Volley-Club Sarrebourg : Une Histoire d'Inclusion et de Passion

Le Volley-Club Sarrebourg, fondé par Stéphane Girodat, est bien plus qu'un simple club de volley-ball. C'est une histoire de passion, d'inclusion et de solidarité, où le volley-ball assis est utilisé comme un outil de partage et de réinsertion.

Volley-ball assis aux Jeux paralympiques de 2012

La Genèse d'un Rêve : La Création du Club

Tout a commencé en septembre 2014. "J'ai toujours rêvé de créer un club avec ma philosophie et comme il n'y avait rien à Sarrebourg, j'ai fondé un volley-club", raconte Stéphane Girodat. Il suffit de le laisser parler quelques minutes pour en être convaincu : Stéphane Girodat est un passionné.

Ancien joueur semi-professionnel de volley-ball et infirmier, Stéphane Girodat a créé il y a deux ans à Sarrebourg (Moselle) un club de volley-ball assis ouvert à tous, absolument tous (âge, sexe, handicap).

Stéphane Girodat a connu des moments difficiles dans sa vie et "le volley m'a fait du bien, cela a été une porte de sortie". "Les éducateurs m'ont montré que j'étais capable, comme tout le monde, et le volley m'a relevé à chaque fois, c'est le seul endroit où j'étais bien, j'ai réussi à m'en sortir par le sport", poursuit-il. Aujourd'hui, il "ne supporte pas l'injustice".

Un Club Ouvert à Tous : L'Inclusion au Cœur du Projet

D'abord ouvert aux enfants, son club accueille désormais des joueurs de 5 à 96 ans !

En effet, Stéphane Girodat a notamment monté une section de volley-ball assis, discipline paralympique, qui permet à tous, quels que soient l'âge et surtout le handicap, de jouer. Toutes les semaines, une vingtaine de personnes valides, handicapées physiques et déficientes mentales s'amusent de part et d'autre du filet.

« Je l'ai pratiqué dans tous mes métiers successifs, en tant que prof d'EPS, professeur des écoles, éducateur sportif et aujourd'hui infirmier scolaire. L'objectif, c'est de faire de l'inclusion, de mélanger personnes handicapées et valides. Tout le monde peut le pratiquer, même les personnes déficientes mentales. Dans mon club, à Sarrebourg en Moselle, le plus jeune joueur à 4 ans, la plus âgée 98 ! Au premier regard, le handicap et l'âge s'effacent immédiatement. Tout le monde est assis par terre, obligé de glisser sur les fesses pour se déplacer. Le filet est juché à 1,15 m pour les garçons, 1,05 m pour les filles. Le terrain est plus petit qu'au volley traditionnel.

Là aussi, "on m'avait dit que cela ne servait à rien, que c'était considéré comme dégradant pour la personne handicapée parce qu'on joue à même le sol, mais j'y croyais, et même les valides acceptent de se mettre assis et de jouer, tout le monde peut pratiquer, à tout âge". Sport pour les uns, c'est aussi un soin à part entière pour les autres : "Depuis plus d'un an, ils et elles sont transformées. Certain(es) retrouvent leur vie d'avant leur accident, se réinsèrent dans la société et c'est tout ce que je souhaite.

"En'Volley'Vous" : Un Projet Humanitaire et Sportif

Puis est venu, quelques mois seulement après la création du club, le projet "En'Volley'Vous" dont l'objectif est d'emmener plusieurs de ses élèves à Rio pour assister aux Jeux Paralympiques. Depuis plus d'un an, Stéphane Girodat et ses joueurs "pensent, mangent et dorment Rio" en organisant des manifestations sportives et culturelles ou en faisant appel au financement participatif pour récolter des fonds.


Manifestations sportives et culturelles pour récolter des fonds.

A l'heure actuelle, le plus gros du chemin a été fait : "En'Volley'Vous" emmènera 16 personnes de 20 à 50 ans, onze femmes et cinq hommes, dont neuf handicapées physiques et quatre déficientes mentales, à Rio du 7 au 16 septembre prochains pour assister notamment à la cérémonie d'ouverture des Jeux Paralympiques et à des épreuves de volley-ball assis, natation ou encore athlétisme.

Mais lui et ses joueurs ne veulent pas seulement être spectateurs. "Un de nos objectifs est de nous rendre acteurs et actrices du projet, que nous intervenions dans des établissements scolaires et des associations pour faire des démonstrations et leur apporter des choses matérielles et morales comme l'estime de soi, la promotion de l'activité physique, l'évolution des représentations du handicap, le vivre ensemble, la citoyenneté", explique l'infirmier.

Un Parcours de Vie Inspirant : Stéphane Girodat, un Homme Engagé

L’histoire de Stéphane Girodat n’est pas commune. Alors qu’il aurait pu sombrer davantage, il s’est relevé. Il a d’abord dû toucher le fond lorsqu’en réaction à la disparition de son père, Stéphane Girodat, volleyeur alors prometteur, réalise « le plus gros smash de sa carrière », selon ses propres termes. Sa main traverse un double-vitrage. Puisqu’une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule, le Mosellan se retrouve sans domicile fixe à l’âge de 21 ans.

Le début de la rédemption. Quelques années plus tard, à 32 ans, Stéphane Girodat reprend ses études. Un chemin qui l’amène jusqu’à devenir infirmer scolaire. « Tout a pris son sens quand j’ai compris qu’on pouvait prendre soin des autres. En 2014, il crée le Volley-club de Sarrebourg, le club de ses rêves pour adapter le volley-ball pour tous.

« J’ai travaillé dans une structure d’accueil où j’ai croisé des gens avec des corps morcelés, des paraplégiques, des hémiplégiques… Ça m’a mis une claque dans la gueule. Ces personnes étaient comme moi et puis un accident, une chute peuvent tout changer. Etant infirmer et éducateur sportif, je suis allé voir le médecin pour faire du sport avec eux. Mon objectif était de faire du volley.

Jamais à court d’idées, Stéphane Girodat crée ENVOLLEYVOUS au sein de son club. « Ma première idée était d’emmener ces personnes handicapées aux Jeux Paralympiques de Rio en 2016. J’ai dit aux résidents de la structure d’accueil dans laquelle je travaillais : « dans deux ans, on sera à Copacabana » (rires). Tout le monde m’a pris pour un fou. Et j’ai décidé de ramener ma fraise pour trouver les 53 000 euros nécessaires à un départ en groupe pour le Brésil. » A force de détermination, il décroche les fonds nécessaires pour réaliser le projet.

« On est partis à 16 dont neuf personnes handicapées. Là-bas, on a assisté à la cérémonie d’ouverture et aux épreuves du volley-assis entre autres. Nous nous sommes même retrouvés à faire des démonstrations de volley-assis dans une favela. Le projet Rio a eu un effet projecteur.

Dès le départ, Stéphane Girodat veut s’adresser aux enfants pour faire de l’éducation, de la prévention à la santé, de l’inclusion et de la mixité. En les confrontant régulièrement au handicap. « On s’est retrouvés avec pleins de personnes en situation de handicap venues de structures différentes, des mamies, des enfants… Je ne parle pas du volley mais des volleys. C’est important comme nuance. J’utilise le volley-ball comme un moyen thérapeutique, social. Mon objectif final était de transmettre aux enfants. En les confrontant aux personnes handicapées autour du volley-ball, Stéphane Girodat transmet des valeurs aux enfants.

Volley-ball Assis : Un Sport Paralympique en Plein Essor

« Le volley assis est sport paralympique depuis 1980, rappelle Stéphane Girodat. La France n'a jamais engagé d'équipe. Notre rêve, c'est Paris 2024 ! « Je suis optimiste », clame Jocelyn Truchet, le capitaine des Bleus.

Le militaire savoyard, dont la jambe gauche a été emportée en 2010 lors d'une explosion en Afghanistan, a découvert le volley assis aux Invictus Games de 2014 à Londres. Il s'y est essayé lors de l'édition 2016 à Orlando. « Cela demande d'être réactif, d'anticiper et de vite se déplacer. C'est super sympa.

En Bretagne, le volley assis s'est déjà invité à Guipel, Pipriac, au CPB Rennes ou à Saint-Nazaire. « Petit à petit, les clubs vont l'intégrer, prophétise Florian Foulquier, entraîneur du Groupe France féminin. Il faut recruter, former et informer. Mais le fait d'avoir été intégré à la Fédération française depuis le 1er janvier 2016 nous offre une légitimité pour le développer. « Notre rêve, Paris 2024 !

Cette saison, un challenge France réunissant 14 équipes, a été créé. Parallèlement, tout l'enjeu sera de vite briller à l'international, histoire de séduire la Fédération française handisport qui n'en a pas voulu jusque-là.

« C'est physique ! Son Groupe France (l'appellation « Équipe de France » attendra), en stage pendant trois jours à Lannion, est un concentré de sourires et de joie. Le volley assis est le meilleur moyen qu'il a trouvé, lui, l'ancien joueur de N1, pour faire oeuvre de partage et de solidarité.

Ses séances d'initiations commencent toujours ainsi, par des tapes dans les mains et des câlins. Stéphane Girodat est un drôle d'entraîneur. Bien plus qu'un entraîneur, pour tout dire.

« Franchement, c'est physique, témoigne Adjé Agnithey, l'un des salariés de l'ASPTT Lannion. Ça fait mal aux abdominaux. Et puis il y a des contraintes, comme celle d'avoir toujours une fesse au sol quand on touche le ballon. Avec Nathalie Prigent, l'autre permanente, et Lénaïg Hamel, bénévole au club, les entraîneurs lannionnais ont découvert la discipline aux dernières vacances de la Toussaint lors d'un colloque organisé à Dinard.

Une révélation qui les a confortés dans l'idée de créer une section, sous l'oeil bienveillant de leur présidente, Odile Avignant.

Volley assis

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