Stéphane Faure : Une Carrière Dédiée au Volley-Ball et l'Héritage d'une Famille de Champions

Stéphane Faure, ancien international de volley-ball, a marqué de son empreinte le monde du volley-ball français. Son expertise et son dévouement au sport l'ont conduit à jouer un rôle clé dans le développement de jeunes talents. Il y a quarante ans, il était le capitaine de l’équipe de France qui avait disputé le dernier Euro dans l’Hexagone.

L'équipe de France de volley-ball. Source: le-librepenseur.fr

Un Parcours International

Comme ses camarades de l’équipe de France 1979 qui a disputé l’Euro à domicile, Stéphane Faure, ancien capitaine des Bleus, a été invité à suivre la rencontre France - Grèce samedi à la Sud de France Arena de Montpellier. Il a été doublement gâté dans sa carrière car il a aussi disputé les Mondiaux 1986 en France (6e).

En 1979, il y avait beaucoup de jeunes et cela avait fait un bon mélange avec quelques anciens. En 1986, il était passé du côté des vieux et il était en bout de course !

Volley-ball. Source: ffvb.org

L'Importance de la Formation des Jeunes

Stéphane Faure a longtemps travaillé pour la fédération à la formation des jeunes de haut niveau, de gros efforts ont été fournis. Il a dirigé la section masculine du Centre de ressources, d’expertise et de performance sportive (Creps) de Bordeaux, où il a eu l'occasion de suivre l'ascension d'Antoine Brizard dès l'âge de 15 ans. Son rôle de mentor a été crucial dans le développement de Brizard, qui est aujourd'hui considéré comme l'un des meilleurs passeurs au monde.

L'Émergence d'Antoine Brizard

Selon Faure, Brizard était un "bon élève, avec la tête sur les épaules" dès son arrivée au Creps. Il sentait bien le jeu, mais il manquait d'explosivité. Grâce à son travail acharné, il a su acquérir cette dimension physique, se forgeant ainsi un parcours exceptionnel.

Brizard a ensuite rejoint le Creps de Bordeaux, où il a envisagé de faire médecine, comme sa mère et son frère. Cependant, sa passion pour le volley-ball a pris le dessus.

Faure souligne l'importance d'avoir deux passeurs qui s'entendent bien dans une équipe. Le passeur remplaçant peut observer le jeu adverse et apporter un regard extérieur précieux.

Ce jour-là : Le rêve brisé des volleyeurs français

Une Famille de Volleyeurs

Beate Bühler et Stéphane Faure, anciens internationaux de volley établis à Gradignan, sont présents à Paris pour soutenir leur fils Théo, venu au volley en Gironde. Ils sont les premiers supporters de Théo Faure, avec son frère Rémi. Tous à Paris et jusqu’à la finale. Ils racontent le parcours de leur fils, avec une telle alchimie familiale que nous avons rassemblé leurs témoignages.

Théo Faure. Source: radiofrance.fr

Sa maman, Beate Bühler, a disputé les JO de 1984 à six et en beach en 1996. Son père, Stéphane, international aux 350 sélections et entraîneur, notamment à Talence et des filières jeunes à la fédération.
Théo Faure est né dans une famille de volleyeurs. Beate Bühler, sa mère, a été l’une des meilleures joueuses de sa génération. Internationale allemande, elle a participé aux Jeux de Los Angeles en 1984, puis à ceux d’Atlanta en 1996, cette fois-ci en beach-volley. Et c’est sur le sable qu’elle a rencontré son futur mari, qui entraînait à l’époque l’équipe de France de la discipline.

Un tel héritage aurait pu être lourd à porter, mais le jeune homme confie avoir « pris conscience tardivement » du palmarès de ses parents.

Le Parcours de Théo Faure

« Théo, comme son frère, a essayé plusieurs sports, un peu de gym, surtout du tennis et du basket, et évidemment joué au volley avec nous, comme son frère Rémi. Il n’était pas particulièrement branché volley, il choisissait son sport en fonction des copains qu’il y trouvait. Les copains qu’il trouvait dans chaque sport déterminaient son choix. D’ailleurs, quand je lui ai proposé d’entrer au Creps de Talence, il a refusé la première année. La seconde, plusieurs de ses copains y sont entrés, il est venu.»

« Il s’est vraiment mis au volley à 14 ans. À l’US Talence d’abord, et après un court passage à Saint-Jean-d’Illac, il est parti, en 2017, à Toulouse, où il a poursuivi ses études à l’INSA Toulouse. Les études, le volley, les copains, c’est sa vie polyvalente, avec des mondes parallèles qui se croisent bien sûr, c’est son équilibre.»

« Théo gère sa carrière sportive avec ambition, mais au sens noble, avec la volonté de ne pas aller trop vite. Il suit des cycles de deux ans, c’est peut-être son côté ingénieur (sourire) : pôle espoirs à Talence, centre de formation, titre de champion de France avec Montpellier en 2022, départ en Italie, à Lavina, pour découvrir un autre championnat. Il vient de boucler sa première saison, il aurait pu changer de club, mais il va y rester. »

« Ce qui le définit en tant que volleyeur : sa joie de jouer d’abord. Sur le terrain, il est heureux, souriant et c’est super ! Ensuite, sa capacité à gérer le stress : à son jeune âge, c’est étonnant. Son passage par le beach l’a beaucoup aidé car c’est beaucoup plus violent que le six en termes de stress. Théo a cette capacité à être présent, concentré, solide face à l’enjeu. Enfin, il est régulier, il rentre dedans ! Même quand il commence mal un match, il passe à la balle suivante, et la vie continue !

Beate Bühler : « En quart contre l’Allemagne, non, mon cœur ne balançait pas, je voulais que mon fils gagne, même si je reste très attachée à mon pays. Pour Théo, cela ne lui a pas traversé l’esprit de jouer contre le pays de sa mère, et puis il a déjà joué plusieurs France - Allemagne.»

Stéphane Faure : « La relève est assurée pour l’équipe de France, qui a d’ailleurs été cet été championne d’Europe U22 et championne du monde U20, les deux fois en battant l’Italie en finale.»

En équipe de France, comme à Cisterna, Montpellier ou Toulouse, Théo Faure s’est fondu dans le moule. A chaque fois, il s’est imposé sans faire de vague, apparemment insensible à la pression.

« Pour lui, le volley est d’abord une histoire de copains qui s’amusent, qui jouent pour s’éclater ensemble, et la vie du groupe est aussi importante que le résultat. C’est pourquoi il ne se stresse pas. Il peut mal débuter un match, se prendre plusieurs contres, et finir en trombe pour terminer meilleur marqueur », observe son ami Victor Le Gall, qui l’a connu à 12 ans à l’US Talence, club de la région bordelaise.

Beaucoup de choses se sont esquissées à cet âge, même si le futur pointu des Bleus a longtemps été cantonné au banc. « On le faisait entrer pour lui faire plaisir. Il était très maigre. Avec ses grands bras et son short trop court, il était difficile d’imaginer qu’il deviendrait un tel joueur ! », se souvient Victor Le Gall. Une anecdote que confirme son père : « Comme il a grandi tardivement, au début, c’était le plus petit. Il jouait rarement, mais ça ne le dérangeait pas. On ne l’a jamais forcé. Le plus important pour lui était d’être avec les copains.»

Entre 15 et 17 ans, ils intègrent ensemble le Pôle espoirs de Talence, alors dirigé par Stéphane Faure. « C’est à ce moment que Théo a grandi et qu’il a pris conscience de plein de choses, en particulier des exigences d’une carrière de sportif de haut niveau », poursuit l’ancien central des Bleus.

Du haut de son double mètre, Théo Faure devient le leader d’une équipe qui martyrise ses adversaires. « Je les croisais en Coupe de France. Ils nous faisaient peur tellement ils étaient soudés. C’était une meute ! », raconte le Toulousain Pierre Derouillon, autre international tricolore, qui finira par intégrer « la petite bande de Talence ».

Partenaires pendant deux saisons aux Spacer’s de Toulouse, Théo Faure et Pierre Derouillon ont gardé la proximité de ceux qui ont fait leurs classes ensemble. « Au départ, c’est vrai, personne n’aurait parié sur lui, s’amuse le Haut-Garonnais. Il était réservé, assez maladroit, c’était plutôt un cérébral qui jouait aux échecs. Mais, à partir de 18 ans, il s’est transformé physiquement, il a pris 15 kg de muscle. Ce n’est plus le gentil petit Théo. Aujourd’hui, c’est un athlète complet. Depuis qu’il est en Italie, il a pris une envergure nouvelle.»

« Ce qu’il apporte en sélection, c’est sa sérénité et sa puissance, estime Stéphane Faure. Il correspond au prototype du joueur moderne. Ce n’est pas qu’une question de muscle, il faut être présent au contre, en réception, au service… L’équipe de France est surtout composée de joueurs très fins techniquement, mais si elle veut rivaliser avec les meilleures équipes, elle a besoin de joueurs puissants comme Théo.»

Alors que son frère aîné, Rémi, effectue une thèse sur l’univers primordial, c’est-à-dire sur les premiers instants de l’univers après le Big Bang, Théo Faure, lui, poursuit par correspondance des études à l’Institut national des sciences appliquées de Toulouse, un cursus sur cinq années.

« J’ai choisi cette école pour sa souplesse car elle permet de conjuguer études et sport de haut niveau. Depuis l’an dernier, je prépare ma quatrième année, qui sera étalée sur trois, quatre ans », précise le futur ingénieur. Sa spécialité ? Le génie physique, c’est-à-dire l’étude des matériaux, de l’infiniment petit, des nanotechnologies, de la mécanique quantique, qui débouche sur des applications industrielles.

Ce rythme de vie lui convient. « Cela fait du bien de s’aérer l’esprit et de ne pas penser au volley en permanence », confie-t-il.

Si les Bleus sont devenus champions olympiques à Tokyo dans un silence de cathédrale - crise sanitaire oblige -, ils devront gérer à Paris une énorme attente populaire, qui peut rendre le ballon très lourd dans les moments décisifs.

La perspective n’effraie pas Théo Faure. « La pression, c’est aussi ce qui te fait grandir en tant que joueur, dit-il. Je ne ressens pas le besoin d’avoir un préparateur mental. Parfois, plus on se pose de questions et moins on trouve de réponse. Le plus important est de garder le plaisir de jouer.»

A 24 ans, le fils de l’ancien capitaine des Bleus Stéphane Faure fait partie des douze volleyeurs français retenus pour les Jeux olympiques. Par sa puissance et son calme, le Girondin est un précieux atout pour un groupe en quête d’un deuxième sacre olympique.

Théo Faure fait partie des lycéens et étudiants qui ont été sélectionnés aux JO de Paris 2024 et en sont revenus avec une médaille. Et pour lui et son équipe de volley, ce n’était pas la moindre, puisqu’il s’agissait de la médaille d’or. Ce rêve que fait tout athlète de haut niveau, le jeune homme de 25 ans a pu le réaliser aussi grâce à des aménagements dont il a bénéficié dès le lycée pour pouvoir performer dans ce sport sans que ce soit au détriment de ses études, des études d’ingénieur en génie physique.

« Mon coach m’a appelé pour m’annoncer que j’étais sélectionné (…) c’était un rêve qui prenait forme (…), mais qui n’était pas encore vraiment concret ! J’avais eu la chance de faire la Ligue des Nations en 2021, ainsi que les championnats d’Europe mais je n’avais pas disputé les JO de Tokyo. Ceux de 2024 allaient se tenir à « domicile », on savait donc que l’équipe était qualifiée. L’objectif, c’était de faire partie de cette équipe ! Cela faisait plusieurs années que j’étais dans la réserve, c’est-à-dire le remplaçant du remplaçant à mon poste [dans une équipe, chaque poste dispose d’un titulaire et d’un remplaçant, ndlr]. Cette année-là, j’ai pu, parce qu’un joueur au même poste que moi avait subi une blessure à la cheville, faire davantage de matchs durant la Ligue des Nations. Et j’ai bien joué ! C’est à la fin d’une de ces étapes que mon coach m’a appelé, quelques heures à peine après qu’on se soit quittés, pour m’annoncer que j’étais sélectionné. Cette nouvelle s’est ensuite concrétisée lorsqu’on a reçu les tenues officielles du Coq Sportif, puis à l’arrivée au village olympique et, enfin, lorsqu’on a disputé le 1er match dans une ambiance complètement folle ! Il y a eu ensuite l’étape, rude, des matchs éliminatoires : car si tu gagnes, tu n’as malgré tout encore rien fait, et si tu perds, c’est fini ! Après chaque match, il y avait donc des émotions toujours plus folles. Mais c’est surtout le quart de finale qui m’a marqué, car c’est l’étape qui change tout dans la compétition : si tu la perds, c’est comme si tu perdais les poules, alors qu’en demi-finale, il reste encore une chance d’aller décrocher une médaille. Ce quart de finale était particulièrement sous tension. Contre l’Allemagne, nous étions menés 2-0 et nous avons réussi à revenir à 3-2. On a repris confiance. Autres moments forts, lorsqu’on a gagné la demi-finale et que la salle s’est mise à chanter l’hymne national et, enfin, la finale, durant laquelle l’équipe a sorti un jeu et déployé une énergie incroyable. On gagne et se succèdent alors des moments très forts : on aperçoit nos proches heureux dans les tribunes, on partage la victoire dans les vestiaires, on vit une émotion très intense sur le podium, puis on enchaîne au club France avec la famille, les amis, les médias jusqu’à 1h du mat sans interruption. À partir du moment où il y a la volonté de faire du sport à haut niveau, il ne faut pas avoir peur d’y aller et de vivre à fond ce projet : ne pas avoir peur de perdre du temps, car on trouve toujours les solutions pour trouver un équilibre entre pratique sportive et études, même si on vit tout ça, les cours et le volley, un peu en accéléré. J’ai vécu un été émotionnellement fort puisque, avec l’équipe de France, j’ai gagné des grands titres : la Ligue des Nations en juin contre le Japon, puis la médaille d’or aux JO en août.

Stéphane Faure, à travers son parcours et son influence, incarne l'excellence et le dévouement au volley-ball français. Son héritage se perpétue à travers les succès de son fils Théo, qui suit les traces de ses parents en brillant sur la scène internationale.

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