Le Stade de Rugby de Salies-de-Béarn : Un Siècle d'Histoire

Le stade de rugby de Salies-de-Béarn est un lieu emblématique de l’histoire du rugby français et béarnais, affectueusement surnommé le « Twickenham béarnais ». Ce stade a été le théâtre de moments mémorables et de victoires épiques.

La Croix du Prince : Un Lieu Chargé d'Histoire

La Croix du Prince est inaugurée en 1910. Ce stade fut le théâtre des plus belles heures de la section paloise. Durant ses 80 ans, le public qui pouvait atteindre 16000 personnes est venu acclamer ceux qui ont fait la légende du club. C’est durant cette époque que le club remporta ses titres de champion de France.

Le stade continue à vibrer aux exploits des équipes de jeunes de la section paloise.

Parfois, même la langue française paraît bien pauvre. Comment qualifier d'un seul mot ce qu'a été, jusqu'en 1992, la Croix-du-Prince dont le centenaire sera celébré samedi par 3000 fidèles ? Un temple ? Une arène ? « La Mecque » pour reprendre les écrits de René Hégoburu ? Un peu de tout cela ?

Alors que, dans ses entrailles, l'Amicale des anciens de la Section se démène fiévreusement, là-bas, tout au bout de la rue du XIV Juillet, les « Champs-Elysées du rugby béarnais », le vieux stade semble à bout de souffle en dépit de quelques coups de pinceaux. Toujours « so british », la Croix-du-Prince sourit encore quand elle voit les équipes de jeunes gambader sur son pré, le dimanche.

Témoignages et Souvenirs

« La Croix-du-Prince est de conception anglaise mais c'était le stade des Béarnais » , continue Basly dont l'accent rugueux n'a pas pris une ride. « Les jours de match, tous les villages convergeaient ici ».

« Une cohorte de bérets descendait le XIV Juillet et on savait alors que, du matin au soir, et jusqu'à la 3e mi-temps, nous allions vivre toute la journée au milieu des supporters. On se connaissait tous et ça décuplait la motivation ! », interviennent Christian Loustaudine et Jean-François Saux, sourire aux lèvres. D'ailleurs, à y regarder de plus près, cette « grande proximité avec un public exigeant » est peut-être le trait de caractère le plus affirmé qu'ait eu la Croix-du-Prince.

« On jouait vraiment très près des spectateurs » , témoigne Jean-Paul Basly. « Et, avec les tribunes en bois, tout cela donnait une résonance très particulière à ce stade. 4000 personnes suffisaient pour faire un boucan d'enfer ! » Il y en eut jusqu'à 14.000, au début des années 50, pour les records d'affluence enregistrés lors de derbys dantesques face au FC Lourdes.

La Section sortait généralement par la grande porte à l'issue de ces dimanches de feu. « On a rarement perdu ici contre les gros, Toulouse, Montferrand, Béziers, mais c'est vrai que quelques arbitres ont eu des sorties houleuses. Il y a eu aussi ce 3e ligne de Lavelanet monté voir le public dans les tribunes. C'était chaud, nous avions une très grosse mêlée et le combat restait primordial. Et puis la Croix-du-Prince nous avantageait peut-être un peu...», se souviennent les anciens.

Robert Bernos ne peut évidemment pas le nier. « Traitre » d'un jour, revenu en 1992 avec Montchanin pour un match retour resté fameux, il n'oubliera jamais « que la Croix-du-Prince avait été réouverte pour l'occasion », ni les « noms d'oiseaux » - doux euphémisme - généreusement distribués ce jour-là.

« Ce stade, c'était aussi cela. Une clameur comparable au bruit que font les trains quand ils passent sur un pont », reprend Bernos. « Moi, le jurançonnais né à 300 mètres de là, elle (la clameur) m'a attiré. C'était en 1953, à l'heure des vêpres, Je suis venu et j'ai vu Robert Labarthete, un petit arrière adroit et vif. Mon idole ! »

« Mais quel laisser-aller ! », souffle Jean-Paul Basly.Du haut de ses 300 matches et quelques en vert et blanc, il contemple tristement « ce monument qu'on a abandonné ».

Origine du Nom "La Croix-du-Prince"

Chacun y va un peu de sa propre histoire. Une version semble toutefois se dégager. Il semblerait qu'une croix de fer ait été érigée à l'entrée du stade pour marquer en 1843 l'entrée dans la cité du fils (voire le neveu ?) du roi Louis-Philippe venu inaugurer la statue d'Henri IV. Ce visiteur avait été élevé au rang de Prince.

Le Sacre des Salisiens : Champions de France

Pour la première fois de leur histoire, les Salisiens sont sacrés champions de France. Les Salisiens en savent désormais quelque chose, eux qui ont dû patienter… 99 ans avant de conquérir le premier titre de champion de France de leur histoire quasi centenaire.

Hier après-midi, dans la moiteur moissagaise (82), les champions de 1re série de Côte basque - Landes n'ont pas galvaudé leur première incursion dans une finale de championnat de France : en dominant dans les grandes largeurs les Auvergnats de Romagnat (30-5), les Sangliers ont décroché le Bouclier national de la division. Aux oubliettes la demi-finale perdue la saison dernière face à Sault-de-Navailles.

« Ce succès aujourd'hui (hier), on l'a bâti sur les regrets de l'année passée », confiait le capitaine Bruno Casabonne juste après avoir brandi le Bouclier. Sur une série de 12 victoires avant la rencontre d'hier en terre tarn-et-garonnaise, les Béarnais n'ont ainsi pas mis longtemps à dessiner leur treizième épisode victorieux consécutif.

Une touche dans les cinq mètres auvergnats conclue par un essai en force de Janick Courbasson, transformé par Vidaucoste, et voilà les Salisiens idéalement entrés dans la partie (7-0, 5e). Le temps pour Vidaucoste de rajouter trois points sur pénalité (10-0, 9e) que Christophe Fosar profite d'un bon pressing de Cédric Lannes sur Bouzeix pour échapper à l'arrière-garde adverse.

La conduite de balle au pied parfaite du centre salisien lui permet de marquer le second essai de l'ASS après seulement onze minutes de jeu (17-0, 11e).Difficile d'espérer meilleure entame lors d'une finale même si Carlos Da Cunha réduit l'écart à la 16e minute à la suite d'un ballon relâché devant sa ligne par Vidaucoste.

Le demi d'ouverture s'en saisit pour inscrire le premier (et seul) essai auvergnat, celui de l'espoir (17-5). Rien qui ne fasse pour autant paniquer les joueurs du tandem Dufau-Guiraudé qui rentrent au vestiaire avec un avantage conséquent, grâce à une nouvelle pénalité de Vidaucoste (20-5,40e).

Calixte clôt le festival. Dans le sillage de leurs ailiers virevoltants, les Salisiens redémarrent la seconde période comme ils avaient débuté la première : pied au plancher.

Le carton jaune reçu par Charo, à peine entré en jeu, ne change rien : les Sangliers se jouent de la défense pataude des Auvergnats, les ailiers bleu et blanc s'engouffrant dans les trous béants laissés par les Jaunards de 1re série. Contre le vent, qui avait soufflé en leur faveur en première période - ce qui ne s'est pas vu… -, les joueurs de Romagnat ne parviennent plus à sortir de leurs 40 mètres et Xavier Fuentes se charge d'enfoncer le clou en perforant plein champ.

Bénéfice immédiat : trois points supplémentaires dans l'escarcelle de Vidaucoste et de l'ASS (23-5, 56e). C'en est définitivement trop pour les Auvergnats, réduits à leur tour à 14, et qui sont tout près d'encaisser un troisième essai sur un coup de pied à suivre parfaitement dosé de Sébastien Laccaret, sauvé dans son en-but par le demi de mêlée Veyssière (70e).

Sur l'ultime action du match, Christophe Calixte ne laisse, lui, pas passer l'occasion de donner une ampleur logique au score en aplatissant le ballon au pied des poteaux à la sortie d'un regroupement (30-5,80e). Salies a gagné. Salies est champion de France de Première série.

Match Pau-Racing en 1965 : Bernos et Espouda se font expulser.

Centenaire de la Croix du Prince

Samedi seront célébrés les 100 ans du vénérable stade palois. En prévision du centenaire, les anciens, sous la houlette de Christian Loustaudine, ont aussi provoqué de belles rencontres inter-générationnelles en tournant des dizaines d'heure de vidéo. Il s'agissait de retenir tous les acteurs encore vivants de la mémoire sectionniste. Le résultat fera l'objet d'une banque de témoignages archivée et compilée sur un CD. Un document, consacré à des « paroles d'anciens », tournera aussi en boucle sur le stade.

Même s'il est assez peu usité, le vieux stade palois porte aussi le nom d'Albert-Cazenave. Ce second baptême avait été réalisé en mémoire de l'un des plus fameux attaquants de l'histoire du rugby palois.

Musée du rugby à la croix du prince,14 juillet Pau, Mr Yves Coup et Éric dandonneau,Cerisier café.

Programme des festivités du centenaire :

  • 10h30-12h30 : Tournoi d'anciens avec du « rugby à toucher ».
  • 12h45-15h : Animations au village du centenaire.
  • A partir de 14h30 : Rassemblement de l'école de rugby.
  • 15h30 : Match Section paloise Espoirs contre sélection du Béarn (divisions fédérales). Présentation des internationaux et des champions de France.
  • 17h30 : Match Section Paloise 1997 (victorieuse de la coupe de France) - sélection Croix du Prince (Carbonneau, Furet...)
  • 18h30 : 3e mi-temps du centenaire avec restauration (sur réservation) et soirée musicale.

Un chapiteau sera installé sur le terrain d'échauffement, avec buvettes et possibilités de restauration.

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