Ce samedi soir, le Real Madrid a gravé son nom dans l'histoire du football en remportant sa 15ème Ligue des Champions. Le club madrilène a battu le Borussia Dortmund (2-0) lors de la finale qui s'est déroulée sur la pelouse de Wembley.

Les buts de Dani Carvajal et Vinicius Junior en seconde période ont scellé la victoire, permettant à la Casa Blanca d’empocher une 15ème coupe aux grandes oreilles, soit huit de plus que son dauphin, l’AC Milan. Une maîtrise totale, une domination singulière, une souveraineté inédite… Les mots manquent pour décrire le poids du Real Madrid dans cette compétition.
La Fête à Madrid
A Madrid, cette finale était retransmise sur écran géant, devant près de 70 000 spectateurs, au stade Santiago Bernabeu. La fête a ensuite débuté dans ce même stade, avant de se poursuivre dans les rues de la ville. A la sortie de l'emblématique enceinte du club de la capitale espagnole, Fran, socio de 33 ans, a confié à l'AFP : « On l'a fait, encore une fois ! C'est dur de réaliser, on a dû souffrir à chaque tour pour arriver jusqu'ici. On ne se lassera jamais de gagner. C'est le Real Madrid, il faut gagner, et encore gagner. Et je crois qu'avec ce qui nous attend, ce n'est que le début. »
Les Réactions des Acteurs Clés
Deuxième buteur du soir, l'attaquant Vinicius Junior (23 ans) n'a, dans un premier temps, pas hésité à se jeter dans les bras de socios madrilènes présents dans le virage du stade de Wembley. Pourtant fiévreux seulement quelques heures avant le coup d'envoi de cette ultime rencontre, l'international brésilien a fêté ce nouveau sacre européen, son deuxième à titre personnel, comme il se doit. Son entraîneur Carlo Ancelotti, quant à lui, n'a pas manqué de danser à nouveau, sur la pelouse, aux côtés de l'ensemble de ses joueurs et de son staff. Le technicien remporte sa cinquième Ligue des champions en tant qu'entraîneur, la septième en tout.
«Nous sommes très heureux, gagner une Ligue des Champions n’est pas facile, Madrid dans cette compétition a une histoire que tout le monde connaît. Ils sont plus motivés, ils grandissent, nous avons fait une bonne compétition et nous méritons cette Coupe, la 15ème est pour nous. Heureux de voir tous les supporters et ça compte. Ils portent les joueurs vers la victoire. Personne ne doutait que nous allions gagner. C’est le point de départ pour essayer de gagner la Seizième», a déclaré le président Pérez.
En effet, avec autant de victoires pour ces joueurs, ces entraîneurs et ces dirigeants, il est à se demander si le Real Madrid peut toujours savourer ses trophées avec la même excitation. Mais au-delà du chiffre symbolique de quinze, cette Ligue des Champions a un parfum particulier pour les Merengues qui ont remporté la dernière édition sous sa forme historique connue, avant l’instauration du nouveau format l’année prochaine.
Des Records Inégalables
C’est un secret pour personne : le Real Madrid est le plus grand club de l’histoire du football. Mais plus les saisons passent, plus les chiffres autour de la Casa Blanca ont de quoi effrayer la concurrence. Avec cette 15ème Ligue des Champions remportée dans son histoire, le Real Madrid a confirmé un peu plus sa place sur la scène européenne. Depuis 2014, les Merengues ont remporté la C1 à six reprises, soit un succès de plus que toutes les autres équipes réunies sur la même période (Barcelone, Liverpool, Bayern Munich, Chelsea et Manchester City).
Avec une 15ème victoire dans la coupe aux grandes oreilles, le club madrilène a remporté autant de fois la compétition que tous les clubs anglais dans l’histoire et plus de fois que les clubs italiens (douze victoires) et les clubs allemands (huit victoires). L’édition 2023/24 restera gravée dans les mémoires pour une autre raison : les troupes de Carlo Ancelotti sont restées invaincues cette saison pour la première fois de leur histoire dans une coupe d’Europe (9 victoires, 4 nuls). C’est la deuxième équipe espagnole à remporter le trophée sans défaite après le FC Barcelone version 2005/06.
La dernière finale perdue par le Real en C1 remonte à la saison 1981, il y a 43 ans, c’était face à Liverpool.
Real Madrid - All Champions League Finals From 2000 to 2024 [HD]
Les Héros Individuels
Au-delà de l’aspect purement collectif et historique propre à l’institution, plusieurs membres de l’organisation madrilène peuvent se vanter d’avoir inscrit leur nom individuellement dans des pages très fermées du grand grimoire de la Ligue des Champions. En effet, avec ce succès, Luka Modric, Toni Kroos, Nacho et Dani Carvajal ont remporté leur sixième Ligue des Champions dans leur carrière respective. Un record absolu égalisé, jusqu’à alors détenu par Paco Gento, joueur des années 50 du Real Madrid aux côtés de Alfredo Di Stéfano.
A 38 ans et 266 jours, le milieu croate est aussi devenu le deuxième joueur le plus âgé à remporter une finale de Ligue des Champions derrière Paolo Maldini (38 ans et 331 jours). Buteur dans la finale, Vinícius Júnior est devenu, à 23 ans et 325 jours, le plus jeune joueur de l’histoire à marquer lors de deux finales après l’avoir fait en 2022 contre Liverpool, dépassant ainsi le record de Lionel Messi. Le président Florentino Perez, victorieux sept fois, est également devenu le dirigeant le plus titré en C1 devant Santiago Bernabeu.
Concernant le chef d’orchestre de cette partition, Carlo Ancelotti, déjà l’entraîneur avec le plus de victoires et de matchs dirigés dans la compétition, a remporté une cinquième coupe aux grandes oreilles, agrandissant encore plus l’écart avec la concurrence des records chez les entraîneurs devant l’Anglais Bob Paisley, l’Espagnol Pep Guardiola et le Français Zinédine Zidane.
Les Entraîneurs les Plus Titrés en Ligue des Champions
| Entraîneur | Nombre de Titres |
|---|---|
| Carlo Ancelotti | 5 |
| Bob Paisley | 3 |
| Pep Guardiola | 3 |
| Zinédine Zidane | 3 |
Un Match Difficile pour le Real
Pourtant, le Real Madrid n'a clairement pas été souverain dans le jeu et ce sont même les Allemands qui ont dominé cette rencontre, pendant les 73 premières minutes, sans pour autant parvenir à marquer le moindre but. L’issue peut apparaître cruelle pour Dortmund, le champion d’Europe 1997, de nouveau battu à Wembley, onze ans après sa dernière finale européenne.
Le BVB de l’entraîneur Edin Terzic (41 ans) a fait douter fortement le maître absolu de la Ligue des champions, l’Italien Carlo Ancelotti, à la tête d’une incroyable armada de stars, un alliage de jeunesse et d’expérience qui a peu d’équivalents en Europe.
Au coup d’envoi, le « Mister » pouvait compter sur un banc de remplaçants empilant 14 titres en cumulé avec Luka Modric (5), Lucas Vazquez (4), David Alaba (2), Dani Ceballos 2), Eder Militao (1) et Kepa (1), rien que cela.
Le Borussia, cinquième de Bundesliga à l’effectif moins ronflant, a mis en danger une équipe apparue dépassée défensivement, et peu inspirée devant, au cours d’une première période terminée sans le moindre tir cadré. Les murs de la « Maison blanche » ont parfois tremblé aussi, plus tôt dans la saison, contre Leipzig, Manchester City ou le Bayern, par séquences, mais peut-être pas dans de telles proportions.
Courtois Impérial
Le BVB s’est jeté sur la moindre miette et a mis le feu au virage déjà bouillant de ses supporters, massés avant la pause derrière Thibaut Courtois. Le gardien belge, revenu de justesse après une quasi-saison blanche, a eu des sueurs froides devant Karim Adeyemi, venu le défier sur un crochet (21e) puis une frappe (28e), sur un tir de Niclas Fülkrug repoussé par un poteau (23e) et une frappe à rebonds de Marcel Sabitzer (41e). Comme en 2022, où il avait été le héros de la précédente finale madrilène contre Liverpool, Courtois a écœuré les attaques adverses et galvanisé ses coéquipiers, habitués à résister courageusement avant de piquer au bon moment.

L’ouverture du score a offert un condensé de la richesse du Real. Vinicius a obtenu un corner avec un dribble fantasque sur un défenseur, Toni Kroos l’a parfaitement frappé et Carvajal a surgi pour placer sa tête (74e, 1-0) et inscrire seulement son deuxième but en C1. L’arrière droit de 32 ans et son passeur allemand, dont c’était le dernier match en club, sont entrés dans le livre d’or de la grande coupe d’Europe, qu’ils remportent pour la sixième fois. L’attaquant star brésilien Vinicius, 23 ans, a doublé la mise pour mettre les siens à l’abri et renforcé ses chances d’un premier Ballon d’Or, un trophée largement à sa portée désormais.
L’éternel Real termine sa saison avec seulement deux défaites, un titre en championnat d’Espagne et une quinzième Ligue des champions, la sixième en onze années. Le club espagnol, que certains pensaient en fin de cycle, n’en finit plus d’écrire l’histoire.
Les Victoires Historiques du Real Madrid en Coupe d'Europe
Équipe la plus titrée de l'histoire en Ligue des champions avec 15 trophées, le Real Madrid a connu trois grandes périodes qui lui ont permis de se bâtir un palmarès hors normes dans la compétition-reine des clubs en Europe.
- 1956-1960 : La Domination Initiale
Mené par Alfredo Di Stefano, le Real Madrid a régné sans partage sur le continent dès la création de la Coupe d'Europe en 1956. Cette année-là, les Merengue s'imposent face au Stade de Reims de Raymond Kopa au terme d'une finale indécise (4-3) au Parc des Princes, début d'une domination qui ne s'arrêtera qu'après cinq titres d'affilée. Madrid voit défiler les plus grands joueurs de l'époque: A Di Stefano, Ballon d'Or 1957 et 1959, viennent bientôt s'ajouter Kopa, Ballon d'Or 1958, ou le Hongrois Ferenc Puskas.
- 1966 : Un Nouveau Sacre
Après deux finales perdues en 1962 contre le Benfica Lisbonne d'Eusebio et en 1964 face à l'Inter Milan, le Real se retrouve de nouveau sur le toit de l'Europe en 1966, sans se douter qu'il entame alors une très longue traversée du désert sur la scène continentale.
- Fin des Années 90 et Début des Années 2000 : Le Retour au Sommet
L'arrivée aux commandes d'un ancien de la maison, Vicente del Bosque, puis l'accession à la présidence de Florentino Perez en 2000, vont permettre au Real de se maintenir au sommet de l'Europe (2000, 2002). Durant l'ère des Galactiques, le Real voit défiler une armada de vedettes (Figo, Zidane, Ronaldo, Beckham, Owen, Roberto Carlos...).
- L'Ère Moderne : Domination Continue
Sous la houlette du quintuple Ballon d'Or Cristiano Ronaldo, leader offensif parfaitement secondé par Karim Benzema, et sous la direction de l'un des techniciens européens les plus réputés, Carlo Ancelotti, Madrid ne va laisser que des miettes à ses rivaux. Le technicien italien décroche la "decima", le 10e titre européen du Real, en 2014. Puis c'est son adjoint Zinédine Zidane, devenu N.1, qui prend le relais pour réussir un triplé inédit pour un entraîneur (2016, 2017, 2018). En 2022, l'ex N.10 des Bleus et CR7 ont quitté Madrid mais le Real reste maître de la Ligue des champions grâce au retour d'Ancelotti sur le banc et à un Benzema au sommet de son art.