L’insoutenable attente, qui a (trop) duré tout l’été, vient de se terminer.
Une fumée blanche est sortie du gymnase du Luxembourg : Pouilly-Metz entamera la saison de Nationale 2 féminine, dimanche à Lille, avec un coach.
Aux oubliettes, la candidature du Rennais porté disparu depuis sa prise de contact, courant juin.
« Fabrice Seivert a pris officiellement l’entraînement jeudi dernier, confirme, soulagé, le président Gérard Gadenne. On était arrivé à un stade où il fallait prendre une décision ».
Dans l’urgence, le nom du coach de Moulins, toujours en poste dans la formation de Régionale 1, s’est imposé de lui-même pour succéder à Johann Guille.
« Il est compétent, il a les diplômes, il est sur place. Le comité départemental nous le met à disposition, moyennant rémunération ».
Voilà une ligne supplémentaire dans un budget global raboté à 50 000 €.
A contre-courant de l’histoire, de la présence inédite de deux équipes messines au quatrième échelon national.
« On perd une subvention de 10 000 € de la Région, fulmine Gadenne. Elle ne donne plus aucun centime aux clubs (amateurs) des communes de plus de 20 000 habitants. C’est incompréhensible ! On représente autant la Lorraine que les pros et les clubs de N3. J’espère que la Ville va nous donner plus de ressources… »
En attendant que les Qataris viennent à leur secours, les neuf coéquipières de Muriel Schmitt s’apprêtent à vivre une quatrième saison consécutive en N2.
« On va essayer de faire aussi bien que l’année dernière (6 e), mais ça devient de plus en plus dur ».
A cause de la concurrence, en mesure de faire signer des contrats pros, comme du rajeunissement de l’effectif.
Les Joueuses Clés et l'Avenir de l'Équipe
Les historiques du club, Meniers et Schneider, passent le témoin à une génération emmenée par une réceptionneuse-attaquante de seize ans, Mylène Quarino, et une surdouée de la réserve de Régionale 2, Laura Ruellan.
A la passe, capitaine Schmitt prend sous son aile l’Allemande Anja Kleber, venue poursuivre ses études en Moselle.
L’avenir d’un côté, l’expérience de l’autre.
Devenus porte-drapeaux du volley départemental suite au chassé-croisé avec Maizières, les messieurs de Pouilly-Metz se sont mis au diapason de leur nouveau monde.
S’ils ont perdu la fougue de leur attaquant-vedette, Florent Szymkowiak, les promus se sont renforcés avec un quatuor cosmopolite, ayant fait ses preuves en N2 et au-delà.
Le bourlingueur-réceptionneur serbe Miroslav Milosevic (35 ans, 1,96 m) détient incontestablement le CV le plus long : deux saisons de Ligue B à Chaumont, détours par Chypre et la Grèce… Il partagera son poste avec le Marocain Jalal Berma (32 ans, 1,85 m), qui a connu la Nationale 1 avec Nancy.
Le libero Sébastien Pernet, de retour d’Orange, et le pointu bulgare Ivo Vushev (ex-Maizières) restent eux au même étage.
Autour des recrues, « la base a été conservée ».
La science des patriarches Mohamed El Khaoua et Pierre Angély, deux entraîneurs-joueurs pour le prix d’un, continuera à éclairer la troupe bleue.
Afin d’échapper aux trois sièges éjectables au printemps prochain.
« L’année dernière, on avait une équipe pour monter, rappelle le président. Cette année, je pense qu’on a une équipe pour se maintenir. Le milieu de tableau, ce serait déjà bien ».
Si tel est le cas, si les filles remplissent aussi leur contrat, le double mixte de l’ASPM aura réussi un sacré pari.
Prouver qu’une autre croissance est possible.
Ligue mondiale france italie Volley
Pour illustrer l'importance des enjeux sportifs, on peut se rappeler l’Équipe de France de volley-ball qui a disputé son deuxième match de l’Euro contre l’Italie à Nantes.
Après avoir parfaitement lancé sa compétition contre la Finlande (3-0), la France s’attaque au voisin italien.
Retour sur la Finale Épique de 2003
En 2003 à Berlin, l’équipe de France de volley atteint la finale de l’Euro, elle qui n’y avait goûté qu’à deux reprises : en 1948 pour la toute première édition et en 1987, un an après le Mondial en France.
Après une demi-finale remportée au tie-break du 5e set (16-14) contre la Serbie du passeur Nikola Grbic, quatrième du Mondial-2002 en Argentine, les Bleus retrouvent l’Italie sur le chemin d’un premier sacre continental.
Ce match est l’occasion d’un des sets les plus fous de l’histoire du volley qui se termine à 42-40 pour les Français dans la 2e manche.
« De 25 à 40, il n’y a pas une seule faute des deux équipes : réception, point, réception, point. La qualité de jeu était extraordinaire, il y avait de la prise de risque, mais il n’y avait aucune faute.
Puis à un moment, la rencontre tourne, à l’initiative des Français, devant 8.200 Turinois déchaînés derrière la Nazionale.
« D’un coup, perdu pour perdu, on se met à faire les cons. On s’amuse, on se met à les énerver, toute la salle s’est mise à nous siffler. Et puis finalement, on a remporté ce match », sourit Ngapeth.
« Je pense que c’est le match qui a fait basculer notre compétition.
Il laisse un gout d’inachevé aux Français qui confirmaient toutefois leur bronze mondial et entrouvraient la porte pour les Jeux d’Athènes-2004.
« Il n’y a pas eu de discussion autour de + c’est bien, ce n’est pas bien +, un feedback pour pouvoir reconstruire quelque chose derrière », regrette Granvorka.
L’effet de surprise passée, les hommes de Laurent Tillie veulent confirmer leur potentiel et affrontent l’Italie chez elle.
En jeu : la première place du groupe pour passer directement en quart de finale et éviter la case 8e de finale piégeux.
L'histoire du Volley Moulins-lès-Metz est donc une histoire de passion, de défis et d'ambitions, à l'image des grands moments du volley-ball français.
Le club de Vandoeuvre de volley-ball féminin n’en finit plus de faire parler de lui. Entre success-story sportive et déboires financiers, le VNVB est probablement l’une des équipes en Lorraine la plus marquante.
L’année du club de volley-ball féminin de Vandoeuvre-lès-Nancy risque de rester marquée dans les annales du club, pendant un certain temps en tout cas. Un record qui n’aurait jamais pu être imaginé des années, voire quelques mois auparavant.
À la fin de la saison 2021/2022, le club est en déficit. Le directeur financier du volley-ball (DNACG) décide alors de le rétrograder administrativement en deuxième division, ce qui condamnerait le club au dépôt de bilan et à sa disparition.
Le VNVB démarre un nouveau cycle, celui de l’économie : « La première des choses : il faut resserrer les boulons » raconte le président du club, Patrick Venturini.
« A l’époque, on s’est laissé emporter par la folie des agents, les surenchères. Aujourd’hui, on est au minimum du minimum. J’ai huit joueuses au SMIC, même la DNACG ne peut plus me demander de baisser davantage la masse salariale. Depuis quatre ans, la ligue de volley essaye de se professionnaliser, parfois au détriment des clubs, leur imposant des contraintes presque impossibles à suivre.
Alors, il faut savoir s’adapter, laisser tomber le plan A, pour prendre le plan C ou D : « André Sa n’a pas d’adjoint, c’est l’entraîneur du centre de formation qui dépanne. Pour le préparateur physique, j’ai la chance que le SLUC ait bien voulu me prêter le leur. Je n’ai pas de responsable marketing, c’est une alternante qui fait office de responsable marketing » avance un président fatigué.
Et pourtant, c’est ce même club, ce staff, ces joueuses, qui sont en train d’écrire la plus belle page de leur histoire. Seul leader du championnat, huit victoires d’affilée toutes compétitions confondues au compteur, et des Vandopériennes qui marchent même sur l’Europe, avec une qualification pour un barrage d’accession aux quarts de finale de la CEV Cup, l’équivalent de la deuxième Coupe d’Europe : « Ce qui est dingue, c’est que le club est en redressement financier et le pire, c’est qu’il obtient des résultats.
Tous les ans, je serre un peu plus la vis. Mais André Sa fait des résultats et tout le monde me dit : tu vois que tu y arrives. Mais ce n’est pas comme ça que ça doit être. J’ai l’énorme chance d’avoir un gars comme André, qui est capable de performer avec le peu de moyens que je lui donne. Résultat, on est premier.
Bien installé sur son nuage, le club attire forcément les regards avec de tels résultats. Remplir 5698 places à Gentilly en est la plus belle preuve, mais pas seulement : « Quand j’ai repris le club, on était 167 licenciés, on est 382 aujourd’hui. J’avais 400 spectateurs de moyenne il n’y a pas si longtemps, aujourd’hui, on est 1400 / 1500 en moyenne au Parc des Sports des Nations ».
Une ferveur permise grâce à des bons résultats, couplés à un jeu explosif impulsé par un entraîneur - André Sa - qui fait des miracles avec le peu que le club lui donne. Mais derrière ce beau nuage sportif, le club reste à bout financièrement.
Et son jugement pourrait intervenir à la fin de la saison : « On a été mis sur plan d’apurement, et on avait trois ans pour résorber la dette. On a fait une première année positive à + 23 000 €. Mais les problèmes d’hier, se poursuivent aujourd’hui. Des documents n'ont pas été fournis à temps, Vandoeuvre apprend, à nouveau, en cette fin d’année, qu’il est menacé d’exclusion des play-offs et de rétrogradation administrative à la fin de la saison.
Si remplir Gentilly peut aider temporairement, le parcours de Coupe d’Europe coûte de l’argent au club, plus qu’il n’en apporte. Une cagnotte a d’ailleurs été lancée par le club pour l’aider dans sa belle épopée. Mais le VNVB reste sous la menace : « Qu’on me dise : Patrick, c’est super ce que tu fais, c’est bon. Maintenant il ne faut plus des paroles, il faut des actes ! Je sais que c’est difficile.
Un cri d’alarme, que le club lance depuis quatre ans déjà. Pourtant, il y a quatre ans en arrière, le VNVB ne se portait pas si bien sportivement, ne caracolait pas en tête du championnat et ne déjouait pas les pronostics en Coupe d’Europ. Son année est la plus belle de son histoire, l’histoire ne devrait-elle pas continuer ?

Tableau Récapitulatif des Joueurs Clés
| Nom | Poste | Nationalité | Expérience |
|---|---|---|---|
| Miroslav Milosevic | Réceptionneur | Serbe | Ligue B à Chaumont, Chypre, Grèce |
| Jalal Berma | Réceptionneur | Marocain | Nationale 1 avec Nancy |
| Sébastien Pernet | Libero | Français | Retour d’Orange |
| Ivo Vushev | Pointu | Bulgare | Ex-Maizières |
| Mylène Quarino | Réceptionneuse-Attaquante | Française | Jeune talent |
| Laura Ruellan | Surdouée | Française | Réserve Régionale 2 |
| Anja Kleber | Passeuse | Allemande | Étudiante en Moselle |