L'Histoire du Rugby à Villefranche-de-Rouergue

Villefranche-de-Rouergue, une charmante bastide aveyronnaise de 12 000 habitants, est reconnue pour la qualité de sa pierre et son histoire.

Les équipe les plus titrés de l'histoire du rugby

Outre son patrimoine, cette cité se distingue également par ses nombreuses associations sportives, dont un club de rugby à XIII qui a largement contribué à la notoriété de la ville.

Villefranche-de-Rouergue, Place Notre-Dame

Le Rugby à XIII : Une Discipline Phare

Dans cette bastide aveyronnaise, le rugby à XIII est la discipline phare. Unique en Aveyron, le club des Loups de Villefranche-de-Rouergue fait vivre le rugby à XIII dans le département. Depuis 67 ans très exactement, sans discontinuer, avec passion, quelques fois avec difficulté mais toujours avec ce bel esprit de continuité qui anime un réel héritage sportif.

Jadis, il a évolué au plus haut niveau national et se flatte d’avoir conquis trois titres nationaux au sein de l’Élite 2. En 2016, les juniors du club sont devenus champions de France nationaux, le dernier titre de champion de France des seniors remonte à 2009 (DN1), «il serait agréable d'en conquérir un prochain de nouveau», espère Nicolas Alquier comme la meilleure des publicités pour ses Loups.

Pour les Villefranchois, leur place dans l'élite 2 leur convient parfaitement. «Nous avons un budget de 300 000 € de fonctionnement, monter reviendrait à devoir l'accroître avec des difficultés à le réunir.»

Les Loups : Un Symbole Ancré dans le Terroir

«On a choisi cet emblème le jour où la fédération a demandé à chaque club de se définir un symbole. Cet animal nous a plu pour son lien avec le Gévaudan, le Rouergue. Ce choix nous a permis de revendiquer nos racines du terroir aveyronnais.» Aussi, les Loups sont fortement attachés à leur terroir. «Nous avons besoin de ce lien car, au-delà de l'aspect économique, il y a une passion commune à se battre pour vivre avec notre temps. D'ailleurs, le club villefranchois trouve une réelle satisfaction à «voir la fédération évoluer vers une plus grande médiatisation de notre sport qui mérite de sortir de l'ombre dans laquelle il a été plongé.»

Aussi, dans le milieu du rugby à XIII, l'image des Loups est celle de la concordance entre des actes et un discours. «Ensuite, nous aimons la compétition.»Une affirmation qui induit que les ambitions sportives sont là bien présentes. Riche, étalée dans le temps, on se doit de parler d'un héritage qui se transmet. «Oui, nous avons l'amour d'un rugby de qualité pratiqué par des joueurs bien préparés.» En effet, le XIII est carnivore en énergie et ses acteurs se doivent d'être des athlètes. «Un homme pas assez performant physiquement ne tient pas la distance d'un match. Il y a trop d'accélérations, de changements de rythme, c'est une discipline exigeante.» Effectivement, ce constat surprend les personnes qui découvrent le rugby à XIII.

«Nous faisons tout pour encourager les spectateurs à venir voir une rencontre au stade Lagarde. Il y a le repas d'avant-match, une ambiance détendue puis la partie, le tout dans un cadre que l'on veut festif. Pour nous, le match c'est une occasion de donner la meilleure image de notre passion.»

L'Avenir Villefranchois : Un Parcours Local

L’autre rugby, celui de l’Avenir villefranchois a un parcours moins prestigieux mais ce dernier s’est parfaitement intégré dans la vie locale. « Le rugby à XIII est un concurrent, mais c’est un club avec lequel nous entretenons d’excellentes relations. D’ailleurs, au sein de nos équipes de jeunes, ils sont nombreux à avoir la double licence.

«Notre fierté, ajoute Christian Capelle, c’est de pouvoir aligner une équipe dans chaque catégorie. Cette année, nous avons même une équipe féminine à VII. » Cette recette semble bien fonctionner puisque, lors du précédent exercice, les Rouergats ont réussi à accéder en Première Série avec une formation de 23 ans de moyenne d’âge et dont 85 % de l’effectif issu de l’école. Sur le plus court terme, le club espère un jour retrouver le plus haut niveau régional comme ce fut le cas dans les années 90. En 2019, la structure fêtera son cinquantenaire avec l’espoir un jour de ramener un bouclier. Après quarante-sept ans d’existence, l’Avenir court après une première consécration. Il a disputé neuf finales et toutes ont été infructueuses.

Une Montée en Première Série

Ce dernier match et derby remporté dimanche dernier 14-25 à Viviez, a permis d’officialiser ce qui était déjà acté depuis une semaine à 99,99% : la montée en 1ère série. Une réussite qui démontre la volonté de tout un club de progresser et se structurer. La belle ville de 12 000 habitants méritait bien d’avoir une équipe à un meilleur niveau.

Les joueurs saluent les supporters. L’équipe Une monte, et l’équipe réserve est qualifiée. Objectifs atteints, en attendant peut être mieux…

Réactions des Acteurs Clés

  • Cyprien Alcouf (talonneur et capitaine) : « C’est l’aboutissement d’une année, on a pris match après match. Notre groupe est devenu de plus en plus solide devant, et nos arrières n’ont cessé de progresser. Contre Viviez, on a pris le score rapidement avec des essais de nos trois quarts. Ce n’est jamais facile de jouer un derby, encore plus contre Viviez qui n’avait plus perdu à la maison depuis 2 ans. Maintenant, on se plonge sur la deuxième partie du championnat à savoir les phases finales, en espérant aller le plus loin possible. Je ne vous cache pas que la troisième mi-temps a été sympa. Pour la petite histoire, on s’est fait inviter dans un bar à Villefranche par un sponsor ! »
  • Philippe Bouchaud (co-entraîneur) : « Forcement, tout le club, les joueurs, nous, les supporters, sommes content de cette montée en première série qui était notre objectif de début de saison. On a eu un effectif imposant car nous avons pu proposer deux équipes. C’était également un choix de la part de notre président. En ce qui concerne le match de Viviez, on fait une très belle entame de match, 20-25 minutes où on met notre jeu en place. On loupe deux essais mais on met l’adversaire à la faute, on obtient 4 pénalités que notre numéro 10, qui a été très bon, a converti. Viviez a recollé au score en début de deuxième mi-temps. Mais 20 minutes avant la fin du match, on a remis la main sur le ballon, et on a marqué un essai par notre numéro 8. Autre satisfaction, les 7 remplaçants sont rentrés en jeu, et même un jeune de 18 ans qui faisait son premier match à ce niveau. Je tiens sincèrement à remercier le club de Vivez qui nous a très bien reçu, un très bel accueil. Ce ne sont plus les mêmes derbys que par le passé dans ce domaine, et c’est tant mieux. Pour la saison prochaine, on va garder le maximum d’effectif, mais pour le moment on va se consacrer sur les phases finales où on va tout faire pour bien y figurer. »
  • Etienne Pouilly (2ème ligne) : On montait en puissance depuis 3 matchs et on voulait garder cette dynamique à Viviez. C’est chose faite. On a fait une première mi-temps parfaite en envoyant beaucoup de jeu, comme on a l’habitude de le faire. Luc Lafon précis au pied a su concrétiser notre domination et Raphaël Feral marque un bel essai en 2ème mi-temps. Enfin on monte, ça fait longtemps que le club l’attendait. On est un groupe jeune, la plupart des joueurs ont été formés à l’école de rugby de Villefranche et cette montée arrive au bon moment. Place aux phases finales maintenant, ce ne sera que du bonus et l’objectif est simple : faire mieux que la saison dernière !
  • Benjamin Cabrié (demi de mêlée) : Tout le monde l’attendait et nous y sommes enfin parvenus. Cette montée vient récompenser les gars qui ont bossé tout au long de la saison. Et nous ne pouvions pas mieux finir que sur un derby face à Viviez. Comparé aux années précédentes où nous avions tendance à rentrer crispé sur le Crouzet, là, les gars y sont rentrés sereins mais toujours en gardant en tête que la victoire était la seule issue. Un bon travail devant, de jolies envolées derrière, mais des actions avortées par des fautes de main. Notre buteur Luc Lafon a fait le nécessaire au pied, en profitant des fautes adverses. Le superbe essai de notre numéro 8 Raphaël Feral fait énormément de bien et relâche la crispation ressentie autour du stade. Je tiens à féliciter l’ensemble du club, joueurs, coachs et dirigeants d’avoir mené à bien les équipes 1 et 2 vers la première série. Une page se tourne, maintenant place aux phases finales que j’aurai le plaisir de jouer après une longue absence.

Henri Lagarde : Une Figure Emblématique

Né à Villefranche-de-Rouergue le 7 décembre 1897, Henri Lagarde fait ses études au collège de la ville et devient engagé volontaire de la Première Guerre Mondiale en 1916. En 1922, Henri Lagarde se marie et s’installe à Villefranche-de-Rouergue comme dentiste, ne cédant pas aux pressions de nombreux clubs sportifs de renom qui rêvaient de le compter parmi leurs joueurs.

En prenant la présidence du club, ce ‘’capitaine-Président’’ ouvre la voie du développement du sport et des sociétés sportives de notre cité, dont il est devenu l’un des piliers essentiels. A cette époque, le stade villefranchois englobait plusieurs disciplines sportives, rattachées aux fédérations nationales de rugby, d’athlétisme, de tennis, de boxe, de tir et de natation.

Le premier stade du Teulel est inauguré le 22 septembre 1929. Mais la détermination d’Henri Lagarde permet la construction dans les années 30 de tribunes, de vestiaires et de douches. Il fait ceinturer le terrain d’une palissade en planches de plus de 2 mètres de haut.

Emblématique sportif villefranchois, Henri Lagarde s’est toujours évertué à faire connaître la perle du Rouergue et à développer la pratique sportive et les terrains de sport du Teulel où il fait venir de grands joueurs internationaux de rugby et des vedettes de l’athlétisme de son temps.

Un Tournant Décisif : Le Passage au Rugby à XIII

Jusqu’au 8 janvier 1950, VILLEFRANCHE opérait au rugby à XV sous l’appellation Stade Villefranchois. Ce jour-là, l’équipe recevait en championnat des Pyrénées de 2e série, Toulouse Cheminots Marengo Sports. En fin de rencontre, l’arbitre mal inspiré, accordait un essai litigieux aux visiteurs qui leur donnait le gain du match. Discussions, accrochages, coups.

L’arbitre était bousculé et stoppait la partie. Une semaine plus tard, les dirigeants apprenaient par la presse, la suspension du terrain. Interdiction de pratiquer même des matches amicaux. Il y avait eu d’ailleurs, le même jour des terrains envahis, des arbitres frappés et le Stade Villefranchois avait été le seul à être sanctionné !

C’en était trop ! À l’issue d’une réunion groupant dirigeants et joueurs et à une très large majorité, la décision était prise de créer un nouveau club, mais qui pratiquerait le rugby à XIII.

Le 23 février 1950, l’enfant était porté sur les fonds baptismaux et enregistré sous le n° 159 au siège de la Fédération, sous le nom de VILLEFRANCHE XIII, avec à sa tête André ROTAMBOURG.

Villefranche XIII

Les Ambitions et l'Avenir du Club

En élite 2, le club villefranchois vise cette année une place de finaliste lors des matchs des phases finales. «Nous préférons que les entreprises partenaires embauchent nos joueurs plutôt que de nous aider financièrement. Le lien est plus fort. En amont, nous effectuons notre propre sélection auprès de nos joueurs pour ne présenter que des gars motivés sur lesquels l'employeur pourra compter. Il faut que cet échange soit gagnant-gagnant.

Le club s’efforce d’aller au-devant des jeunes pour leur proposer une pratique de proximité adaptée à leur niveau de compétences. L’École de Rugby à XIII accueille les joueurs dès l’âge de 3 ans et demi. Elle peut être aussi bien pratiquée par les garçons que par les filles.

Bien qu’enthousiaste, l’ancien dirigeant se veut mesuré, étant conscient des enjeux très importants à venir pour le club, si ce dernier entend se stabiliser à ce niveau. "Ce qui est bien, c’est que pendant trois ans, on ne descendra pas. Mais il faut former derrière. Mais l’heure est pour l’instant à la fête à Villefranche. Le scénario de dimanche venant parfaire ce retour de l’élite à Henri-Lagarde ! Et qui sait, cette victoire motivera peut-être quelques quidams à embarquer dans l’aventure dès dimanche prochain. Histoire que les gradins historiques, et ceux amovibles rajoutés pour la saison par la mairie, soit davantage garnis que dimanche.

Dans une poule assez homogène, pour truster la première place et prétendre à la montée directe, il fallait faire preuve de régularité dans ses résultats. A ce petit jeu, c’est Villefranche de Rouergue qui a remporté la guerre d’usure. Avec quatre défaites seulement pour 14 victoires, les Aveyronnais ont su faire le dos rond parfois, mais surtout imposer leur jeu dans les moments clés de cette saison qui restera forcément mémorable.

Chronologie du Villefranche XIII

Poursuivons la série commencée hier pour retracer l'histoire de Villefranche XIII qui fête, ce prochain samedi, son 60e anniversaire. Pour succéder à René Bernard, Germain Vernhes recrute Serge Tonus. Un gagneur, un meneur d'hommes ! En première ligne, Baque et Hébrard encadrent Manuel ; en 2e ligne, Descous et Giraudeau. Enfin, en 3e ligne, bien sûr, Tonus.

  • 1963-1964 : poule unique de 16 clubs. Seul Toulouse s'imposera en Aveyron par 17 à 14.
  • 1964-1965 : Roger Lalal est le nouveau président.
  • 1965-1966 : le président Germain Vernhes se retire.
  • 1966-1967 : départ de Descous, Castel, Baqué.
  • 1967-1968 : Pierre Cueye est nommé président. Serge Tonus met fin à ses activités, c'était l'âme de l'équipe.
  • 1968-1969 : Gasque s'arrête de jouer. Les adversaires : Carcassonne, Saint-Gaudens, Albi, Toulouse, Saint-Estève, Villeneuve et Bordeaux.
  • 1969-1970 : Entente Villefranche-Association sportive cadurcienne qui recevra alternativement sur le terrain de Villefranche et de Cahors.

Tableau des Titres et Réalisations

Compétition Année Résultat
Championnat de France Élite 2 2023-2024 Invaincu
Juniors Champion de France nationaux 2016 Vainqueur
Seniors Champion de France DN1 2009 Vainqueur

tags: #villefranche #de #rouergue #rugby