Dans le monde du sport, la vitesse est un facteur déterminant, que ce soit sur l'eau, dans les airs ou sur un terrain de football. Cet article explore en détail la vitesse du ballon de football, les techniques pour l'optimiser et les records établis par les joueurs professionnels.

La Vitesse du Ballon : Un Objectif Clé
Qu'il s'agisse de football ou de golf, l'un des objectifs du sportif est de communiquer la plus grande vitesse initiale au ballon ou à la balle en un seul geste et avec sa seule force musculaire.
Dans ces deux sports, le ballon de football (400 grammes) ou la balle de golf (45 grammes) sont plus légers que la partie rigide qui les frappe (pied ou tête de club). Le projectile acquiert à la suite du choc une vitesse égale à celle de l’objet qui le frappe multipliée par un coefficient numérique. Il importe donc peu que ce soit le pied, ou l’ensemble pied-mollet, ou l’ensemble pied-mollet-cuisse, qui soit en mouvement au moment du choc. Il faut en revanche une vitesse maximale.
Techniques pour Maximiser la Vitesse
Pour ce faire, les footballeurs comme les golfeurs utilisent un dispositif mécanique des plus efficaces : une succession de deux bras articulés (os des membres et éventuellement club ou raquette) qui tournent librement l’un par rapport à l’autre. Observons un coup franc. La jambe du tireur est repliée, le pied nettement ramené vers l’arrière. Au cours du mouvement, la cuisse tourne autour de la hanche. La jambe se déplie en fin de mouvement de sorte qu’au moment de l’impact avec le ballon, elle est presque droite (voir la figure 2). Il en est de même pour le swing du golfeur : bras et club sont bien alignés lors de la frappe de la balle.
Cette technique est-elle optimale ? Il est inutile de garder la jambe tendue durant tout le mouvement, puisque seule compte in fine la vitesse du pied. Accélérer toute la jambe serait un gaspillage d’énergie. On peut comparer une jambe tendue à une catapulte.
Pour des performances bien supérieures à celles de la catapulte, il faut se tourner vers le trébuchet, pièce d’artillerie médiévale capable d’envoyer à 200 mètres des boulets de 100 kilogrammes. Cette arme de jet est constituée d’un contrepoids de quelques tonnes qui actionne une verge à laquelle sont accrochées des cordes. Ces dernières tiennent une poche qui contient le projectile.
Lorsque le contrepoids, en position haute, est lâché, sa chute fait basculer la verge et accélère l’ensemble de l’équipage en bloc. L’articulation entre la verge et la « fronde » étant libre, la force centrifuge qui s’exerce sur le boulet fait tourner la fronde autour de cette articulation. L’ensemble est alors réglé pour libérer le boulet lorsque fronde et verge sont alignées. Pourquoi ce dispositif articulé est-il si efficace ?
Imaginons que l’on délivre une certaine quantité d’énergie à la première barre, la seconde étant repliée. À cause de la force centrifuge, la seconde barre est accélérée. Elle tire son énergie de la première barre qui, elle, ralentit. Par un choix judicieux des masses et des longueurs, la vitesse de la première barre peut s’annuler lorsque les deux barres sont alignées. À cet instant, la seconde barre accapare toute l’énergie initiale et, si elle est bien plus légère que la première, sa vitesse de rotation sera beaucoup plus élevée.
Comment le footballeur obtient-il un tel résultat ? Dans la première phase du mouvement, il maintient sa jambe fléchie et l’angle cuisse-mollet est presque fixe : le couple musculaire accélère efficacement l’ensemble, car le moment d’inertie par rapport à la hanche est réduit. Pendant ce temps, la force centrifuge s’accroît et tend à ouvrir l’angle cuisse-mollet. Il arrive un instant où cette force contrebalance l’inertie du mollet.
Si le joueur relâche à ce moment les muscles qui gardent la jambe fléchie, le mollet est fortement accéléré. Un joueur entraîné peut même retarder le moment où il lâche complètement sa jambe, et ainsi favoriser le transfert de moment cinétique de la cuisse au mollet. La comparaison avec le mouvement du trébuchet permet de comprendre pourquoi il n’est pas nécessaire de faire un effort pour tendre la jambe : il suffit de contrôler une extension qui se produit naturellement. Ainsi, avant le ballon, c’est son pied que le footballeur doit imaginer lancer !
La mécanique d’un swing de golf ou d’un service au tennis est similaire. Les efforts sont déployés au niveau du tronc et des bras. En revanche, les poignets doivent rester relâchés et se contenter de contrôler la position et l’orientation de la face du club ou de la raquette, il ne s’agit pas de céder de l’énergie.
Vitesses Impressionnantes dans d'Autres Sports
Il est intéressant de noter que des vitesses impressionnantes sont également observées dans d'autres sports :
- Tennis : Une balle flashée à 263 km/h lors d'un tournoi challenger de Busan, en Corée du Sud.
- Baseball : Des vitesses similaires à celles des lanceurs de baseball sont atteintes.
- Hockey sur glace : Un palet peut atteindre des vitesses inouïes, nécessitant une grande habileté des joueurs.
En 2007, une petite balle blanche est partie à 328 km/h, établissant un record du monde.
Zdeno Chara a enregistré un record de vitesse à 174 km/h lors des épreuves d’habileté au All-Star Game en 2012.
La Vitesse au Football : Plus qu'une Simple Frappe
Outre l’aspect technique, tactique et l'intelligence de jeu, la vitesse est une caractéristique essentielle du football. La vitesse signifie courir vite et être vif, car certains joueurs sont explosifs sur de courtes distances, tandis que d’autres ont besoin de plus d'espace pour atteindre leur pleine puissance.
Les footballeurs professionnels communiquent au ballon une vitesse pouvant aller jusqu’à 120 ou 130 kilomètres par heure. Pour réaliser cet exploit, ils effectuent un mouvement bien spécifique, où tout l’effort est exercé au niveau de la cuisse et bien avant la frappe. Quand le pied entre en contact avec le ballon, la jambe est tendue et ses muscles pratiquement relâchés.
Les statistiques nous indiquent que les joueurs parcourent une distance moyenne de sprint (≥ 24 km·h-1) de 250 mètres en moyenne par match, avec des joueurs atteignant des vitesses maximales de l’ordre de 32 km·h-1. Les joueurs de football sont également tenus de faire environ 60 séquences de sprint par match tout en effectuant plusieurs changements de direction et plusieurs actions de saut.
Le travail de vitesse se fait en qualité et non en quantité, c’est très important de bien cerner ce point. Il s’agit d’une réaction à un signal qu’il soit sonore (coup de sifflet par exemple) ou visuel (couleur d’un drapeau). Lors du travail de ce type de vitesse, il est stratégique, primordial de varier les types de signaux !
La quasi-majorité des sprints du footballeur se font sur des petites distances (<20-25 m). Cela ne sert donc quasiment à rien de travailler sur des distances supérieures à 25m excepté pour les arrières latéraux.
Entraînement et Amélioration de la Vitesse
Être capable de produire à la fois de la force rapidement et des puissances musculaires élevées sont considérées comme étant parmi les caractéristiques de performance physique les plus importantes, en particulier dans les activités qui reposent sur des répétions de sauts, de changement de direction et/ou de vitesse. C’est le cas du Football soumis à de nombreuses séquences de mouvements qui nécessitent des capacités à effectuer des actions « explosives » telles que des accélérations ou des décélérations, des sprints et des sauts selon les postes occupés sur le terrain.
L’entraînement de la force est souvent assimilé voire réduit à l’augmentation de la masse musculaire. Même si cela est en partie vrai, il n’en reste pas moins que la topographie de la force présente d’autres aspects tels que la force « explosive », la force endurance, la force vitesse etc. correspondant chacune à des qualités musculaires différentes qu’il est possible d’entraîner spécifiquement en Football.
L’un des domaines en préparation physique moderne qui connaît un renouveau est l’entraînement dit fonctionnel. Ce dernier vise à intégrer les besoins et les contraintes de la situation sportive dans l’environnement d’entraînement afin d’améliorer l’efficacité de l’entraînement.
En pratique, l’entraînement fonctionnel implique un panel de mouvements à base d’exercices en chaîne cinétique (ensemble de muscles mis en jeu), de mouvements balistiques tels que le lancer de ballons lestés ou encore d’activités d’équilibre dynamique faisant appel à des qualités de proprioception et de gainage.
Au contraire des entraînements de musculation plus traditionnels, dits analytiques, qui se concentrent sur un ou plusieurs muscles en les isolant, le travail fonctionnel prend en compte toute la chaîne musculaire et les articulations. Les membres supérieur et inférieur travaillent conjointement et non de façon isolée.
Le travail fonctionnel peut s’effectuer sous forme d’ateliers (type circuit training), au poids du corps (exercices sans matériel) ou avec divers accessoires (bandes élastiques, supports instables, poids, sangles, etc.) et machines spécialisées.
Une performance réussie exige des aptitudes physiologiques et cognitives dépendantes ou liées les unes aux autres. Obtenir des adaptations neuromusculaires spécifiques aux formes de mouvement du footballeur exige le contrôle de deux types d’effort : l’effort physique et l’effort mental.
Un stimulus d’entraînement clé est la nature de la commande motrice et les modèles d’activation des unités motrices qui en résultent associés aux mouvements à grande vitesse.
L’approche de la méthode d’entraînement fonctionnelle décrite est conçue pour améliorer la spécificité des adaptations physiologiques sous jacentes aux types de mouvements à produire, et non pour améliorer les capacités perceptives et cognitives. L’entraînement fonctionnel n’est pas exclusif. D’autres méthodes de développement de la force sont nécessaires pour atteindre d’autres objectifs en termes d’adaptations musculaires, comme l’augmentation de la taille du muscle, qui sont des éléments constitutifs de la performance fonctionnelle.
Les différents marqueurs du mouvement du Footballeur (cognitifs, physiologiques, neuromusculaires, sensori-moteurs) constitueraient ainsi une carte comportementale contribuant à la précision des prédicteurs diagnostics de la performance.
AVOIR UNE GROSSE FRAPPE AU FOOT ! | 6 CONSEILS
Analyse Comparative de la Vitesse chez les Joueurs
Une étude récente a examiné la capacité du Test Intermittent de Performance en Sprint (TIPS) à différencier deux niveaux de pratique chez des joueurs amateurs régionaux et professionnels nationaux.
Vingt-quatre footballeurs (12 régionaux, 12 nationaux), âgés de 18 à 30 ans et sans blessure récente, ont été évalués. Le protocole TIPS comprend cinq segments consécutifs : ligne droite, courbe, slalom avec ballon, accélération, tir. Chaque joueur a réalisé deux séries de trois sprints continus (sans puis avec ballon), entrecoupés de récupérations standardisées.
Les performances des athlètes ont été comparées entre le niveau régional et le niveau national selon plusieurs paramètres :
- Temps SB (sans ballon) : Plus court chez les nationaux (3,90 ± 0,10 s) que chez les régionaux (4,10 ± 0,15 s) (p < 0,01).
- Temps B (avec ballon) : Respectivement de 4,30 ± 0,20 s et 5,00 ± 0,25 s (p < 0,001).
- Temps total : 7,90 ± 0,25 s pour les nationaux contre 9,10 ± 0,30 s pour les régionaux (p < 0,001).
- Vitesse moyenne : 28,66 ± 1,1 km/h pour les nationaux contre 22,35 ± 1,2 km/h pour les régionaux (p < 0,001).
- VMA : 19,0 ± 1,2 km/h pour les nationaux contre 16,0 ± 1,0 km/h pour les régionaux (p < 0,001).
- ASR (Réserve de Vitesse Anaérobie) : 8,55 ± 0,8 km/h pour les nationaux contre 7,57 ± 0,9 km/h pour les régionaux (p = 0,02).
Les professionnels présentent des temps plus courts, une vitesse moyenne, une VMA et une ASR plus élevées, reflétant une meilleure tolérance à l'intensité sans perte de performance technique. Ces différences pourraient être liées à une planification d'entraînement plus ciblée et intensive à haut niveau.

Records de Vitesse du Ballon de Football
Voici quelques records de vitesse impressionnants enregistrés dans le monde du football :
| Joueur | Vitesse (km/h) | Année |
|---|---|---|
| Hami Mandirali | Inconnue | Inconnue |
| Robben | 211 | Inconnue |
| Ritchie Humphreys | 154,3 | Inconnue |
| Obafemi Martins | 135 | Inconnue |
| Roberto Carlos | 137,5 | 1997 |
| CR7 | 132 | 2014 |
Il est important de noter que la vitesse du ballon dépend de plusieurs facteurs, notamment de la technique du joueur et de l'absorption de l'énergie par le ballon.