Violences et Incidents après la Victoire du PSG en Ligue des Champions

La victoire du Paris Saint-Germain (PSG) en Ligue des Champions a été ternie par de graves incidents survenus dans plusieurs villes de France. Cet article revient en détail sur les événements, les interpellations, les réactions politiques et les mesures prises par les autorités.

Un bilan humain particulièrement lourd a marqué la nuit du samedi 31 mai au dimanche 1er juin, suite à la victoire du Paris Saint-Germain (PSG) sur l’Inter Milan à Munich (Allemagne). Un homme de 17 ans a été poignardé à mort à Dax (Landes), près de la place de la Fontaine chaude où s’étaient réunis les supporteurs. Quatre personnes ont été blessées - dont deux grièvement et une victime dont le pronostic vital reste engagé - après avoir été fauchées par un véhicule à Grenoble. Ces violences se sont poursuivies la nuit suivante, avec 79 interpellations à Paris.

Emmanuel Macron a déclaré que « rien ne [pouvait] justifier ce qu’il s’est passé ces dernières heures. (…) Nous poursuivrons, nous punirons, on sera implacables », avant d’adresser ses félicitations aux joueurs du PSG dans la salle des fêtes de l’Elysée. Un motocycliste de 23 ans, employé dans un restaurant parisien, est également mort après que son scooter a été percuté par une voiture dans le 15e arrondissement de Paris. Les premières constatations ne permettent pas encore de déterminer si l’accident est en lien direct avec la fête dans les rues de la capitale.

Les journalistes ont posé leurs caméras au 6e étage où s’est installée la 23e chambre correctionnelle. Dans la 23-1, ils occupent pas moins de trois bancs. 13 h 38 : c’est une loi quasi immuable, les audiences convoquées à 13 h 30 ne commencent jamais à l’heure. L’huissier demande un peu moins de bruit et enjoint de couper les portables ; il précise au public qu’il devra adopter une attitude neutre.

Voici qu’entre dans le box Aurélien, 20 ans, le crâne rasé sur les tempes, un peu de poil aux joues, au menton et au-dessus de la lèvre, selon la mode des adolescents de banlieue. La justice le poursuit pour détention de mortiers d’artifice, ce qui a été interdit en raison de la finale par un arrêté du 28 mai, et pour avoir tiré en direction des CRS, place de la Concorde dans la nuit de samedi à dimanche. Il n’y a pas eu de victimes, et donc pas de constitution de partie civile.

Le procureur, visiblement inspiré, a déclaré : « Rappelez-vous du contexte. On est place de la Concorde ! À un moment de joie, où les gens viennent manifester ensemble la victoire d’une équipe, Monsieur fait deux choses interdites, il détient des objets détonants et il tire sur la première force de sécurité du pays à flux tendu. Quand on va faire la fête et qu’on tire sur les policiers et qu’on brise des vitrines en se filmant, où est la concorde ? Les victimes (NDLR : la police) sont en train de faire leur boulot, Monsieur, et c’est le contribuable français qui va devoir payer !

Lorsque le tribunal revient à 18 heures, après une interruption d’une heure pour délibérer sur les premiers dossiers examinés, il déclare le prévenu coupable des faits reprochés, et le condamne à trois mois de sursis simple. La présidente précise que le tribunal est en-dessous des réquisitions au sens où les TIG sont une alternative à la prison et qu’il n’a pas voulu aller jusque-là. La présidente se fait pédagogue à l’égard du prévenu : s’il ne commet pas de nouveau délit pendant cinq ans, ça restera une mention au casier, mais si une peine ferme est prononcée durant cette période, les trois mois se transformeront en peine effective et il faudra les faire.

Le troisième prévenu de la journée poursuivi en raison des événements du week-end entre dans le prétoire de la 23-1 à 18 h 54. À la 23-2 on en a jugé un deuxième en milieu d’après-midi (voir ci-dessous). « C’est un dossier pas épais et pas compliqué, commente la présidente. À 00 h 50, vous avez été arrêté avenue de la Grande Armée pour violences sur les forces de l’ordre. Vous avez lancé un gros mortier d’artifice droit vers les gendarmes ».

Âgé de 21 ans, célibataire sans enfants, Brahim habite chez ses parents, à Colombes. Il a son Bac et un CAP en électricité, mais c’est le médical qui l’attire. Depuis bientôt un an, il suit une formation d’aide-soignant, il est en stage en HP. Boursier. Aucune addiction connue, il pratique la boxe thaïlandaise. « Monsieur semble un peu immature, l’effet de groupe a dû jouer » note l’inspecteur de personnalité.

Le procureur ne s’en laisse pas conter et relève le lapsus du prévenu à l’audience « j’ai tiré à leur hauteur » alors qu’il voulait dire « en hauteur ». L’avocate prend la parole et montre les deux rangées du public où sont assis tous les membres de sa famille, sa mère, ses sœurs, ses cousins. Selon elle, la violence aggravée n’est pas constituée. « Il dit qu’il a tiré, mais visé en haut, qu’il ne voulait pas les toucher. Il veut montrer qu’il est fort, impressionner la foule. Arrive-t-il dans cette manifestation pour se faire du policier ? Non. Malheureusement, il prend le mortier, mais son intention n’est pas de faire du mal, il ne sait même pas comment ça fonctionne ».

À la victoire du Paris-saint-Germain en Ligue des champions, samedi soir, a succédé une grande célébration festive, une certaine pagaille et de nombreux incidents. En ont résulté l’interpellation de 563 personnes, parmi lesquelles 323 ont été placées en garde à vue. Le dimanche au soir, on dénombrait 202 gardes à vue, dont 104 ayant fait l’objet d’une prolongation.

Le premier comparaît entre deux SDF toxicomanes suppliant le tribunal de ne pas les « renvoyer » en prison. Bayo, essuie ses mains moites sur son jeans, s’éclaircit la gorge et accepte « d’être jugé aujourd’hui », comme le lui a procéduralement demandé la présidente du tribunal. Il a 22 ans, il suit un Master 1 en alternance, vit chez ses parents en Seine-et-Marne et n’a pas de casier judiciaire. Il n’est même pas inscrit au TAJ (traitement des antécédents judiciaires). Il est interpellé à 1 h 50, le dimanche 1ᵉʳ juin, sur l’avenue Foch, après avoir été vu et identifié par les policiers en train de procéder à un tir de mortiers d’artifice.

Sur le téléphone du jeune homme, en ouvrant l’application Snapchat, les policiers ont trouvé des vidéos de personnes allumant et tirant des mortiers d’artifice. « Vous avez conscience que vous pouvez blesser gravement les policiers ? On ne peut pas tirer sur des policiers par curiosité », lui rappelle le procureur.

Deux jours après la victoire du PSG en finale de la Ligue des champions, les stigmates des incidents qui se sont produits à l'issue du match sont encore visibles porte de Saint-Cloud à Paris. Des passants s'arrêtent devant les carcasses de voitures et de vélos qui trônent toujours au niveau du rond-point. "C'est très choquant", regrette Farida qui a longtemps habité le quartier.La voiture a été incendiée dans la nuit de dimanche à lundi en marge des célébrations à Paris de la victoire du PSG face à l'Inter Milan à Munich.

Au total, il y a eu 570 interpellations dans Paris et sa petite couronne depuis samedi (491 dans la nuit de samedi à dimanche et 79 dans la nuit de dimanche à lundi). De nombreux vélos ont été renversés. Juste à côté, l'arrière de la carrosserie d'une deuxième voiture a fondu. Les riverains prennent des photos de ces véhicules noircis. "C'est malheureux, aujourd'hui on ne sait plus s'amuser à part dans la violence", poursuit Farida.

Dans ce bureau de tabac, un peu plus loin boulevard Murat, pas le choix, il a fallu fermer plus tôt que prévu samedi et dimanche. "Parce qu'on savait qu'après ça allait être une catastrophe, un tabac, c'est ce qu'ils vont attaquer en premier", déplore la buraliste. "De nombreux bars et restaurants ont eu leurs vitres brisées, les terrasses détruites sans compter la fermeture obligatoire. Qui va payer ? ", demande sur X Franck Delvau, le président de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie.

Soixante-dix-neuf personnes ont été interpellées dans la nuit de dimanche à lundi en marge des célébrations à Paris de la victoire du PSG en Ligue des champions, a indiqué ce lundi le préfet de police de Paris Laurent Nuñez.

Le premier sacre européen du PSG en Ligue des champions a été marqué par la mort de deux personnes en marge des festivités, et par de nombreux incidents. Le préfet de police de Paris Laurent Nuñez a d'ailleurs jugé ce dimanche lors d'un point presse que la gestion des événements n'était "ni une réussite, ni un échec", reconnaissant "des dégradations", tout en saluant que de nombreuses "exactions" ont pu être empêchées. Sur le plan humain, à Dax, un adolescent de 17 ans est mort après avoir reçu des coups de couteau, alors qu'il participait à un rassemblement célébrant le titre du PSG, tandis qu'à Paris, un jeune homme en scooter a succombé à ses blessures après avoir été percuté par une voiture.

Le bilan de la nuit n'est « ni une réussite, ni un échec », a estimé le préfet de police de Paris, Laurent Nunez.A Dax, un mineur de 17 ans a été tué à coups de couteau, lors d'un rassemblement pour célébrer le sacre du club parisien contre l'Inter Milan, tandis qu'à Paris, dans le 15e arrondissement de la capitale, un jeune homme de 20 ans à scooter a été percuté par une voiture et a succombé à ses blessures.A Grenoble, quatre personnes d'une même famille ont été blessées, dont deux grièvement, après qu'une voiture a heurté la foule célébrant la victoire du PSG. A Coutances, dans la Manche, un policier a été placé en coma artificiel après avoir été blessé par un tir de mortiers d'artifice.

Près de 560 interpellations, la plupart à Paris. Il y a eu 559 interpellations dont 491 à Paris. Elles ont conduit à 320 gardes à vue dont 254 dans la capitale. Le périphérique a été brièvement envahi juste après la fin du match tandis que des échauffourées ont eu lieu sur les Champs Elysées et vers le Parc des Princes. Il y a eu beaucoup de dégâts matériels.

Bruno Retailleau, le ministre de l'Intérieur et nouveau patron des Républicains (LR) , a dénoncé sur X « des barbares […] venus dans les rues de Paris pour commettre des délits et provoquer les forces de l'ordre ». Dimanche, en amont de la parade des joueurs du PSG sur les Champs Elysées, Bruno Retailleau a affiché sa fermeté. « Nous ne supporterons aucune exaction ce soir : la consigne a été donnée aux forces de sécurité intérieures d'intervenir systématiquement, immédiatement, dès lors qu'ils pourraient constater des violences », a-t-il indiqué à la presse.

Lors de la réception des joueurs à l'Elysée, Emmanuel Macron a ensuite condamné des incidents « inacceptables ». Antoine Léaument, député de la France Insoumise (LFI), a accusé les forces de police d'avoir tiré des gaz lacrymogènes sur une foule pacifique. A l'inverse, le Rassemblement national (RN) a dénoncé un « fiasco ». « Le risque sécuritaire de cette soirée a été manifestement sous-estimé, et le dispositif sous-dimensionné. Paris est livrée aux émeutiers. Bruno Retailleau évoque des « barbares » dans les rues de Paris : nous avons ce soir la démonstration supplémentaire que les mots, même durs, ne remplaceront jamais l'action. Il devra s'expliquer sur ce fiasco », a dénoncé sur X Jordan Bardella, le président du parti à la flamme.

Heurts, pillages, dégradations, sont à déplorer après la victoire historique du Paris-Saint-Germain en ligue des Champions. Si l'essentiel des violences se concentre à Paris, des incidents graves ont eu lieu dans d'autres régions.

Plusieurs boutiques ont subi d'importants dégâts, dans la foulée des célébrations d'après-match. Les 4500 policiers et gendarmes déployés pour l'occasion ont tenté de limiter la casse, principalement autour du stade du Parc des Princes et des Champs-Élysées. Jets de projectiles contre grenades lacrymogènes. Le périphérique a été envahi et bloqué par des groupes de supporters, systématiquement délogés par les forces de l'ordre. Mais certains ont profité de la pagaille ambiante pour commettre des délits, comme ces hommes filmés alors qu'ils tentaient de dérober une moto à son conducteur.

Deux personnes ont été tuées : un homme à scooter renversé par une voiture de supporters dans la capitale, et un jeune de 17 ans poignardé à Dax. On compte 192 blessés dans toute la France, dont un policier à Coutances (Manche). Touché à l'œil par un tir de mortier, il a été plongé dans un coma artificiel. Les forces de l'ordre ont procédé à 559 interpellations au cours de l'année, pour l'essentiel à Paris et en périphérie, selon un bilan encore provisoire.

Depuis, des internautes affirment que ces incidents ont dépassé tout ce qui s'était produit auparavant. Certains partagent sur X une photo de la fête après le sacre de la France en finale de la Coupe du monde en 1998, uniquement des scènes de liesse, pas de heurts, et en comparaison une photo des incidents du week-end. Mais la porte-parole du gouvernement Sophie Primas, elle, assure exactement le contraire. "Malgré les images et malgré les exactions qui sont réelles, les violences ont été inférieures à celles de d'habitude, sur d'autres gros phénomènes comme ça, populaires", a-t-elle affirmé sur France 2 lundi 2 juin. Qui dit vrai ?

Précisément, contrairement à ce que la mémoire collective semble avoir retenu, le soir de la victoire française en finale de la Coupe du monde de 1998 a été marqué par de gros incidents. Cette nuit-là, deux voitures ont percuté des policiers et des fêtards sur les Champs-Élysées à Paris. Quelques jours plus tard, l'un des blessés a succombé à ses blessures, rapportait Le Monde. Cette nuit-là, il y a aussi eu des pillages et une trentaine d'interpellations. Les forces de l'ordre avaient dû charger pour vider les Champs-Élysées.

On peut aussi citer le soir de la deuxième victoire de la France en finale de la Coupe du monde en 2018. Bilan de la soirée selon Le Monde et le Journal du Dimanche : deux morts, près de 300 gardes à vue - à peu près comme ce week-end - et là aussi des pillages. Mais l'exemple le plus frappant est celui du soir de la victoire française en demi-finale de la Coupe du monde de 2006. Six morts le soir même et un septième des suites de ses blessures. Il s'agit en grande partie d'imprudence de fêtards, mais aussi de rixes, selon le Nouvel Obs. Sept morts, c'est le bilan le plus lourd des célébrations que nous avons observées ces 30 dernières années.

Ainsi, on ne peut pas dire que les incidents qui ont éclaté le soir de la victoire du PSG en Ligue des Champions ont été plus graves que par le passé. Ces violences après une victoire sont "tristement habituelles", comme le titre le HuffPost.

Réactions Officielles

  • Laurent Nuñez (Préfet de Police de Paris): A nié tout "grave dysfonctionnement" dans le dispositif de sécurité, tout en reconnaissant des dégradations.
  • Bruno Retailleau (Ministre de l'Intérieur): A dénoncé des "barbares" venus commettre des délits et provoquer les forces de l'ordre.
  • Emmanuel Macron (Président de la République): A condamné des incidents "inacceptables" et promis une réponse implacable.

Le député Michael Taverne (Rassemblement national) a dénoncé l'action "de sauvages et de racailles totalement décivilisés". De son côté, Céline Hervieu (Socialistes) a reproché à Laurent Nuñez d'avoir "un tout petit peu minimisé l'angle des violences sexistes et sexuelles qui ont eu lieu".

Tableau Récapitulatif des Incidents et Interpellations

Type d'Incident Nombre
Interpellations à Paris (nuit de samedi à dimanche) 491
Interpellations à Paris (nuit de dimanche à lundi) 79
Gardes à vue prolongées 120
Classements sans suite 91

Les dégâts sont nombreux après les incidents qui ont eu lieu samedi et dimanche soir à Paris suite aux célébrations de la victoire du PSG en Ligue des champions.

Le dispositif, construit avec l'ensemble des équipes de la Préfecture de police de Paris, a été validé par le ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, le 23 mai. "C'était un dispositif robuste qui a dû faire à des incidents là où nous les attendions", a soutenu Laurent Nuñez. "Si les choses étaient à refaire, on reprendrait le même dispositif", qui a "permis d'éviter de nombreuses exactions et de nombreuses violences", a-t-il déclaré.

Sacre du PSG en Ligue des champions : la fête gâchée par des dégradations et des violences |TF1 INFO

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