Depuis son invention à la fin du 19e siècle, le volley-ball a connu de nombreuses évolutions de ses règles. En France, la saison de volley reprend avec la Supercoupe féminine et masculine, soumise à un règlement différent : la possibilité pour chaque entraîneur d'appeler deux challenges vidéos par set pour corriger une décision arbitrale. Cette évolution récente a un impact certain sur le jeu.
Certains clichés ont la vie dure. Pour atteindre le haut niveau dans le sport professionnel, il faudrait forcément être fort, être puissant et surtout être grand. Telle est en quelque sorte la devise des Jeux olympiques : « Plus vite, plus haut, plus fort ». Dans certains sports, la taille est presque un élément inconditionnel pour atteindre les sommets.
Prenez les sports de salle. Que ce soit pour un basketteur, un volleyeur ou un handballeur, dans l’imaginaire collectif, c’est l’image du géant qui est invoquée, perché dans les cimes. Et certaines études scientifiques confortent cette idée-là. « En 1983, le docteur Koshla réalise une étude portant sur les huit sports introduits pour les femmes aux Jeux olympiques 1976 de Montréal (handball, basket et six catégories d’aviron). Il observe que ce sont les plus grandes et les plus costaudes qui remportent les médailles », relate Adrien Sedeaud, chercheur à l’Insep, dans une thèse publiée en 2013. Si le cas d’étude date, la perception envers les athlètes de grand gabarit semble perdurer.
Ainsi, la taille serait donc un critère de performance selon certaines disciplines. « Sur les dix dernières années, la moyenne en taille a considérablement augmenté. Il y a aujourd’hui des arrières et des meneurs qui sont à plus de deux mètres. Tout concourt à aller vers les plus grands, appuie Alain Contensoux, directeur technique national à la Fédération française de basket, avant d’assurer que les plus petits gabarits ont aussi leur place. Bien sûr, on recherche des grands et des grandes, mais on cherche aussi d’autres qualités et d’autres formes de potentiel. Si nous nous arrêtions qu’à la taille, des Hortense Limouzin (1,65 m, championne du monde 3x3) ou des Marie-Eve Paget (1,71 m, championne du monde 3x3 et internationale en 5x5) n’auraient pas connu le haut niveau. Pour autant, gravir les échelons s’apparente davantage à un chemin de croix, quand on ne fait pas 200 centimètres sous la toise. Des petits gabarits peuvent tout de même tomber dans le filet menant au sommet. Mais leur parcours semble davantage semé d’embûches.
Les sportifs que nous avons contactés ont tous vécu une histoire liée à leur gabarit. À l’image de Benjamin Toniutti. Le passeur de l’équipe de France de volley, champion olympique et vainqueur de la Ligue des champions en 2021 est considéré comme petit. Ses 183 centimètres lui confèrent une taille honorable, mais bien en dessous de la taille moyenne des Bleus (1,97 m), déjà considérés comme une équipe rabougrie. « Quand j’étais plus jeune, j’ai le souvenir d’un entraîneur qui m’avait dit que j’étais un excellent joueur, mais que ce serait compliqué de percer à haut niveau vu ma taille. C’était une époque où la mode était de trouver des passeurs très grands. Le handballeur Luc Steins a aussi eu le droit à des remarques de ce genre. C’est pourquoi aujourd’hui, il fait de l’autodérision sur son gabarit : « Si vous faites un sujet sur les petits, vous êtes à la bonne adresse ! », lance-t-il en décrochant le téléphone. « Plus jeune, j’avais disputé le championnat des Pays-Bas, avec ma province de Limbourg. J’avais été élu meilleur joueur du tournoi, mais les sélectionneurs des équipes jeunes ne m’avaient pas retenu dans leur liste, car pour eux, si j’étais bon à ce moment-là, je n’aurais pas réussi à percer. Ils préféraient des grands. Mais mon entraîneur de l’époque les a appelés pour leur dire de me tester.
Les équipe de France masculines de Volley, Handball et Basket se sont brillamment illustrées aux JO de Tokyo en ramenant deux médaille d’or et une magnifique médaille de bronze ! il était temps de les mettre à l’honneur à travers une mise à jour des effectifs, taille, âge et moyenne de taille des joueurs sélectionnés.
L’équipe de France de volley a vaincu le comité olympique russe dans une finale haletante et déjoué de fait tous les pronostics.
Malgré une défaite contre la Norvège, l’équipe de France a terminé première de son groupe. Elle a battu en finale le Danemark et poursuit son incroyable série de médailles aux JO.
L’équipe de France de basket emmenée par Fournier, Gobert, De Colo et Batum s’est inclinée de peu en finale contre l’ogre américain et un brillant Kevin Durant. Sans surprise, l’équipe de France de basket à la taille moyenne la plus élevée parmi ces trois sélections avec 2m01.
Aucune instance officielle, ni la Fédération Internationale de Volleyball (FIVB) ni les fédérations nationales comme la FFVB en France, n’impose une taille minimum pour jouer au volley. Dans ma propre expérience d’entraîneur dans un club U13, j’ai accompagné des joueurs de petite taille qui se sont démarqués par leur vivacité et leur lecture du jeu. Si vous ambitionnez une carrière en équipe nationale, la taille devient un avantage stratégique, surtout pour les postes offensifs comme attaquant ou central. Ce constat est partagé par les entraîneurs de haut niveau. Le volley-ball repose sur un ensemble de qualités physiques, parmi lesquelles la détente verticale est importante, mais pas exclusive.
Le Rôle Crucial du Libéro
Réponse, il s'agit du libéro, spécialiste des tâches obscures (réception défense, relance), poste spécialement créé pour offrir la possibilité à des joueurs de taille moyenne de s'exprimer au plus haut niveau. Deux exemples pour le prix d'un : samedi soir, aucun des deux excellents libéros face à face, le Corse Jean-François Exiga pour Ajaccio et le Japonais Taichiro Koga pour Paris, ne dépassera 1,73m.
Le poste de libéro est souvent considéré comme l’âme défensive de l’équipe, celui qui, sans marquer de points directement, fait tout pour les sauver. Dans un sport collectif comme le volley-ball, chaque joueur apporte sa pierre à l’édifice, et le libero joue un rôle clé dans l’équilibre de l’équipe. Contrairement aux autres joueurs, le libéro ne peut ni attaquer au filet, ni bloquer, ce qui lui permet de se concentrer exclusivement sur les aspects défensifs du jeu. Il joue uniquement sur les postes de la ligne arrière.
Le poste de libéro a été introduit en 1998 par la Fédération internationale de volley-ball (FIVB) dans un but précis : rendre le jeu plus dynamique et visuel, particulièrement pour les retransmissions télévisées. Avant cette réforme, les échanges étaient souvent brefs (moins de 3 secondes la majorité du temps), car les équipes avaient peu de solutions pour assurer la réception face à des services et des attaques de plus en plus puissantes.
Les instances avaient même envisagé de monter la hauteur du filet pour rallonger les échanges. Leur choix s’est orienté sur la création de ce nouveau poste. En permettant la spécialisation défensive d’un joueur, la FIVB souhaitait prolonger les échanges et offrir un spectacle plus captivant pour les spectateurs. L’autre objectif induit par la création du poste de libéro, c’est qu’il donne des opportunités aux joueurs plus petits de performer à haut niveau. Dans ce sport, rapidement, le physique prend le dessus, et on se rend compte qu’il est rare de performer en faisant moins d’1m90.
En spécialisant des joueurs à la défense et à la réception, on favorise les qualités comme la vitesse, l’agilité et à la réactivité. Ces qualités sont prédominantes quand on a un centre de gravité plus bas. Il est plus facile d’aller chercher des ballons au sol ou de changer de direction quand le ballon est détourné par un bloc ou une défense non maîtrisée.
En interdisant au libéro d’attaquer ou de bloquer, les règles mettent l’accent sur son rôle défensif et garantissent une plus grande stabilité dans les phases de réception et de défense. La création de ce poste a transformé le jeu en valorisant davantage les compétences défensives et en offrant aux équipes une stratégie supplémentaire pour équilibrer les échanges. Aujourd’hui, le libéro est une pièce maîtresse dans le volley moderne, apportant de la fluidité et permettant aux spectateurs de savourer des rallyes plus longs et plus intenses. Une étude est sortie pour estimer l’apport du libéro sur la spectacularité, les conclusions sont plutôt mitigés, es-ce que la professionnalisation du sport n’a pas contrebalancé les apports du libéro ? Les joeurs sont de plus en plus athlétiques, grands et puissants.
Il joue constamment en position arrière. Il ne peut pas être capitaine de l’équipe, vu qu’il y a des moments où il sera sur le banc. Ses interventions se limitent à la réception et à la défense, et toute passe qu’il effectue au-dessus des épaules doit être réalisée derrière la ligne des 3 mètres si elle conduit à une attaque. Il peut entrer et sortir librement du terrain et peut remplacer n’importe quel coéquipier, uniquement sur la ligne arrière. En général, il remplace le central, une fois que son service est perdus. Il ressortira du terrain, derrière la ligne des 3 mètres, quand la rotation d’équipe l’amènerait à passer sur la ligne avant. Ce changement lui permet de souffler un peu sur le banc, le temps que l’équipe enchaîne les points sur les services du second central.
Depuis peu, il est possible d’avoir deux libéros sur la feuille de match. Pour exceller en tant que libéro, certaines qualités sont essentielles et vont bien au-delà de la technique. La réactivité est primordiale : le libéro doit être capable de réagir en une fraction de seconde pour intercepter un service ou plonger pour sauver un ballon difficile. Mais la réactivité seule ne suffit pas. Ce joueur doit également faire preuve d’une anticipation fine, capable de lire le jeu de l’équipe adverse pour se positionner avec justesse et gagner du temps précieux pour ses coéquipiers. Un bon libéro possède aussi une vision de jeu développée et une grande capacité d’observation, des compétences qui lui permettent de guider la défense, de soutenir les autres postes, et de renforcer la cohésion défensive.
Ce poste exige de l’humilité, car il faut accepter de rester en retrait pour que le collectif brille. Sa première responsabilité est de sécuriser la réception du service adverse, car une réception précise est la clé d’une attaque efficace. En prenant en charge les ballons les plus difficiles, il permet au passeur de préparer les meilleures conditions pour l’attaque.
Devenir un excellent libéro demande un engagement total, une volonté de se perfectionner et une attention aux détails. Pour progresser dans ce rôle, il est essentiel de maîtriser les fondamentaux : travailler sa réactivité, renforcer son agilité, et affiner sa technique de réception. En s’entraînant régulièrement sur des exercices spécifiques de réception et de défense, le libéro gagne en précision et en efficacité. Au-delà des aspects techniques, un bon libéro doit développer une capacité d’analyse constante. Il apprend à observer les tendances de jeu, à lire le corps et les intentions des attaquants adverses, et à anticiper leurs choix.
Après 10 journées de championnat, on peut voir quelques joueurs tirer leur épingle du jeu. Pour le moment, c’est Mouiel Jérémie (29 ans, 1m76) du Paris Volley qui est en tête du classement. Suivi par Loubeyre Thibault (23 ans, 1m82) qui joue à Tourcoing.
Dans le monde du volley-ball, certains libéros ont marqué les esprits par leur talent, leur vision du jeu et leur capacité à élever le niveau de leur équipe. Parmi eux, Sergio Santos, surnommé Serginho, du Brésil, est souvent considéré comme l’un des meilleurs libéros de tous les temps. Alekséi Verbov, de Russie, a également marqué l’histoire en tant que libéro de 2004 à 2016. Enfin, il est difficile de ne pas mentionner Jenia Grebennikov, un libéro français qui continue d’évoluer sur les terrains depuis le début des années 2010.
Monica De Gennaro est une figure emblématique du volley-ball mondial, souvent considérée comme la meilleure libéro actuelle. Née en 1987, elle s’est imposée par sa constance et son sens tactique hors du commun. En évoluant pour Imoco Volley Conegliano, elle a aidé son équipe à dominer la scène européenne, remportant notamment la Ligue des Champions et de multiples titres nationaux. Avec l’équipe nationale italienne, elle a brillé dans les grands tournois, remportant des médailles au Championnat du monde et au Championnat d’Europe. De Gennaro est reconnue pour sa lecture exceptionnelle du jeu, qui lui permet d’anticiper les attaques adverses, et pour sa capacité à réaliser des sauvetages spectaculaires sous pression.
Brenda Castillo est une véritable star dans son pays et au-delà. Née en 1992, elle a su s’imposer sur la scène internationale grâce à sa rapidité, sa réactivité et sa technique de défense hors pair. Elle a été élue meilleure libéro dans de nombreuses compétitions prestigieuses, notamment lors du Grand Prix Mondial FIVB et des Jeux Panaméricains. Brenda Castillo est particulièrement admirée pour son énergie sur le terrain, son agilité exceptionnelle et sa capacité à motiver son équipe.
Lin Li est une joueuse chinoise remarquable qui a joué un rôle crucial dans le sacre olympique de la Chine à Rio en 2016. Née en 1992, elle est reconnue pour sa résistance mentale et son incroyable régularité. Lors des Jeux olympiques, ses réceptions et ses défenses impeccables ont été essentielles à la victoire de son équipe. Ces grands libéros ont marqué l’histoire du volley-ball et démontré que le poste, bien que discret, est fondamental pour les plus grandes équipes.
Maintenant 11 saisons que Sébastien est le libéro de l’équipe première homme du VBQF. Avec l’équipe de pré-national homme, il ambitionne de remonter en National 3 l’année prochaine.
Le poste de libéro a apporté une révolution dans le monde du volleyball, changeant non seulement la façon de jouer, mais aussi la dynamique des équipes et le profil des joueurs. En introduisant un spécialiste de la défense, la FIVB a réussi à prolonger les échanges et à offrir un spectacle plus captivant, particulièrement adapté aux retransmissions télévisées. Ce rôle défensif unique a permis de valoriser l’importance de la réception et de la défense, faisant du libéro un véritable pilier du collectif.
L’apparition du libéro a également eu un impact direct sur les autres postes, notamment celui de central. Auparavant, le central devait être polyvalent, capable de réceptionner et de défendre autant que d’attaquer au filet. Avec la spécialisation du libéro en défense, le central s’est transformé pour devenir un joueur encore plus physique, souvent plus grand et puissant, concentré sur le bloc et l’attaque au filet. La technique de réception est devenue moins essentielle pour ce poste, ce qui a permis aux équipes de renforcer leur présence offensive.
Ainsi, le libéro a redéfini l’équilibre des rôles et poussé chaque poste à se spécialiser davantage, contribuant à la complexité et à l’intensité du volley moderne.
La question de la taille minimum pour jouer au volley revient souvent dans les discussions, que ce soit chez les jeunes joueurs, les parents ou les recruteurs amateurs. Faut-il absolument être grand pour jouer au volley?
10 astuces pour s'améliorer au volleyball à la maison.
Voici un tableau récapitulatif des tailles moyennes des joueurs de volley-ball, handball et basket-ball de l'équipe de France aux Jeux Olympiques de Tokyo :
| Équipe | Taille Moyenne |
|---|---|
| Volley-ball | 1,97 m |
| Handball | N/A |
| Basket-ball | 2,01 m |
Jouer avec son corps, c'est autorisé. Le volley, c'est le pied. Et tout le reste aussi. Depuis 1998, plus rien n'interdit d'entrer en contact avec le ballon avec n'importe quelle partie du corps, rendant certains échanges spectaculaires à souhait. Les Français Earvin Ngapeth et Jenia Grebennikov sont, par exemple, devenus des références en terme de défenses acrobatiques et inattendues.
Tous les points se valent. Avant, pour marquer, il fallait avoir le service. Les matches les plus acharnés pouvaient durer près de 3 heures même si les sets se jouaient en «seulement» 15 points. Depuis quinze ans et la mise en place du RPS - le rally point system en anglais- chaque échange pèse le même poids.
Avec la télé, il est plus compliqué de tricher. Officialisé au Mondial 2014, le challenge vidéo directement inspiré du hawk-eye du tennis permet, pour un entraîneur, de corriger une décision arbitrale au moins deux fois par set. Sauf en cas d'erreur.
Devenu beaucoup plus rapide et plus fiable, cet outil informatique est devenu aussi une arme tactique, pour casser le rythme en fin de manche et offre un zeste supplémentaire de suspense tout en impliquant le public, qui suit le déroulé sur écrans géants.
Attaquer uniquement aux trois mètres, rehausser la hauteur du filet (aujourd'hui fixé à 2,43m pour les hommes et à 2,24m pour les femmes), réduire la longueur des sets de 25 à 21 points, jouer le match en deux mi-temps : autant de pistes déjà testées ou en réflexion à la Fédération internationale, dans un seul but : promouvoir le spectacle pour coller au plus près des exigences télévisuelles. Avec le risque de dénaturer le volley.

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