Depuis plusieurs saisons, les plaquages au rugby se font de plus en plus violents, entraînant de nombreuses critiques de la part des observateurs. Quand on parle de rugby, on parle forcément de plaquage. Ce geste défensif consiste à mettre au sol le joueur qui porte le ballon pour arrêter sa progression.
Pour que le plaquage soit régulier, il faut que le plaqueur ceinture son adversaire avec ses bras, en dessous de la ligne des épaules. Tout ce qui intervient au dessus de cette ligne est appelé un plaquage haut et est sanctionné, avec plus ou moins de sévérité selon les cas.
Sachez, par exemple qu'il est aussi par exemple interdit :
- De plonger dans les genoux d'un adversaire
- De faire un plaquage à l’épaule, c’est à dire de venir percuter l’adversaire sans l’amener au sol
- De plaquer un joueur sans ballon
- Tout contact avec la tête est lourdement puni
En cas d’une faute non intentionnelle ou non dangereuse, le joueur coupable peut être sanctionné d’une simple pénalité. Par contre, si le plaquage est considéré comme dangereux, la sanction peut aller du carton jaune, avec une exclusion de 10 minutes, jusqu’au carton rouge, c’est à dire une exclusion jusqu’à la fin du match. Les contacts avec la tête sont presque toujours sanctionnés d’un rouge.
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Et les règles devraient encore plus se durcir. Les commotions cérébrales sont en augmentation, et 76 % d’entre elles sont le résultat d'un plaquage. Plusieurs rugbymen ont ainsi récemment perdu la vie suite à un choc violent à la tête.
Du coup, World Rugby, l'organisme international qui gère le rugby, a décidé d'organiser cette semaine un symposium médical à Marcoussis. L'objectif : étudier huit projets de loi pour protéger les joueurs, notamment des commotions, dès la saison prochaine.
Ces mesures seront d'abord testées chez les amateurs et dans les catégories de jeunes. Les deux plus importantes sont l’interdiction du plaquage à deux et l’abaissement de la zone de plaquage à la taille. En cas de faute, le joueur coupable sera alors immédiatement sanctionné d'un carton rouge.
Lors de la rencontre pour le compte de la troisième journée de Top 14 entre l’Union Bordeaux-Bègles et le Castres olympique, le Castrais Ryno Pieterse a commis un plaquage très dangereux, à retardement, sur Maxime Lucu.

À la 64e minute de jeu, Ryno Pieterse a commis un plaquage à retardement sur Maxime Lucu, qui venait de tirer une chandelle et n’était plus sur ses appuis. Le Castrais n’a pas freiné sa course et est entré la tête la première, sans aucune maîtrise de son geste, dans son adversaire. « Il est entré tel un bélier ! Et ont été dénoncées de façon unanime.
Les règles et l'esprit du jeu
À propos du jeu de rugby dangereux, la règle 9.13 de World Rugby, que toutes les fédérations nationales sont tenues d’appliquer, spécifie : « un joueur ne doit pas effectuer un plaquage… d’une manière dangereuse. Un placage dangereux comporte notamment… plaquer ou tenter de plaquer un adversaire au-dessus de la ligne des épaules ».
Les règles complexes du rugby ont pour dessein d’en limiter la dangerosité. Le fair-play et l’éthique doivent figurer au premier plan. L’esprit de combat stratégique, individuel et collectif, est associé à l’idée d’un sport d’évitement, de dextérité et de vitesse, dans le but d’aller marquer un essai.
L’action de plaquage doit respecter, outre la règle 9.13 de World Rugby, les règles 9.11, « les joueurs ne doivent rien faire qui soit imprudent ou dangereux pour autrui », et 9.12 « un joueur ne doit agresser personne physiquement ». Ces deux dernières conditions ont une importance majeure aujourd’hui.
En effet, depuis son passage au professionnalisme, le rugby se caractérise par une perte de son identité culturelle anglo-saxonne et universitaire, associée à une augmentation considérable du gabarit des joueurs, de 10 à 20 kg, quel que soit leur poste.
Le télescopage prend le pas sur l’évitement et le plaquage d’un joueur de 90 kg par un joueur plus lourd de 20 à 25 kg peut être destructeur. Les viscères comme le cerveau et le cœur n’ont pas suivi le renforcement (artificiel) de la musculature. Ils restent vulnérables.
Ils n’ont pas toujours la capacité physiologique d’absorber sans dégâts (commotion cérébrale, troubles du rythme cardiaque…) les forces physiques majeures mises en jeu lors des contacts. Le plaquage à la hauteur de cette région parait donc le mieux adapté et suffisant pour atteindre le but recherché, c’est-à-dire faire tomber le joueur et le maintenir au sol pour l’obliger à libérer le ballon.
Plaquages de face ou de travers, exercices en un contre un, travail avec sac de plaquage, les déclinaisons de cette action sont nombreuses et variées. Deux exemples d’attitudes à proscrire : sur la photo 3, le plaqueur arrive sur son adversaire jambes raides et tête en avant, les cervicales exposées ; sur la photo 4, le plaqueur intervient avec la tête placée du mauvais côté.
Tout bon plaquage commence par une préaction, une anticipation du mouvement et un bon placement, à savoir équilibre sur l’avant des pieds, jambes fléchies et dos placé.
Les controverses et l'arbitrage
Suite au match du Rugby Championship entre l'Afrique du Sud et la Nouvelle-Zélande, un amateur de rugby propriétaire de la chaîne Youtube TASanalytics s'est demandé pourquoi certains plaquages qu'il juge dangereux étaient autorisés.
Dans cette vidéo, il compile certains exemples de plaquages qui selon lui auraient dû être sanctionnés. "Gardez à l'esprit qu'avec ces plaquages, il y a une intention claire du défenseur alors qu'avec beaucoup d'affrontements à la tête, le défenseur n'a généralement pas le temps de réagir si un porteur du ballon tombe à la dernière seconde." Il fait ici notamment référence aux cartons qui ont été distribués lors de la série de tests entre les All Blacks et l'Irlande en juillet.
À notre sens, tous les plaquages de cette compilation ne sont pas comparables.
Point Arbitrage :
Tout d'abord, la règle demande à ce que le plaqueur enserre le joueur plaqué. Ensuite, la directive demande à ce que le bras du plaqueur "travaille", c'est-à-dire que le geste démontre qu'il essaye d'enserrer. Sur les cas en vidéo, il est dur pour l'arbitre de prendre une décision facilement :
- Ça va vite
- De nombreux joueurs sont dans la zone et obstrue la vision de l'arbitre
- Selon lui, le problème, ce ne sont pas les arbitres, mais la fédération internationale qui applique des politiques strictes sur les chocs accidentels à la tête, certes pour protéger les joueurs, mais qui en oublie à son sens les actions les plus dangereuses.
"Les arbitres doivent faire ce que dit World Rugby. Chaque week-end, ou presque, les mêmes discussions, que ce soit en Top 14, en Premiership anglaise, en Coupe d'Europe ou, tout récemment, lors des test-matches de la tournée de novembre. Pourquoi le plaquage d'Owen Farrell, l'ouvreur anglais, n'a pas été sanctionné ? Celui d'un autre numéro dix, son compatriote Danny Cipriani, méritait-il vraiment un carton rouge ? La suspension de Jérôme Kaino, l'ex-All Black du Stade Toulousain, n'est-elle pas trop lourde ? Certains Toulonnais avaient-ils raison de mettre en doute le carton rouge reçu par Romain Taofifenua le week-end dernier ?
À ces questions, dans la bouche des uns et des autres, sur les plateaux télé et les réseaux sociaux, vous trouverez toutes les réponses possibles. Supporters, consultants renommés, joueurs, entraîneurs et mêmes arbitres, chacun a son avis et le partage parfois avec virulence.
Les sanctions sont parfois jugées trop sévères. Si on n'a plus le droit d'asséner un bon gros tampon au-dessus des épaules... «On dénature le jeu, s'exclame, furibard, Geordan Murphy, l'entraîneur de Leicester, après l'expulsion d'un de ses joueurs, Will Spencer, auteur d'un plaquage à hauteur d'épaule. Ce sport est devenu politiquement correct.»
Le lendemain, il fera volte-face, regrettant des propos jugés irresponsables par beaucoup, au moment où le rugby essaie d'éradiquer le fléau des commotions et de se débarrasser d'une image de sport dangereux qui, depuis quelques saisons, lui colle à la peau.
Car l'argument du rugby qui devient «soft», comme disent les Anglais, ne tient pas. Les plaquages hauts n'ont pas toujours existé et personne n'irait dire que le jeu pratiqué dans les années 1980 et 1990 était trop moelleux.
En revanche, ils ont toujours été sanctionnés, ce qu'a justement rappelé le flanker international du Munster, Peter O'Mahony, après le match polémique contre Gloucester : «Les joueurs n'ont pas à s'occuper des interprétations de l'arbitre (favorisées par un règlement où il est demandé de prendre en compte le côté accidentel du geste). Il faut leur faire confiance à 100 % parce qu'on a suffisamment de choses à faire par ailleurs. Les plaquages hauts ont toujours été interdits au rugby, ce n'est pas comme si on le découvrait ! Si tu plaques en position debout et juste au-dessus des épaules, tu prends une pénalité depuis toujours. Aujourd'hui, à cause des commotions, les sanctions se durcissent mais c'est un geste qui n'a jamais été autorisé.»

Les sanctions sont-elles efficaces ?
Le nombre de sanctions a augmenté lors des premiers mois de la mise en application des consignes (de janvier à juin 2017) pour atteindre 64 % de pénalités en plus et 41 % de cartons jaunes en plus. Mais, la saison suivante, les cartons jaunes n'ont progressé que de 13 %. Trop peu, selon les experts, pour obtenir le changement de comportement voulu. «Dans le Championnat anglais, révèle Simon Kemp, directeur de la commission médicale de la RFU, les cartons ont même diminué de 36 %.»
Face à ce statu quo, World Rugby a deux solutions. Soit elle passe à la phase 2 de son plan et retire à l'arbitre la responsabilité de la sanction en utilisant, comme lors du Mondial U20, le High Tackle Warning (HTW, avertissement pour plaquage haut) - il s'agit de comptabiliser les plaquages dangereux des joueurs en cours de match, sans les faire sortir, et de les punir a posteriori (un match de suspension pour 3 HTW).
| Type de Contact | Sanction Minimale | Sanction Maximale |
|---|---|---|
| Plaquage Dangereux (contact dangereux, risque de contact avec la tête) | Carton Jaune | Carton Rouge |
| Plaquage Accidentel (contact accidentel avec la tête) | Coup de Pied de Pénalité | - |