Rivesaltes, une ville des Pyrénées-Orientales, est un lieu chargé d'histoire, marquée par des événements poignants et des traditions fortes.

Un lieu de mémoire : le camp de Rivesaltes
C'est un site à la mémoire lourde. Dans les Pyrénées Orientales, le camp de Rivesaltes a vu passer des réfugiés politiques espagnols, des juifs, des Tziganes, des harkis quittant l'Algérie. Un mémorial est inauguré en mémoire des hommes et des femmes passés dans ce camp.
Ici étaient rassemblées 22 000 personnes, des harkis et leurs familles dès 1962 après l'indépendance de l'Algérie.
Hébergée dans des tentes de fortune puis transférée au camp Joffre de Rivesaltes, la famille de Bernard passa 14 années dans les baraquements militaires qui avaient successivement été des lieux d’accueil transitoires pour les Tsiganes, les immigrés ayant fui le régime franquiste en Espagne et les juifs emprisonnés avant de rejoindre les camps de concentration en Allemagne durant la seconde guerre mondiale. Les Harkis en furent les derniers occupants.
Le mémorial du camp Joffre est un musée consacré au souvenir des personnes internées de force dans le camp. Le bâtiment, moderne et semi-enterré, est sobre et conçu comme une piste d'envol vers l’avenir. À propos du maréchal Joffre, il faut mentionner que le camp militaire de Rivesaltes porte son nom. Ce camp n'était pas seulement militaire : c'est un lieu historique important en France.
Bernard Goutta fait partie de cette première génération d’enfants de famille Harki nés sur le sol français. La voix chargée d’émotion, l’entraineur clermontois revient sur « cette histoire difficile et douloureuse. » « J’ai toujours été fier de l’histoire de ma famille, de mon père qui s’est battu pour la France en Indochine (où il fut prisonnier de guerre pendant 2 ans) puis sur son sol à devoir combattre son propre pays ».
La famille Goutta, originaire de Boghari (où ils ne reviendront jamais), fut épargnée des massacres après la libération du pays « grâce à la bravoure d’un officier qui refusa de livrer sa troupe Harki » et arriva en France en 1962.
« Nous étions cachés par la société. Perdus dans la garrigue, loin de tout, dans un camp entouré de barbelés où nous avions interdiction de sortir et où nous devions obéir au couvre-feu. » C’est dans cet environnement que Bernard a grandi dans une famille composée de 9 enfants où le seul salaire de son père (employé à l’Office National des Forêts) devait nourrir les 11 bouches qui la composaient.
« Mes frères ont souffert de la faim sur le camp Joffre. Mes souvenirs se limitent à cette terre ocre et l’insalubrité des lieux où les toilettes communes étaient en dehors de notre maison ».
« Comme tous, j’ai compris que nous étions des parias de la société. Nous étions rejetés par notre pays d’origine et personne ne voulait de notre intégration dans notre pays d’accueil que nos familles avaient pourtant défendu le fusil à la main. Nous ne jouions qu’entre enfants harkis et la scolarisation était très difficile. Nous étions considérés comme des barbares exclus de tout et de tous. Nous vivions la souffrance de nos parents par procuration avec un infini respect pour leur résilience.
Les Harkis restent une tâche de sang sur le drapeau français et même si François Hollande, alors chef d’Etat, reconnaissait en septembre 2016 plus de 50 ans après les faits « la responsabilité des gouvernements français dans l’abandon des harkis, les massacres de ceux restés en Algérie et les conditions d’accueil inhumaines de ceux transférés en France » cela ne suffit pas à gommer l’ineffaçable.
« La France a reconnu partiellement la situation sans la moindre réparation morale », constate Bernard. « Tous ceux qui ont souffert de cette situation attendent encore que l’état reconnaisse qu’il n’a pas été à la hauteur de ce que nos parents ont donné pour la France. Pour tous ces Harkis, le plus dur n’a pas été la guerre dans leur propre pays ou leur engagement sur le front de l’Indochine mais l’accueil du pays pour lequel ils ont combattu.
Comprimé dans cet environnement lourd et anxiogène, Bernard trouva son exutoire : le sport. « Je devais aller vers les autres, car je savais que les autres ne viendraient jamais vers moi d’eux-mêmes ».
A 6-7 ans, il arriva à convaincre sa mère de payer sa licence au club de foot de Rivesaltes en lui faisant la promesse qu’elle « le verrait un jour à la TV ». Un sacrifice consenti par la famille qui transforma sa vie et lui permit de tenir cette promesse et cela même si le ballon changea de forme.
« Je devais faire 2 kilomètres en courant avant chaque entrainement et pareil au retour mais, pour la première fois, j’avais l’impression d’être avec les autres, considéré comme un petit garçon normal, comme tout le monde. Ce fut mon vecteur d’intégration ».
« Le sport était mon exutoire et mon moyen de m’intégrer. A 16 ans, Bernard décide de suivre les pas de son père en s’engageant dans l’armée. Il passera 3 ans au régiment d’Issoire, avant que sa maman ne le rappelle après le décès de son père. « Elle avait peur pour moi, peur que je parte sur un front où elle risquait de me perdre. »
« Il faut toujours écouter les mamans » sourit le Catalan qui s’exécuta et intègra quelques temps plus tard le club de Pia (3ème division) où un emploi de chauffeur livreur l’attendait. C’est là que l’USAP le repèrera et en fera l’idole de tout un club (une tribune porte son nom au stade Aimé Giral de Perpignan). Une drôle de revanche pour ce « paria » devenu « icone » de la région.
Depuis, une nouvelle personnalité s’est affirmée et a porté l’emblématique troisième ligne de l’USAP vers une popularité « qui a rendu fière ma famille et par procuration toute la communauté ». La promesse à sa maman était tenue, mais Bernard plein d’humilité sait bien que son histoire n’est qu’une exception que l’intégration par le sport a favorisée.
« Tous les harkis portent en eux des cicatrices béantes et indélébiles. Toutes les familles ont connu l’isolement, l’exclusion et la misère sociale. Tous ont eu besoin d’évacuer la souffrance de leur histoire et en ont payé le prix fort, à travers le mal-être, la dépression, l’alcoolisme ou encore le suicide ».
Le rugby à Rivesaltes : une passion locale
Le club du Scar ESC-Bac a appris avec une profonde tristesse la disparition soudaine de Joseph Delcamp, figure emblématique du rugby rivesaltais et véritable mémoire du club. Tour à tour joueur, éducateur, entraîneur, dirigeant et président intérimaire du Scar, Joseph a marqué de son empreinte le rugby à Rivesaltes. Il avait la passion du Scar et désormais du Scar ESC-Bac chevillée au corps.
Toujours présent autour des barrières du stade de Rivesaltes qui porte le nom de son père, Joseph ne manquait pas une seule occasion de venir encourager les plus petits comme les plus grands. Que ce soit le mardi soir pour l’entraînement de l’école de rugby, le samedi matin pour le match des minimes, le samedi après-midi pour les rencontres des cadets et des juniors ou le dimanche pour les seniors, Joseph était toujours là par tous les temps et c’était un réel plaisir de discuter avec lui à la fin des rencontres.
«Joseph, tu vas manquer au rugby rivesaltais mais aussi au rugby catalan. Parti trop tôt, nous ne t’oublierons pas.
Espira de l’Agly, beau village des Pyrénées Orientales de 3 600 habitants, à une dizaine de kilomètres au Nord Est de Perpignan. Un village où le rugby est une véritable institution, tout comme son terrain de rugby, qui a vu passer plusieurs générations de famille.
« Le Maire d’Espira de l’Agly a décidé de désaffecter et de déclasser le Vieux Stade Municipal du domaine public, pour pouvoir le vendre à un promoteur afin d’y implanter un projet immobilier. Lors du dernier conseil municipal du mardi 1er juin 2021, tous les membres de la majorité ont voté POUR. »
Cette décision n’a pas tardé à susciter de vives réactions au sein d’une population qui aurait aimée être consultée au préalable. Il faut dire que les souvenirs sont nombreux pour bon nombre des habitants, qui ont foulé la pelouse de ce stade emblématique, indissociable de l’histoire du village et du SCAR ESC BAC (entente de l’Agly Espira - Rivesaltes - Baixas). Certains n’hésitent pas à affirmer que Le Vieux Stade fait partie du patrimoine local, et qu’il est de plus, le dernier poumon vert, depuis de nombreuses constructions ces dernières années.
Dans l’espoir qu’une réunion publique puisse avoir lieu, précédant un vote, une pétition a été mise en ligne. Elle avait déjà récolté plus de 350 signatures en deux jours seulement avant de dépasser les 1 500 ce jeudi. Chacun des signataires y allant de son argument. Qu’il soit sportif, écologique ou tout simplement historique.
Une opposition massive qui devrait faire réfléchir la municipalité avant d’aller plus avant…Le Vieux Stade sera-t-il transformé en lotissement ?
La fête du Beaujolais nouveau, c'est d'extrême droite
L'histoire et le patrimoine de Rivesaltes
Les correspondants de L’Indépendant ont décidé de vous proposer leur bon coin. Un lieu magique, unique parce qu’il est beau, qu’il les interpelle. Un bon coin qu’ils ont envie de partager avec vous. S’il est un lieu qui, avec la vieille cité a vu traverser l’histoire, c’est bien celui de l’ancienne place de la mairie devenue aujourd’hui place Général-de-Gaulle.
Dans l’écrit de Georges Vergés prêtre on peut lire : "Le projet de faire de cet ancien terrain vague la place principale de Rivesaltes remonterait à 1692". Cet espace qui s’est vu fouler du pied lors des différentes occupations de la ville a été localement au centre de l’histoire. Nous avons retenu la date du 17 septembre 1793 qui a été celle de la bataille de Peyrestortes.
Le 8 septembre 1793, les troupes espagnoles du général Ricardos attaquent les 4 000 fantassins installés à Rivesaltes. Alors que les Français se replient sur Salses-le-Château, les soldats de Ricardos pénètrent dans la ville. Il est 7 heures du matin. La ville est mise à sac.
Arrivés sur la place, les occupants exercent leur rage sur l’arbre de la Liberté planté en 1790 qu’ils arrachent. Le 17 septembre 1793, le conventionnel Cassanyes avec ses soldats reprend Rivesaltes.
Sur la place, on peut admirer un vénérable platane. L’arbre de la Liberté a été replanté le 18 février 1836. Il est classé depuis 1944 Monument historique. Sur un mur face à l’arbre, une pierre gravée porte la date de 1793.
Ah, Rivesaltes ! Quand on évoque Rivesaltes, on pense soit à un vin doux internationalement connu, le fameux "muscat de Rivesaltes", soit à un personnage illustre, le Maréchal Joffre, natif d'ici. Autant ces deux images sont culturellement éloignées, autant elles se mêlent dans la ville.
La statue du Maréchal trône au début de l'esplanade principale, parfaitement mise en valeur au centre de la ville, sur un site très passant. Les bords de cette esplanade sont parsemés de représentants en vins, vendeurs et autres cavistes qui proposent des vins locaux dont le fameux muscat, évidemment. Les deux symboles de la ville se répondent constamment à Rivesaltes.
Lorsqu'on se balade à Rivesaltes, on peut donc facilement trouver les deux activités les plus évidentes : la découverte du vin doux, et celle du Maréchal, à travers les musées et caves. De quoi bien s'occuper, le temps de découvrir que la ville n'est qu'un ensemble de rues très agréables, de petites places cachées, des ponts typiques, et des monuments dont les visites, ou du moins le fait de les relier, permettent de découvrir une ville typique de Catalogne.
Vos pas vous conduiront inévitablement de l'esplanade à la tour-horloge, puis à l'église Saint-André (une merveille d'art baroque). De là, vous pourrez flâner le long des remparts et des quais de l'Agly, puis rejoindre la chapelle Saint-André, celle qui est à côté du square dont la petitesse rivalise avec la beauté. Sans oublier la mairie, un superbe bâtiment du XIXe siècle.
Ici, les rues sont belles, bien entretenues, les places sont ombragées grâce aux magnifiques platanes. En nombre d'habitants, Rivesaltes ne fait pas partie des plus grandes villes des Pyrénées-Orientales, mais curieusement elle est très équipée en commerces.
C'est son histoire qui veut cela : elle a longtemps été la grande ville au nord de Perpignan, celle qui agglomérait les activités commerciales du bassin de population de l'ouest de la Salanque. Les commerces s'y sont naturellement développés, et lorsqu'à partir des années 1970 les autres villages ont grossi, la nouvelle population était équipée pour se rendre non plus dans le village où elle vivait mais à Perpignan, la grande ville qui proposait bien plus de possibilités. Mais les villes qui avaient déjà des commerces bien établis les ont gardés, Rivesaltes, Thuir comme Saint-Laurent-de-la-Salanque en sont des exemples.
De nos jours, les commerces sont essentiellement regroupés dans la rue principale, où l'on trouve un peu de tout : de l'alimentaire comme du service, des banques, un tabac-presse et des professions médicales, etc. Il y a plusieurs supermarchés à Rivesaltes, de plusieurs tailles.
Mais si Rivesaltes dispose de nombreux commerces, c'est aussi une plate-forme industrielle, avec toute une zone au nord de la ville consacrée aux entreprises. Il y en a de toutes sortes, de toutes tailles. Les plus visibles affichent de gros bâtiments de stockage, mais la zone est vraiment grande, elle propose un grand nombre d'emplois dans la région. Cette zone est reliée au réseau de chemin de fer. Il y a aussi une autre zone, au mas de la Garrigue (un ancien prieuré) dont le sud a vu s'implanter quelques entreprises et le nord des hôtels et locaux de loisir.
Rivesaltes est richement doté en ce qui concerne les services. Concernant la petite enfance, il y a un RAM (Relais d'assistantes maternelles) et une crèche, justement appelée "Les Petits Babaus". Les enfants sont accueillis dans deux écoles maternelles et deux groupes scolaires primaires. Pour les plus grands, il y a un lycée professionnel, situé sur la route de Pia, avant la gare.
La ville dispose de nombreux équipements : une piscine aux dômes, où il y a aussi une grande salle de spectacles, une médiathèque, un conservatoire de musique et diverses salles de réception.
Une ligne SNCF passe par Rivesaltes qui a sa gare, la première après Perpignan en direction de Narbonne. Et en plus, l'aéroport de Perpignan, étant sur le territoire de Rivesaltes, est forcément très proche, mais il ne génère pas de nuisances, les pistes n'étant pas orientées face à la ville.
La vie associative est également très présente. On compte près d'une centaine d'associations ici, réparties entre associations culturelles, patriotiques, sportives, solidaires ou de loisirs. Citons au hasard : un club de Scrabble, un de modélisme, le tennis club et le SCAR (le fameux club de rugby qui a produit plusieurs internationaux français), l'association "Mets tes baskets", les "Amis des animaux", le billard club et l'association cyclo de Rivesaltes, la confédération des Français musulmans rapatriés d'Algérie, le photo club, la pétanque, etc.
C'est une fête très populaire qui a lieu chaque année à Rivesaltes, la fête du Babau. Le Babau, c'est un monstre sanguinaire apparu mystérieusement des rives de l'Agly que les Rivesaltais font revivre chaque année au cours d'une fête en août, et qui prend ses sources dans une légende bien connue par ici : la légende du Babau.
De nos jours, l'Office du Tourisme de Rivesaltes conserve encore une côte de l'affreuse bête qui dévasta les habitants de la ville au Moyen-Âge.
Le patrimoine de Rivesaltes est riche et particulièrement varié. Sur le plan religieux, il se compose essentiellement de son église paroissiale St André et de la chapelle, également dédiée à St André. L'église paroissiale de Rivesaltes date du XVIIe siècle, avec un clocher du début du XVIIIe. C'est une assez grande église de plan classique, offrant une atmosphère agréable et une impression d'espace. La chapelle St André se trouve dans l'un des deux cimetières de Rivesaltes, le plus ancien. Le prieuré de la Garrigue est aujourd'hui très ruiné. Son histoire reste assez obscure.
Rivesaltes est la ville natale du Maréchal Joffre, héros de la Première Guerre mondiale. De nombreuses structures de la ville portent son nom, à commencer par la statue du Maréchal Joffre, qui trône au bout de l'esplanade principale. Magnifique élément en bronze, son socle est orné de nombreuses inscriptions.
Outre les éléments du patrimoine précédemment cités, Rivesaltes possède également le Portail-Neuf, un portail en briques rouges de belle facture qui permettait autrefois d’entrer dans la ville. La ville conserve aussi une partie de ses remparts médiévaux, situés au nord de la vieille ville le long de l’Agly, sur environ une centaine de mètres.
Construits en galets de rivière, ils ne sont pas très hauts et datent de la fin du XIIe siècle. L’abbé de Lagrasse, seigneur de Rivesaltes, reçut l’autorisation de les élever le 23 octobre 1172. Bien que la chronologie exacte de leur construction reste inconnue, la fortification était complète en 1375, englobant l’église Ste Marie (future église paroissiale St André) et la plupart des maisons.
Rivesaltes conserve un vieux moulin qui a donné son nom à la rue où il est installé. Il se trouve sur la partie basse de la rue, du côté du pont. C'est le plus ancien de la ville, et d'ailleurs le seul conservé. Il y avait plusieurs moulins à Rivesaltes (à huile d'olives et à blé). Bien que sa date de construction exacte ne soit pas connue, sa présence est attestée au XIVe siècle. Rivesaltes s'étant créé vers le XIIe siècle, il est probable que le moulin ait été érigé peu après la fondation de la ville. Il est bâti en cayrons, y compris sa voûte, avec un appareillage en arêtes de poissons. Il conserve toujours une énorme meule en granit à l'intérieur, avec une partie du système de poulies en bois.
La tour de l'horloge est une ancienne porte de la ville appelée à l'époque "Rastillou", ce qui signifie, en catalan, la herse. Elle fut construite en 1102 et démolie puis reconstruite en 1755 dans un but défensif. Ces éoliennes sont les plus visibles en Salanque et se distinguent dans le paysage.
Le village de Tura a aujourd'hui disparu. Il faisait partie des nombreux villages de la plaine du Roussillon, mais l'histoire l'a progressivement effacé au profit de ses voisins.
Situé non loin des Corbières, le site de Rivesaltes n'a pas vraiment eu d'occupants au temps préhistorique. Le village de Rivesaltes n'a pas un passé historique à la hauteur de ce que la taille actuelle de la ville lui donne. En 1173, Arnaud de Lévis, régisseur de cette abbaye, demande l'autorisation à Alphonse II, roi d'Aragon, de construire une enceinte fortifiée, ce qu'il accorda. Ainsi fut construite la première enceinte de la ville, dont subsiste aujourd'hui l'ancienne porte médiévale.
Un peu plus tard, l'événement majeur pour les habitants du village fut la possibilité d'accroître les cultures grâce à l'arrivée massive d'eau détournée de l'Agly. Rivesaltes était toujours une possession religieuse de Lagrasse en 1499. Cette année-là, Honoré d'Oms, membre de la célèbre famille d'Oms, est nommé camérier de Lagrasse. On retrouve alors Rivesaltes comme étant l'une de ses possessions.
Il faudra attendre le 12 août 1639 pour retrouver Rivesaltes en plein conflit, celui opposant Français et Catalans. En 1793, les Espagnols, qui venaient de s'établir près de Peyrestortes suite à leur offensive, occupèrent Rivesaltes qui, agrandie en dehors des remparts, était un peu une ville ouverte. Ils entrèrent dans la ville par quatre points différents, obligeant les Français à se replier sur Salses.
Le cartulaire de Rivesaltes nous apprend comment l'arbre de la liberté, planté en 1790, fut détruit : le 8 septembre 1793, les troupes du général Ricardos pénètrent dans Rivesaltes et saccagent le village. Arrivés sur la place, ils commencèrent à exercer leur rage sur l'arbre de la liberté qu'ils abattirent au milieu des cris des plus forcenés.
Il faut savoir qu'à la fin de la guerre, les Rivesaltais réclamèrent un autre arbre de la liberté, et le 13 février 1836, la Préfecture des Pyrénées-Orientales informa le maire qu'elle tenait à sa disposition l'arbre demandé pour être planté sur la place publique. Je vous invite à le faire prendre le plus tôt possible. Ce qui fut fait le 19 février 1836.
Rivesaltes est aussi la ville natale d'un illustre personnage dont la statue trône au bout de l'esplanade principale : Joseph Joffre, né en 1852 d'une modeste famille de tonnelier. Quelques années plus tard, il deviendra maréchal de France et participera activement à la Première Guerre mondiale.
Il faut noter que cette statue a la particularité d'être une représentation équestre dont le cheval a les quatre sabots au sol, dans une position d'attente : c'est la marque des grands hommes n'étant pas morts au combat.
L'épisode suivant date de 1918. C'est la fin de la guerre que l'on ne nommait pas encore Première Guerre mondiale. Le 11 novembre, jour de la signature de la capitulation allemande, une foule de 2 000 personnes se masse devant la maison du maréchal Joffre. Sa maison est décorée de fleurs de papier, des musiciens jouent la Marseillaise et les hymnes alliés.
Le blason de Rivesaltes est assez classique et se décrit facilement. "Or" en héraldisme signifie jaune, donc le blason est censé être jaune. Il comporte un "sautoir de sinople", une croix en forme de X, de couleur verte. Saint André est représenté "en carnation", c'est-à-dire dans ses attributs de saint, et est "nimbé de gueules", ce qui signifie qu'il porte une auréole rouge. Il est vêtu "d'azur et d'argent" (bleu et blanc). Le blason de Rivesaltes représente son Saint Patron, Saint André, avec sa symbolique : une croix en forme de X. Dans ce blason, Saint André est vêtu de bleu et blanc, avec une auréole rouge sur une croix verte.

tags: #stade #rugby #rivesaltes