Le Water-Polo aux Jeux Olympiques : Un Sport Aquatique Intense

Le water-polo est un sport aquatique d'équipe combinant natation, handball et lutte. Il se joue dans une piscine entre deux équipes de sept joueurs, dont un gardien de but. L'objectif est de marquer des buts en lançant le ballon dans le but adverse. Ce sport exigeant fait appel à la fois à l'endurance, à la force physique, à la technique et à la stratégie.

Match de water-polo lors des Jeux olympiques d’été de 1908 à Londres

Histoire du Water-Polo

Le water-polo est présent aux Jeux olympiques depuis le XXe siècle. C’est le sport collectif olympique le plus ancien.

La légende raconte que le water-polo, sous une forme rudimentaire, était déjà pratiqué dans les thermes de la Rome antique. Une variante du water-polo était pratiquée en Rome ancienne. Populaire chez les légionnaires, ils le propagèrent à travers tout l’empire. Le jeu était pratiqué dans les piscines des thermes.

Cependant, sa forme moderne est née dans les années 1860 en Angleterre, d'abord en extérieur, dans les lacs, les rivières et la mer. Il s'agissait alors de démonstrations de force et de techniques de nage. Des règles ont progressivement été mises en place pour prévenir les blessures. C'est pourquoi les joueurs et joueuses sont surnommés les « gladiateurs des bassins ».

Il faut ensuite attendre 1869 pour voir les membres du club britannique de natation de Bournemouth pratiquer un jeu dont les règles sont assez proches du water-polo moderne. Les premières règles sont édictées en 1870 par le club de natation de Londres. En 1876, les règles sont publiées. Le premier match interclubs se tient en 1874 à Londres. Le premier match international a lieu en 1890. Il met aux prises Angleterre et Écosse. Le premier championnat, celui d’Angleterre, débute en 1888.

Une version américaine du jeu se développe à partir de 1897. C’est un jeu plus violent que son homologue britannique. Les Américains pratiquent ce softball (à ne pas confondre avec le sport dérivé du baseball) jusqu’aux années 1930, mais conviennent de respecter les règles britanniques depuis 1914.

En 1900, le water-polo a fait son entrée aux Jeux Olympiques, devenant l'un des premiers sports d'équipe à y être représenté. À Paris, cet été, il y aura un tournoi femmes et un tournoi hommes. Le water-polo est un sport olympique dès 1900 pour les hommes et passe sous le contrôle de la FINA en 1911.

Un championnat du monde masculin est mis en place à partir de 1913, le championnat féminin à partir de 1986, en complément de la coupe du monde féminine à laquelle elles ont accès en 1979. Les jeux olympiques ne leur sont ouverts qu’en 2000.

Les Britanniques dominent les palmarès jusqu’aux années 1920. La France, la Belgique, la Suède, la Hongrie et l’Allemagne rivalisent ensuite avec les créateurs britanniques. Après la Seconde Guerre mondiale, l’Italie, la Yougoslavie et l’URSS viennent rejoindre l’élite mondiale. En France, les femmes jouent principalement à Tourcoing et à Paris, où est organisé un premier championnat en 1922.

Composition d'une Équipe

Une équipe de water-polo se compose de 7 joueurs avec 6 remplaçants.

L’équipe a 1 ou 2 gardien(s) qui peuvent avoir le no 1 et le 13 pour le gardien remplaçant. Même un joueur de champ peut avoir le 13, ce joueur-là est souvent la pointe (ou l’arrière pointe/contre pointe).

Dans l’eau, on trouve 7 joueurs dans chaque équipe : 1 gardien et 6 joueurs de champ. Un gardien de but et 6 joueurs de champ évoluent dans l’eau en même temps, pour chaque équipe.

Le gardien porte le bonnet numéroté 1, de couleur rouge. Les autres joueurs portent des bonnets numérotés de 2 à 13. Le bonnet portant le numéro 13 peut être rouge également si l’équipe possède un gardien remplaçant.

Même un joueur de champ peut avoir le 13, ce joueur-là est souvent la pointe (ou l’arrière pointe/contre pointe). La pointe a le droit d’aller jusqu’à deux mètres des cages pour recevoir la balle et pour tirer, il s’agit du rôle le plus difficile.

L’équipe qui joue à domicile porte les bonnets blancs, les visiteurs, les bonnets bleus.

Les joueurs s’organisent en demi-cercle autour du but adverse, avec un poloïste au centre, appelé pointe (comme le pivot au handball). C’est un poste particulier, puisque le joueur tourne le dos à la cage opposée. Il a pour rôle de récupérer les passes rapidement afin de buter.

À l’exception du gardien de but, tous les joueurs participent à la défense et à l’attaque dans le jeu. Les joueurs dépensent donc énormément d’énergie au cours d’un match. Pendant l’action de jeu ou lors d’une pause, un joueur peut sortir et être remplacé par un coéquipier.

Ceux-ci peuvent entrer en jeu à tout moment à partir de leur propre zone d’exclusion (au-delà de la ligne de but), à partir du moment où l’équipe est en possession de la balle.

Durée d'un Match

Chaque rencontre se décompose en 4 périodes de 8 minutes de jeu effectif. Un match officiel se décompose en 4 périodes de 8 minutes chacune de jeu effectif (périodes de 7 minutes dans le cas de match de moins de 18 ans).

Ces périodes sont séparées par des temps de repos de 2 minutes sauf entre la 2e et la 3e périodes où le repos est de 5 minutes. Chaque équipe peut demander 1 temps mort d’une minute par période lorsqu’elle est en possession de la balle (attaque).

Si elle ne tire pas au but dans ce laps de temps, le ballon est donné à l'équipe adverse. Chaque équipe, dès qu’elle prend possession de la balle (interception, engagement, etc.) dispose d’au plus 30 secondes pour tirer au but.

Dans ce cas (qu’il y ait but ou non, ou encore corner), le décompte de ces 30 secondes est réinitialisé. Il est également réinitialisé si un joueur de l’autre équipe est exclu. Si le décompte arrive à son terme, une faute est sifflée et la balle est donnée à l’autre équipe.

Les Fautes

Le droit de charge est autorisé sur le porteur de balle. Pratiquement, une grande liberté de manœuvre est laissée aux défenseurs pour agir sur le porteur de la balle, à l’exclusion des coups visant la tête.

L’arbitrage est complexe au water-polo, puisque les deux officiels sont situés au bord du bassin et ne voient donc que très peu ce qui se passe sous l’eau. Cependant, le sport est encadré par un règlement strict.

Le système de fautes se divise en deux catégories : les fautes simples et les fautes graves.

  • Fautes simples : La balle doit être maniée à une seule main (sauf pour le goal). Elle ne doit pas être sous l’eau et le joueur ne doit pas l’utiliser pour s’appuyer ou se reposer dessus. Le joueur ne peut s’appuyer sur aucune partie du bassin (buts, bords ou fond du bassin) pendant le jeu (si un gardien s’appuie sur le bord du bassin, un penalty est sifflé contre son équipe).
  • Fautes graves : Une faute commise sur un attaquant dans la zone des 5 mètres est sanctionnée par un penalty, si ce dernier est en position de marquer. Il est alors tiré sur la ligne des 5 mètres. Nager sur le dos de son adversaire ou le frapper entraîne une faute grave assortie d’une exclusion de 20 secondes. Le joueur va alors « en prison ». A la troisième faute grave, le joueur est exclu définitivement et remplacé (Exclusion Définitive Avec remplacement (EDA). Dans le cas d’une faute encore plus grave, comme un coup volontaire, le joueur est exclu du match et ne peut être remplacé que quatre minutes après la faute.

L'Aire de Jeu

Le bassin mesure 30 m par 20 pour les matches masculins et 25 m par 20 pour les matches féminins.

Plusieurs lignes symbolisées par des plots, matérialisent la surface de jeu:

  • Ligne rouge (2 m) : zone de hors-jeu.

La profondeur minimale est quant à elle fixée à 1,80 mètre.

Le Ballon

Il est d’une circonférence comprise entre 65 et 67 cm pour les femmes, entre 68 et 71 cm pour les hommes. Son poids peut varier dans les limites de 400 à 450 grammes.

La Façon de Marquer

Un but est marqué quand tout le ballon a franchi entièrement la ligne de but, entre les deux poteaux de but et sous la barre transversale. Un but peut être marqué de n’importe quel endroit de la surface de jeu; mais le gardien de but n’est pas autorisé à se rendre ou toucher le ballon au-delà de la ligne de mi-distance. Un but peut être marqué avec n’importe quelle partie du corps, à l’exception du poing fermé. Un but peut être marqué en nageant avec le ballon jusqu’au but.

Water-polo : le sport le plus difficile du monde ?

Pour schématiser, si on veut exceller au water-polo, il faut être mi Léon Marchand, mi Mikkel Hansen. Savoir nager comme le Poséidon français et tirer au but comme le Thor danois. Le tout pendant quatre périodes de huit minutes durant lesquelles les sept guerriers d'une équipe ne disposent que de 30 secondes pour tenter de marquer, sans jamais être autorisés à prendre pied au sol, ni sur les rebords.

"C'est un sport hyper complet", nous éclaire Lou Counil, ancienne internationale tricolore et consultante pour franceinfo: sport. "Il faut de l'endurance pour pouvoir répéter les efforts et parcourir cinq kilomètres de nage par match, de la vitesse pour sprinter et de la force pour passer son vis-à-vis en un contre un."

Essayez de vous maintenir en position statique en pratiquant un battement de jambes en rétropédalage pour ne pas couler, avant d'attraper un ballon à une main avec généralement une gerbe d'eau ou un coude adverse qui vous arrive dans les yeux. Puis tentez d'effectuer un ciseau pour propulser la partie haute de votre corps hors de l'eau et déclencher un tir à travers une forêt de mains. Essayez.

Vous ne serez donc pas surpris d'apprendre, peut-être, que le très sérieux Bleacher Report a classé le water-polo comme "sport le plus difficile du monde" en 2011 [article en anglais]. Pour établir son classement, le site américain s'est basé sur plusieurs critères, notés sur 10 : vitesse, endurance, force, agilité, technique et coups reçus.

Le leader de ce classement pourrait écraser davantage la concurrence si cette discipline, créée en Inde par des officiers britanniques au milieu du 19e siècle, avait gardé ses règles initiales. A cette époque, on pouvait en effet couler son adversaire.

Malgré une salle aussi remplie que lors d'une finale de 100 m nage libre, les cris des poloïstes déchirent l'Arena. Soit pour signifier qu'ils sont démarqués, soit pour exprimer des cris de douleur.

Dans la zone de pointe, on voit ainsi des têtes disparaître sous l'eau pendant plusieurs secondes, et des corps de plus de 100 kilos être balancés. Spectacle impressionnant où le spectateur souffre avec le nageur, où il craint même pour la santé de ce dernier.

Sans que cela ne tourne au tristement célèbre "bain de sang" ayant opposé l'URSS et la Hongrie en 1956, il n'est pas rare que les poloïstes sortent du bassin avec une arcade ouverte ou une lèvre fendue.

Avec, jusqu'ici, un effet relatif. Chute, sur-blessure, performance moindre...

Tableau récapitulatif des principales règles du Water-Polo :

Aspect Règle
Nombre de joueurs par équipe 7 (6 joueurs de champ + 1 gardien)
Durée d'un match 4 périodes de 8 minutes (jeu effectif)
Temps de possession 30 secondes par attaque
Fautes simples Maniement de la balle à deux mains (sauf gardien), s'appuyer sur le bord du bassin
Fautes graves Frapper un adversaire, nager sur le dos d'un adversaire (exclusion temporaire)
Penalty Faute grave dans la zone des 5 mètres
Dimensions du terrain (Hommes) 30m x 20m
Dimensions du terrain (Femmes) 25m x 20m

Devenez un meilleur joueur défensif : blocs de fentes et hanches relevées

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