Les raisons du déclin du water-polo en Italie

Le water-polo, sport autrefois dominant en Italie, connaît un déclin ces dernières années. Cet article se penche sur les raisons de cette régression, en explorant divers aspects tels que la formation des jeunes joueurs, les méthodes d'entraînement et l'influence de la culture sportive italienne.

Face à la démonstration de force d'équipes comme l'Espagne, les limites de l'équipe italienne sont devenues évidentes. Matteo Darmian a constaté que certaines équipes possèdent une qualité individuelle supérieure à celle de l'Italie.

Bien que les clubs italiens parviennent à rivaliser, la sélection nationale est perçue comme "une équipe normale", selon les mots du président de la Fédération, Gabriele Gravina. Alors que d'autres nations comme la France, l'Angleterre, l'Espagne, l'Allemagne ou le Portugal révèlent de nouveaux talents chaque année, l'Italie peine à produire des stars et mise davantage sur la force collective.

Depuis son titre en 2006, l'Italie n'a pas dépassé le premier tour en Coupe du monde, ce qui témoigne d'une tendance persistante. Maurizio Viscidi, coordinateur des sélections de jeunes à la FIGC, estime que le manque de talents en équipe nationale est une responsabilité interne.

Un spécialiste du marché des jeunes en Europe souligne qu'il existe de nombreux talents chez les jeunes, mais qu'ils disparaissent entre 15 et 19 ans. L'Italie excelle dans la formation au niveau professionnel, mais rencontre des difficultés avec les jeunes joueurs.

Action de water-polo.

Les écueils de la formation en Italie

Plusieurs facteurs contribuent à ce déclin :

  • Méthodologie des entraînements : La technique individuelle est négligée, et les rares entraîneurs qui la travaillent le font de manière statique et peu dynamique.
  • Culture tactique : La tactique prend une place prépondérante, étouffant le talent et empêchant les jeunes de s'exprimer.
  • Priorité au résultat : Les entraîneurs privilégient les points au classement plutôt que de valoriser les jeunes et de leur laisser le temps de grandir.

Un formateur dans un grand club italien confirme que dès les U12, tout est trop cadré, limitant la liberté des joueurs.

Water Polo Team Defense Explained: Press, Zone, Drops & How to Beat Them

En 2012, Cesare Prandelli, alors sélectionneur de la Nazionale, déplorait déjà le manque de joueurs italiens sélectionnables et la forte proportion de joueurs étrangers en Serie A (62 % contre 44 % en France et 38 % en Espagne).

Les pistes de solutions

Arrigo Sacchi, ancien responsable des sélections de jeunes à la Fédération, appelle à un changement de mentalité : "L'Italie doit arrêter de penser que le football dépend de la phase défensive. Les jeunes doivent apprendre à jouer un foot où tu joues pour dominer, où tu te sens protagoniste."

Le développement des "secondes équipes", des réserves de clubs pros autorisées à s'inscrire en Serie C depuis 2019, est un motif d'espoir. La Juventus Turin mise fort dessus et plusieurs joueurs ont intégré l'équipe première.

L'excellente santé des sélections de jeunes, avec des victoires à l'Euro pour les U19 et les U17, est un autre signe positif. Maurizio Viscidi prévient qu'il faudra attendre trois ou quatre ans pour voir les répercussions de ces succès en Nazionale A.

Le sport comme vecteur d'un projet politique d'intégration européenne

La question du lien entre sport et politique en Turquie peut s’inscrire dans une problématique classique de relations internationales, la multiplication des candidatures turques à l’organisation de compétitions internationales s’expliquant par la volonté d’apparaître comme un pays de stature internationale. Toutefois, l’ambition de la Turquie va bien au-delà d’une simple reconnaissance internationale.

Le sport est perçu comme un moyen de normalisation pour un pays qui, depuis longtemps, revendique un ancrage à l’Ouest que l’Occident hésite encore à lui accorder. En Turquie, le sport se situe au cœur du politique en tant que support parmi d’autres de la « modernité », principe au fondement du projet politique de la République turque.

L’adhésion à l’Union européenne, qui marquerait la reconnaissance ultime de son appartenance à l’Europe et l’aboutissement d’une vieille attraction pour l’Occident, est actuellement la question majeure de l’agenda politique national. Dans ce contexte, le sport est perçu comme un moyen d’action parmi d’autres pour promouvoir un pays postulant à une légitimité internationale, mais qui souffre en Europe d’une image défavorable.

On peut alors parler ici de « politisation » de l’enjeu sportif en Turquie, dans le sens d’une instrumentalisation à des fins de reconnaissance internationale permettant l’ancrage définitif de ce pays à l’Europe.

Le sport comme manifestation de la modernité politique

Dès le XIXe siècle, pendant la période réformiste des Tanzimat, les Sultans ottomans ont cherché à moderniser l’État, l’administration, l’armée, l’éducation pour lutter contre l’étiolement et le déclin de leur empire. Cette modernisation passait par la mise en œuvre de nombreuses réformes calquées sur les modèles politiques en vigueur en Europe.

Alors qu’au début du XXe siècle, l’Empire poursuivait son inéluctable décadence, les « jeunes-turcs » d’abord, et, surtout, Mustafa Kemal voulurent rompre définitivement avec l’État ottoman pour créer une Turquie nouvelle sur le modèle d’une « République moderne et laïque ».

Une fois encore, c’est l’Occident qui définit l’horizon de la modernité. Pour Mustafa Kemal (Atatürk) : « Les peuples non civilisés sont condamnés à rester dans la dépendance de ceux qui le sont. Et la civilisation, c’est l’Occident, le Monde moderne dont la Turquie doit faire partie si elle veut survivre. La nation est décidée à adopter exactement et complètement, dans le fond et dans la forme, le mode de vie et les moyens que la civilisation contemporaine offre à toutes les nations. »

En effet, rescapée des ambitions européennes, la Turquie ne s’éloigne pas pour autant de l’Europe. La fascination pour l’Occident est toujours aussi puissante et le père de la nation turque, Mustafa Kemal a voulu construire son pays sur le modèle européen. Toutes les réformes entreprises par Atatürk poursuivaient l’objectif de transformer la société turque pour l’adapter aux valeurs occidentales.

Le discours selon lequel « Les Turcs ont toujours marché vers l’Ouest » est récurrent et plus que jamais d’actualité avec la candidature à l’Union européenne. Comme pour le principe d’indépendance nationale, la dimension européenne est au cœur de l’identité turque telle que définie par le kémalisme et, jusqu’à aujourd’hui, jamais remise en cause (du moins en théorie).

L’obsession de la modernité va orienter les différentes réformes politiques des Tanzimat comme de la République à partir de 1923, notamment, celle concernant l’éducation. Le sport moderne, tel qu’il apparaît alors en Europe et plus particulièrement dans les établissements scolaires anglais au XIXe siècle, est alors considéré comme une activité éducative à valoriser et à développer.

En effet, dans l’esprit anglais, il relève d’une volonté pédagogique de réhabiliter l’exercice physique afin d’en faire un élément fondateur de la personnalité de l’élite anglaise. Intégré aux études, l’exercice physique devient l’une des caractéristiques fondamentales de l’éducation.

L’histoire du lycée de Galatasaray, véritable institution en Turquie, illustre l’attachement de ce pays à la modernité européenne dans toutes ses dimensions, y compris par la place accordée aux activités physiques dans la formation des élèves. Créé en 1868, en pleine période des Tanzimat par le Sultan ottoman Abdulaziz, avec la collaboration de Napoléon III, ce lycée francophone a pour mission de former l’élite qui devra redresser un empire qui s’effondre. Il ne sera jamais remis en cause avec la République et garde aujourd’hui encore une importante aura. Les disciplines scientifiques sont enseignées en français par des professeurs français, le reste par des enseignants turcs dans leur langue.

Très tôt, le sport a ainsi occupé une place privilégiée dans le projet éducatif du lycée avec l’inscription dans le programme d’un cours d’éducation physique et sportif. Le lycée a d’ailleurs été la première école dotée d’un gymnase à l’intérieur de ses locaux (1869). Il a également été à l’origine des premiers clubs et équipes de sport de Turquie. Ce sont des élèves du lycée qui ont créé, en 1905, le club de Football de Galatasaray.

Pays Pourcentage de joueurs étrangers en championnat
Italie 62%
France 44%
Espagne 38%

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