Le rugby est introduit en Nouvelle-Zélande par Charles John Monro à la fin des années 1860. Monro avait découvert le rugby pendant ses études au Christ’s College Finchley, en Angleterre.
Le premier match de rugby en Nouvelle-Zélande se déroule le 12 septembre 1870, il oppose les équipes de Nelson et de Wellington dans la ville de Petone.
Les équipes de clubs néo-zélandais disputent leurs premiers matchs internationaux en 1882 à l’occasion de la tournée en Nouvelle-Zélande de l’équipe australienne de la Southern Rugby Union (l’actuelle New South Wales Rugby Union). L’équipe visiteuse joue contre des clubs d’Auckland à deux reprises, puis deux fois contre Wellington et une fois contre Canterbury, Otago & West Coast et North Island. Les Australiens remportent quatre matchs et perdent trois fois.
La première tournée d’une équipe britannique en Nouvelle-Zélande a lieu en 1888, les Lions britanniques jouent en Australie et en Nouvelle-Zélande. Cette tournée des Lions est organisée par deux joueurs de cricket, Arthur Shrewsbury et Alfred Shaw, qui recrutent principalement des joueurs du Nord de l’Angleterre et de l’Écosse.
La New Zealand Rugby Football Union (NZRU) est formée en 1892, avec l’absence significative de représentants de Canterbury, Otago et Southland qui n’acceptent pas le point du règlement qui exige que les membres doivent résider à Wellington pour faire partie de la NZRU.
Le premier match officiel de la Nouvelle-Zélande a lieu en Nouvelle Galles du Sud (New South Wales) en juin 1893.

L'Émergence des All Blacks et les Premières Tournées
Une équipe représentant la Nouvelle-Zélande fait une tournée en Grande-Bretagne en 1905 sous la direction de George Henry Dixon, elle est appelée les Originals. Le terme All Blacks est utilisé pour la première fois à cette occasion, à la suite de ce qui aurait été une erreur d'imprimerie ! Toutefois, il semblerait qu’aucun journal anglais de la période 1905-1906 ne contienne une telle erreur typographique, et cette théorie est aujourd’hui généralement rejetée.
La tournée est un succès pour les Originals qui ne perdent qu’une fois contre le Pays de Galles à Cardiff, par 3-0.
Le premier test match contre les Lions britanniques a lieu en 1908, les Lions étaient alors appelés les Anglo-Welsh car l’équipe était composée uniquement de joueurs anglais ou gallois.
La rivalité entre les All Blacks et l’équipe d’Afrique du Sud (les Springboks) commence en 1921 à l’occasion d’une tournée des Springboks en Nouvelle-Zélande. Cette première confrontation se conclut sur une égalité entre les deux équipes (une victoire, une défaite et un match nul).
Ce n’est qu’en 1924 que les All Blacks reviennent en Europe. L’équipe est alors appelée les Invincibles, car elle réussit l’exploit de remporter tous les matchs de sa tournée.
Les All Blacks font leur première tournée en Afrique du Sud en 1928. Cette tournée se solde par une égalité entre les deux équipes. Les Néo-zélandais perdent à Durban (0-17) et à Port Elizabeth (6-11) mais l’emportent à Johannesburg (7-6) et au Cap (13-5).
ALL BLACKS – LA TERREUR DU RUGBY MONDIAL 🖤🥝 | Terres de Rugby #7
La première véritable équipe des Lions fait sa première tournée en Nouvelle-Zélande en 1930, la série est remportée par les All Blacks (3 victoires, 1 défaite).
Les All Blacks font une longue tournée de septembre 1935 à janvier 1936 qui les amène successivement dans les îles britanniques puis au Canada. Leur bilan est positif puisqu’ils remportent 26 matchs en 30 rencontres. Ils font un match nul et subissent trois défaites dont deux en test match contre le Pays de Galles et l’Angleterre.
En 1937, les Springboks remportent leur série contre les All Blacks (2-1) lors d’une tournée en Nouvelle-Zélande. Les All Blacks remportent le premier test match mais s’inclinent lors des deux suivants.
Les All Blacks jouent à nouveau contre les Springboks en 1949 lors d’une tournée en Afrique du Sud. Fait inhabituel, l’équipe des All Blacks perd deux test matchs le même jour (3 septembre), une équipe perdant contre les Springboks à Durban et une autre équipe représentant aussi la Nouvelle-Zélande contre l’Australie à Wellington.
Cette année-là, la Nouvelle-Zélande perd aussi son 2e test match contre les Wallabies (équipe d’Australie), permettant à ces derniers de remporter la Bledisloe Cup pour la première fois. C’est une année noire pour la Nouvelle-Zélande qui perd ses quatre test matchs contre les Springboks.
Les All Blacks prennent leur revanche contre les Springboks en 1956 (3 victoires et 1 défaite) et remportent leur première série contre ces derniers.
La victoire des All Blacks contre les Lions en 1959 (3 victoires et 1 défaite) marque le début d’une période faste pour les néo-zélandais. Les All Blacks dominent les britanniques durant les années 1960 sous la conduite de joueurs légendaires comme Colin Meads, Don Clarke et Wilson Whineray.
Ils manquent de peu la réalisation d’un Grand Chelem en 1964, ne faisant que match nul (0-0) contre l’Écosse.
Les All Blacks remportent leurs trois test matchs en 1967 mais n’ont pas la possibilité de jouer contre l’Irlande en raison d’une épidémie de la fièvre aphteuse dans ce pays.
Les Lions britanniques sont battus à nouveau en 1966, et il faut attendre 1971 pour qu’ils battent les Néo-zélandais.
Sous la conduite de leur capitaine Graham Mourie, les All Blacks réussissent un Grand Chelem en 1978. Leur succès acquis de justesse (13-12) contre les Gallois fut cependant controversé car acquis grâce à une pénalité accordée par l’arbitre en fin de match.
La tournée faite par les Springboks en 1981 en Nouvelle-Zélande est marquée par des mouvements de protestation contre la politique d’Apartheid de l’Afrique du Sud. Les Springboks font cette tournée à l’invitation de la fédération néo-zélandaise, le gouvernement ne s’y oppose pas sous prétexte qu’il ne faut pas mélanger sport et politique.
La tournée en Afrique du Sud de 1986 est annulée à la suite d’une action en justice de la part des opposants à cette tournée qui ont démontré qu’elle était contraire au règlement de la fédération néo-zélandaise NZRU. Une tournée non officielle est cependant effectuée par une équipe appelée les Cavaliers et qui comprend de nombreux All Blacks.
Triomphes en Coupe du Monde et Domination Continue

La première coupe du monde de rugby à XV en 1987 est coorganisée par la Nouvelle-Zélande et l’Australie. Les All Blacks la remportent après avoir battu la France en finale (29-9).
Les All Blacks confirment leur suprématie en 1988 en battant à domicile les Wallabies (deux victoires et un match nul), à l’occasion d’une tournée en Australie dont ils reviennent invaincus (douze victoires et un match nul).
L’année 1989 est encore meilleure pour les All Blacks qui remportent les 19 matchs qu’ils disputent, avec des victoires contre les équipes de France, d’Irlande, du Pays de Galles et d’Australie.
Les All Blacks font une tournée en France en octobre et novembre 1990 afin de préparer la coupe du monde de 1991. Ces contre-performances annoncent l’échec à la coupe du monde de 1991. Elle se passe assez mal pour les All Blacks qui ont de la difficulté à battre les Anglais et les Italiens pendant la phase de poule et qui sont battus par les Australiens en demi-finale (6-16).
Les Néo-zélandais terminent 3e de l’épreuve, remportant 5 de leurs 6 rencontres. Grant Fox est le meilleur réalisateur des All Blacks (44 points), John Timu et Terry Wright sont les meilleurs marqueurs d’essais néo-zélandais, avec seulement 3 essais.
L’année 1993 est plus favorable aux All Blacks qui battent notamment les Lions (2 victoires et une défaite) mais s’inclinent contre les Anglais à Twickenham.
L’équipe est alors en reconstruction, en vue de la coupe du monde de 1995, ce qui n’est pas sans difficultés : les All Blacks concèdent deux défaites à domicile contre la France en 1994, à Christchurch et Auckland, et perdent leur seule rencontre contre l’Australie, bien qu’ils comptent dans leur rang deux ailiers de renom : John Kirwan et Jonah Lomu.
Revenons en arrière : il y a 117 ans, une sélection de joueurs composés de Racingmen et Parisiens s’avance timidement sur le terrain du parc des Princes soutenu par environ 3000 personnes. Pour eux c’est une première ! Ils vont défier l’équipe de la Nouvelle-Zélande pour ce qui restera dans l’histoire le premier match du XV de France. Le rugby en France n’en est qu’à ses prémices ; les clubs parisiens trustent les titres de champions de France, seuls les Bordelais et les Lyonnais offrent une réelle concurrence. La fédération française n’existe même pas, elle sera créée en 1920. L’arrière anglais du Havre William Crichton et le deuxième ligne américain du Racing Allan Muhr font partie des sélectionnés.
Cette équipe de Nouvelle-Zélande effectue la première tournée de son histoire en Europe. Après trois mois de voyage, ils font un triomphe partout où ils jouent en Grande-Bretagne. Le public est ravi dans une Europe où le sport devient un enjeu sociétal de plus en plus significatif. Et le rugby s’inscrit dans cette vertueuse éducation.
On vient de loin pour voir ceux que l’on surnomme les "Originals". Il faut dire que ces joueurs de classe, virevoltent ballon en main, relancent inlassablement et marquent beaucoup d’essais. Avant leur voyage à Paris, les Néo-Zélandais gagnent 31 matchs sur 32 (NDLR, ils remporteront aussi 3 matchs en 1906 en Amérique du Nord).
Mais les "Originals" vont gagner une autre forme de respect avec un nouveau surnom sorti d’un malentendu et d’une mauvaise transcription. Les All Blacks étaient nés. Certains diront après cette tournée qu’ils portent le deuil de leurs adversaires.
Henri Amand, surnommé le Barby, est le premier capitaine de l’histoire du XV de France. C’est donc un premier match douloureux qui se joue entre les Français et les Néo-Zélandais par un temps humide ; comme prévu, la France s’incline lourdement 38 à 8 (10 essais à 2). Les 2 essais français sont signés Cessieux et Dufourcq et une transformation de Pujol. Les All Blacks peuvent repartir chez eux, le devoir accompli.
David Gallaher, surnommé Dave est le premier grand capitaine néo-zélandais de l’histoire, il était à la tête des "Originals" en 1905. Il dispute son dernier test-match contre l’équipe de France le 1er janvier 1906, marquant par cette occasion deux essais. C’est un très bon joueur, mais il est aussi très intéressé par la stratégie, il écrira plusieurs publications sur le rugby. Son destin est lié à tout jamais à l’histoire de la Première Guerre mondiale. Parmi eux, Dave Gallaher, le pédagogue est mort en Belgique à la bataille de Passchendaele en 1917. Depuis 2000, un trophée "Dave Gallaher" est mis en jeu entre la France et la Nouvelle-Zélande. La prochaine rencontre entre les deux nations sera celle de l’ouverture de la 10e coupe du monde le 8 septembre 2023. Le trophée sera au bord du terrain. La même affiche pourrait se dessiner le 28 octobre, jour de la finale du mondial.

L'Olympiade Culturelle est une programmation artistique et culturelle pluridisciplinaire qui se déploie de la fin de l’édition des Jeux précédents jusqu’à la fin des Jeux Paralympiques.
Les All Blacks, joueurs de l’équipe nationale de rugby de Nouvelle-Zélande, constituent une véritable légende du sport. Dès sa création à la fin du XIXème siècle, la sélection enchaîne rapidement les victoires grâce à leur jeu spectaculaire axé sur la puissance physique des contacts et la vitesse d’exécution des passes. La création de grands événements internationaux au cours du XXème siècle leur permet d’affronter régulièrement les autres sélections nationales et de se démarquer comme étant la nation du rugby par excellence.
La création d’une équipe maorie
À partir de la moitié du XIXème siècle, le territoire de Nouvelle-Zélande est colonisé par l’Empire Britannique. Cette colonisation permet de répandre progressivement le rugby sur un territoire qui ne connait pas encore cette discipline. En effet, ce sport existe déjà en Angleterre depuis quelques années, nous avons abordé ce sujet dans cet article : L’histoire captivante du rugby : des origines antiques aux universités anglaises.
Le rugby, pratiqué à l’époque exclusivement par les militaires britanniques, va vite trouver sa place dans la culture maorie où l’engagement physique est au cœur de l’identité.
Dans les années suivantes, on voit ainsi rapidement la création des premiers clubs de rugby dont le Nelson RFC en 1868 puis le Wellington RFU en 1879.Une première équipe pour représenter la Nouvelle-Zélande nommée « Les Maoris » est créée en 1884. Elle se déplace en Australie pour une première tournée et remporte ses 8 premiers matchs. Composé initialement de joueurs à majorité maorie et de quelques joueurs d’ascendance européenne, l’équipe effraie par sa mêlée surpuissante et remporte de nombreux matches dans les années suivantes totalisant 79 victoires pour 107 matchs.
L’équipe finit par affronter les sélections britanniques : l’Angleterre, le Pays de Galles contre qui elle perd et l’Irlande qu’elle défait 13 à 4.Une sélection nationale officielle est créée dans les années suivantes et rassemble surtout des joueurs d’ascendance européenne. En 1903 a lieu la première tournée officielle de l’équipe néo-zélandaise en Australie. L’équipe remporte à cette occasion la totalité de ses 10 matchs.
L'origine du nom "All Blacks"
Le nom « All Blacks » nait à cette époque. À l’arrivée des rugbymen, le premier demande au second la couleur de leur uniforme. Le joueur répond alors « Nous sommes tout en noir » . Son origine remonte à 1893, lorsque la Nouvelle-Zélande inaugure un équipement entièrement noir, orné d’un col et de boutons blancs, marquant le début d’une tradition qui ne s’est plus jamais démentie.
Certains journalistes sportifs font porter le deuil de leurs adversaires aux All Blacks en alléguant que le noir symboliserait la tristesse ou la mort des équipes adverses. Cette interprétation, si elle prête à sensation, ne résiste pas à l’examen historique. En réalité, le choix de la couleur noire répond à un hommage profond à la culture maorie. Chez les Maoris, le noir représente la vie, la fécondité et l’élément primordial du monde, Te Pō, avant la création .Le terme All Blacks lui-même est devenu une marque déposée, tant l’identité visuelle de l’équipe est forte. C’est la seule équipe de rugby à évoluer le plus souvent en noir aussi bien à domicile qu’à l’extérieur, créant une impression d’uniformité absolue sur le terrain.
Lorsqu’à l’issue de la guerre du haka, les All Blacks se tiennent en ligne, le contraste du noir sur le vert du terrain et le rouge des stades renforce l’impact visuel et émotionnel pour l’adversaire.Cette intemporalité se lit dans la persistance du design : près de 130 ans après sa création, aucun nouveau coloris n’a remplacé le noir traditionnel pour les grandes rencontres.
Elle affronte ainsi l’Écosse puis l’Irlande et l’Angleterre, équipes qu’elle défait, mais perd contre le Pays de Galles 3 à 0. Elle rencontre enfin à Paris le 1er janvier 1906, le XV de France qu’elle balaye 38 à 8.
Le public européen a ainsi l’occasion de découvrir le jeu néo-zélandais qui est à l’époque caractérisé par une redoutable rapidité des passes aussi bien entre avants qu’entre arrières.
Le monde du rugby est à l’arrêt pendant la Première Guerre mondiale. Plusieurs internationaux néo-zélandais s’engagent dans le conflit et treize d’entre eux tombent au champ d’honneur.
À la sortie de la guerre, les Néo-Zélandais remportent en 1919 le Trophée Impérial, tournoi entre nations du Commonwealth, avec leur équipe militaire.
En 1924, l’équipe néo-zélandaise appelée à l’époque les « Invincibles » fait une 2ème tournée en Europe qui s’avère être un exploit car elle remporte ses 32 matchs dont ceux face aux « Cinq nations ». Les hommes du Pacifique enfoncent leurs adversaires à chaque mêlée avec une formation en 2-3-2 et transmettent le ballon sur les extérieurs à destination de leurs redoutables trois-quarts James Parker et Georges Nepia.
Décroissance éphémère face à l’émergence d’autres nations
Les All Blacks connaissent une baisse de performance au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Après une première défaite chez eux en Nouvelle-Zélande en 1937 par les Sud-Africains, aussi surnommés Springboks, ces derniers réitèrent l’exploit à domicile en 1949 avec quatre victoires d’affilé : 15-11, 12-6, 9-3 et 11-8.
La décennie des années 1950 permet de voir une lutte acharnée entre l’Afrique du Sud et la Nouvelle-Zélande qui se disputent le titre de meilleure équipe mondiale. Dominés dans les premières années par les Boks, les All Blacks se vengent en 1956 en remportant trois des quatre test matchs.
De son côté l’équipe de France s’améliore et bat pour la première fois en 1954 les All Blacks lors d’une nouvelle tournée en Europe avec un seul essai, inscrit par le capitaine français Jean Prat qui permet aux Tricolores de gagner 3 à 0.
En 1960, lors d’une nouvelle tournée en Afrique du Sud, les lois sur l’apartheid empêchent les joueurs d’ascendance maori de venir jouer en Afrique du Sud. Les deux équipes se neutralisent avec chacune 2 victoires.
Une nouvelle tournée européenne a lieu en 1963 : 34 matchs joués pendant 4 mois entre les All Blacks et des équipes européennes dont des équipes nationales. L’équipe néo-zélandaise menée par le capitaine Wilson Whineray ne subit pendant cette tournée qu’une défaite face au club gallois Newport RFC 3-0, et remporte les 33 autres rencontres dont celles face aux équipes nationales du Tournoi des Cinq Nations.
L’année 1979 permet de voir la première victoire de la France face aux Blacks en Nouvelle-Zélande.
La Nouvelle-Zélande lors des grands événements internationaux
Les All Blacks s’imposent également lors des grands événements internationaux. Ainsi, l’organisation de la 1ère Coupe du monde en 1987 leur est confiée et se déroule à Auckland, ville la plus peuplée de Nouvelle-Zélande.
Les Néo-Zélandais rentrent fort dès le match d’ouverture où ils écrasent l’Italie 70 à 6. Ils dominent largement leurs adversaires lors des phases suivantes et se retrouvent en finale face à la France qu’ils battent logiquement 29-9 malgré un essai du demi de mêlée Pierre Berbizier à la fin du match.
Les Français effectuent en 1994 une tournée de dix matchs, dont deux matchs contre l’équipe nationale de Nouvelle-Zélande. Les Tricolores remportent largement le 1er test le 26 juin à Christchurch en humiliant les All Blacks 22-8. Lors du 2ème test le 3 juillet suivant, dans un match très serré, les Néo-Zélandais prennent l’avantage mais c’est dans les derniers instants que le XV de France fait basculer la rencontre. En effet, une relance des 22 mètres de Phillipe Saint-André, transmise collectivement et conclue par Jean-Luc Sadourny permet à l’équipe de France de marquer l’illustre « essai du bout du monde » ou « try of the century » et de remporter pour la première fois une série de tests contre les Kiwis.
La Nouvelle-Zélande perd la Coupe du monde 1995 en finale face à l’Afrique du Sud qui gagne à domicile 15-12. Les joueurs néo-zélandais Jonah Lomu et Marc Ellis sont désignés co-meilleurs marqueurs du tournoi avec 7 essais chacun. Mais des polémiques émergent après le tournoi à la suite de la possible intoxication alimentaire des joueurs néo-zélandais.
La Coupe du monde 2011 a lieu en Nouvelle-Zélande. Ce fut un moment rare, puissant, inoubliable : lundi soir, le XV de France a donc été reçu dans un Marae, un lieu de réunion propre à la culture maorie.
Comme au premier test, le XV de France a été très longtemps dans le coup, a dominé physiquement des All Blacks peu inspirés mais a fini par céder (29-19). Le manque de fraîcheur a payé et le coaching néo-zélandais a fait la différence. Les tricolores n’ont marqué qu’un seul essai par Le Garrec (8e) alors que les joueurs à la fougère argentée en ont inscrit trois (Jordan, Lienert-Brown, Kirifi).
Ils voulaient les faire douter. Repartir avec une victoire prestigieuse, historique, de cette tournée en Nouvelle-Zélande. Un succès ou l’oubli, disait-on. Alors les Bleus, qui avaient visiblement coché ce dernier match, ont envoyé tout ce qu’ils leur restaient dans une bataille féroce à Hamilton. Après plusieurs minutes décousues, Nolann Le Garrec, déterminé, ouvrait le bal en terminant dans l’en-but derrière un solide ballon porté mené par Pierre Bourgarit (9e). Le ton était donné. Même scénario que durant le premier test (les Bleus menaient également 0-10) ? Mêmes erreurs également. Deux minutes seulement après la pénalité inscrite par Le Garrec, Ratima usait du pied dans le second rideau, curieusement déserté par Léo Barré, et l’inévitable Will Jordan surgissait (pour inscrire son 42e essai international) et ainsi sonner la révolte.
Antoine Hastoy passait ensuite un drop astucieux (24e) , auquel répondait Damian McKenzie par une pénalité près des 22 mètres adverses (31e). Trois minutes plus tard, Le Garrec, impérial au pied et dans le jeu courant, passait deux pénalités pour donner neuf points d’avance aux Bleus. Admirables en défense (21 plaquages pour Fischer, 16 pour Halagahu et 14 pour Erdocio), les hommes de Fabien Galthié craquaient finalement dans les dernières secondes après une séquence interminable, encaissant un essai de Lienert-Brown sur une mauvaise montée défensive de Barré, décidément peu à son aise en première période. Il y avait ainsi de quoi croire en une victoire de prestige. Mais dans un deuxième acte cadenassé, les All Blacks, comme lors du premier test, ont donné une leçon d’occupation aux Bleus. Incapables de sortir de leur camp, tout le temps acculés grâce à un jeu au pied parfaitement maîtrisé de la part de McKenzie et de Barret (entré à la 55e).
Théo Attissogbe et les siens n’auront pas existé dans ce second acte, mais pourront se targuer d’avoir encore fait douter les hommes du pays du long nuage blanc, en s’appuyant sur une énergie débordante et une défense ô combien valeureuse. Il y aura certainement beaucoup à retenir de cette tournée d’été pour le staff tricolore.