Vincent Blasco-Baque est un homme aux multiples casquettes. Ce Toulousain est à la fois chirurgien, enseignant-chercheur et arbitre de Top 14. La semaine, on le retrouve au CHU Rangueil. À la fois enseignant, chirurgien, chercheur et arbitre, le Toulousain a l’habitude de jouer sur différents terrains.

Ancien joueur de rugby, Vincent Blasco-Baqué a fait ses classes au Stade Toulousain. Après avoir tranché pour les études, ce mordu de rugby, n’a pourtant pas laissé son sport de côté. « J’avais vécu des superbes histoires en tant que joueur. Je ne pouvais pas simplement regarder des matchs à la télévision.
Un Arbitre Passionné
Pour Vincent Blasco-Baque, « le rugby, c’est une religion. C’est dans mes veines, j’ai ce sport dans le sang ».
Rencontre avec Vincent Blasco-Baqué
Le premier baptême de Vincent Blasco-Baqué au sifflet sur un terrain de Top 14 arrive dans une situation assez tragique. Le 8 mars 2013, l’arbitre international Mathieu Raynal se fait faucher. Pour terminer le match, le sifflet revient au premier arbitre de touche qui est Vincent Blasco-Baqué. « On n’a pas le temps de réfléchir. Ce sont mes premières minutes en tant qu’arbitre de Top 14, je n’ai pas le choix. Je dois assurer la fin du match.
Quelques années après cet épisode, Vincent Blasco-Baqué a été officiellement promu pour siffler l’élite du rugby français. La commission arbitrale de la FFR et de la LNR a communiqué la liste des officiels retenus pour la vingtième journée de Top 14. Monsieur Blasco-Baque est déjà de retour au Michelin.
Déjà au sifflet de la rencontre face à l’Aviron Bayonnais, lors de la 3ème journée de TOP 14 et assistant sur les réceptions de Toulouse et le Racing 92, le Haut-Garonnais, Monsieur Vincent Blasco-Baque viendra samedi au Michelin pour la quatrième fois de la saison. Après avoir été arbitre-assistant sur la réception du Stade Toulousain ainsi que samedi dernier face au Racing 92, l’arbitre du Comité Occitanie dirigera la rencontre entre les Clermontois et les Rochelais, samedi à 16h30 dans un Michelin à guichets fermés.
Concilier Rugby et Carrière Médicale
En plus des cours, ses recherches ou ses consultations, le chirurgien-dentiste prend aussi du temps pour sa préparation physique. « Ça nécessite de l’organisation. Je m’entraîne entre midi et deux.
« Mon métier de soignant me permet d’être un meilleur arbitre. Et siffler, me permet d’être un meilleur praticien. Avec son expérience au CHU, mais aussi sur le terrain, Vincent Blasco-Baqué s’amuse à retrouver certaines similitudes dans ses différentes professions. « Que l’on soigne ou que l’on siffle, il doit y avoir une prise d’information, une analyse, une hiérarchisation, mais aussi une décision.

À la clinique ou sur le terrain, certaines situations l’inspirent. Comme une fois, en plein match où il s’interroge sur le protège-dents d’un des joueurs. « J’ai vu les différents motifs et coloris. Je me suis dit pourquoi pas adapter des protège-dents originaux également pour mes patients », sourit le Toulousain.
Engagement Pendant la Crise Sanitaire
Rappelant qu'il n'est "pas arbitre professionnel", Vincent Blasco-Baque se concentre en attendant sur ses activités professionnelles. Ainsi, il assure les urgences au CHU de Toulouse comme dentiste, "mon premier métier". "On ne soigne que les patients douloureux et infectés. Dans notre service, l'odontologie, on a réduit l'activité pour dégager du temps pour que les infirmiers, les aides-soignants puissent être redistribués dans les services d'urgences liés à la crise du Covid", explique-t-il.
Tous les jours, cette activité l'expose beaucoup au virus, mais il ne s'en inquiète nullement. "Il y a un parcours particulier pour protéger le patient et le praticien. On arrive à soigner nos patients avec des protections", résume-t-il.
La Recherche et l'Arbitrage : Un Lien Inattendu
La réduction du temps des soins dentaires lui laisse plus de temps pour son autre activité, celle de chercheur dans une unité de l'INSERM des maladies métaboliques. Il y étudie le rôle des micro-organismes présents dans la bouche et leur impact sur la santé en général. "On étudie tous les patients qui passent à l'hôpital pour comprendre comment leur bouche peut contribuer à leur santé. Et notamment les bactéries. Et là on rejoint la problématique du coronavirus", explique-t-il.
Aux yeux du passionné Vincent Blasco-Baque, la recherche, le soin et l'arbitrage se rejoignent car toutes les trois dénotent l'envie de "découverte", "de la nouveauté". "On me pose la question: avez-vous peur en soignant? Il y une mise en danger. Mais c'est aussi une démarche intellectuelle qui fait qu'on fait quelque chose de passionnant. La recherche et soigner, c'est être confronté à une activité nouvelle, à une personnalité nouvelle à chaque fois. Or l'arbitrage c'est la même chose. Un arbitre, c'est un homme, face à 30 joueurs. Vous vous trouvez au milieu. Et il faut trouver les solutions les plus justes possibles".
Depuis cette rencontre, l'arbitre a continué à s'entraîner. Et ce n'est pas le confinement mi-mars qui a changé ses habitudes car depuis, il suit à la lettre les "consignes du préparateur physique mis à la disposition des arbitres par la fédération". Aussi, il se sent "prêt" à reprendre dès qu'on le lui demandera. "Si ça reprend, on sera les plus heureux du monde", affirme-t-il. "La vraie question, c'est quand? En tout cas, nous les arbitres, nous sommes prêts et on y va comme ils veulent".