Le club de rugby Entente Vallée du Girou XV (EVG XV), fondé en 1975, rayonne dans le paysage sportif du nord de Toulouse. Son histoire est marquée par des moments de gloire, des défis surmontés et un fort esprit de communauté.
Le stade Alain-Mondon de Pechbonnieu a vibré cet été, célébrant à la fois les 50 ans de l’Entente Vallée du Girou XV et une saison sportive exceptionnelle.
« Le film des 50 ans du pèlerinage de Vézelay » - 2025
"Cette saison restera dans les mémoires", affirme Franck Mondon, coprésident du club avec son frère Cyril, succédant à leur père Alain. "Sur le plan sportif, nos seniors et nos jeunes ont porté haut les couleurs du club. Le titre national de la réserve est une immense fierté. Même satisfaction chez les cadettes, brillamment sacrées championnes départementales."

Une Saison de Réussite Collective
Pour les dirigeants, la réussite de la saison ne se limite pas au terrain. Le club s’appuie sur un réseau solide de bénévoles, d’éducateurs et de dirigeants, sans lesquels rien ne serait possible. "Le club n’appartient à personne, il est l’œuvre collective de ceux qui s’y investissent, hier comme aujourd’hui", insiste Franck Mondon. La soirée des 50 ans a magnifiquement révélé cette chaîne humaine, moteur de l’EVG XV.
Près de 700 personnes se sont ainsi retrouvées pour honorer les figures historiques du club : José Canillo (président fondateur), Jean-Louis Laurenson, Alain Bonhomme, mais aussi Joël Jutge (arbitre international formé ici), Jean-Luc Brumont, Thierry Fossat ou encore Romain Iruty (actuel joueur de l’AS Béziers).
Des Hauts et des Bas : Une Histoire de Résilience
Si la Vallée du Girou était lié à un conte mythologique, il se rapprocherait du mythe d’Icare. L’histoire de ce club du Nord toulousain, c’est tout d’abord une promotion en Fédérale 3 en 2003 et une montée au plus haut niveau amateur au terme de la saison 2009. Mais pour avoir approché de trop près les astres et la lumière, la structure s’est finalement brûlée les ailes.
À l’inverse, entre 2010 et 2014, le club est passé sans transition de l’élite amateur à l’honneur régional. Au terme d’une saison 2013-2014 conclue par un nouveau désastre sportif, les forces vives du club décidèrent de prendre à l’intersaison, le taureau par les cornes.
Reconstruction et Nouvelles Ambitions
« Il était d’important de stopper cette hémorragie de la descente, commente l’entraîneur Didier Herrerias. Il fallait automatiquement partir sur de nouvelles bases avec un état d’esprit différent. Lors de la période des mutations, des joueurs ont fait le choix de nous quitter, nous ne les avons pas retenus.
En revanche, j’avais demandé aux dirigeants de porter leurs efforts sur certains postes. Nous avons recruté, un talonneur supplémentaire, un deuxième ligne, un ouvreur et un centre. Nous avons eu la chance de récupérer deux joueurs chevronnés qui sont le troisième ligne Jean-François Fournier, champion de France de Fédérale 2 avec Castanet en 2009 et le centre Vincent Igarza, plusieurs fois champion de France avec les équipes jeunes du Stade toulousain et qui a également évolué au Stade français.
Notre souci principal était de retrouver une âme et surtout de renouer avec la victoire. À l’issue de la première phase qualificative, la copie rendue par les Haut-Garonnais fut plus que satisfaisante avec une première place au classement devant Saint-Affrique et Sor-Argout ponctuée ensuite par une participation aux très enviées poules play-off.
Un premier exercice bien maîtrisé qui a légitimement fait place à de nouvelles ambitions, ce dont préfère nuancer Didier Herrerias « La Fédérale 3, ce n’est pas forcément l’objectif. Pour le moment, il faut reconstruire, se structurer et intéresser nos jeunes. Déjà, si nous parvenons à nous qualifier pour la phase éliminatoire, la saison sera réussie.
L'Épopée de l'Équipe Réserve
Il y a de belles histoires qui peuvent comprendre des passages incommodants, inconfortables. C’est même justement ce qui les rend encore plus belles. Celle qu’est en train d’écrire l’équipe réserve de la Vallée du Girou, club de la petite ville située à Pechbonnieu au nord de Toulouse ne déroge pas à la règle.
Car ces dernières semaines ont été pour le moins belles, mais la dernière fut agitée. Pourquoi ? Parce que les joueurs haut-garonnais ont connu un véritable ascenseur émotionnel en apprenant, quelques jours après leur victoire en demi-finale de championnat de France contre l’équipe parisienne de Paris XO, que le match était invalidé et qu’ils devraient rejouer la rencontre.
Le capitaine et pilier Julien Gérardot raconte : "Une fois la rencontre terminée, on prend une photo avec eux, on discute, c’était vraiment bon esprit. Et un peu plus tard, notre secrétaire vient nous voir et nous annonce qu’ils vont porter réclamation. Là, on ne fait pas trop attention. Ils font finalement appel le dimanche soir, et la visio d’appel est prévue au lundi matin. Sauf que nos présidents n’ont jamais reçu le lien pour la visio."
Une Réclamation et une Remobilisation
Mais au sujet de quoi au juste ? Dans les faits, les Parisiens ont reproché à leurs adversaires un remplacement illicite effectué à la 78ème minute, alors que la Vallée menait 22-20 et attaquait les 22 mètres des Parisiens. À ce moment-là, un joueur haut-garonnais se blesse gravement et sort du terrain avec le soigneur. Le délégué autorise l’entrée du remplaçant qui ne participe pas à l’action menant à l’essai final, et la Vallée du Girou s’impose 27-20.
Julien Gérardot reprend : "Nos présidents ont fait appel mais le temps jouait contre nous. Pour la Vallée du Girou, c’est la douche froide : "Au début, cela a été dur, le groupe a marqué le coup. Ce n’est pas facile de t’entendre dire que tu ne vas pas disputer une finale que tu as pourtant méritée. Et puis à mesure que la semaine avançait, on s’est dit qu’on les avait tapés une fois, et qu’on pourrait le refaire, qu’il n’y avait pas de raison. Je ne vous cache pas qu’on s’en est servi durant la semaine. Trop, même…"
Pourquoi trop ? "Arrivés le jour J, on était remontés comme des pendules mais on s’est laissé déborder par nos émotions et par la pression qui était sur nos épaules. On a fait une première demi-heure absolument catastrophique. Les Parisiens, eux, jouaient bien. La Vallée du Girou finit par s’imposer 40 à 32, et valide finalement son billet pour la finale : "Au coup de sifflet final, il y avait de la joie mais aussi beaucoup de soulagement, se remémore le capitaine. Nous tenions enfin notre finale, et l’ordre sportif avait été rétabli.
Je me suis permis de dire aux Parisiens que j’avais trouvé leur geste anti-sportif, même contraire à l’esprit du rugby. Mais c’est comme ça. Maintenant, place à la finale." Quand nous l’avons joint, le capitaine était dans un bus qui devait l’amener à l’aéroport de Munich : "Comme la saison n’était pas censée durer aussi longtemps, j’avais programmé une semaine de formation en Allemagne. Mais j’avais prévu de rentrer vendredi soir pour retrouver le groupe samedi."

Les joueurs de l'EVG XV célébrant une victoire importante.
Une Finale et un Anniversaire
Dimanche, les joueurs de l’EVG vont donc affronter le club d’Orléans-la-Source pour une finale de championnat de France de réserve Régionale 1 : "Le 4 août prochain, on fête les 50 ans du club. Et pour cause : il n’y a pas si longtemps que cela, l’EVG connaissait des jours sombres avec une relégation de Fédérale 3.
Mais le club haut-garonnais a pu s’appuyer sur sa formation : "La montée des juniors en séniors a été très bénéfique. Ce sont de bons joueurs, qui ont rajouté de la concurrence dans les deux équipes. Et comme la réserve a été performante, elle a challengé la première. Beaucoup de joueurs ont joué pour les deux équipes et cette émulation nous a fait beaucoup de bien", analyse Gérardot.
La Vallée du Girou a récemment vécu une aventure sportive pleine de rebondissements. Après avoir remporté une demi-finale dans le championnat de France réserve Régionale 1, les joueurs ont appris qu’ils devaient rejouer le match à cause d’une réclamation de leurs adversaires, le Paris XO. Le capitaine Julien Gérardot a partagé son expérience : « Après le match, nous étions euphorisés. Malgré la déception initiale, l’équipe a su transformer cette adversité en force.
En se remobilisant, les joueurs ont trouvé l’énergie nécessaire pour aborder la nouvelle rencontre avec détermination. Le jour du match, cependant, les émotions ont failli prendre le dessus. « Nous étions tellement motivés que nous avons commencé le match de manière catastrophique », a-t-il ajouté. La victoire finale a été un moment de libération pour la Vallée du Girou.
Au coup de sifflet, la joie et le soulagement étaient palpables. Cette saison a également été marquée par des défis, notamment une relégation précédente en Fédérale 3. Cependant, la montée des juniors en séniors a été déterminante pour revitaliser le club. « Cette émulation a été bénéfique pour l’équipe, et nous avons vu une amélioration significative », a noté le capitaine.
Un Club Tourné Vers l'Avenir
«Quadra» fringante, l'Entente de la Vallée du Girou est en pleine forme. Créé en 1975, le club a déjà une belle histoire. Cette période est finie, le renouveau est là avec un début de saison quasi parfait. Douze victoires pour seulement deux défaites, dix bonus, un goal-average à plus deux cent soixante et onze que demander de plus ?
«Nous sommes en phase de reconstruction après onze départs en fin d'année sportive. C'est donc une nouvelle ère avec peu de recrues, mais très ciblées pour apporter un véritable plus, et l'intégration constante des jeunes issus du club. Notre seule ambition est de rester premiers, en gagnant le plus de matches possible sans chercher une quelconque revanche sur qui que ce soit, mais en ayant de la continuité dans les résultats.
Il faut malgré tout arriver à trouver un équilibre dans l'incorporation des Bélascain qui sont deuxièmes de leur championnat pour ne pas les pénaliser. Cette assimilation est une volonté délibérée car elle est l'avenir du club et le met sur de bons rails. Le groupe est sain, à l'écoute, respectueux. Il a envie d'apprendre et de progresser quel que soit le futur résultat. Si la montée est là nous la prendrons en y étant préparé, en l'ayant anticipée.
En somme, la Vallée du Girou n’est pas seulement une équipe de rugby, mais un exemple de détermination et de camaraderie. Alors que le club célèbre son cinquantième anniversaire, cette victoire pourrait être le point culminant d’une saison déjà réussie, mais qui aspirait à un titre prestigieux. Les joueurs continuent d’incarner les valeurs fondamentales du rugby, et leur histoire inspire tous ceux qui suivent leur parcours.