« Antoine était aussi fort dans la facilité que dans la difficulté. C'est même quand ça commençait à devenir dur qu'il sortait du lot »Sébastien Bonis, responsable de la section rugby du lycée Beaulieu

À Beaulieu, la section rugby est alors dirigée par un prof d'EPS d'une trentaine d'années, Sébastien Bonis, qui est toujours en poste aujourd'hui.

« Quand il est arrivé ici, Toto était déjà très fort, se souvient-il. Il puait le rugby. Au bahut, il se servait du moindre temps mort pour jouer. À tel point que la CPE (conseillère principale d'éducation) a été obligée de changer le règlement intérieur du lycée en supprimant le ballon de rugby aux abords des salles de cours car Antoine et ses potes profitaient du moindre espace pour se faire des passes, ce qui pouvait déranger les autres élèves. »

La section a alors deux objectifs : remporter le Championnat de France des lycées agricoles, ce qu'elle parviendra à faire tous les ans avec cette génération-là (« tout rugbyman qui entre à Beaulieu sait que c'est le titre recherché », dixit Bonis), et aller le plus loin possible en Championnat de France Excellence, le plus haut niveau scolaire, tous lycées confondus.

« Tout le monde se foutait de notre gueule, rapporte Clément Dupont. Mais les rires s'arrêtaient dès qu'on commençait à jouer. »

Beaulieu devient vite un enfer pour les autres, jusqu'à gagner à deux reprises le titre de champion de France Excellence. Une fois avec Clément (2010), une autre avec Antoine (2012).

« En mai 2012, à Cabestany (Pyrénées-Orientales), Toto nous gagne la finale presque à lui tout seul face au lycée Mermoz de Montpellier, une équipe très solide qui abritait alors les numéros 10, 12 et 13 de l'équipe de France des moins de 17 ans, raconte Bonis. Je me rappelle qu'on était menés en début de match, la seule fois de la saison. Antoine a alors commencé à mettre la main sur le ballon et à attaquer la ligne. À chaque fois, je me disais qu'il allait se faire défoncer, et à chaque fois il franchissait avec les mêmes attitudes que maintenant : appui court, crochet intérieur, passe dans le dos. Finalement, on marque quatre essais et on gagne 28-7. Antoine était aussi fort dans la facilité que dans la difficulté. C'est même quand ça commençait à devenir dur qu'il sortait du lot. Il ne traversait pas forcément le terrain, mais il déclenchait les situations. C'était admirable, il faisait vivre le collectif. »

Paradoxalement, le prodige tarde pourtant à s'imposer avec la même aisance au FC Auch Gers (FCAG), le club du chef-lieu du département qu'il vient tout juste de rejoindre. Ses excès d'individualisme déconcertent même ses entraîneurs.

« Un jour, les coaches des cadets étaient venus me voir pour me demander comment ça se passait à Beaulieu parce que chez eux, Antoine gardait tous les ballons, relate Bonis. J'ai été surpris parce que chez nous, il était à la disponibilité des autres, déplaçait le jeu, n'hésitait pas à jouer dans les couloirs. »

À l'époque, le conseiller technique de la Ligue Occitanie, Kévin Ribreau, dirige la sélection d'Armagnac-Bigorre, qui regroupe les meilleurs cadets de la région, et entraîne les jeunes trois-quarts du FCAG. Il passe donc beaucoup de temps avec Antoine Dupont.

« Toto était un gamin doué, mais pas encore au-dessus de sa génération, confirme-t-il. C'est pour ça qu'il avait raté le coche des entrées au pôle Espoirs de Jolimont l'année d'avant. C'est vrai aussi qu'il aimait bien porter le ballon et aller au duel. Il a dû apprendre à apprivoiser son équipe. Il râle beaucoup. Un exemple : avec la sélection d'Armagnac-Bigorre, on s'était fixé pour objectif de donner du temps de jeu à tous nos cadets pour évaluer au mieux les forces en présence. Comme on avait trois 9 avec nous, et qu'on était dans une poule de quatre, avec les sélections du Béarn, Côte basque-Landes et Côte d'Argent, on avait dit à chacun d'entre eux qu'il serait une fois titulaire, une fois remplaçant et une fois hors groupe. Or, Toto, la fois où il n'a pas été dans le groupe, je ne vous raconte pas le drame... Comme il avait été énorme face à Côte basque-Landes, il ne comprenait pas qu'on ne le reconduise pas. Lui était déjà dans la compète, il voulait jouer tous les matches. »

Le boudeur mettra six mois à s'intégrer. Jusqu'à devenir incontournable. Lors de sa troisième année au FCAG (2013-2014), celle de la finale du Championnat de France Crabos perdue face au Racing (18-23), il jouera même quasiment tous les matches de la saison, la plupart du temps à l'ouverture.

« Cette année-là, il est décisif à chaque match, se remémore Ribreau, qui coachait alors l'équipe avec Jean-Marc Béderède et Jean-Baptiste Soucek. Soit il marque un essai, soit il fait la dernière passe et le copain n'a plus qu'à aplatir. Je n'avais jamais vu ça. Je me souviens du huitième de finale contre Biarritz, à Arudy (Pyrénées-Atlantiques), où on met 40 points (38-14) à une équipe qui n'avait perdu qu'un ou deux matches dans la saison, en marquant des essais de 100 m sur des relances depuis l'en-but. Mes potes m'avaient demandé : "Mais c'est qui ces joueurs ?" Et je leur avais répondu : "Vous verrez, bientôt ils passeront à la télé." »

À 15 piges, Dupont découvre aussi la vie d'interne. À Beaulieu, il passe des cours aux terrains de rugby, et des terrains de rugby au cours. Seule obligation, le soir, il doit être dans sa chambre à 22 heures. En classe, il assure, passe en première avec 14 ou 15 de moyenne générale. Sans forcer.

« Les profs l'appréciaient, témoigne son ex-partenaire de l'école de rugby de Castelnau-Magnoac Lucas Desbets, qui fut aussi son camarade de classe en première. Il y avait des élèves bien plus travailleurs, mais lui y arrivait sans se tuer à la tâche parce qu'il comprenait plus vite. »

Beaulieu, c'est aussi le temps des copains, celui des amitiés qui se nouent pour la vie. En arrivant au lycée, Dupont retrouve notamment un grand gaillard un peu pataud et tout gentil qu'il avait croisé une première fois quelques semaines plus tôt lors d'un stage avec la sélection d'Armagnac-Bigorre : Anthony Jelonch.

Issus du même monde agricole, les deux ados se découvrent instantanément des valeurs communes. Le père d'Anthony, Jérôme Jelonch, travaillait dans les vignes, les vaches et le bois de chauffage du côté de Vic-Fezensac (Gers), quand celui d'Antoine, Jean Dupont, était dans les céréales et le porc noir de Bigorre dans la vallée du Magnoac (Hautes-Pyrénées).

« Toto » et « Anto » parlent donc un même langage, parfois fait de peu de mots. « Quand ils sont ensemble, ils sont capables de passer une soirée sans échanger une parole », nous disait un jour Jérôme Jelonch.

Qu'importe. Ils s'apprécient, se comprennent, se supportent. Et décident vite de partager leur chambre à l'internat.

« Au début, j'étais avec des copains de Vic, mais ils sont partis au bout de deux mois, narre Jelonch. Du coup, comme je me retrouvais seul en chambre, Antoine m'a proposé de le rejoindre. C'est comme ça que ça a commencé. »

Le duo se forme, puis s'ouvre quand les gamins de Beaulieu et du FCAG se mélangent en soirée, jusqu'à composer un groupe de potes mus par une même passion du rugby et de la compétition. « Cette cohésion, c'était l'une de nos principales forces », observe Ribreau.

Les gamins se faisaient appeler « la Meute ». « On ne se quittait pratiquement jamais, explique le demi de mêlée toulousain Paul Graou, qui avait rejoint la bande en même temps qu'un certain Grégory Alldritt lors de son passage en cadets au FCAG (2012-2013). On passait nos sorties étudiantes, le Nouvel An et les vacances d'été ensemble. À Auch, on allait souvent chez Greg Alldritt, qui habitait en ville, ou dans un bar du centre, Le XVIII. Les vacances, c'était à Hossegor (Landes), à Salou (Espagne) ou ailleurs. On variait les plaisirs. »

Lors de la saison en Crabos, les « potos » iront même jusqu'à manger et dormir ensemble chaque veille de match dans un appartement auscitain du centre-ville qui appartenait aux plus anciens de l'équipe, Loïc Villeneuve et Théo Thierry. « On était huit ou dix pour deux chambres, précise Jelonch. On s'empilait comme on pouvait sur des matelas ou des canapés. Mais le lendemain, on n'était jamais fatigués.

Pour son premier club, la réussite de l’ancien Castrais a des retombées plus que positives. Même si cela fait douze ans qu’il a pris son envol, le talent de « Toto » fait toujours des miracles au bénéfice de son premier club.

D’une tout autre manière désormais, comme le souligne JeanPhilippe Guerrero : « Nous avons des entreprises qui font tout pour devenir un de nos sponsors, car nous sommes le club d’Antoine Dupont. En quelques mois, notre budget a considérablement augmenté, nos effectifs se sont consolidés par effet de cascade. On le remercie aussi pour ça. Cela fait plusieurs saisons que le MFC a de bons résultats et, d’un certain côté, il y est pour quelque chose. Et je ne parle pas de la jeunesse… »

Il poursuit : « C’est une inspiration pour les plus jeunes. Peu de monde, sûrement personne du village n’arrivera à atteindre son niveau de jeu. Mais il est un exemple pour nos enfants en ce qui concerne le travail et l’abnégation. Il n’y a que du positif à raconter sur Antoine, ce n’est pas dû au hasard. Il sort d’une famille exceptionnelle, qui lui a tout de suite appris le respect des autres. Parfois, il arrive de venir le week-end pour voir jouer l’équipe. Sa gentillesse ne change pas avec le temps.

Certes, Antoine Dupont n’a pas le calendrier le plus léger de France. Alors, c’est seulement quelques fois par an qu’il retourne sur ses terres, celles qui l’ont vu devenir homme. Au sein de l’exploitation de Clément, son frère, « Toto » vient de temps en temps se ressourcer : « On a vécu notre jeunesse entre l’hôtel-restaurant familial, les parties de pêche et de chasse avec notre grand-père, explique le frangin. Quand il vient à Castelnau-Magnoac, il souhaite prendre du recul sur tout et se reposer, sans la pression qui l’entoure au quotidien. Pour cela, la campagne est quelque chose qui fonctionne plutôt bien. Il reste naturel dans sa façon d’être et de faire. C’est important.

Pourtant, chassez le naturel, il revient au galop. « Il y a encore quelques mois, on le voyait débarquer sur le parking du stade, en short et t-shirt, se rappelle Jean-Philippe Guerrero. On se demandait ce qu’il faisait là. Il venait simplement faire une petite séance décontractée avec le Magnoac FC, un petit toucher sans vraiment d’intensité. On ressentait que ça lui faisait plaisir de revenir et de fouler à nouveau la pelouse de son enfance, vingt ans en arrière. »

L’appel du pays est parfois plus fort que tout. C’est aussi ça, l’histoire d’Antoine Dupont. Un village de départ qui garde une place importante dans sa vie. Il y a trois ans, le Domaine de Barthas a vu le jour à quelques centaines de mètres du village. Un projet construit entre les deux frères. L’occasion de garder une partie de l’esprit à Castelnau-Magnoac : « On souhaitait relancer une activité sur nos terres sans y être complètement présents. Antoine m’a accompagné à 100 % jusqu’à l’ouverture. Cela nous tenait à cœur, on le devait à ce lieu.

Le 28 octobre prochain, Dupont pourrait être sacré champion du monde avec les Bleus. Aucun doute : en cas de victoire, le trophée Webb-Ellis ira faire un tour dans les HautesPyrénées.

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