Cet article explore l'histoire du tennis et du volley-ball dans le département de l'Hérault, en France, en mettant en lumière l'évolution de ces sports et les figures clés qui ont contribué à leur développement. Nous examinerons comment le tennis, initialement un sport élitiste, s'est démocratisé et a gagné en popularité, et comment le volley-ball a trouvé sa place dans les clubs sportifs locaux.

Terrain de tennis
Les Débuts du Tennis dans l'Hérault
D’origine anglaise, le Lawn Tennis apparaît sous sa forme moderne au début des années 1870. En France, ce sport, importé par les Anglais, connait un succès rapide dans les stations thermales et balnéaires de Normandie, de la Côte Basque et de la Côte d’Azur ainsi que dans les villes les plus exposées à l’influence britannique. Malgré sa position littorale et un climat propice à la pratique, le département de l’Hérault demeure longtemps à l’écart de ce mouvement. Les débuts du tennis y sont timides et, jusqu’à la fin des années 1960, il demeure un sport relativement “marginal” dans le département. Cette situation évolue totalement à partir du début des années 1970. Au terme de prés de 40 ans de croissance ininterrompue, le tennis est désormais la deuxième activité sportive du département et, avec 22 000 licenciés officiellement recensés, le sport individuel le plus répandu.
Si les premiers clubs sont créés en France au début des années 1870, le tennis n’apparaît dans l’Hérault qu’au début des années 1890. La première mention de ce nouveau sport figure dans le journal mondain la Vie montpelliéraine en décembre 1894. Sous la rubrique « Lawn-tennis », il annonce en effet, sans autre précision, que « la société de tennis qui s’est fondée il y a deux ans à Montpellier et dont les réunions étaient si régulièrement suivies l’année dernière, a repris il y a quelques jours ses activités interrompues pendant la saison d’été ».
À la même époque, la pratique du tennis est signalée au lycée de garçons, au sein de l’Université mais aussi à l’intérieur des cercles militaires de la ville, soit dans les milieux - l’armée, les facultés et les lycées - qui fournissent dans toute la France les premiers contingents de tennismen. Sport mondain et citadin, le tennis trouve à Montpellier le terreau social qui va lui permettre d’y prospérer : présence d’une vieille aristocratie, garnison importante, affirmation d’une bourgeoisie négociante et intellectuelle qui bénéficie de l’essor conjoint de la viticulture de masse et de l’université. La sociologie des premiers dirigeants de clubs est à l’unisson : le Cercle militaire, dont l’accès est strictement réservé aux officiers, est présidé par le major de la garnison ; la Société de tennis de Montpellier par le vicomte de Vergnette qui est assisté par Louis Matte, fabricant de chocolat et membre de la Chambre de Commerce.
L'essor du Tennis Club de Montpellier
Au-delà de structures embryonnaires et diffuses, dont il est difficile de reconstituer la généalogie et de mesurer la consistance, le tennis local est dominé par le Tennis Club de Montpellier. Domicilié rue du faubourg de Nîmes, l’association créée par l’Automobile Club - sous le nom de l’Auto Tennis Club de Montpellier - prend son appellation actuelle en 1911. Il possède quatre courts entretenus et surveillés par un gardien.
En dehors du chef-lieu, la pratique demeure exceptionnelle. À Lamalou-les-Bains, son apparition doit être mise en relation avec le développement du tourisme thermal. Des terrains sont construits dans les parcs de l’Hôtel du Centre et du Grand Hôtel des Thermes pour attirer la clientèle aisée. À Sète, qui ne dispose pas encore de club, il semble être introduit par certains milieux négociants proches de la Chambre de Commerce. À Caux, c’est un propriétaire viticole, Gustave Durand, qui, en 1907, crée le premier court. À Saint-Pons, premier exemple de diffusion de la pratique en milieu rural, le nouveau sport fait partie intégrante de la sociabilité mondaine.
Dès avant la guerre, le tennis départemental tente de se structurer et une commission de lawn-tennis, dominée par des joueurs sétois et montpelliérains, est créée en 1906-1907 à l’intérieur du Comité régional naissant de l’Union des Sociétés Françaises de Sports Athlétiques. Les premières compétitions voient le jour. À Montpellier, une Coupe Tunmer rassemble plusieurs clubs locaux sur les courts de l’École d’Agriculture en 1906 ; au Tennis Club Montpelliérain, des tournois sont régulièrement organisés au printemps et en octobre sur les courts du faubourg de Nîmes qui accueillent en 1911 et en 1913 le championnat du Languedoc. Lamalou-les-Bains joue un rôle pionnier dans cette sportivisation de l’activité tennistique. Le premier tournoi international de l’Hérault y est organisé en août 1910 dans le cadre de la Grande semaine des fêtes qui a lieu du 28 août au 4 septembre.
À la veille de la guerre, Henri Diffre incarne à lui seul la triple dimension montpelliéraine, élitiste et sportive du tennis héraultais. Né dans la préfecture de l’Hérault le 30 juillet 1887, fils d’un médecin réputé, il fait ses études au collège des Dominicains à Arcachon puis de Captier à Saint-Sébastien avant d’intégrer la faculté de médecine de Montpellier et de se spécialiser dans la médecine militaire. Grand amateur de sports, joueur de football de bon niveau, il assure le secrétariat du Tennis Club de Montpellier tout en s’imposant rapidement comme le meilleur tennisman du Languedoc méditerranéen.
Période décisive dans l’introduction du tennis dans l’Hérault, la Belle Époque voit le tennis sortir du strict cadre du loisir mondain et prendre les caractères d’un véritable sport, pratiqué par des sportsmen entraînés, encadré par des règles strictes et organisé autour de compétitions qui acquièrent progressivement une certaine régularité. Il est nécessaire néanmoins de souligner les limites de ce premier développement, tant en terme de pratiquants que de popularité de la pratique. À ce titre, l’essor de l’après première guerre mondiale paraît beaucoup plus solide.
Le « lawn-tennis » bénéficie alors de l’effort de structuration de l’activité au niveau national avec la création en 1923 de la Fédération Française de Lawn-tennis mais surtout d’une médiatisation et d’une popularité nouvelles liée aux performances de Suzanne Lenglen et à l’aventure des « Mousquetaires ». À l’échelle locale, cet essor est relayé et entretenu par les séjours réguliers et médiatisés d’Henri Cochet dans la région. Dans ce contexte porteur, la multiplication des courts et des clubs s’appuie avant tout sur l’initiative de particuliers, pour la plupart propriétaires ou membres de professions libérales.
À Sète, où l’implantation du tennis est antérieure à la guerre, un club est créé le 1er janvier 1928 sous le régime de la loi de 1901. En l’absence de court, ses membres jouent sur les terrains du stand de la Sétoise ou sur celui de l’ancien cimetière, propriété des jeunesses laïques et républicaines. Le 1er novembre 1928, huit d’entre eux, dont le futur président du club Jean Dugrip, s’associent pour acheter le terrain du Mas Viel, une propriété rurale de 7769 m² avec maisonnage, pour la somme de 20.000 francs. Entre 1929 et 1932, ils consacrent 100.000 francs pour aménager le club et construire cinq courts, un mur, une salle de réunion et deux vestiaires.
À Mauguio, la Raquette Melgorienne naît en 1932 de l’initiative de deux frères, Eugène et Joseph Claret. À Bédarieux, l’introduction du tennis est le fait d’un groupe d’amis qui avait improvisé un court de tennis dans la cour d’une distillerie. L’activité prend une nouvelle dimension en 1934 lorsque, après accord avec le propriétaire, ils déménagent sur le court des Aiguilles, court qu’ils bitument et qu’ils transformeront en terre battue en 1944. À Lunel, le club est créé par huit habitants de la ville, dont l’avocat Louis Christol, en 1934.

Henri Cochet
Au lendemain de la guerre, l’essor du tennis se traduit aussi par son introduction dans les clubs corporatifs et omnisports qui se multiplient. À Béziers et Montpellier, il fait partie des activités proposées par l’AS Cheminot, créée en 1920, et par l’ASPTT, fondée en 1931 par Léon Cazal. Il est, avec le volley-ball, l’activité principale du Fémina sport Saint-Chinianaise, association née en 1920. La pratique tend alors à s’institutionnaliser et l’affiliation à la FFLT devenir la norme, pour les principaux clubs en tout cas.
À l’image des autres sports, le tennis cesse d’être un divertissement aristocratique et s’impose définitivement, selon les termes de Pierre Arnaud, comme une « activité physique réglementée et codifiée par une instance légiférante, qui se déroule dans un temps et un espace définis en vue d’une compétition visant l’accomplissement loyal d’une performance ». Ces transformations, aussi significatives soient elles, n’entament pas le leadership montpelliérain.
Dans la préfecture de l’Hérault, le tennis, qui est l’objet d’un véritable engouement, connaît un redémarrage rapide après la première guerre mondiale. Quelques mois à peine après la signature de l’armistice, le TCM organise un tournoi auquel participent des étudiants américains tandis qu’en juillet 1919 ses courts accueillent le championnat du Languedoc. Le TC de Montpellier connaît une première démocratisation. Soucieux d’élargir sa clientèle, qu’il tente d’attirer en utilisant la publicité, il révise ses tarifs pour les rendre plus accessibles et fidéliser les adhérents.
Officiellement déclaré en 1923, le Tennis Club de Montpellier quitte les courts du faubourg de Nîmes pour s’installer route de Toulouse, où il séjourne dans les années 1920, pour rejoindre définitivement le Chemin de la Jalade - son siège actuel - en 1931.

Schéma d'un court de tennis
Organisé du 26 octobre au 30 novembre 1919, le premier tournoi d’automne d’après-guerre du TCM, appuyé par L’Éclair et Le Petit Méridional, connaît un grand succès : le simple homme est remporté par Éric Hamelle ? futur champion du Languedoc en 1920 ; le simple femme par Melle Aldebert ; le double homme par la paire Bret/Petit-Levat, le double femme par Melles Courtine et Waton. Sur le plan sportif, le TCM demeure le meilleur club du département.
La guerre n’interrompt pas les activités tennistiques dans le département. Même au ralenti, la Ligue du Languedoc, dirigée par Georges Courtès et placée sous la tutelle d’Henri Diffre, continue de fonctionner et la vie sportive de poursuivre son cours. En 1941, le joueur de l’Association sportive du lycée, Olive, remporte le championnat d’académie dans la catégorie cadets tandis que le joueur du TC Bédarieux, Henri Guibert, classé 0 en 1943, remporte les championnats du Languedoc en 1941 et 1942.
La pratique du tennis pâtit néanmoins de la pénurie de sandales, de boyaux et de balles. Pour remédier à cette situation, certains clubs, encouragés par le président Courtès, s’affilient à la FFLT pour bénéficier des distributions organisées par le Comité d’organisation des articles de sports. Au lendemain de la guerre, le « lawn-tennis » connaît une évolution contrastée. Dans de larges parties du territoire, le retour à la normale s’avère rapide. À Pézenas, où on joue au tennis dans le Parc de Sans-Souci depuis 1940, la Libération est marquée par la création du TC Piscenois.
Le Volley-Ball dans l'Hérault
Au lendemain de la guerre, l’essor du tennis se traduit aussi par son introduction dans les clubs corporatifs et omnisports qui se multiplient. À Béziers et Montpellier, il fait partie des activités proposées par l’AS Cheminot, créée en 1920, et par l’ASPTT, fondée en 1931 par Léon Cazal. Il est, avec le volley-ball, l’activité principale du Fémina sport Saint-Chinianaise, association née en 1920.
Le volley-ball, bien que moins détaillé dans les sources fournies, partage une trajectoire similaire de développement au sein des clubs sportifs de l'Hérault. Son intégration dans les associations sportives locales témoigne de sa popularité croissante et de son rôle dans la promotion de l'activité physique et de la compétition.