L'histoire du Volley-Ball et du Football à Mayotte: Culture et Sport

Mayotte, un territoire français de l'océan Indien, possède une riche histoire sportive, notamment dans le volley-ball et le football. Cet article explore l'émergence et l'évolution de ces sports, ainsi que les défis rencontrés par les athlètes locaux.

L'histoire de l'AC Mahoraise illustre parfaitement comment un club peut fédérer une communauté autour du football, créant une culture et un esprit de camaraderie. Tout a commencé durant l'été 2007, d'une réflexion commune.

«Nous étions plusieurs Mahorais à nous retrouver sur les miniterrains du quartier La Conte ou de la plaine de Mayrevieille», explique Absoir Chanfi, l'actuel président de l'AC Mahoraise. L'idée lancée va vite germer et faire son chemin pour finalement déboucher sur le dépôt des statuts de l'association en préfecture.

«Notre but était surtout de sensibiliser tous les Mahorais du Carcassonnais et d'importer notre culture. Saison 2009-2010, l'AC Mahoraise prend part au championnat de troisième division du district de l'Aude. Elle décroche le titre en finissant l'exercice invaincue !

Bis repetita la saison suivante en deuxième division (avec une seule défaite au compteur… sur tapis vert). «Si au départ de l'aventure, nous partions quelque peu dans l'inconnu, notre ambition s'est décuplée dès la seconde saison.

Nous savions que la qualité du groupe pouvait nous permettre de nous produire à des niveaux supérieurs. Depuis deux ans, l'ACM a rejoint la première division.

Exclusivement mahoraise depuis ses débuts, «hausse du niveau oblige», la formation s'est ouverte à d'autres communautés : «Sur les 27 licenciés, nous comptons un métropolitain et deux Maghrébins», informe Absoir Chanfi.

«Mais comme pour bon nombre d'associations sportives, le nerf de la guerre reste l'argent. Aujourd'hui, nous bénéficions de 1 200 € de subventions pour un budget de 3 500 €. C'est peu pour bien fonctionner.

Il est loin d'être un inconnu dans le milieu du ballon rond. Bien au contraire ! Ex-joueur de Marignane, Endoume, Luzenac (CFA) ou encore Sète (National), «Benni» s'est régulièrement illustré sur les prés de l'Hexagone. Et son passage au FACV fut d'ailleurs des plus remarqués.

Actuel milieu de terrain offensif de Perpignan-Canet (DH), après une infidélité d'une saison pour un contrat fédéral à l'USS Tamponnaise sur l'île de La Réunion (2011-2012), il est revenu dispenser sa science aux joueurs de l'AC Mahoraise.

Employé à la SADE depuis 2006, date de son arrivée en métropole, il fit partie du noyau dur qui décida la création de cette formation carcassonnaise. Dirigeant de la première heure, secrétaire lors des premières années d'existence, il a succédé cette saison au président Youssouf Nassur qui a assuré quatre mandats.

District. Quand les clubs ruraux pensent fusion, les Mahorais, eux, parlent création... La Harpe, Beauregard, Villejean, Bréquigny, ces noms évoquent des quartiers rennais mais aussi des stades qui résonnent, chaque dimanche après-midi, aux accents des footballeurs de Mayotte.

Club historique, fondé en 1995, l'AS Mahoraise sévit du côté de la Harpe et de Beauregard. Ali Saisilah préside aux destinées de l'association : « Il y a beaucoup de Mahorais ici, notamment des étudiants. Le football est notre sport favori. Trois clubs, c'est peut-être beaucoup, surtout qu'on se connaît tous, alors il faut partager les installations.

A Villejean, la Jeunesse Mahoraise devenue, cette saison Mayotte Ille-et-Vilaine, règne en maître sur le synthétique du stade du Berry. Moielevou Toulaibi a créé le club en 2010 après avoir longtemps oeuvré chez le voisin : « L'AS Mahoraise n'intégrait pas les jeunes. On a pris notre indépendance ».

Le club se veut aussi être un lien social : « On dépanne, on fait de l'entraide entre ressortissants de l'archipel. Notre force sportive, c'est l'assiduité aux entraînements et beaucoup de solidarité. Une seconde équipe est en projet, car tout le monde veut jouer.

A Bréquigny, c'est le petit dernier qui transpire un dimanche sur deux. Mayotte FC est né en septembre : « Nous sommes originaires de la même ville, Mtzamboro, et tous plus ou moins cousins. Au départ, il y avait le volley-ball mais, par la suite, certains joueurs ont voulu également pratiquer le football, le sport préféré des Mahorais », précise Mohamed Nassurdine, le correspondant du club.

En résumé, voici les informations clés sur ces clubs :

Club Création Stades Division Licenciés
AS Mahoraise 1995 La Harpe et Beauregard D1 et D5 40
Mayotte Ille-et-Vilaine 2010 Villejean-Berry D3 30
Mayotte FC 2012 Bréquigny D5 20

Carte de Mayotte

Le Basket-Ball à Mayotte: Défis et Perspectives

En février, autour de Christian Devos, la sélection mahoraise s’est retrouvée pour préparer les Jeux des Iles, programmés du 23 août au 3 septembre à Madagascar.

Le timing peut parfois être surprenant. Ainsi, il est cocasse de publier un article sur la confidentialité du basket mahorais le week-end, précisément, où dix U13 de l’île vont pouvoir se montrer lors du tournoi international de Pacé.

« C’est la première fois depuis trois ans que nos jeunes peuvent sortir », se réjouit le président de la ligue de Mayotte, Hakim Ali Abdou. « C’est le genre d’évènements que l’on recherche. » Car sinon, le basket local souffre d’une forme d’anonymat, renforcé par un conflit qui perdure avec la ligue de La Réunion.

Depuis 2021, plus aucun mahorais n’a accès au Pôle Espoir. « La Réunion refuse nos jeunes, sans aucune raison valable », fulmine Hakim Ali Abdou. « Ils disent qu’ils veulent que l’on participe financièrement mais on l’a toujours fait.

Ils ont promis qu’ils allaient reprendre des enfants mais deux ans après, on ne voit toujours rien. S’ils ne veulent pas de nous, qu’ils le disent clairement ! Récemment, leur CTS était censé venir observer nos jeunes mais il est juste venu se promener à Mayotte. Je pense qu’on lui a donné des consignes. On propose des choses, ils refusent et ne proposent rien de leur côté. Nous sommes coincés. »

Mise au courant de la situation, la fédération, par la voix du DTN Alain Contensoux, appelle à la résolution du problème et insiste sur le fait que les Mahorais ayant le potentiel doivent absolument intégrer le pôle.

Pourtant, les exemples récents de collaboration ont pu aboutir sur de belles réussites : ainsi, Maé Brouste, Mahoraise passée par le CREPS de La Réunion, a ensuite pu être admise au centre de formation de Basket Landes. « Mais elle y a été juste parce que sa grand-mère vit à La Réunion », tempère Hakim Ali Abdou.

« Nous avons monté un dossier en disant qu’elle était domiciliée là-bas. » Originaire de M’Gombani, Winston Daka (18 ans) a également pu rejoindre la pépinière d’Angers après avoir transité par La Réunion, tout comme Fayzat Djoumoi, ancienne pensionnaire de l’INSEP bientôt en finale du Trophée Coupe de France avec le CB Ifs (NF1), quelques années auparavant.

« Je me bats pour cette jeunesse là », clame Ali Abdou. « Il n’y a rien pour eux, pas d’ouverture. Sincèrement, c’est décourageant pour nos jeunes quand ils se rendent compte qu’il n’y aucune perspective à long terme pour eux. »

Le dirigeant exhorte les clubs professionnels à venir sur l’île ou à inviter des équipes mahoraises à des détections. « Notre basket est en train de se cloitrer, de s’isoler, et ce n’est vraiment pas bon.

Des jeunes comme Kadri, il y en a d’autres mais on nous oublie, personne ne vient les voir. Nous avons déjà soulevé le problème de la différence de visibilité avec les Antilles auprès de la fédération. On nous répond que c’est parce que les Antilles sont un vivier historique de l’équipe de France.

D’autant plus que les résultats des équipes seniors sont plutôt cohérents. Pour la première fois de son histoire, Mayotte est allé jusqu’en finale des Jeux des îles, l’équivalent local des JO, lors de la dernière édition en 2019.

Une médaille d’argent décrochée notamment grâce à une victoire sur le rival réunionnais en demi-finale… « Il y avait tellement d’intensité sur ce match-là », sourit le sélectionneur Christian Devos.

Président du BCM Gravelines-Dunkerque, le Nordiste est à la tête de l’équipe mahoraise depuis 8 ans, « après avoir dit oui pour dépanner ». De ses multiples aller-retour entre la Flandre maritime et l’Océan Indien pour encadrer des stages de jeune ou participer à la formation des entraîneurs, Devos retient « une vraie évolution du basket local » ces dernières années.

« La première fois que j’y suis allé, j’avais été bizarrement surpris car il n’y avait qu’une seule salle, très peu accessible. Tout se jouait dehors, avec les contraintes que ça implique.

En allant à l’intérieur de l’île, on voyait encore des gamins qui jouaient pieds nus. C’est beaucoup moins le cas maintenant avec des salles qui ont ouvertes ou ont été rénovées.

Le jeu mahorais est tout à fait spécifique : il y a du talent naturel mais ils n’ont pas de grande taille, c’est un réel inconvénient. En revanche, il y a beaucoup de jump et de verticalité : pratiquement tous les gamins vont dunker, même à 1,75 mètres.

En revanche, dans le jeu collectif, il y a très peu de structuration : c’est de la course, du dribble et du shoot. Du haut de ses multiples casquettes, Christian Devos tente également d’user de son influence afin de promouvoir la cause mahoraise à l’échelle nationale.

« J’en ai souvent parlé au DTN Alain Contensoux afin que soit organisé régulièrement des animations et de l’encadrement des coachs. Mais c’est toujours un problème car l’ensemble des cadres supérieurs détachés par la FFBB est pour la Réunion. Mayotte passe au second plan. La fédération n’est pas hostile mais le nombre de cadres est réduit. »

Et en attendant, malgré tous les problèmes politiques, avec ses 40 clubs et son statut de deuxième sport le plus pratiqué de l’île, le basket reste une fête à Mayotte.

En novembre, la finale de la Coupe a fait salle comble, à Pamandzi, devant un public chauffé à blanc. « C’était excellent, c’était grandiose », s’enflamme Hakim Ali Abdou en revenant sur cet affrontement remporté 74-70 par M’Tsapéré contre Labattoir. « Vautour - BCM, c’est notre classique à nous ! La finale du championnat est le 22 avril.

« Je vais déposer plainte la semaine prochaine contre Hakim Ali Abdou pour diffamation publique suite à ses propos dans la presse locale. Si c’était vrai, j’aurais fermé ma bouche mais tout est faux !.

Premièrement, le Pôle Espoirs de La Réunion n’est pas un pôle Océan Indien : il est subventionné à 100% par les collectivités réunionnaises pour intégrer des jeunes Réunionnais.

Malgré cela, nous avons quand même ouvert la porte à Mayotte quelques années en arrière en leur donnant la possibilité d’intégrer de 1 à 4 jeunes par an, sur des promotions de 15, via le dispositif « Jeune Talent Mahorais ».

Nous avons trois fois plus de licenciés que Mayotte mais nous avons quand même accepté de leur accorder quelques places. Malheureusement, nous sommes partis en conflit avec Mayotte car ils nous ont régulièrement laissé des chèques en bois.

La ligue devait simplement financer l’habillement et le déplacement des enfants pour les détections en métropole. Quand on leur a demandé de rembourser leurs dettes, ils l’ont fait via un nouveau chèque en bois !

Nous avons permis aux jeunes de poursuivre leur cursus, quand bien même nous avons tout payé à la place de la ligue mahoraise. Cela refroidit les relations… Mayotte a fini par mettre à jour ses dettes longtemps après.

Il y a eu un second fait avec un problème de discipline : une affaire de photos nues dans les vestiaires d’un jeune Mahorais diffusées par un autre Mahorais sur les réseaux sociaux. Il a été viré du processus sportif mais Mayotte n’a pas voulu le récupérer. On a géré, on a quand même gardé l’enfant.

Par conséquent, nous avons voulu mettre en place une convention de fonctionnement entre la fédération française et nos deux ligues. Nous avons demandé un interlocuteur sérieux pour le paiement des prestations et que la ligue de Mayotte puisse prendre en charge au prorata du nombre de Mahorais.

Une place au Pôle, c’est 4 650 euros que la ligue réunionnaise reverse par an au CREPS. S’il y a deux Mahorais, nous avons demandé à ce qu’ils payent deux fois 4 650 euros par exemple.

En attendant que la ligue de Mayotte se mette dans les clous, nous n’avons pas fermé la porte aux jeunes Mahorais. Par exemple, nous sommes en train de nouer un partenariat avec la ville de Mamoudzou. Nous avons seulement fermé la porte au dispositif JTM.

D’ailleurs, Maé Brouste est passée par le Pôle Espoirs sans être dans le cadre d’une convention. C’est faux de dire que c’est parce que sa famille était domiciliée à La Réunion. Elle vivait à Mayotte et est venue exprès à La Réunion faire un test et c’est uniquement quand elle l’a réussi qu’elle a été domiciliée chez sa famille ici.

On ne va pas empêcher des gamins d’atteindre le haut niveau parce qu’on a un conflit de personnes avec la ligue de Mayotte. L’être humain est ingrat : c’est un Pôle Espoirs uniquement Réunion, payé à 100% par les subventions Réunion et par la ligue de la Réunion, on ouvre quand même la porte et on nous reproche après de ne pas vouloir de Mahorais… C’est quand même le comble !

Et d’ailleurs, savez-vous qui a proposé qu’on réintègre les jeunes Mahorais ? En octobre 2021, lors de la réunion des Outre-Mer en marge de l’AG de la fédération, j’ai été le seul à proposer d’accueillir les jeunes Mahorais à la condition de la mise en place d’une convention. La ligue de Mayotte ne nous avait jamais re-sollicité !

À quand le prochain jeune Mahorais au Pôle ? À tout moment, dès la rentrée 2023 ou en 2024 ! Il n’y a pas de problème de notre côté, au contraire. L’année dernière, nous avons même envoyé notre Conseiller Technique Sportif à Mayotte pour faire une détection.

On leur a dit qu’il fallait des U12 ou U13 pour pouvoir entrer au Pôle Espoirs. Notre CTS, Émilien Bajat, tout à fait objectif car métropolitain d’origine, a vu seulement une quinzaine de jeunes, alors qu’il y a un peu plus de potentiel là-bas.

Et sur ces 15 jeunes, seuls 4 ou 5 jeunes avaient l’âge d’intégrer le Pôle. Tous les autres avaient dépassés la limite. Ce n’était absolument pas sérieux !

Malheureusement, les quelques éligibles n’avaient pas le potentiel mais tout a été fait pour envoyer des jeunes de Mayotte au Pôle : notre CTS s’est déplacé pour une détection, n’a pu voir que 5 jeunes susceptibles d’être pris et c’est à nous que l’on reproche les choses ?

Basket-ball à Mayotte

Ces témoignages mettent en lumière les défis persistants auxquels sont confrontés les jeunes basketteurs de Mayotte, notamment en termes d'accès aux structures de formation et de reconnaissance au niveau national. Malgré ces obstacles, la passion pour le basket-ball reste vive sur l'île, comme en témoignent les événements populaires tels que la finale de la Coupe à Pamandzi.

Jeux des îles : la détermination des basketteurs

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