L'Afrique du Sud est une terre de rugby, avec une passion et un engagement profond pour ce sport. Selon l’International Rugby Board, l’Afrique du Sud compte près d’un demi-million de joueurs. Mais comment ce sport s'est-il développé dans ce pays et quels sont les défis auxquels il est confronté aujourd'hui ?
Les Débuts du Rugby en Afrique du Sud
Quand les soldats britanniques importèrent le rugby en Afrique du Sud au XIXe siècle, imaginaient-ils seulement que les Afrikaners leur infligeraient quelques années plus tard et pour longtemps de mémorables déculottées sportives ? Les Boers jouent alors avec leurs frères ennemis britanniques, même si les tensions entre les deux communautés sont palpables. En test-match, l’équipe d’Afrique du Sud est imbattable… jusqu’en 1956, que ce soit à l’extérieur ou à domicile.

L'Ère de l'Apartheid et son Impact sur le Rugby
En 1948, le Parti national remporte les élections et applique l’Apartheid dans tous les domaines. Le sport est un outil comme les autres pour montrer la supériorité des blancs sur les noirs. En 1960, comble chez les All Blacks : aucun Maori n’est sélectionné dans l’équipe néo-zélandaise pour la tournée en Afrique du Sud. Les Springboks redeviennent fréquentables avec l’abolition de l’Apartheid le 30 juin 1991.

L'Ère Moderne et le Super Rugby
Les Provinces des trois pays se rencontrent également à l’occasion du Super 12 (Super 15 aujourd’hui), sorte de Ligue des Champions où s’affrontent les meilleurs clubs de l’hémisphère sud. Un homme l’attend tout particulièrement, c’est Nelson Mandela, élu président lors des premières élections démocratiques du pays en 1994. Portés par tout un stade, par tout un peuple, les Springboks l’emportent face à la Nouvelle-Zélande ultra-favorite. En 2019 les springboks ont gagné la coupe du monde de rugby au Japon ! Comment la coupe du monde a-t-elle était vécue ici ? Et la victoire, quelle ambiance pour la célébration ?

La première vague, de 1999 à 2004, concernait des « non-blancs » et a surtout profité aux joueurs métis. Depuis quelques années, l’équipe des springboks doit respecter des quotas de joueurs de couleurs. Ce sujet a été très polémique ici. En effet, le rugby est majoritairement pratiqué par des blancs qui craignaient que cette discrimination positive impacte le niveau général de l’équipe. Autre fait surprenant, tous les Sud-Africains ne soutiennent pas leur équipe nationale. On propose autant de tee-shirt des Springboks que des All Blacks dans les supermarchés. Et on nous dit clairement, « non je préfère les All Blacks ! Vous avez surement vu le film Invictus de Clint Eastwood avec Matt Damon et Morgan Freeman. Si ce n’est pas le cas allez le voir, il est super ! Sans expliquer en détail la situation d’Afrique du Sud sur ce sujet, je vous partage les constats que l’on peut faire en vivant et en jouant au rugby ici.
Ici on observe que 80% de la population est noire, 9% est « coloured » c’est-à-dire métis, 8% est blanche et 3% est asiatique. Ces communautés sont assez fermées sur elles-mêmes : ils parlent la même langue et se marient entre eux par exemple. C’est surprenant pour les européens mais ici on ne se mélange très peu. C’est un sport joué majoritairement par les Afrikaners, les blancs descendants des Hollandais. C’est le cas dans mon équipe et dans la plupart des équipes. Dans mon équipe des Bosveld Pumbas l’ambiance est super ! On y voit des joueurs se sacrifier sur le terrain et prendre les coups pour un coéquipier d’une autre couleur de peaux. Bref pour résumer, évidemment cette victoire de coupe du monde a eu moins d’impacts positifs sur l’Afrique du Sud que celle de 1995, mais cette victoire est la bienvenue.La situation en Afrique du Sud est compliquée, les dernière violences xénophobes de cette fin d’année 2019 montrent bien que les tensions sont toujours vives.
Le Rugby en Afrique du Sud : Style de Jeu et Mentalité
Pour parler un peu aux amateurs de rugby, comment joue-t-on au rugby en Afrique du sud ? Ici le jeu et la mentalité sont assez différents de ce qu’on connait en France. Le jeu est plus basé sur le défi physique. Les rucks et les plaquages sont importants dans les phases de jeux et particulièrement violents. Ce qui change vraiment part rapport au rugby que l’on connait en France ce sont les entraînements. Ici on considère que c’est de la responsabilité du joueur d’améliorer ses performances individuelles, que ce soit son cardio, sa force ou son poids. Ainsi, durant les entraînements on se concentre sur le jeu collectif et spécialement sur l’agilité.
Bravo aux springboks ! Malgré une demi-finale un peu timide contre les Gallois, ils ont proposé du rugby champagne en finale contre les Anglais. Avec de la vitesse aux ailes et des avants conquérants les Springboks ont pu prendre l’avantage et l’emporter sur l’équipe Anglaise. La victoire contre les Anglais a été spécialement bien fêtée. Les Français ont un point commun avec les Sud-Africains, la rivalité avec les Anglais. En effet, l’Afrique du Sud a été colonisée, entre autres, par les Anglais.
De cette coupe du monde, on peut retenir la victoire du capitaine Siya Kolisi. Siya Kolisi est le premier capitaine Noir d’Afrique du Sud !
Les Compétitions Actuelles et les Défis Logistiques
Quel embouteillage, et quel micmac ! Les quatre grandes franchises sud-africaines, Stormers, Lions, Sharks et Bulls, jouent trois compétitions simultanément : à la fois la Champions Cup, le United Rugby Championship et la Currie Cup. C’est une réalité finalement décevante : les Provinces Sud-Africaines ne peuvent pas jouer la Coupe d’Europe dans les meilleures conditions car la période des phases finales se télescope, avec le calendrier de la Currie Cup.
La compétition domestique historique de l’Afrique du Sud, née en 1992 se déroule désormais de mars à juin. Et elle concerne exactement les mêmes équipes que celles qui sont engagées sur le front européen, mais aussi en ex-Ligue Celte depuis 2022. Il faut comprendre que les Blue Bulls, les Stormers ou Western Province, les Natal Sharks et les Lions ont gagné 78 des 90 éditions de la Currie Cup : une compétition qui a toujours énormément de prestige, même si elle en avait perdu avec la naissance du Super Rugby. Mais justement , la SARFU veut lui redonner tout son lustre.
On aboutit à une situation assez baroque. Le dilemme est énorme pour ces quatre provinces, elles se retrouvent désormais avec deux matchs programmés en même temps ou presque, du jamais vu. Les Blue Bulls par exemple, ont affronté Toulouse à Toulouse dimanche, mais aussi les Griffons à Welkom vendredi. Samedi, les Stormers affrontaient aussi bien les Harlequins que les Griquas. Les Natal Sharks recevaient le Munster tout en se déplaçant chez les Golden Lions.
Voilà comment les staffs sud-africains sont obligés de faire des choix, des impasses ou des équipes mixtes. "Il est très dur d’avoir assez de réserve à certains postes très spécialisés comme demi de mêlée, pilier ou talonneur. Il faut avoir six joueurs dans chaque position pour faire face aux forfaits de dernière minute", expliquait Neil Powell, entraîneur en chef des Sharks. Ce n’est vraiment pas facile de jouer plusieurs compétitions en même temps et surtout dans des endroits différents."
Les Bulls ont essayé de proposer deux équipes mixtes ces dernières semaines sans grand résultat, on l’a vu contre Toulouse : "C’est difficile c’est sûr, on essaie certaines choses, mais à force de bricoler tout le temps, on perd en cohésion. Nous devons faire face à trois compétitions en même temps en rencontrant des adversaires comme les Pumas qui ont cinq mois pour se préparer uniquement pour la Currie Cup", a déclaré Jake White, manageur des Bulls.
La situation est tellement difficile qu’en 2022, on a vu les Pumas (de Nelspruit) justement gagner la première Currie Cup de son histoire. Cette province jugée secondaire a bénéficié du fait que les « cadors » jouaient la Ligue Celte (mais pas encore la Coupe d’Europe) . Et elle pourrait bien récidiver : cette saison, elle a écrasé les Bulls sur leur propre terrain 63 à 15 et compte quatre victoires pour ses quatre premiers matchs. Les Bulls présentent un bilan inverse : zéro sur quatre. On a aussi vu les Pumas passer un 61-21 aux Cheetahs , ils ont aussi battu les Lions. C’est vrai la situation est assez ubuesque.
Les finales de Coupe d’Europe sont prévues le 20 mai et la finale de Ligue Celte (URC) le 27 mai, il y aura chaque fois une journée de Currie Cup à honorer ces fins de semaine là. C’est assez incroyable. Les finales de la Currie Cup sont en revanche prévues les 18 et 25 juin, sans concurrence, ouf !.
Mais pourquoi alors, la fédération sud-africaine n’a pas programmé la Currie Cup entre juin et octobre comme elle le faisait il y a quelques années, pour ne pas se télescoper avec le défunt Super Rugby ?. Les Pumas, ont gagné la Currie Cup 2022, la première de leur histoire. En 2023, ils ont gagné leur quatre premiers matchs. C’est parce qu’elle a décidé de calquer ses saisons sur le calendrier nordiste pour offrir une coupure de deux mois de vacances aux joueurs sud-africains. Les négociations avec le syndicat des joueurs ont imposé ça, sinon les joueurs des grandes provinces joueraient douze mois sur douze. Reste le cas des internationaux qui jouent le Tournoi des Quatre Nations Sudistes avec les All Blacks, les Wallabies et les Argentins. Ils auront forcément des plages de repos particulières.
Mais pour couronner le tout, on se rend compte que les joueurs des provinces les moins puissantes a priori (Pumas, Griffons, Griquas) ne jouent que pendant quatre mois .
L'Intégration dans l'Hémisphère Nord
Traditionnellement liée à la SANZAAR, qui gère le Super Rugby et le Rugby Championship avec l'Argentine, l'Australie et la Nouvelle-Zélande, la Fédération sud-africaine s'en est éloignée durant la pandémie. Les franchises de la nation arc-en-ciel ont choisi d'intégrer l'URC (United Rugby Championship), le championnat des provinces écossaises, irlandaises, galloises et italiennes, la saison dernière. Avec succès puisque la finale a opposé deux franchises sud-africaines - Stormers vainqueurs des Bulls - qui se sont ouvert les portes de la Champions Cup.
La décision de rejoindre l'hémisphère Nord s'explique, notamment, par une similitude de fuseau horaire et l'occasion d'augmenter l'audience télévisée. Une intégration qui préfigure du Mondial des clubs, serpent de mer qui pourrait débuter en 2025, voire de l'entrée des Springboks dans le Tournoi des six nations?
Rugby Championship : les contrôles antidopage chutent en Afrique du Sud
Les Clubs Français en Afrique du Sud
En Champions, trois clubs français joueront en terres sud-africaines : Lyon (Bulls), Bordeaux-Bègles (Sharks) et Clermont (Stormers). Comme les Anglais d'Exeter (Bulls) et des Harlequins (Sharks). En Challenge, deux équipes de Top 14 seront dans ce cas (Pau contre les Cheetahs, le Stade français face aux Lions) ainsi que deux formations galloises (Dragons et Scarlets face aux Lions et aux Cheetahs) et une anglaise (London Irish devant les Stormers).
Un Casse-tête Logistique ?
Pour certaines équipes, changer de continent ressemblera à un chemin de croix. Les Stormers quitteront ainsi Le Cap pour Clermont en passant par Istanbul et Lyon avant d'arriver au stade Michelin en train. Le Stade français, lui, décollera pour Johannesbourg une semaine avant son match face aux Lions. « Quand j'étais président de Toulouse et qu'on allait à Toulon en bus, on mettait sept ou huit heures; on partait à onze heures du soir et on arrivait à six heures du matin. (...) Quand on allait au pays de Galles depuis Toulouse, on arrivait en avion près de la frontière anglaise puis on prenait le bus: au final, on n'était pas loin des dix heures de voyage ! », relativise le président de la LNR.
Un Souci Écologique ?
Ces longs déplacements aériens, pour les joueurs comme les supporters, ont été critiqués pour leur impact sur l'environnement. « Vous croyez qu'il y a pas des avions qui partent tous les jours pour l'Afrique du Sud ? (...) Ce n'est pas parce qu'il y aura un avion de plus... », nuançait Bouscatel en juin. L'EPCR dit travailler de son côté pour réduire « au maximum » l'empreinte carbone de ses compétitions. « Comme beaucoup de sports et d'organisations, nous avons un rôle à jouer dans la promotion d'une histoire et d'un tournoi durables. C'est difficile à réaliser lorsque vous traversez des frontières internationales », concède toutefois l'EPCR.
Et les Joueurs dans Tout Ça ?
Au cœur d'une saison à rallonge, certains joueurs ont affiché leur scepticisme lors de l'annonce de l'intégration des franchises sud-africaines. « Ca risque de dénaturer un petit peu l'intérêt, l'histoire, de cette compétition (...) Je trouve ça un peu bizarre », avait estimé le capitaine du Racing 92 Henry Chavancy. Son homologue du Stade français, Jeremy Ward, né à Port-Elizabeth, est plus enthousiaste. « Ces équipes ne peuvent que nous rendre meilleur et on a tous vraiment hâte », a-t-il assuré. « Ça va être un voyage assez court et on a de la chance qu'il n'y ait pas trop de “jetlag” : il n'y a qu'une heure de différence. On aussi un très bon staff médical et physique, ils veilleront à tout ce que ce passe bien », a ajouté l'ancien capitaine des Baby Boks.
L’Équipe Nationale et la Représentation des Joueurs Noirs
L’Afrique du Sud ouvrira le Rugby Championship ce samedi face à l’Australie. L’occasion pour les Springboks d’aligner pour la première fois de son histoire huit joueurs noirs dans son XV de départ. Depuis la fin de l’apartheid, la question de la représentation des joueurs noirs dans l’équipe alimente les débats. Sous l’Apartheid, les Noirs, qui représentent 92 % de la population sud-africaine, ne pouvaient jouer pour les Springboks. Ils seront donc huit samedi à l’Ellis Park de Johannesburg : l’arrière Warrick Gelant, les ailiers Sibusiso Nkosi et Makazole Mapimpi, l’ouvreur Elton Jantjies le demi de mêlée Herschel Jantjies, et l’ensemble de la première ligne (les piliers Tendai "The Beast" Mtawarira et Trevor Nyakane, le talonneur Bongi Mbonambi).
Herschel Jantjies, demi de mêlée des Stormers révélation sud-africaine de la saison de Super Rugby, connaîtra sa première cape comme Elstadt, champion de France le 15 juin avec Toulouse, où il est arrivé à l’été 2017 en provenance des Stormers, justement.
Gelant - Nkosi, Je. Kriel, Esterhuizen, Mapimpi - (o) E. Jantjies, (m) H. Jantjies - P.-S. du Toit, Louw, Elstadt - de Jager, Etzebeth (cap) - Nyakane, Mbonambi, MtawariraRemplaçants : Brits, Gqoboka, Koch, Orie, M. Coetzee, Reinach, F.
L'Impact des Clubs Sud-Africains en Europe
La compétition, qui reprend ce week-end, intègre 5 formations sud-africaines cette saison. Vainqueur la saison passée, La Rochelle a donc été le dernier vainqueur d’une coupe vraiment européenne. Les franchises de la nation arc-en-ciel ont choisi d’intégrer l’URC (United Rugby Championship), le championnat des provinces écossaises, irlandaises, galloises et italiennes, la saison dernière. Avec succès puisque la finale a opposé deux franchises sud-africaines - Stormers vainqueurs des Bulls - qui se sont ouvert les portes de la Champions Cup.
En Champions, trois clubs français joueront en terres sud-africaines : Lyon (Bulls), Bordeaux-Bègles (Sharks) et Clermont (Stormers). Pour certaines équipes, changer de continent ressemblera à un chemin de croix. Les Stormers quitteront ainsi Le Cap pour Clermont en passant par Istanbul et Lyon avant d’arriver au stade Michelin en train. Le Stade français, lui, décollera pour Johannesbourg une semaine avant son match face aux Lions. « Quand j’étais président de Toulouse et qu’on allait à Toulon en bus, on mettait sept ou huit heures ; on partait à onze heures du soir et on arrivait à six heures du matin.
Ces longs déplacements aériens, pour les joueurs comme les supporters, ont été critiqués pour leur impact sur l’environnement. « Vous croyez qu'il y a pas des avions qui partent tous les jours pour l'Afrique du Sud ? L'EPCR dit travailler de son côté pour réduire « au maximum » l’empreinte carbone de ses compétitions. « Comme beaucoup de sports et d’organisations, nous avons un rôle à jouer dans la promotion d’une histoire et d’un tournoi durables. Au coeur d’une saison à rallonge, certains joueurs ont affiché leur scepticisme lors de l’annonce de l’intégration des franchises sud-africaines. Son homologue du Stade français, Jeremy Ward, né à Port-Elizabeth, est plus enthousiaste. « Ces équipes ne peuvent que nous rendre meilleur et on a tous vraiment hâte », a-t-il assuré. « Ca va être un voyage assez court et on a de la chance qu'il n'y ait pas trop de +jetlag+ : il n'y a qu'une heure de différence.
Les Stormers et les Sharks : Des Clubs à Suivre
Pourtant, certains clubs ont déjà marqué de leur empreinte les ex-Coupes d'Europe qu'ils ont intégrées fin 2022. À commencer par les Stormers du Cap, qui affronteront Toulon ce samedi après-midi (16 h 15). La saison dernière, ils ont reçu deux fois le Stade Rochelais pour des duels qui se sont joués à rien. Il y eut d'abord la victoire des Captoniens (21-20) en phase de poules avant que La Rochelle ne prenne sa revanche en quarts de finale (21-22) quatre mois plus tard.
L'autre franchise qu'il faudra suivre de près, c'est celle des Sharks de Durban, qui accueillera le Stade Toulousain le 11 janvier. Un duel de champions entre les derniers vainqueurs de la Coupe et du Challenge.« Il fallait voir la tête d'Eben Etzebeth quand il a soulevé la coupe, raconte Dominic McKay, le président de l'EPCR (organisateur de la Coupe des champions et du Challenge). Il a décrit ce moment comme sa meilleure expérience en club. » Le demi de mêlée de Durban et des Springboks Jaden Hendrikse (24 ans, 20 sélections) acquiesce : « C'était le premier trophée international pour les Sharks. Ça comptait beaucoup pour les joueurs et pour le staff. »
Le Style de Jeu des Équipes Sud-Africaines
Pour faire leurs preuves, les équipes de la nation arc-en-ciel ont dû s'adapter au rugby de l'hémisphère nord. Et avant tout se familiariser à un style de jeu différent. « Quand on joue en Afrique du Sud, on aime faire vivre le ballon, le faire circuler jusqu'aux ailes, nous dit le trois-quarts centre des Lions de Johannesbourg Rynhardt Jonker. En Europe, c'est plus humide, donc on ne peut pas toujours faire de grandes passes. Ça ressemble plus à un test-match avec beaucoup de jeu au pied. »
À l'inverse, le troisième-ligne des Stormers, Willie Engelbrecht, remarque des similitudes : « Le rugby français est âpre. Le pack travaille dur. S'il ne le fait pas, l'équipe est coincée. En Afrique du Sud, on s'appuie aussi sur nos avants. On aime cette dimension physique. » Son entraîneur, John Dobson, résume : « C'est un rugby qui a rendu les Springboks plus forts. »
Les Doutes et les Préoccupations
Le technicien a toujours été un grand admirateur de la « H Cup », comme il l'appelle encore. Pourtant, il partage volontiers ses doutes sur le format élargi des Coupes d'Europe. « On a le niveau pour jouer en Europe. Mais les puristes veulent une compétition plus lisible. Ce serait peut-être mieux si on n'était pas là. Ça me rappelle ce qui est arrivé au Super Rugby, qui était suivi par tout le monde en Afrique du Sud. Et puis, on a vu arriver les Sunwolves de Tokyo, les Jaguares argentins, etc. Les gens n'ont plus compris la compétition et ça a marqué la mort du Super Rugby. »
Un scepticisme que ne partagent pas du tout les organisateurs. Eux se félicitent du succès sportif, mais aussi (surtout ?) financier de l'arrivée des Sud-Africains en termes de billetterie, de sponsors et de droits télé. Si l'on fait le tour de la question, que pense-t-on enfin de l'impact écologique des longs voyages en avion entre l'Afrique du Sud et l'Europe ? La réponse de Dobson est sans détour : « C'est une préoccupation légitime, mais ce n'est pas un sujet prioritaire en Afrique du Sud. On veut d'abord nourrir tout le monde. Donc on n'y a même pas pensé.