Le football va connaître des changements significatifs. Des mesures pour empêcher les joueurs de gagner du temps sur les touches, les six mètres ou encore les simulations de blessure seront mises en œuvre à partir de la Coupe du monde 2026, a annoncé samedi l’Ifab, l’instance garante des règles.
Chaque nouvelle saison, et plus encore avec une compétition internationale, apporte son lot de modifications aux lois du jeu. Mineures ou majeures, elles seront appliquées par les arbitres dans toutes les compétitions nationales et internationales, à tous les niveaux.
L'IFAB, instance régissant les règles du jeu, a approuvé une série de mesures qui seront applicables notamment lors de la Coupe du monde 2026. Les mesures concernent principalement l'utilisation du VAR dans trois nouvelles situations et les pertes de temps.
Une commission de l'International Football Association Board (IFAB), qui régit les lois du jeu, avait suggéré fin octobre dernier l'introduction de plusieurs changements de règles, et la 140e assemblée générale de l'instance organisée au pays de Galles l'a confirmé. Dans un communiqué publié ce samedi, l'IFAB a ainsi confirmé plusieurs modifications déjà partiellement dévoilées par la BBC, qui seront effectives pour la Coupe du monde 2026 (11 juin-19 juillet) et toutes ses autres compétitions.
Vous allez enfin comprendre la règle du hors jeu
Les principales modifications apportées par l'IFAB
Trois mesures principales ont été entérinées durant l’assemblée générale annuelle de l’Ifab, samedi au pays de Galles, afin de « dynamiser le rythme des matches et limiter le gain de temps », selon un communiqué de l’International Football Association Board.
L’IFAB a acté plusieurs changements concernant les règles du jeu lors de son assemblée générale ce week-end à Hensol, au Pays de Galles. Ces mesures mises en place par l'organisme qui régit les lois du jeu, seront aussi après appliquées après le Mondial dans toutes les autres compétitions. Elles ont pour principal objectif de favoriser le temps de jeu effectif.
Dans cette optique, l’IFAB entend éviter que des joueurs prennent trop de temps pour effectuer une touche ou un dégagement au pied. "Si l'arbitre estime qu'une touche ou un dégagement au pied dure trop longtemps ou est délibérément retardé, un compte à rebours visuel de cinq secondes sera lancé", indique l’IFAB. Si le ballon n’est toujours dans en jeu passé ce délai, la touche sera donnée à l’équipe adversaire. Pour un dégagement au pied, l’adversaire se verra accorder un corner.
L’une d’elles permettra de sanctionner un joueur qui retarderait « délibérément » l’exécution d’une touche (elle sera rendue à l’adversaire) ou un six-mètres (un corner sera accordé à l’adversaire). Concrètement, si l’arbitre soupçonne une telle manœuvre, il déclenche « un compte à rebours visuel de cinq secondes » à l’issue duquel la sanction tombe. Une règle déjà à l’oeuvre quand un gardien conserve le ballon en mains trop longtemps.
Autre petite révolution, terminé les joueurs qui traînent des pieds pour sortir lorsqu’ils sont remplacés. A partir de la Coupe du monde, ils auront dix secondes pour sortir à partir du moment où le numéro du joueur sortant est affiché sur le panneau. Ou, à défaut de panneau, du signal de l’arbitre. Ces dix secondes passées, si le joueur est toujours sur la pelouse, il devra toujours sortir mais son remplaçant ne sera autorisé à rentrer qu’au prochain arrêt de jeu après au moins une minute de jeu écoulée.
Les joueurs habitués à gagner du temps de jeu sur les blessures sont aussi prévenus : si cette blessure entraîne un arrêt de jeu, le joueur devra sortir des limites du terrains et ne pourra revenir sur la pelouse qu’après une minute de temps écoulée.
Enfin, un joueur remplacé aura dix secondes pour quitter la pelouse à partir du moment où l’arbitre assistant annonce le changement. Dans le cas contraire, son remplaçant devra patienter une minute sur le bord du terrain puis attendre l’arrêt de jeu suivant pour entrer.
Autre mesure annoncée, cette fois pour limiter les simulations de blessure : si le staff médical vient porter assistance à un joueur, celui-ci sortira du terrain et ne pourra y revenir qu’une minute après la reprise du jeu.
Cette exclusion temporaire, qui a pour but d'éviter les blessures tactiques, ne pourra en revanche pas être appliquée aux gardiens.
Extension de l'utilisation du VAR
L'utilisation du VAR va être étendue.
Trois nouvelles utilisations du VAR ont été actées. L'assistance vidéo pourra désormais intervenir, en présence de preuves manifestes, lorsqu'un carton rouge est donné après un deuxième carton jaune erroné ; lorsque l'arbitre sanctionne la mauvaise équipe pour une infraction entraînant un carton (rouge ou jaune) au mauvais joueur ; lorsqu'un corner est accordé à tort, si cette vérification peut être effectuée immédiatement et sans retarder la reprise du jeu.
L’Ifab a par ailleurs étendu les possibilités de recours à l’assistance vidéo (VAR), notamment lorsqu’un doute existe après un deuxième carton jaune pour un même joueur, ou après un corner litigieux.
A compter de la prochaine Coupe du monde, le recours à l’assistance vidéo sera possible pour un carton rouge consécutif à deux cartons jaunes (ce n’est à ce jour possible que pour un carton rouge direct) dans les cas suivants : erreur d'identité et lorsque l'arbitre sanctionne la mauvaise équipe pour une infraction, ce qui entraîne l'émission d'un carton rouge ou jaune au mauvais joueur.
Dans une volonté déjà connue de limiter les pertes de temps, l'IFAB a également étendu son utilisation du compte à rebours, appliqué jusqu'ici à la conservation du ballon par les gardiens. Désormais, l'arbitre peut décider de lancer un compte à rebours virtuel de cinq secondes s'il considère qu'une remise en jeu ou qu'un dégagement est trop long : s'il est dépassé, la remise en jeu revient à l'adversaire, et le dégagement peut se transformer en corner.
Enfin, une réflexion va être menée concernant deux scénarios : quand des joueurs « décident unilatéralement de quitter le terrain » pour protester contre une décision arbitrale, et quand « des joueurs se couvrent la bouche » lors d’une joute verbale.
Le premier incident s’est produit mi-janvier lors de la finale de la Coupe d’Afrique des nations entre le Sénégal et le Maroc. Le second s’est produit la semaine dernière lors du barrage aller de Ligue des champions entre Benfica et le Real Madrid.

Les 17 lois du football
Sport populaire par excellence, le football est une discipline quasi bicentenaire ! Presque 200 ans d’existence qui ont vu la création et la suppression de certaines règles, mais aussi la modification et l’adaptation d’autres qui donneront le football tel qu’il est pratiqué aujourd’hui.
Un règlement qui est le même pour tous, du footeux amateur au joueur professionnel, et qui concerne tant l’agencement et l’équipement du terrain que le déroulé du jeu ou l’équipement des joueurs. Toutes ces règles sont compilées sous forme de lois, au nombre de 17.
Les lois du jeu, « Laws of the Game » en anglais, regroupent les différentes règles du football définies par l’IFAB (International Football Association Board) et la FIFA (Fédération Internationale de Football Association). Elles ont été rédigées dès 1863 en Angleterre et ont depuis connu un certain nombre d’adaptations, mais les 17 lois encore en vigueur aujourd’hui datent de cette époque. Chaque loi est dédiée à un aspect du jeu et certaines peuvent être soumises à interprétation par l’arbitre, l’idée étant avant tout de conserver l’esprit du jeu.
Voici un aperçu des aspects couverts par ces lois :
- Le terrain de jeu
- Le ballon
- Le nombre de joueurs
- L'équipement des joueurs
- L'arbitre
- Les autres officiels de match
- La durée du match
- Le coup d'envoi et la reprise du jeu
- Le ballon en jeu ou hors du jeu
- La manière de marquer un but
- Le hors-jeu
- Les fautes et l'incorrection
- Les coups francs
- Le penalty
- La rentrée de touche
- Le coup de pied de but
- Le coup de pied de coin
Les sanctions et les fautes
Il existe diverses manières de sanctionner une faute ou un comportement anti-sportif. La sévérité de la sanction dépend évidemment de la gravité de la faute commise et dans certains cas, un simple avertissement oral suffit.
Ces fautes peuvent être matérialisées par des cartons, jaunes ou rouges. Un joueur expulsé en cours de match, sur carton rouge ou double carton jaune, ne peut être remplacé, laissant ainsi son équipe en infériorité numérique.