L'Université du Kentucky est reconnue comme un bastion du basket-ball universitaire, ayant façonné de nombreux talents qui ont ensuite brillé en NBA. Cet article explore l'histoire riche et les succès notables de ce programme emblématique.

Un Tremplin vers la NBA
La réussite de Kentucky est récente, et c'est depuis 2010 qu'ils envoient des superstars annoncées en NBA.L'université de Kentucky est devenue une équipe unique en son genre dans le championnat universitaire américain, la NCAA. La fierté de Calipari, c'est plutôt d'avoir fait de Kentucky l'université qui compte le plus de joueurs NBA parmi ses anciens étudiants. Ils étaient vingt-quatre sur la ligne de départ de la saison 2016-2017, autant que Duke (19) et Connecticut (5) réunis.
Trois des sept derniers n°1 de la draft sortent de UK : John Wall en 2010, Anthony Davis en 2012 et Karl-Anthony Towns en 2015. Historiquement, Kentucky, université vieille d'une siècle et demi qui accueille trente-mille étudiants chaque année, pèse de tout son poids dans le basket américain. Elle avait déjà envoyé en NBA de très bons joueurs avant l'arrivée de Calipari.
Plus une année sans que UK ne place au moins deux joueurs à la draft dont un dans le Top 8. Ils furent même six choisis en 2012 et 2015, dont quatre dans la «lottery» (les quatorze premiers choix) l'an dernier. Dès 2010, à l'issue de sa première saison, Calipari avait réussi une performance unique dans l'histoire en plaçant cinq joueurs au premier tour (les trente premiers), dont les All Stars DeMarcus Cousins et Wall.
John Wall: Un Départ Explosif
On commence ce 5 majeur de Kentucky avec John Wall, le meneur des Wizards. Comme c'est devenu le cas pour la majorité des talents de la dernière décennie, John Wall a effectué un one and done. Une année en NCAA, et direction la draft NBA. Cette unique année fut excellente.
Dès son premier match contre Miami University, Wall a montré des capacités énormes avec 19 points, 5 passes et 3 interceptions, mais surtout un game winner pour ses débuts en NCAA. Il s'est montré clutch d'entrée. Durant cette année, il a aussi récupéré le record de passes décisives des Wildcats le 29 Décembre 2009 avec 16 passes contre Hartford.
Sur le plan collectif, c'est une année fantastique où Kentucky termine la saison régulière avec 29 victoires et 2 défaites. Un bilan quasiment parfait qui les place parmi les favoris au titre. Malheureusement, l'équipe de John Wall est éliminée dès les huitièmes de finales par West Virginia, une immense déception.
John Wall est élu joueur de l'année dans la conférence Sud-Est et se place dans la All-American First Team. Les Wizards voient un potentiel énorme chez John Wall et choisissent le meneur de Kentucky avec leur premier choix. Il devient en 2010 le premier first pick de l'histoire de l'université. Les Wizards vont vite comprendre qu'ils ont fait le bon choix.
Dès le premier match à domicile, Wall égale le record de la franchise avec 9 interceptions. Sa première saison NBA est bonne mais on sent que son potentiel maximum est loin d'être atteint. Il est nommé dans la All-Rookie First Team avec 16.4 points de moyenne. C'est dans sa troisième saison qu'il va commencer à progresser significativement.
C'est le 25 Mars 2013 qu'il réalise son meilleur match en carrière avec 47 points, 8 passes et 7 rebonds face aux Grizzlies. Avec 18.5 points et 7.6 passes de moyenne, son volume de jeu s'améliore. Dans la continuité, John Wall devient un All-Star pour la première fois en 2014. C'est également la première fois qu'il atteint les playoffs. La première série de sa carrière face aux Bulls est remportée (4-1) avant une défaite contre les Pacers de Paul George (2-4).
En 2015, c'est une nouvelle défaite au second tour des playoffs. John Wall est lui choisi comme titulaire par les fans pour son second All-Star Game. Cependant, il stagne et son niveau n'est pas aussi bon que celui espéré lors de sa draft en 2010. En Décembre 2015, John Wall est pointé du doigt après un début de saison où il connaît ses pires pourcentages en carrière.
Il répond sur le terrain avec 2 gros double-double en back-to-back face aux Cavs (35 points, 10 passes) et face aux Lakers (34 points, 11 passes). Il prouve sa capacité à être un leader sur le terrain avec du scoring et une vision du jeu supérieure. Pour la première fois, il termine avec une moyenne en double-double sur la saison de 19.3 points et 10.2 passes.
Sa saison 2016-2017 sera la meilleure. Il devient le meilleur passeur et intercepteur de l'histoire de la franchise en dépassant respectivement Wes Unseld et Greg Ballard. Il bat son record de points le 6 décembre avec une pointe à 52 points contre Orlando. Il réussit aussi son premier match à 20 passes décisives contre Chicago.
En playoffs, la série accrochée avec les Celtics sera passionnante. Dans le Game 6, John Wall marque un buzzer beater époustouflant qui repousse la série jusqu'au match décisif où Kelly Olynyk va finalement abattre les Wizards d'un Wall pas au niveau de l’événement. Avec une moyenne de 23 points sur la saison, le meneur de Kentucky n'a pourtant jamais autant contribué.
Aujourd'hui, John Wall est un des meilleurs meneurs de la ligue mais il n'a jamais réussi à amener son équipe vers les sommets. Le jeune arrière est la représentation parfaite de ce que sont les Wildcats de Kentucky depuis le début des années 2010. Une formation d’excellence pour les meilleurs prospects qui sait gagner des matchs.
Devin Booker: Un Talent Éclos en NBA
Devin Booker a lui aussi disputé une seule année de NCAA. Cerise sur le gâteau, il n'était même pas titulaire mais il est aujourd'hui l'une des têtes d'affiche de cette génération 2014-2015 brillante. Cette année est marquée à Kentucky par une saison régulière parfaite où les hommes de John Calipari vont réussir un 31-0. Ils ne pouvaient pas faire mieux. Ils pousseront ce record jusqu'à 38-0 dans le tournoi NCAA avant de perdre en demi-finale contre Wisconsin.
On a parlé de déceptions pour John Wall, mais celle-là a dû être particulièrement difficile à avaler tant le titre leur était promis. Limité à un rôle de 6ème homme, Devin Booker a su s'adapter parfaitement à sa mission en étant un scoreur agressif hors du banc. Il termine la saison avec une moyenne de 10 points en 21 minutes à 47% au tir. Un remplaçant de luxe que chaque coach aimerait avoir dans ses rangs.
C'est probablement pour tout ce potentiel inexploité à sa juste valeur par son coach NCAA que les Suns ont souhaité lui donner sa chance. Il est sélectionné en 13ème choix par Phoenix à la draft 2015. Dans un vestiaire particulièrement agité par Markieff Morris et les défaites, il fallait être fort pour tenir mentalement lorsqu'on est un rookie dans ce contexte. Au départ il n'était qu'un remplaçant, mais la grave blessure d'Eric Bledsoe tôt dans la saison va pousser Jeff Hornacek à lui faire confiance. Un choix payant.
Booker va marquer 35 points sur les Nuggets, sa meilleure performance de la saison, le 10 Mars 2016. Il n'avait à l'époque que 19 ans. Il n'est que le troisième joueur de 19 ans à réaliser cela dans l'histoire de la NBA après Kevin Durant et LeBron James. La veille ? Il avait déjà marqué 34 points sur les Knicks. Ce genre de back-to-back que seul LeBron James avait déjà réalisé à cet âge là.
Il termine la saison avec 13.8 points de moyenne, un chiffre trompeur car il ne jouait que quelques minutes par match lors du début de saison. Il atteint la All-Rookie First Team. Dès le début de la saison, il marque en back-to-back 38 points contre les Pelicans et 39 contre les Lakers.
En Janvier, il va de nouveau effectuer deux matchs consécutifs à 39 points lors des Global Games à Mexico City, où il a été élu président à vie. Il est le genre de joueur qui ne perd pas sa main chaude dans la nuit. Sa saison sophomore est surtout marquée par un record qui le place à tout jamais dans la légende, le 24 Mars 2017 face à Boston au TD Garden.
70, 70 points marqués par un homme de 20 ans dans le même match. Un match de folie où Devin Booker a choqué la terre entière le temps d'une soirée. Une soirée où sa performance l'a rapproché des plus grands comme Kobe Bryant qui l'avait adoubé avant sa retraite. Il est le 6ème meilleur performeur de l'histoire sur un match. Encore une fois, il a réalisé tout cela à seulement 20 ans.
En résumé, il n'avait même pas le droit de s'acheter une bière pour fêter ça. Sa saison 2017-2018 s'est déroulée dans le même modèle avec une superstar qui émerge au sein d'un effectif extrêmement faible. Du haut de ses 21 ans, il a déjà empilé plus de 30 matchs à 30 points ou plus. Son dernier record s'est déroulé lors du All-Star Week-end où il a battu Klay Thompson en finale du concours à trois points en établissant un nouveau record à 28 points. Après deux saisons à 22 et 24 points de moyenne, Booker touchera le contrat max l'an prochain.
Il va désormais devoir assumer son rôle imprévu de patron d'une équipe en reconstruction.
Devin Booker Had A Historic Rookie Season! | Top 10 Rookie Plays
Jamal Mashburn: Une Étoile des Années 90
On quitte temporairement la décennie 2010 pour revenir vers le basket des années 90 dont beaucoup sont nostalgiques ! Notre ailier est Jamal Mashburn. Sa première année en 1990 à Kentucky n'est pas la plus remarquée, il score 12.9 points par match et les résultats de l'équipe sont décevants.
Mashburn va devenir un joueur à surveiller dès sa seconde année NCAA. Un réel progrès est à observer puisqu'il élève ses stats avec 21.3 points et 7.8 rebonds par match. Il s'affirme comme un tireur d'élite à 56% au tir dont 44% à trois points. On pourrait presque lui reprocher de ne pas tenter assez de tirs tant son efficacité est diabolique. L'équipe de Rick Pitino profite de son niveau pour devenir une meilleure équipe. Ils terminent second de leur conférence et atteignent les huitièmes de finales du tournoi NCAA, les progrès sont réels.
La troisième et dernière année de Mashburn avec les Wildcats sera la meilleure. Probablement en gain de confiance après son année sophomore, il prend d'avantage le jeu à son compte pour une réussite mitigée. Il marque toujours ses 21 points par match mais ses pourcentages au tir chutent. Pourtant, il est enfin reconnu comme un joueur majeur du championnat et il est récompensé avec le titre de joueur de l'année en conférence Sud-Est.
Il a aussi droit à une nomination dans la All-American First Team. Ces récompenses, il les obtient principalement grâce aux résultats de ses Wildcats qui réalisent une saison excellente avec 23 victoires et défaites. Révélé par un cursus universitaire convaincant, Jamal Mashburn accède au sommet de la draft 1993 où figurent Chris Webber et Penny Hardaway. Dans son année rookie, il découvre un tanking furieux où les Mavs ne gagneront que 13 pauvres matchs.
Dans son coin, Jamal Mashburn réalise une saison très satisfaisante offensivement. Il s'adapte immédiatement au systèmes de la NBA et marque 19.2 points par match pour figurer dans la All-Rookie First Team. Le tanking n'est pas vain puisque les Mavericks récupèrent Jason Kidd à l'été 1994. Accompagnés par Jim Jackson, Kidd et Mashburn formeront les célèbres ''Three J's''. L'apport de Kidd est immédiatement bénéfique à Mashburn.
Grâce à ce passeur magique, il atteint une moyenne de 24 points par match, la meilleure de sa carrière. L'équipe des Mavs pratique un basket reconnu mais une équipe encore très jeune terminera l'exercice 1995 à 36 victoires. Handicapé par une maladie chronique au genou, il ne joue que 18 matchs la saison suivante.
Même lors de son retour, il n'est plus que l'ombre de lui même et Dallas décide de le transférer à la trade deadline de 1997 à Miami. Chez le Heat, il doit accepter un nouveau rôle de lieutenant loin des projecteurs attirés par les stars Alonzo Mourning et Tim Hardaway. Toujours rongé par un genou fragile, il ne va jouer qu'une centaine de matchs lors de ses 3 premières saisons en Floride ce qui va limiter son apport.
En 2000, il retrouve un peu de santé et son niveau de jeu qu'il avait à Dallas. Il score 17.5 points par match et aide sérieusement le Heat à faire des coudes dans la conférence Est. Mais le Heat est stoppé au second tour des playoffs par les Knicks au bout de 7 matchs intenses. Sur les deux derniers matchs de la série, Mashburn aura plus de 40 minutes de temps de jeu mais il va complètement s'éteindre.
Il va tirer en combinant ces deux matchs à 1/10 et il sera la cible des médias pour justifier la défaite du Heat. Il n'en faudra pas plus pour qu'il se retrouve une nouvelle fois sur la sellette. Il fait de nouveau ses valises, direction Charlotte où il fera la paire avec Baron Davis. Sa première saison avec les Hornets est excellente. Il repasse la barre des 20 points par match pour la seconde fois de sa carrière ce qui permettra à la franchise d'arracher les playoffs.
C'est un sweep surprise que subissent les joueurs de Miami emportés par la vague Mashburn ! Il tourne à presque 24 points de moyenne sur cette série, avec un esprit plus revanchard que jamais. L'effet de surprise ne va cependant pas durer puisque les Hornets sont éliminés dès le tour suivant contre Milwaukee. Il faudra attendre le déménagement des Hornets à la Nouvelle-Orléans en 2003 pour retrouver un Mashburn au top de sa forme.
Il y joue la seule et unique saison complète de sa carrière. Son abnégation est récompensée avec une sélection au All-Star Game et une place dans la All-NBA Third Team. Jamal Mashburn aura connu une carrière NBA très frustrante où son genou ne l'aura jamais laissé tranquille. On souhaite tout de même saluer son courage puisqu'il s'est toujours relevé jusqu'à la saison 2003 où il est honoré avec mérite.
Anthony Davis: Domination Immédiate
Anthony Davis, qui est aujourd'hui l'un des meilleurs ailiers-forts de la NBA, est lui aussi passé par Kentucky en 2011 ! Avec des statistiques excellentes de 14 points, 10 rebonds et plus de 4 contres par match, Anthony Davis s'affirme très rapidement comme le meilleur prospect de sa génération. Au-delà des chiffres, c'est son volume de jeu qui impressionne tout le monde. Il donne le sentiment d'être prêt pour la NBA très tôt avec les Wildcats.
Les récompenses individuelles qu'il va obtenir reflètent bien à quel point il a impressionné violemment en 1 année seulement de NCAA. Attention la liste est longue. Il est élu dans la conférence Sud-Est meilleur défenseur de l'année, meilleur joueur de l'année et meilleur freshman de l'année. Tout ces trophées, il les obtient également au niveau national en devenant défenseur national de l'année, et meilleur joueur de l'année à travers tout le pays. Il est élu meilleur joueur parmi toutes les facs.
Collectivement, c'est également un carton plein. John Calipari confirme qu'il est un des meilleurs coach du championnat avec 30 victoires et 1 défaite en saison régulière. Favoris pour le titre de champion NCAA, l'équipe d'Anthony Davis ne va elle décevoir personne. Sa défense lors du Final Four va mener Kentucky vers le 8ème trophée de champion NCAA de son histoire ! En finale, Anthony Davis excelle avec 6 contres ce qui oblige Kansas à accepter la seconde place. Davis repart avec le trophée et le titre de MVP du Final Four.
Sans surprise, il est choisi en premier choix par la Nouvelle-Orléans qui ne laisse pas passer sa chance face à un tel phénomène. La première saison de Davis en NBA peut être considérée comme décevante. Les attentes sont immenses mais the Unibrow est encore assez frêle pour dominer dans toutes les raquettes.
Il marque 13.5 points avec 8.2 rebonds en moyenne et le titre de rookie of the year lui ...
L'Ère Rick Pitino et le Titre de 1996
Rarement dans l’ère moderne du championnat universitaire, une équipe n’a dominé la saison de façon aussi autoritaire que ne l’a fait Kentucky lors de la campagne 1995-1996. Classés numéro un du ranking avant le début de la saison, les Widlcats n’ont jamais regardé dans le rétroviseur. Il faut dire que l’effectif de l’équipe était tout simplement trop riche et talentueux pour envisager une issue différente de celle du titre nationale.
Avec un jeune coach très prometteur en la personne de Rick Pitino, et pas moins de neuf futurs joueurs NBA, un record, Kentucky possédait tous les ingrédients pour une saison réussie. Malgré une défaite lors du deuxième match de la saison face à l’équipe d’UMass et son pivot Marcus Camby, 32 points et 9 rebonds face aux Wildcats, les hommes de Rick Pitino ont vite repris leur marche en avant et ont enchaîné vingt-sept victoires de rang face à des adversaires tels que Georgia Tech, Louisville, Ole Miss, Florida, Alabama ou encore Vanderbilt.
Invaincus en saison régulière de la SEC, les Wildcats ont cependant été surpris par Mississippi State et son duo composé d’Erick Dampier et Dontae Jones, en finale du tournoi de la conférence. Cette défaite n’a pas empêché les Wildcats d’être les grands favoris de la March Madness. Tombeur de Virginia Tech, Utah et Wake Forest lors des trois premiers tours, c’est sans surprise que l’on a retrouvé Kentucky à East Rutherford pour le Final Four, avec en demi-finale une revanche face à l’équipe d’UMass.
Cette fois-ci, Kentucky est sorti vainqueur du duel avec 20 points de Tony Delk et 14 points d’Antoine Walker. En finale, les Wildcats étaient opposés à Syracuse et n’ont jamais été réellement inquiétés par les Orange. Tony Delk a une fois encore été le meilleur joueur de l’équipe avec 24 points, suivi par Ron Mercer, 20 points.
La fin de saison verra quatre joueurs de l’équipe tenter leur chance à la draft : Antoine Walker (6e choix, Celtics), Tony Delk (16e, Hornets), Walter McCarty (19e, Knicks) et Mark Pope (52e, Indiana). La dynastie des Wildcats se poursuivra la saison suivante avec une place de finaliste, sous la houlette de Derek Anderson et Ron Mercer, propulsés capitaines de route. Après cette nouvelle campagne réussie, la NBA et les Boston Celtics ont tenté le pari de débaucher Pitino où ce dernier a retrouvé Walker avant de sélectionner Ron Mercer avec le sixième choix lors de la draft 1997. Derek Anderson a lui aussi rejoint la NBA et les Cleveland Cavaliers.
L'Impact Culturel et Social du Basket-ball
Le sport a en effet d’abord été pour les noirs américains au xxe siècle un moyen politique de mobilisation collective et de revendication sociale. Activité censée incarner et renforcer les « valeurs américaines », le sport acquit dans un contexte de bouleversements socio-économiques colossaux le statut de véritable religion civile. Conformément à l’idéal olympique ressuscité par Pierre de Coubertin à l’époque, le sport était donc compris comme un champ d’activités apolitiques : théoriquement caractérisé par la plus stricte égalité de tous les concurrents, il était censé rester étranger aux polémiques et aux affrontements entre groupes sociaux, caractéristiques de la vie publique.
À partir des années 1880, l’échec de la Reconstruction et la radicalisation de la violence sociale, politique, et symbolique à l’encontre des noirs ont poussé les classes moyennes africaines-américaines à reprendre à leur compte cette vision du sport comme force civilisatrice et régénératrice pour en faire un moyen de promotion d’objectifs spécifiques : l’intégration politique et la reconnaissance civique de leur communauté. À terme en effet, le sport, défini comme « the great equalizer », devait pouvoir résoudre les conflits sociaux et raciaux.
Edwin Henderson est d’ailleurs considéré comme le « grand-père du basket-ball noir » pour avoir été le premier introducteur de ce sport dans une communauté africaine-américaine, à Washington D.C. en 1907. En 1947, l’intégration chezles Dodgers de Brooklyn du premier joueur noir de base-ball dans la ligue professionnelle, Jackie Robinson, fut célébrée avec un enthousiasme hyperbolique par la communauté africaine-américaine comme un des signes les plus évidents de « progrès racial » depuis la Proclamation d’Émancipation de 1863.

John Calipari et l'Ère Moderne des Wildcats
Pas une saison NBA digne de sa réputation sans la rumeur de retour de l'entraîneur de Kentucky University dans les rangs professionnels. En 2014, Cleveland était évoqué. En 2015 New Orleans. Cette année, en janvier, ce fut au tour de Brooklyn de lui tourner autour mais le salaire demandé a, paraît-il, même fait reculer le milliardaire russe Mikhail Prokhorov, propriétaire des Nets. Yahoo évoquait un contrat de 120 millions de dollars (112,8 M€) sur dix ans.
Comment un coach qui a remporté moins de 40% de ses matches lors de son seul passage en NBA (déjà aux Nets, entre 1996 et 1998) et aucun en play-offs peut-il exiger autant ? C'est simple : il revendique le statut de formateur le plus efficace de joueurs NBA. Depuis que Calipari s'y est engagé en 2009, les Wildcats ont gagné un titre, en 2012.
Pour faire sa propre pub, il n'hésite pas non plus. Rappelons ce qu'il disait dès 2010 : «Je ne veux pas me la jouer mais si vous êtes un joueur avec un vrai potentiel, où voulez-vous jouer ? Il y a peu de temps, c'était à Florida. Avant, c'était à Duke. Encore avant, à North Carolina. Aujourd'hui c'est Kentucky.
Calipari recrute les meilleurs espoirs, obtient grâce à eux des résultats en NCAA et les fait briller à la draft : voilà de quoi attirer les meilleurs lycéens dans son cercle vertueux. «Maintenant, vous pouvez être n°1 de la draft et champion universitaire», revendique-t-il, même si cela nécessite «un taux de remplacement des joueurs digne d'un fast food». Un échec est collectif (les Wildcats, champions en 2012, ne sont pas qualifiés pour le tournoi NCAA l'année suivante) mais jamais individuel (100% des ses «one & done» ont été choisis au premier tour depuis 2010).
Le Phénomène "One and Done"
Que les joueurs passent de moins en moins de temps à l'université est une évolution ancienne. C'est ce qu'on appelle les «one and done» («un an et c'est tout»). Et personne n'est meilleur pour les mettre en valeur que Cal. Il leur accorde tout de suite du temps de jeu, les responsabilise, les soutient quand ils annoncent leur départ prématuré, vante leurs qualités publiquement pour hausser leur cote à la draft. Une sorte de super chargé des relations publiques de ses joueurs. Aux antipodes du coach tyran ou paternaliste longtemps archétype en NCAA.
Dans ce rôle, il avait déjà fait ses preuves avant d'entraîner Kentucky, à Massachussets puis Memphis, peu regardant sur le passé de ses joueurs plusieurs fois sanctionnés pour avoir cédé à des tentatives de corruption. A Memphis, il a formé pendant un an - pas plus, évidemment - Derrick Rose et Tyreke Evans, meilleurs rookies NBA en 2009 et 2010. Une réussite qui a convaincu Kentucky, où il est passé à la vitesse supérieure en recrutant chaque année plusieurs des meilleurs lycéens du pays, attirés sur le campus de Lexington comme des insectes par la lumière.
| Joueur | Année de Draft | Position Draft |
|---|---|---|
| John Wall | 2010 | 1er |
| Anthony Davis | 2012 | 1er |
| Karl-Anthony Towns | 2015 | 1er |
| Devin Booker | 2015 | 13ème |
| Antoine Walker | 1996 | 6ème |
| Tony Delk | 1996 | 16ème |
La Popularité et l'Affluence
Pour la première fois depuis 2013, l’université de Kentucky est numéro 1 de l’affluence en NCAA avec 23 361 spectateurs en moyenne par match lors de la saison 2015-2016. Ces trois institutions sont les seules à compter plus de 20 000 spectateurs de moyenne.
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