Les logos des équipes de foot, comme ceux des villes, forment un cas particulier. Ils se situent quelque part entre le symbole et le blason, penchant à la fois vers la stylisation et l’allégorie. Au final, ils n’ont ni la simplicité radicale des insignes des entreprises classiques, ni les vertus narratives et illustratives du blason : ce sont des compromis souvent décevants.
C’est vers les exigences du logotype moderne et épuré que l’on penche toujours désormais pour faire mieux, et le logo du PSG n’échappe pas à la règle. Graphiquement, l’ensemble gagne en élégance et en modernité : la même structure globale, mais moins d’éléments et plus de cohérence graphique (une seule droite, le tiret au milieu, qui achève de représenter la tour Eiffel et sert de repère astucieux pour positionner le logo bien droit et centré, autour duquel s’agencent harmonieusement des courbes simples et plutôt élégantes).
Rétrospectivement, le berceau du modèle précédent apparaît bien disgracieux, car très anguleux. Il exigeait, en outre, que soit conservée une immense tour Eiffel pour l’accueillir entre ses jambes (si l’on peut dire). "Saint-Germain" est petit, mais d’un point de vue strictement graphique, le choix est pertinent.
Les commentateurs n'ont voulu voir, jusqu’à présent, que la petite taille de Saint-Germain, mais un designer qui se contre-fiche de l’histoire du club et passera devant le logo verra prioritairement que la largeur des mots occupe un même espace, que la moitié basse du dessin est plus chargée (la fleur de lys qui s’ajoute aux pieds de la tour Eiffel), et donc que l’équilibre global est obtenu grâce aux partis pris typographique.
Certes, l'affirmation du statut désormais privilégié de la ville de Paris n'est pas très subtile: elle passe d'autant moins inaperçue qu'on n'avait plus vu ce déséquilibre entre les deux villes depuis... le premier logo, dont on s'est peut-être inspiré pour proposer un alignement des largeurs. On pourra aussi évoquer que les lettres qui composent "PARIS" donnent inévitablement l’impression que le mot penche très légèrement à gauche, mais dans l'ensemble, l’évolution proposée aère le logo, qui respire mieux.
Bénéficiant d'un plus grand bandeau autour de l'image centrale, on n’a pas simplement agrandi le mot PARIS: l’interlettrage est plus grand, la graisse des lettres (leur épaisseur) est moindre, on distingue davantage les blancs de lettre (l’espace vide autour et à l’intérieur du dessin d’une lettre, par exemple le triangle au cœur du A), les lettres sont presque aussi larges que hautes. En bref, le texte est moins concentré, plus lisible, plus approprié aux objectifs d’un logo (susceptible d’être imprimé ou affiché en tout petit).
Alors même que le rouge est quantitativement moins présent qu’avant, il parait plus éclatant: il s’oppose mieux à ce nouveau bleu plus lumineux, tirant moins vers le violacé. L’ensemble donne l’impression d’être plus moderne, car les couleurs sont plus "éclatantes", comme l’on dit pour vendre de la lessive. Le doré du lys est plutôt bienvenu: le choix reflète l’identité du club qui se veut prestigieux, et brise la monotonie de la perpétuelle bichromie. La fleur est en outre d'autant plus éclatante que sous la tour Eiffel, toute la place est désormais pour elle (son articulation avec le berceau était franchement laborieuse).
En conclusion, l’évolution graphique est assez réussie: le fameux "changement dans la continuité" propose effectivement des améliorations significatives. Qu’en est-il maintenant de l’évolution du positionnement? Ce logo défend-il une nouvelle image de marque?
"Ici c’est Paris", chantent les supporters: peut-être les a-t-on écoutés, car voilà apparemment le club repositionné vers la capitale. Le souci d’une certaine continuité (ou peut-être, la crainte d’afficher clairement la rupture) a néanmoins conduit les commanditaires du logo à conserver les liens avec Saint-Germain: il n’est pas interdit d’estimer que le berceau et la fleur de lys (deux éléments qui désignaient exclusivement la ville de Saint-Germain-en-Laye, où est né Louis XIV) faisaient double emploi.
La fleur de lys est même revalorisée. En ce sens, ce nouveau logo participe bel et bien d’une stratégie de "simplification", pour reprendre le mot de Jean-Claude Blanc, directeur général délégué du Paris SG, et non pas d’une initiative strictement opportuniste qui abandonnerait Saint-Germain pour ne revendiquer que l’identité parisienne, très positive "à l’international". En tout cas, la présence du berceau sur l’ancien logo n’était pas moins "marketing" que son absence sur le nouveau.
Sans nul doute, on voit Paris plus que Saint-Germain - mais qui, très honnêtement, ne pense pas ainsi? La question est alors de savoir s’il fallait contribuer à insister, en quelque sorte, sur l’origine du club (la fusion du Paris FC et du Stade Saint-Germain), ou s’il fallait proposer un logo qui assume l’image de marque d’un PSG "club de la capitale". Jean-Claude parle d’une "mise en conformité".
C’est manifestement avec l’image actuelle du club (et celle que l’on veut voir advenir) que le logo se veut en conformité, mais la nature de l’acte fondateur du club n’est pas évacuée non plus: "Saint-Germain" et la fleur de lys sont toujours là. Parce qu’on a eu peur d’y aller trop fort? Par respect de l’histoire du club? Parce que le Camp des Loges se trouve à Saint-Germain-en-Laye? On n’en sait rien - et au fond, peu importe.
Reste qu’un dernier choix à commenter apporte de l’eau aux moulins de ceux qui trouvent franchement à redire: la date de naissance du Paris SG a disparu. Ce choix s’explique par ce qu’il faut décrire comme une gêne, ou en tout cas un complexe, par rapport aux grands clubs européens ("aux autres grands clubs européens", reprendrait le service communication du Paris SG).
Jean-Claude Blanc est on ne peut plus clair: "Quant à la date, elle ne tire pas vers le haut, en comparaison avec d’autres grands clubs européens qui ont 1800 sur leur logo." En clair: l’histoire du club n’est assumée que lorsqu’elle ne souffre pas de la comparaison avec les grands clubs européens.
Ainsi, l'image, plus que l'histoire, causera l'identité. Le PSG est un jeune club. Le PSG n'a pas quarante ans, c'est ainsi. Le problème est que pour savoir si on assume ou pas, on se demande si c'est prestigieux ou pas.
Au-delà du caractère superficiel du critère, la méthode Coué est manifeste: le logo n'est pas tant le reflet de l’identité concrète du club qu’une prise d’initiative pour apparaître aux yeux du monde comme un grand, quitte à mentir par omission. À la lumière de ce flagrant délit d'opportunisme, on est tenté d'estimer que, plutôt que de commémorer l'histoire dans un souci d'authenticité, le tri sélectif de tous ces éléments (la date, la couleur, la typographie, la simplification...) a insisté sur le paraître plutôt que sur l'être.
Ainsi pensent de nombreux détracteurs, et même de nombreux supporters, qui intègrent progressivement l'avènement de la prochaine étape: il faudra bientôt renoncer au Parc des Princes, trop petit pour un si grand club au si beau logo.
On en reparlera un peu en septembre, quand le nouveau remplacera concrètement l'ancien, et puis on oubliera cela jusqu'à la prochaine version. Le PSG aura une meilleure image s'il brille en Ligue des champions, si les supporters ne s’entre-tuent plus et si la Ligue 1 devient plus attractive.
L’effet de lumière, éclairant la premier quart du nouveau logo sur la plupart des reproductions qui circulent, ne sera peut-être pas conservé sur la version la plus exploitée et déclinée du logo.
Le titre de l'article ainsi que son introduction avancent une idée qui semble tout à fait démontrée par la suite mais qui, étrangement, n'est pas dans la conclusion. Celle qu'entre blason et marque, le PSG a bien choisi la marque.
L'article évoque très brièvement la faiblesse de la communication sur le logo. Personnellement je suis très étonné du caractère presque précipité de l'information. Le site du club ne l'affiche même pas à l'heurs ou j'écris. Le discours d'accompagnement et l'animation faisaient très cheap (pour le PSG tout au moins).
Augmenter à ce point la taille du PARIS, c'est, pour moi, donner plus d'importance au discours de marque au détriment de l'image. J'y vois même une forme d'insistance un peu mal assurée en accord avec l'idée de gommer les traces de la jeunesse du club. D'ailleurs, dans les exemples de logos donnés, si l'on excepte FNAC qui est un distributeur et ne peut pas se passer de son nom en gros, les autres, Nike et Apple on fait, progressivement disparaître presque totalement la typographie pour devenir des icônes.
L'image devient pure et son appréhension cognitive, directe. Je trouve que l'élargissement du cercle extérieur est assez efficace pour l'équilibre global, faisant apparaître le précédent logo un peu étriqué. En revanche, le mot "Paris" en capitales de cette taille ne s'inscrit pas de façon très harmonieuse sur la courbe, chaque lettre semblant obéir à un angle différent (ex. : le P, dont la barre horizontale supérieure n'épouse pas la courbe au-dessus).
Il n'y a pas non plus de symétrie, le R étant nécessairement décalé vers la droite. Enfin, sur le plan symbolique, j'ai l'esprit mal placé, mais cette Tour Eiffel dont la perspective "contre-plongeante" est très accentuée, et qui voit se présenter entre ses jambes cette fleur de lys dont le follicule central est flanqué de deux autres plus petits, m'évoque irrésistiblement une image obscène.

Le T-shirt "Champions d'Europe" du PSG
Dans la foulée de sa victoire en Ligue des champions face à l'Inter Milan (5-0), le PSG a dévoilé une collection "champions d'Europe". Vainqueur de sa première Ligue des champions samedi soir à Munich face à l'Inter Milan (5-0), le PSG n'a pas mis longtemps pour dévoiler une collection "champions d'Europe".
Au dos, la tunique est floquée "Champions of Europe", avec le numéro 25. Écharpes, bobs, goodies... Quant aux supporters parisiens, ils vont avoir l'occasion ce dimanche 1er juin de communier avec les héros de Munich. La parade sur les Champs-Elysées est prévue aux alentours de 17 heures. Le 31 mai 2025, le Paris Saint-Germain entrait dans la légende du football européen.
Adulte ou enfant, il fallait être rapide pour espérer mettre la main sur cette pièce déjà collector. La version adulte ? Toujours indisponible à ce jour. Il est l'emblème textile d'un moment gravé dans la mémoire collective des fans parisiens. Sur le plan visuel, il conserve les codes traditionnels du PSG version 2024-25 avec son rouge profond, sa bande centrale et ses empiècements bleus caractéristiques.
D'autant plus que cette version est susceptible, elle aussi, d'être victime de son succès. Si vous aviez manqué la première vague de sortie en juin, c'est le moment ou jamais de l'ajouter à votre panier. La boutique officielle du PSG a rouvert les commandes, mais nul doute que les stocks risquent de fondre aussi vite que lors du premier réassort.
Il n'existe aucune règle en la matière sur la scène continentale puisque l'UEFA ne prévoit aucune obligation pour les écussons des champions d'Europe. Seul club français à avoir remporté la C1 jusqu'alors, l'OM a bien cette étoile au-dessus de son logo.
