Le stade de rugby de Revel est un lieu emblématique, témoin de l'histoire sportive et sociale de la ville. Au-delà de ses infrastructures, il représente un point de rencontre et un symbole d'identité pour la communauté locale. Cet article explore l'histoire du stade, son évolution et son importance pour le club de rugby de Revel (RCR) et ses supporters.

Un Lieu de Partage et d'Échange
Le stade de Revel est bien plus qu'un simple terrain de jeu. Il est un lieu de partage et d'échange, où les générations se rencontrent et où les valeurs du rugby sont transmises. Le Castres olympique a une nouvelle fois délocalisé son entraînement, ce mercredi 5 février 2025, investissant le stade de Revel sous le regard admiratif des jeunes du club local. Des U6 au U14, l’ensemble des licenciés de l’école de rugby ont pu se frotter aux joueurs castrais. Les jeunes pousses du Rugby club revélois (RCR) ont pu voir s’entraîner les joueurs professionnels du Castres olympique (CO), non sans une lueur d’admiration dans le regard.
Après leur entraînement, les Olympiens se sont volontiers prêtés à un exercice pas toujours évident : le coaching des jeunes pousses. Les bleu et blanc ont animé des ateliers destinés aux petits rouge et noir. Au programme donc de cet après-midi : passes, mêlées, plaquages… Des exercices que la plupart des enfants de l’école de rugby revéloise pratiquaient pour la première fois sous l’œil attentif de rugbymen professionnels. Des géants, comparés aux petits U6 - et des catégories supérieures, jusqu’au U14 - qui n’ont pas démérité en s’attaquant vaillamment à leurs aînés castrais. Certaines actions des jeunes du RCR, comme ce plaquage, ont parfois crispé les Olympiens ayant endossé le rôle de coach.
Les sportifs amateurs revélois et professionnels castrais ont pu partager et échangé durant une bonne partie de l’après-midi autour de leur activité favorite. « Nous avons l’habitude de travailler avec le CO. L’an passé déjà, nos 600 écoliers revélois étaient partis les voir s’entraîner à Castres », rappelle Laurent Mialhe.
L'Importance du Rugby Club Revélois (RCR)
Le Rugby Club Revélois (RCR) joue un rôle essentiel dans la vie sportive et sociale de Revel. Avec près de 400 licenciés, le RCR est parfois un peu juste au niveau des infrastructures. Reparti en honneur, après le tsunami de la Fédérale 3 la saison dernière, Revel a voulu se donner les moyens de réussir. La qualification est tout à fait envisageable. Pour envisager une montée, il est nécessaire de posséder un groupe apte à, justement, évoluer au niveau supérieur.
« Nous disposons d'un groupe de 50 à 60 seniors. Dès la reprise (le 30 octobre face à La Saudrune), il faudra que s'esquisse un groupe d'une trentaine de joueurs susceptibles d'évoluer en équipe 1, indiquent les deux coaches. Si quelques constantes demeurent (au niveau du pack, notamment), il sera nécessaire aussi de fixer les idées derrière. Avec deux entraînements hebdomadaires, il est difficile d'être trop exigeants avec des joueurs salariés par ailleurs.
Si le club vit bien, explique Michel Ferret, c'est aussi en raison d'une responsabilisation des joueurs à tous les niveaux. Un système de primes de match a été instauré en toute transparence, à la satisfaction générale. À Revel, la confiance règne en maître. Dans et hors du terrain.
Les Infrastructures Sportives : Un Patrimoine à Préserver
Les enceintes sportives, bâtiments et équipements sont la composante la plus visible du patrimoine sportif : arènes, stades, hippodromes, circuits automobiles, vélodromes, boulodromes, piscines, patinoires etc... D’autres peuvent également susciter un attachement émotionnel particulier pour une collectivité, souvent locale. Le stade peut donc être vu et considéré comme un objet patrimonial à plusieurs titres.
Ces deux aspects se complètent aussi bien qu’ils peuvent entrer en concurrence et représenter des enjeux contradictoires notamment à l’occasion des évolutions fonctionnelles, techniques et architecturales que subissent fréquemment les enceintes sportives pour les adapter à de nouvelles fonctions. Ces évolutions conduisent parfois au renouvellement complet des infrastructures voire à leur destruction pour les remplacer par de nouvelles.
Évolution et Adaptation des Stades
Comme nous avons eu l’occasion de le démontrer dans l’ouvrage Les sports en France2, le programme et la conception du stade ne sont pas les mêmes selon les périodes. Il convient de se défaire de l’image omniprésente aujourd’hui du stade comme enceinte de football ou de rugby. Les premiers stades ont été conçus pour l’athlétisme qui était, à partir de la fin du xixe siècle, la discipline sportive par excellence et dont la fédération nationale était la première de toutes. Dans les années 1920, les stades se sont adaptés progressivement à l’organisation de courses cyclistes en étant dotés de pistes ou en étant conçus comme de véritables vélodromes. À partir des années 1960 et 1970, le football et le rugby ont pris le dessus, faisant passer au second plan, voire en excluant les autres disciplines.
Exemples de Stades Emblématiques en France
À Nantes, le stade Marcel-Saupin (d’abord dénommé Malakoff du nom du quartier dans lequel il est implanté) est construit en 1937 par Camille Robida (1880-1938) et entièrement rénové dans les années 1950 et 1960. Le stade Bauer à Saint-Ouen-sur-Seine est lui aussi indissociable du club local de football, même si celui-ci, le Red Star Football Club, créé en 1897, ne s’installe dans cette commune de la banlieue parisienne qu’en 1909. Les tribunes ne sont édifiées qu’à partir des années 1920.
La Rénovation et la Reconstruction des Stades
L’organisation et l’accueil de grands évènements, tels que Coupe du monde de football, de rugby, ou Jeux olympiques conduit à choisir entre deux scénarios : 1) la construction de nouvelles enceintes ; 2) la rénovation des existantes. La première option si elle préserve provisoirement les anciens stades laisse peser des incertitudes quant à leur avenir. La seconde option entraîne de lourdes conséquences sur les bâtiments, en dépit du fait qu’ils puissent posséder une dimension historique incontestable.
| Stade | Ville | Année de Construction/Rénovation | Particularités |
|---|---|---|---|
| Marcel-Saupin | Nantes | 1937 (rénové dans les années 1950 et 1960) | Enceinte mythique du Football Club de Nantes |
| Bauer | Saint-Ouen-sur-Seine | Tribunes construites à partir des années 1920 | Indissociable du Red Star Football Club |
| Vélodrome | Marseille | Reconstruction totale pour l'Euro 2016 | Un des exemples les plus modernes et les plus aboutis à l'époque de sa construction |
Au début des années 2000, le stade Jean-Bouin dans le 16e arrondissement de Paris, siège du stade Français Paris Rugby4, était beaucoup trop petit pour accueillir un public toujours plus nombreux grâce aux succès du club et à la stratégie promotionnelle de ses dirigeants et propriétaires. La Ville de Paris décide en 2013 la reconstruction du stade, confié à l’architecte Rudy Ricciotti, ce qui entraîne la destruction de la tribune d’honneur des années 1930, due à l’architecte Jacques Lambert.
La rénovation du stade de Colombes pour les Jeux olympiques de Paris 2024, si elle intègre la conservation de la tribune d’honneur des Jeux olympiques de 1924, en modifie totalement l’enveloppe extérieure, sans grand dommage toutefois, tant il est vrai que l’architecture de Louis Faure-Dujarric n’avait pas un grand intérêt esthétique.
La Reconnaissance du Patrimoine Sportif
La France s’est dotée depuis le xixe siècle de différents processus de reconnaissance patrimoniale dont le plus important est la protection au titre des Monuments historiques (MH), qui comporte deux niveaux, l’inscription et le classement, ce dernier étant le plus protecteur et le plus encadré5. La reconnaissance des stades comme patrimoine matériel est très récente et encore peu développée.
Les années 2010-2020 connaissent une accélération et une multiplication des opérations de rénovation et de reconstruction des enceintes sportives qui rentrent en confrontation directe avec les questions patrimoniales. Ce renouvellement massif des installations bouleverse de manière radicale l’architecture des stades, dont l’histoire et l’évolution sont encore mal étudiées et connues. Il y a pourtant un intérêt croissant du public pour la découverte des grandes arènes sportives, en dehors même des manifestations.
Aujourd’hui, les « grands stades » peuvent se visiter, à Lyon, Bordeaux, Nice, les consortiums qui en sont les propriétaires ou les concessionnaires cherchant à élargir les sources de revenus pour amortir les investissements colossaux engloutis dans la construction.